mercredi 31 décembre 2014

Rétrospective de l'année 2014.



cpa bonne année

   Voilà, nous sommes arrivé au bout de cette année 2014. Et comme d'habitude c'est avec un peu de regrets, un peu d'angoisse et même une certaine peur que l'infernal grande horloge du temps va irrémédiablement franchir ces quelques heures. Pour 2014, c'est la fin, lentement  le sablier annuel se vide, le tas de sable rose ou gris du bas à grossi en engloutissant nos espérances, et seules, quelques minuscules heures ont l'air de se cramponner pour ne pas être entraîné dans la spirale infernale. Effort inutile, rien ni personne ne pourra arrêter le décompte céleste, les humains et toutes les  créatures du monde vont entrer sans aucun doute dans la dernière et  grande nuit de cette année agonisante. Certains diront : enfin, d'autres : hélas, selon que tout au long de celle-ci, arrivent des événements bons ou mauvais, des joies et des peines, de douloureuses disparitions de personnes proches et chères. Alors, nous avons tous un peu de tristesse en tête en voyant cette année s'éteindre doucement.
   Heureusement,  ce soir, le dernier coup de minuit va réveiller en nous la joie du renouveau,  l'attirance de l'inconnue. C'est le début d'une nouvelle et grande aventure, le retour de la lumière, la pureté du jour de Nouvel-An, avec sa magie et ses coutumes, le gui de l'An-Neuf, la galette des Rois, les vœux, les étrennes, les  bonnes intentions, les promesses...

   Chers lecteurs et visiteurs, il est grand temps  maintenant de vous adresser les  vœux pour 2015, vœux de bonheur, vœux de santé et que la joie se répande dans votre famille.

Retrouvez votre blog : http://www.regardsetviedauvergne.fr/ dès demain et encore merci de vos visites.
L'administrateur.





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samedi 27 décembre 2014

Vulcania Auvergne 2015 Attraction « Premier Envol » - making of



Vulcania, Auvergne, 2015.

Vulcania, Premier envol 2015

   Pour la nouvelle année, qui approche à grands pas, le parc Vulcania prépare ses nouveautés 2015. Avec notamment  "Premier Envol" vous allez être  dans la peau d'un aigle pour survoler, et planer dans les magnifiques paysages auvergnats.
    Tantôt à haute altitude grâce à une caméra haute définition sur hélicoptère, tantôt en piquées et rase-mottes sur un drone. La haute technologie se met au service du rêve il devient alors facile de...voler !

"Premier Envol"










Sources: Vulcania, You Tube.
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mardi 23 décembre 2014

Les Blés de Noël dans les Monts du Forez d'Auvergne.



Blé de Noël.
"Quand lou blade vèn bièn, tout vèn bièn" 

  Bientôt Noël.

   Au village, bien à l’avance, Noël s’annonce par toutes sortes de signes et de pronostics que chacun comprend sans avoir besoin d’être astrologue. Le porc déjà gras sous son toit vit entouré de soins gastronomiquement affectueux, tel « aux Iles de la Société », un parent dont on attendrait le succulent héritage.
Dès les premières gelées, sur la route sonore et blanche, on commence à défiler, venant on ne sait d’où, d’innombrables troupeaux de dindes. Chaque ménage achète la sienne qu’on nourrit dans un coin de la basse-cour et qui, gavée de son et de noix, avec ses colères stupides, sa roue bruyamment étalée, le bizarre ornement qui se trimbale autour de son bec, apparaît aux yeux des enfants comme un grand oiseau fantastique.

   A la sainte-Barbe, vingt-et-un jour avant la Noël, dans trois assiettes choisies parmi les plus belles du dressoir, on a étalé quelques grains de blé, lesquels arrosés soigneusement et tenus au chaud dans le coin de la cheminée, ne tardent pas à germer sans terre ni soleil, ce qui nous semblait un miracle. Ces trois assiettes, minuscules champs de blé vert, symbolisant le printemps et les espérances de l’année nouvelle, sont destinées à figurer, avec les trois lumières dont la flamme, selon le côté ou elle s’incline, désigne celui qui doit mourir, sur la table du grand repas, entre le nougat familial et le pain de Calende qu’une main prudente va découper, la part des pauvres réservée en autant de morceaux qu’il y a de convives.
   Cependant peu à peu le blé monte, et, d’abord blanc et pâle, peu à peu se colore de vert. Les jours passent, le moment approche, il s’agit de préparer la fête.

   Un matin, un valet s’en est allé au bois, il  a rapporté  mystérieusement la maîtresse bûche depuis longtemps choisie, et qui posée sur les landiers par l’aïeul et le plus jeune enfant de la maison, arrosée de vin pur en souvenir des libations antiques, prendra feu soudain et s’enveloppera, ainsi que d’une vivante broderie d’or, des mille étincelles de toutes ses mousses enflammées, pendant que les assistants chanteront :

« Allègre, allègre, Noël nous rende allègres ! » 

   Maintenant, Noël peut venir, il n’y a plus guère qu’à s’occuper de la crèche !


Ndlr: Dans d'autres pays d’Auvergne on utilisait aussi des lentilles...!



Sources : Nouveaux Contes de Noël, Paul Arène.
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samedi 20 décembre 2014

Le code de la route version Auvergnate.(Humour)




Photo humour cour piégée

  Vous êtes prévenus...!




Photo humour, stationnement interdit

 et là aussi...!




