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    21 avril 2013

    La Chanson du Coutelier Thiernois, (Puy-de-Dôme)


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    La Chanson du Coutelier Thiernois.

     
    Les Couteliers Thiernois

    Aussitôt que paraît l'aurore,
    Le feu brille dans l'atelier.
    Du fer le tintement sonore,
    Se mêle aux chants du coutelier. 
    L'ivoire et la corne brillante
    Attendent près du noir fourneau.
    La meule tourne impatiente
    Fils de la lime et du marteau,
    Tu vas naître joli couteau.


    Les Couteliers Thiernois
     
    Les travailleurs, l'âme ravie,
    Contemplent le couteau naissant.
    Avec un moment de sa vie,
    Chacun d'eux lui fait son présent. 
    L'un d'ornements couvre son manche,
    L'autre l'ajuste sur l'étau,
    L'autre polit sa lame blanche.
    Fils de la lime et du marteau ,
    Te voilà né joli couteau.
     
    Les Couteliers Thiernois

    Maintenant, voyage et prospère,
    Va, précédé de ton renom.
    Fier de la marque de ton père,
    partout fait connaître son nom.
    Sans redouter les mers profondes.
    Jusqu'en Chine, comme un oiseau,
    Vole traverse les deux mondes.
    Fils de la lime et du marteau,
    Prends ton essor, joli couteau.


    Les Couteliers Thiernois
     
    Garde-toi d'envier aux armes
    Leur rôle barbare et cruel.
    Ne fais jamais couler de larmes,
    Et fuis la main du criminel. 
    Soumis à des doigts blancs et roses,
    Va cueillir les fruits du coteau,
    Ou faire des moissons de roses.
    Fils de la lime et du marteau,
    Suis ton destin, joli couteau.
     
    Les Couteliers Thiernois

    Instrument noble et populaire
    Des sujets et des souverains,
    Toujours et partout nécessaire
    Chacun t'a porté dans ses mains. 
    On te voit dans l'humble chaumière
    Et sur la table du château,
    Chez la duchesse et la fermière.
    Fils de la lime et du marteau,
    Sois fier de toi, joli couteau.
     
    Les Couteliers Thiernois
     
    Du matin jusqu'à la nuit sombre,
    Ainsi chante le coutelier.
    Fleurs d'acier les couteaux sans nombre
    Émaillent le noir atelier
    Alors, du repos l'heure sonne.
    Les travailleurs quittent l'étau,
    Et partout ce refrain résonne:
    Fils de la lime et du marteau,
    A demain, mon joli couteau.


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    Sources: Poèmes d'Auvergne: Gabriel Marc 1882.Gallica
                Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.
              © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.

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