La mort des chiens.
« Comment on doit quitter la vie et tous ses maux, C’est vous qui le savez, sublimes animaux » Alfred de Vigny. La mort des chiens. S ur la montagne Arverne, un soir blême d’automne. Depuis l’aurore, il neige à flocons lents et drus. Enfermé dans un parc, le bétail roux s’étonne De l’immensité blanche où l’herbe a disparu. L’obscur ressouvenir de l’hivernale étable Tire des flancs profonds où s’éveille la faim Des meuglements entrecoupés et lamentables, Sourds, puissants, révoltés, nostalgiques, sans fin … L’air glacé semble hostile aux clochettes qui tintent, La neige atténuant toute sonorité. Oh ! Que depuis longtemps la splendeur s’est éteinte Du grand ciel d’or ardent où s’éployait l’été ! L’été… fut-il jamais ? L’été… peut-être un rêve, Au loin, sur les vallons béants, traîne un brouillard, Mer grise dont les monts désolés sont la grève… Et voici justement qu’atterrissent, criards, Tout près du parc, parmi des roches éboulées, Des corbeau...