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mercredi 17 décembre 2014

Minuit dans les campagnes, c'est le repas de Noël.



Minuit, de Noël.

Minuit le repas de Noël

(Suite et fin)

   Entendez les Noëls plus vieux que les grand’mères qui les apprirent à leurs petits-fils. Ils sont naïfs comme des complaintes. Des pâtres les ont composés en gardant leurs troupeaux dans les hautes montagnes. Ils les chantaient, l’hiver, aux veillées et maintenant tout le monde les sait. Et on les chantera, assurément jusqu’au dernier jour où le fils de Dieu viendra juger les vivants et les morts.
On prie cette nuit-là avec Amour ! On est très sage et très pieux. Et Dieu qui lit au livre des âmes, y rature bien des péchés.
La messe terminée, chacun se lève, trempe son doigt au bénitier de la porte et se signe.
Regagnez maintenant, braves gens, le village et la chaumière ! Et Dieu vous garde !
Ils s’en vont par troupes, chantant encore dans l’obscurité pour se tenir éveillés et chasser la peur.
Les noëls s’éloignent et se perdent à travers le vent comme le son des clochettes attachées au cou des agneaux.
Parmi tous, en voici un que j’entendis de mon lit… car j’étais malade et ne pus me rendre à la messe de minuit. Il passa sous les fenêtres de ma maisonnette aux verts contrevents, ma maisonnette des champs :


L’enfant Jésus presque nu
A Bethléem est venu !
Allons bergers ! Vos musettes
Feront faire des risettes 
A l’enfant Jésus tout nu.

L’enfant est dans une crèche,
Sur un peu de paille fraîche
Tout pauvre et blanc comme un œuf
Entre son âne et le bœuf
L’enfant est dans une crèche.

Saint Joseph avec ferveur
Berce le petit sauveur.
Il a froid et faim… il crie
La sainte Vierge Marie
Veut consoler le Sauveur.

Mais un berger charitable
Entre dans la pauvre étable
Et lui donne pour habits
La laine de ses brebis
Le bon berger charitable !

Voilà pour l’enfantelet
Un peu de beurre et de lait !
Au paradis, qu’il vous donne,
A son tour, une couronne
Le divin enfantelet !

Je n’entends plus rien… ils sont trop loin maintenant.
Les petites lanternes s’égarent sur la neige, se dispersent et disparaissent.
On a soigneusement refermé derrière soi, en rentrant, la porte de la demeure. Car c’est la saison ou le loup rôde flairant du bout de son museau aux fentes des cuisines et des poulaillers.
Pendant la messe, la marmite pendait sur le feu et s’agitait au doigt de la crémaillère.
L’aïeul dans son grand fauteuil gardait la maison et récitait dévotement son rosaire en écoutant l’eau bouillir, le chat ronfler,  et la bûche verte chanter. Tout cela lui rappelait sa jeunesse et ses anciennes belles nuits de Noël.
Lointains souvenirs !... Doux souvenirs ! Chers souvenirs !... Revenez visiter souvent les vieux qui  attendent, au coin du feu, en toussant et en grelottant, l’ange de la dernière heure.
Si le passé de la jeunesse est le bienvenu, le passé de l’enfance est le mieux accueilli.
On a allumé devant l’aïeul la sainte bûche de Noël à laquelle pourra venir se chauffer le premier mendiant qui heurtera.
On a retiré du four le saint gâteau de Noël, dont une part sera donnée au premier pauvre qui la demandera pour l’amour de Dieu.

Que ces coutumes sont ravissantes et bénies, mes enfants, n’est-il pas vrai ?
Autour de la table en hâte se prend le léger repas de la nuit.

Les hommes à Noël, imitent les souris qu’on entend toute l’année grignoter de nuit dans le grenier.
Ce qui cuisait dans la marmite fume maintenant sur la table.
Ce qui était couché tristement en un coin de la cave se tient joyeusement debout en un coin de la nappe.
C’est le réveillon hospitalier qui réunit la famille et les amis, tout ce qui par le cœur nous retient à la vie.
Des noix sèches, le doux vin blanc et quelques bons rires !

Vive Noël !

   Et bientôt au dernier carillon des cloches dans les airs, s’achève la modeste collation, s’éteint la gaieté, et recommence le sommeil.
Bonne nuit !
Vous, vieilles gens qui m’écoutez, suivez-moi tout en bas en récitant un « Dé profundis »

   A l’abri de l’église se cache l’étroit cimetière du village. Un enclos où le bon dieu, pasteur des hommes, les parque tous à la fin, et ne leur laisse une sortie que du côté de l’autre monde.
Les morts ont entendu les cloches, ils ne dormaient pas, il faisait si froid ! Et d’ailleurs la nuit de  Noël les a, comme de coutume, éveillés. Il y avait là, quelque part, sous l’herbe commune, les grands-parents de nos amis les bûcheronnets et au milieu du cimetière, sous une chapelle lourde et triste, madame la châtelaine du manoir derrière les saules.
Les morts ayant écouté, le long du mur bas qui les enferme, les vivants venir à l’église, les ont reconnus :

« Voilà ma fiancée qui me pleure encore »

« C’est la voix de mon fils qui m’a déjà un peu oublié »

« Ma femme !  Elle a dit un « Requiescat in pace » en passant devant ma tombe »

« Ah ! Mes enfants ! Mes enfants  bien-aimés ! Vous parlez de moi, qu’il y a bien longtemps que je ne vous ai embrassés ! »

« Si je pouvais revoir mon vieux père dont le cercueil est contre la muraille du fond, proche du presbytère »

« Qu’ils sont gentils et grands, mes chers petits ! »

   Pauvres morts ! Pauvres morts ! Pour eux seuls la nuit de Noël n’est point gaie. Personne ne les ramène s’asseoir à la table de la famille auprès de la bûche religieuse.
Il faut qu’ils restent couchés sous la pierre, dans le champ de sainte poussière, avec leur croix de bois qui les garde et que le vent fait remuer.
Au milieu d’eux, monte vers le ciel la haute croix de pierre grise, la croix de tous. Elle étend ses bras autour d’elle pour bénir les morts et les retenir dans leurs tombes ; son ombre s’étend la nuit, sur le blanc linceul de la lune, qui couvre avec indifférence ou avec compassion les riches et les misérables.
Croix bénie, douce croix, que les prières que l’on récite à genoux devant toi ont de pieuses tristesses et comme la ronce est décolorée qui recouvre les marches de ton piédestal se plaint douloureusement avec notre cœur et avec nos souvenirs !
Ah ! La neige a jeté sur les trépassés un grand drap comme un grand oubli. Il fait froid autour de ces murs que du dehors ne franchissent pas les voleurs, et que du dedans ne franchissent pas les morts.
Adieu donc, petit cimetière du village, si près de l’église que toutes les prières tombent sur toi, si près de nos demeures que le soir, quand le soleil se retire, l’ombre des toits s’allonge sur tes fosses. Dans nos plus belles fêtes, ton souvenir nous met le repos au fond de l’âme. Dans nos plus dolentes misères, ta pensée nous apporte le courage et la résignation.
Mon petit cimetière où dorment ceux qui nous aimaient, où nous irons aussi dormir à côté d’eux…
 Au revoir ! Au doux revoir !

Pardon, mes enfants, si le conteur est triste quelquefois.
Vous ne savez pas encore ce que c’est que la mort. Pour vous, les enterrements sont des processions.

 Oh ! Mon Dieu ! Chut… Chut ! Si votre mère, un jour, n’était plus là pour vous embrasser à l’heure du sommeil ! Et votre aïeule pour vous chérir et vous bénir au moment du réveil !
Éloignons nous de cet enclos du bon Dieu, mes enfants !
D’ailleurs, tout le monde est parti, tout le monde est rentré.

   En regagnant sa chaumière, plus d’une paysanne entendit le bruissement des ailes des anges ; car, la nuit de Noël étant terminée, ils remontaient aux cieux.
Les cloches se taisaient dans le clocher. Elles pouvaient dormir maintenant jusqu’à l’aurore, comme les enfants.
Les animaux aux étables s’étaient recouchés sur les litières.
Les oiseaux rassasiés et contents avaient regagné leur gîte et remis la tête sous leurs ailes.
Le monde est tranquille, heureux car l’enfant Jésus est né. Désormais, il y a qquelqu’unpour le protéger et l’aimer.

Bonne nuit aux grands bœufs, aux timides agneaux, aux oiselets !

Bonne nuit aux laboureurs dans la cabane, aux bergers sous la hutte !

Bonne nuit au petit Jésus qui, sur la paille de sa crèche s’endort en bénissant la terre ! 


Fin


Lien vers la 1ère partie : minuit dans les campagnes, c'est la messe de Noël

Sources: : Le sabot de Noël, Aimé Giron, 1895, gravure Léopold Flameng.
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dimanche 14 décembre 2014

Minuit dans les campagnes, c'est la Messe de Noël.



 La Messe de Noël. (1ère partie)

Gravure, noël, village


     L’horloge a sonné… un-deux-trois-quatre-cinq-six-sept-huit-neuf-dix-onze-douze…Minuit !


   A chaque coup un ange se détachait de la cloche et s’envolait au ciel Noël ! Noël ! L’enfant Jésus est né !...Noël !
Voici que de la tour de l’église monte un bourdonnement comme si des ruches s’éveillaient. Ce sont en effet les cloches, grosses abeilles du clocher, qui commencent à voltiger.

 Dig ! Ding ! Dong ! Noël ! Noël ! Dig ! Ding ! Dong !

    De très loin on entend leur carillon. Les corbeaux qui logent à côté, dans la charpente, s’envolent par les ouvertures en criant, et ils tournoient comme une couronne noire autour de la flèche pointue.

Dig ! Ding ! Dong ! Noël ! Noël ! Dig ! Ding! Dong ! 

   Les branches nues des arbres se balancent…les portes des maisons s’ouvrent…les sabots passent dans la rue.
Aux fenêtres les lampes s’allument, et par les cheminées s’échappent des fumées bleues, comme des filets de gaze à prendre les papillons l’hiver. Le feu pétille clair et joyeux sur la pierre du foyer.
Le vent roule la neige contre les portails des cours, et secoue au bord du toit le chéneau de fer-blanc.
Dans le grenier quel vacarme ! 

Noël ! Noël ! Dig ! Ding ! Dong !

    Écoutez au jour de l’étable. Les bœufs meuglent…les agneaux bêlent…les coqs chantent…les poules caquettes…Les voilà éveillés !
Ils ont tous pressenti l’anniversaire de la nuit où l’enfant Jésus est venu au monde. On avait garni de paille fraîche les râteliers, de feuilles mortes les mangeoires et de grains nouveaux les poulaillers.
Ayant entendu tinter minuit, lentement, pieusement, ils se sont agenouillés. C’est la seule nuit de l’année et l’heure bénie où ils fléchissent ainsi le genou dans la litière.
Demandez au vieux paysan de la plaine ; au montagnard fervent qui vit sur les montagnes, près du ciel.
Le maître de l’étable ne l’ignore pas, aussi va-t-il le long des crèches, son bonnet à la main, distribuer aux animaux des poignées de sel.

 « Et bien les grands bœufs ! …L’enfant Jésus est né…qu’il vous donne belle force et courage au travail… La terre gelée devient dure… il faut creuser profond les sillons, et le champ est vaste… A vous la bouchée de sel de l’enfant Jésus ».

   Les grands bœufs, toujours accroupis dans la paille, ont remué leur grosse tête et soufflé avec bruit leur haleine de vapeur ; puis, sérieusement, ils se sont mis à ruminer le sel, en remuant les oreilles.

  « Et vous, mes brebis, mes agneaux !... Les montagnes ne sont pas encore vertes. Étroite, humide est l’étable. Quand viendra le printemps, l’enfant Jésus fasse pousser beaucoup d’herbes et croître beaucoup de fleurs, pour que votre lait soit abondant et votre laine bien fournie…Voici la poignée de sel de Noël ! ».

  Les moutons ont prestement tendu la langue et, en bêlant de joie, léché la main du pieux paysan.

   « Et vous, mes poules, vous caquetez sur le perchoir…Le coq au milieu de vous, battants des ailes, a chanté avant le point du jour, parce que l’enfant Jésus est né. Qu’il vous donne le divin sauveur, d’abondants chapelets d’œufs…et des poussins en grand nombres pour réjouir la basse-cour…Descendez du perchoir, voilà les grains de Noël ! ».

Les coqs et les poules ont picoré l’avoine avec des gloussements et des sautillements.
 La terre est gaie : Noël ! Noël !
  Dans cette fête universelle, oubliera-t-on les petits chanteurs de la campagne, si pauvres en cette saison d’hiver, les petits oiseaux ? Le bon dieu leur a dit en les créant :

«  Vous n’êtes à personne qu’à moi, Allez ! Je vous donne les champs et la liberté. Mais comme il y a beaucoup de neige partout, le laboureur prend soin des oiseaux du bon dieu ; et voilà qu’à l’angle du hangar, au clair de la lune, il a couché la gerbe de Noël.
Le fléau ne l’a point battue sur l’aire, elle a été dorée par le soleil, et ses épis sont riches de grains.
Les oiseaux éveillés par les cloches, sortent de dessous les tuiles, des trous des murs et des troncs creux des arbres, ils viennent becqueter en foule, sur la gerbe du petit Jésus.
Bénit soit le petit Jésus qui apporte, cette nuit-là, tant de bonheur à tout le monde !

   Là-bas, l’église du village s’illumine. Les fenêtres brillent des quelques cierges de l’autel. Elle s’élève là dans l’ombre, la maison de Dieu, comme un château plein de reliques, et chacun y court rendre visite au petit enfant qui est né. Ne va-t-on pas visiter les grands seigneurs de la terre ?
Voyez descendre de la montagne les bergers avec leurs fifres qui rient et leurs cornemuses qui nasillent, chacun, ils s’annoncent là-bas.
Voyez remonter de la plaine, les bergères chantant des noëls. On entend leurs voix traînantes au lointain. Elles se rapprochent peu à peu.
Les enfants et les vieillards couvrent les sentiers, en suivant les haies blanchies par le givre. Les vieillards et les enfants, hélas ! Tremblent de froid aux deux extrémités de la vie.
Les lanternes fumeuses courent dans les champs et le long des chemins. Les gros chiens de bergers suivent, la langue pendante et le poil hérissé.
La terre gelée craque sous les sabots, et les arbres secouent la neige sur les habits, et quand on traverse les villages, les dogues des fermes aboient sous les portes des cours.
Où s’en vont-ils ? Où s’en vont-ils tous à cette heure ? A la petite église, comme autrefois les bergers de Madian à Bethléem.

  « N’entendez-vous pas là-bas les cloches qui disent : Allons les paresseux ! Hâtez-vous ! Allons ! Les endormis, réveillez-vous ! Venez ! Allons ! Allons ! L’enfant Jésus est né, il dort dans la crèche ! Allons ! Accourrez aux trois messes, à celle du Père, à celle du Fils, à celle du Saint-Esprit ! Noël ! Noël ! Les endormis, allons ! Réveillez-vous ! Les paresseux allons ! Hâtez-vous ! 

Noël ! Allons ! Ding ! Ding ! Dong ! Noël ! »

   L’église regorge de monde, et toutes les prières font un murmure comme celui d’un petit ruisseau invisible qui coulerait sous le pavé.
Il y a quelques pauvres gens qui dorment un peu, la tête contre le bénitier, il y a quelques vieilles femmes qui ferment les yeux en marmottant leur chapelet…
Mais Dieu juge les intentions et pardonne de grand cœur.
Voyez comme l’autel est magnifique avec ses dentelles blanches et ses chandeliers dorés !
Comme les tiges de roses sortent des vases !
Que la crèche est jolie toute de papier d’argent !
Comme les encensoirs fument !
Le prêtre a pris ses plus riches ornements !
La voilà qui dit la messe.
Dans un coin du chœur, devant un énorme pupitre qui gémit en tournant, sont les chantres.
Assis sur des escabeaux étroits, très hauts, ils chantent à plein gosier et à plein courage le « kyrié, éléison », et « l’Agnus Déi ».
Au milieu d’eux, le plus grand souffle dans un long serpent de cuivre qui beugle comme un bœuf… et par moments fait trembler toutes les vitres des fenêtres.
Les clergeots qui servent la messe, balancent les encensoirs, l’église est remplie de la sainte fumée douce à respirer. 

La petite clochette de temps en temps crie :
« A genoux ! A genoux ! »

   Les prières montent ensemble vers le ciel ainsi que des rangées de roses trémières.
Des anges volent sous les voûtes et se reposent dans les niches et sur l’autel, ils sont si fatigués pour avoir porté les jouets et les verges aux enfants !
Saint Nicolas revint sur son piédestal, quand le petit Jésus remonta au ciel, rentré dans son habit de chêne, il ne bouge plus. Le voilà de bois comme par le passé, avec sa longue barbe blanche. Son bâton à la main, il écoute, il regarde, il est joyeux tout bas, parce qu’il pense aux enfants qu’il protège, et surtout aux bûcheronnets qui seront si heureux demain en s’éveillant. 


(Fin de la première partie)


Lien vers la partie 2 : Minuit dans les campagnes, c'est le repas de Noël.

Sources: Le sabot de Noël, Aimé Giron, 1895, gravure Léopold Flameng.
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jeudi 11 décembre 2014

Les cloches de Moussages, Cantal.



CPA Moussages, Cantal
Moussages, Cantal.

Les cloches de Moussages.


Intimement mêlée aux parfums du terroir
Dont s’enivrent nos bois, nos prés et nos villages,
Dans l’air pur du matin ou le calme du soir
S’égrène la chanson des cloches de Moussages.

Au fond du cœur de ceux, qu’enfants, elle a bercés,
Elle garde toujours, la chanson gaie ou triste, 
De leur foyer natal et des jours effacés,
La très douce tiédeur d’un reflet qui persiste.

Notre bourg voit troubler son calme habituel
Quand nos cloches gaiement annoncent la grand’messe,
Et de tous les hameaux, à leur vibrant appel,
Par les chemins pierreux vers l’église on se presse.

Puis voici le grand jour… la saint-Barthélémy
Dont l’été finissant nous ramène la fête…
Leur voix, pour honorer le protecteur ami,
Ébranle et fait trembler le clocher jusqu’au faîte.

Noël… Le rude hiver… La Messe de Minuit !
Cloches, que vos accents soient le joyeux cortège
De ceux qui, bravant l’ombre et le froid de la nuit,
S’en vont, lanterne en mains, et tout poudrés de neige !

Que ce soit vous aussi qui plus tard assistiez
Au seuil de leur trépas, dans un adieu suprême,
Tous ceux pour qui, jadis, longuement vous tintiez
Lorsqu’on versait sur eux l’eau sainte du Baptême !

J’évoque nos guerriers, les pauvres petits gars
Dont le lieu de repos est le champ de bataille,
Et que n’a pas suivi le lent et triste glas
Quand leurs corps sont tombés, percés par la mitraille !

Je songe aux exilés de leurs pays natal, 
Qui bien loin sont partis et, riches ou modeste,
Achèveront leur vie en quelque endroit banal
Oubliant leur Auvergne et ses beautés agrestes.

Le rêve que pour eux, dans mon cœur, je traduis
C’est qu’a l’heure où la mort glacera leurs visages,
En face l’horizon de la Chaîne des Puys,
Ils dorment aux accents des cloches de Moussages.

Hélène Chaumeilles-Moulier. 1925




Sources: Auvergne Littéraire, 1926.
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mardi 9 décembre 2014

Menu de réveillon de Noël.


   Les réveillons approchent et comme chaque année vous vous demandez ce que vous allez préparer pour régaler vos invités ou votre famille. Il y a très longtemps, les menus de certains, plutôt  aisés, avaient de quoi rassasier tous les convives même les plus difficiles, les plus gros mangeurs et les plus gourmands. Gibiers rares, viandes, poissons, légumes et fruits des pays lointains, mélanges de sucrés salés ; comment imaginer aujourd'hui une telle profusion et surtout avoir un tel appétit.
A cette époque, l'organisation du menu et des plats est très réglementée elle devait respecter la mode et les coutumes du moment. Le nombre de plats était fonction du nombre d'invités. Pour le menu suivant, ils devaient être  20 à 30 convives.


dictionnaire de cuisine française

Réveillon de Noël chez Madame la duchesse de Berry. 

Deux potages :
Potage printanier de santé,
Purée à la Crécy.

Deux relevés :
Tête de veau en tortue,
Poularde aux truffes.

Deux flancs :
Turbot, sauce aux homards,
Deux filets de bœufs à la financière.

Douze entrées :
Ailes de poulardes glacées aux laitues,
Filets de perdreaux au suprême,
Filets de lapereaux bigarrés, purée de champignons,
Timbale de nouilles à la Milanaise, 
Attelets à la Bellevue à la gelée,
Poulets à la Reine et à l’estragon,
Petits vole-au-vent à la Reine,
Quenelles de volaille au consommé,
Côtelettes d’agneau à la Toulouse,
Filets de carrelets à la Provençale,
Noix de veau de Pontoise glacée aux truffes,
Purée de bécasses à la Polonaise.

Deux grosses pièces :
Buisson d’écrevisses du Rhin,
Sultane à la Chantilly.

Quatre plats de rôt :
Pluviers dorés et ortolans,
Outarde bardée,
Faisan garni de grives,
Deux gelinottes des bois.  

Douze entremets :
Champignons grillés,
Asperges en petits pois, 
Choux-fleurs au beurre de Bretagne,
Bayonnaise de scorsonères,
Œufs pochés au consommé de volaille,
Macaroni au blond de veau,
Gelée d’oranges de Malte,
Fromages à l’Anglaise,
Charlotte de poires à la vanille,
Pannequets au cédrat,
Gâteau soufflé au gros sucre,
Gâteaux royaux aux raisins de Corinthe.

36 assiettes de dessert, 8 corbeilles de fruits, 8 de sucreries montées,
8 compotiers garnis et 4 fromages de glaces panachées.




Duchesse de Berry
Caroline de Bourbon-Siciles
(1798-1870)
   La duchesse de Berry, Marie-Ferdinande-Caroline-Louise de Naples et de Sicile, Duchesse d'Auvergne ( entre autres).  Belle et extravagante italienne de caractère,  aimait la mode les Arts, l'artisanat et le commerce; elle fut aussi surnommée "la bonne duchesse" car elle était très généreuse avec les pauvres et les défavorisés. Elle fit des  séjours en Auvergne ou elle aimait respirer l'air frais des montagnes, elle séjourna à Effiat,  près du Domaine Royal de Randan,(Puy-de-Dôme).








Sources : Dictionnaire général de la cuisine Française ancienne et moderne ainsi que de l’office et de la pharmacie domestique.
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dimanche 7 décembre 2014

Poème pour Noël: le petit toit qui fume.




CPA Laboureur et ses boeufs

Le petit toit qui fume.


Quand l’aube au ciel est reparue,
Vers le sillon qui les attend,
Avec ses bœufs et sa charrue
Le bouvier retourne en chantant.
Où donc a-t-il pris son courage,
Le joyeux bouvier du village ?
Où donc a-t-il pris son courage
Pour ce labour
De tout un jour ?

Au petit toit qui fume,
Là-bas, là-bas,
Dans la brume !
Au petit toit qui fume,
Caché par ses lilas, 
Là-bas !


Parfois, sous l’aiguillon qu’il darde,
Ses bras tombent-ils énervés,
Que dit son œil bleu qui regarde
Du cher côté que vous savez…
Il dit, et cela le soulage,
Le joyeux bouvier du village,
Il dit, et cela le soulage,
Que son ardeur
Fait du bonheur

Au petit toit qui fume,
Là-bas, là-bas,
Dans la brume !
Au petit toit qui fume,
Caché par ses lilas, 
Là-bas !

Car, si pauvre qu’il soit sur terre,
Cet homme a sa fortune aussi ;
Deux jolis anges et leur mère
Vivant à sa garde et merci.
Où trouve-t-il, après l’ouvrage,
Le joyeux bouvier du village,
Où trouve-t-il, après l’ouvrage, 
A reposer
Sous leur baiser ?

Au petit toit qui fume,
Là-bas, là-bas,
Dans la brume !
Au petit toit qui fume,
Caché par ses lilas, 
Là-bas !





Sources : Poésies, Hippolyte Guérin de Litteau, 1856.
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jeudi 4 décembre 2014

Fabliau grivois et coquin du Moyen Age : Le sentier battu.



Le sentier battu.(XIIè siècle)


   Celui-là n’est pas sage, qui s’habitue à railler les autres et à les agacer de paroles. Tôt ou tard il en éprouvera honte et chagrin, et l’on pourrait en alléguer plus d’un exemple. Chien hargneux est souvent mordu, dit un vieux proverbe ; ce proverbe a raison. Ceux qu’on a voulu ridiculiser se vengent dès qu’ils en trouvent l’occasion, et alors les traits qu’a lancés le

dimanche 30 novembre 2014

Téléthon 2014 en Auvergne.



Auvergne, 5 et 6 décembre 2014.


                                Téléthon 2014:




     Comme chaque année Regards et Vie d'Auvergne soutient le Téléthon qui aura lieu  le vendredi 5 et samedi 6 décembre prochain. Avec une nouveauté,  une collaboration Web-Partenaires pour vous permettre de faire un don au Téléthon,  en cliquant directement sur les bannières de la page d’accueil

30 heures de télévision directe:


   Deux jours exceptionnels où Sophie Davant, Gérard Holtz et leurs équipes animent en continu l' émission en direct de France-Télévisions. Pour ce grand rendez-vous, a été installé un immense plateau sur le Champ-de-Mars, au pied de la Tout-Eiffel  à

jeudi 27 novembre 2014

Le château de Saunades à Landogne.



Le château de Saunades.

(Extrait du manuscrit du Baron Deval de Saunades écrit en 1825 environ.)

   Acheté aux Canilhac vers le milieu du XVIIè siècle, le château et la baronnie de Saunades restèrent dans la famille Deval jusqu’à la Révolution.
Le château de Saunades, dont les ruines se voient encore, était situé près de Landogne, canton de Pontaumur, entre le bois et la rivière du même nom. Au pied de la colline sur laquelle il est situé se voient les ruines d’un autre château aussy appelé Saunades, qui aurait été détruit par les Cimbres lors de l’invasion des Gaules, 150 ans avant Jésus-Christ.

   Le château de Saunades a été le premier que détruisirent les révolutionnaires dans la Basse-Auvergne. Le 17 mars 1792, quinze cents factieux, dirigés par un nommé Bar….., maître de poste du hameau de Neuville, vinrent l’attaquer ; leur but était, après avoir brûlé le château et assassiné les propriétaires, de se répandre dans la plaine de Giat pour détruire tous les châteaux de cette région.

   Monsieur Hennequin, qui commandait la maréchaussée de Pontaumur, averti de leur dessein, parvint à les calmer pendant quelques jours.
Monsieur Deval profita de ce moment de répit pour faire venir des secours de Clermont. Une compagnie de Penthièvre-Dragons, commandée par le capitaine Tolques et les dix brigades de maréchaussée du commandant Bourguillon du Gravier, arrivèrent à Pontaumur le dimanche 19 et allèrent camper à Saunades ; les bandits, qui avaient choisi ce jour pour consommer leur horrible projet, furent pris et condamnés à vingt ans de galères. 

   Ce prompt secours avait sauvé la région ; mais bientôt la position ne fut plus tenable. Le tribunal révolutionnaire d’Aurillac amnistia les factieux du 19 mars. Monsieur le Baron de Saunades fut obligé d’émigrer et passa à l’armée de Condé. Son père, ancien officier de la maison du Roy et plus tard son procureur général en l’élection de Riom, alors âgé de 92 ans, ne voulut pas abandonner son château.

   Emprisonné par ordre du citoyen Goup… de Font….., il mourut en prison et le château de Saunades fut brûlé.

   Acheté, après la Révolution, par monsieur Fuchet de Riom, il a été revendu par lui à des paysans dont les enfants l’habitent encore.



Sources : Auvergne Historique et Littéraire, 1893.
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                 Sources : Les Albums de photos originales et inédites à voir dans la colonne de droite.© Regards et Vie d'Auvergne




dimanche 23 novembre 2014

Le Lierre, symbole de l'Amitié et de l'Amour étouffant.



Le Lierre.

lierre et arbre


    L’Amour fidèle retient avec une branche de lierre les roses passagères qui couronnent sont front. L’amitié a choisi pour devise un Lierre qui entoure de verdure un arbre renversé, avec ces mots :

   « Rien ne peut m’en détacher »

   En Grèce, l’autel de l’hyménée était entouré d’un Lierre, et on en présentait une tige aux nouveaux époux, comme le symbole d’un lien indissoluble. Les Bacchantes, le vieux Silène, et Bacchus lui-même, étaient couronnés de Lierre. La verdure éternelle des feuilles du Lierre était, pour cette cour joyeuse, l’emblème d’une constante ivresse. On a quelquefois représenté l’ingratitude sous la forme du Lierre qui étouffe son soutien : l’auteur des « études de la nature »  a repoussé cette calomnie, le Lierre lui parait le modèle des amis.

   « Rien, dit-il, ne peut le séparer de l’arbre qu’il embrasse une fois, il le pare de son feuillage dans la saison cruelle où ses branches noircies ne soutiennent plus que des frimas, compagnon de ses destinées, il tombe quand on le renverse, la mort même ne l’en détache pas, et il décore de sa constante verdure le tronc tout desséché de l’appui qu’il adopta ».


Lierre et mur

    Ces idées, aussi touchantes que gracieuses, ont encore le mérite d’être vraies, le Lierre tient à la terre par ces propres racines, et ne tire point sa subsistance des corps qu’il environne, protecteur des ruines, il est l’ornement des vieux murs, qu’il soutient. 

  Il n’accepte point tous les appuis, mais, ami constant, il meurt où il s’attache.






Sources: Le langage des fleurs, Madame Charlotte de la Tour, 1858.
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mardi 18 novembre 2014

Clermont-Ferrand, la Zup de la Plaine hier et aujourd'hui.




 Clermont-Ferrand le quartier de la "ZUP".


la ZUP de la Plaine de Clermont-Ferrand en 1975.


Une des  ZUP, Zone à Urbaniser en Priorité, créées vers 1960. Les véhicules en circulation nous indiquent bien les années 75.


la ZUP de la Plaine de Clermont-Ferrand en 2014.


Aujourd'hui 2014, pas de trop gros changements, à part la circulation, on dirait que le poteau desfeux tricolores na pas changé de place, mais ou sont les Deudeuches... !




Sources Photos © Regards et Vie d'Auvergne. et Google earth.
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samedi 15 novembre 2014

Morgane Laporte notre Miss Auvergne au concours Miss France 2015.



Miss France 2015.


Morgane Laporte Miss Auvergne 2014

 Voir la vidéo de présentation de TF1:  miss-auvergne-morgane-laporte

 

   Le 13 septembre 2014 à Vichy, Morgane Laporte était élue Miss Auvergne. Cette jolie Auvergnate ne se contente pas d'avoir un ravissant physique, elle est très brillante dans la poursuite de ses études, en licence de biologie elle rêve de devenir nutritionniste. Elle est aussi une  sportive de haut niveau en natation et triathlon.

Morgane Laporte Miss Auvergne 2014



   Naturelle et bien dans sa peau, jeune et brillante, voilà bien toutes les qualités nécessaires pour devenir l'ambassadrice de la France pour cette année à venir. 

Morgane Laporte, Miss Auvergne 2014.

  

Tous les Auvergnats auront à cœur de soutenir leur Miss sachant qu'avec la réforme territoriale elle est peut-être, hélas, la dernière.


  Rendez-vous le 6 décembre 2014 au Zénith d'Orléans et sur TF1 pour connaître la remplaçante de Flora Coquerel Miss France 2014.




Autre article du blog sur le même sujet: Nouvelle Miss Auvergne 2014.




Sources : vidéo de TF1 sur Wat.tv.
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mercredi 12 novembre 2014

Histoire de Fées en Auvergne.



Les Fées et l'Auvergne.


Le lac des Fades, des fées, Auvergne.

   Dans l’Auvergne, dont la population toute celtique n’a pour ainsi dire subi aucun mélange, ce sont encore les vieux monuments druidiques que les Fées ont choisi pour demeure.

   Près du village de Pignols, à cinq lieues de Saint-Flour, il y a un dolmen situé dans un lieu qu’on nomme "La Tioule de las Fadas". On raconte à ce sujet qu’une Fée, qui se plaisait à garder les moutons dans l’endroit même qu’occupe le monument, résolut de se mettre à l’abri des pluies et des orages, elle alla bien loin, bien loin chercher des masses de granit, que dix bœufs ne remueraient, et leur donna la forme d’une maisonnette.

   A Giat, à « Pont-au-Mur » et en plusieurs endroits de l’Auvergne, nous avons trouvé un tumulus et plusieurs dolmens qui passent également pour être la demeure des Fées. Enfin, il existe peu de provinces en France où la croyance à ces êtres surnaturels se soit conservée plus que dans l’ancienne Arvernie.

   A la Bourboule, près du Mont-d-Or une « Roche de Fée » attire l’attention des personnes qui visitent les eaux minérales de cette localité.


La Roche Vendeix, Auvergne.

  C’est un rocher de granit, situé à une petite distance de la Dordogne, dont la surface est plate et légèrement inclinée du côté opposé à la rivière. Les cavités que l’on aperçoit à cette surface sont attribuées à des Fées, qui avaient autrefois pris ce pays sous leur protection ; elles étaient bonnes, et aimables, et avaient rendu de grands services, en coupant le rocher, afin de donner issue aux eaux que cette digue retenaient captives et qui formaient un lac de la Bourboule. Par ce moyen, la vallée devint cultivée ; on y établi de belles prairies, et les eaux thermales qui se perdaient dans le lac devinrent visibles et furent recueillies. Les Fées enseignèrent aux habitants leurs propriétés, et l’on assure même qu’elles y prirent des bains. Outre ces bienfaits, elles protégeaient encore les environs contre les excursions du célèbre routier » Aimerigot Marcel », qui occupait, au XIV è siècle, le château de la Roche-Vendaix, et qui étendait partout ses ravages.
Un jour pourtant, en mémoire d’un événement heureux que l’on ne raconte pas, les Fées, retirées sur leur rocher, chantaient en buvant de la bière et en mangeant une omelette, lorsqu’elles furent surprises par « Aimerigot », qui les avait aperçues de Vendaix, et qui, vînt en toute hâte, s’emparer du local où elles se trouvaient. Les Fées n’eurent que le temps de s’échapper par des moyens qui leur étaient connus, et elles abandonnèrent définitivement le pays, où elles avaient répandu de si grands bienfaits.

   Dans la partie orientale de l’Auvergne, que l’on nomme le Livradois, les anciens racontent que la plaine ne formait autrefois qu’un grand lac, si profond, que les montagnes environnantes baignaient leurs sommets dans ses eaux. Ils disent que l’on voyait, il n’y a pas longtemps encore, des anneaux scellés aux roches granitiques sur lesquels s’élèvent, d’un côté, Cornillon, et de l’autre, Clavelier et Mont-Ravel, qui étaient destinés à attacher les barques.

   Suivant la même tradition, on avait fait sauter, au moyen de mines chargées à poudre, les gigantesques rochers de la Tour-Goyon. Au moment où le lac fut débondé, il produisit un torrent furieux, qui entraîna tout ce qu’il rencontra. Ce fut à cette occasion que les habitants se brouillèrent à mort avec les Fades ou Fées du pays. En brisant et retournant tous ces rochers, les ouvriers étaient arrivés jusqu’aux cavernes profondes où habitaient les Fades, ils avaient ainsi profané leurs retraites mystérieuses et enlevé nombre de leurs enfants. Un beau matin, pour se venger, elles enlevèrent à leur tour tous les nouveau-nés chrétiens des environs, et elles répondaient aux supplications à des mères éplorées :


Randa nou noutri Fadou (1)
Vou randren voutri Saladou.(2)

   Force fut bien de promettre l’échange, mais lorsque les Fades aperçurent sur les lèvres de leurs nourrissons le sel baptismal, et qu’elles les virent faire le signe de la croix, elles connurent qu’on en avait fait des chrétiens, et qu’ils étaient « défadés ».

   Elles les repoussèrent durement et les déposèrent bien vite sur les rochers, sur les branches d’arbres, et s’enfuirent, en poussant des cris aigus, cacher leur honte et leur malheur dans les rochers de Morel et dans les profondeurs redoutées de Lavaure.

   Les enfants des Fées furent repris et soignés par les femmes du pays, et plus tard même ils se marièrent avec les filles des habitants !


1) Fadou, enfant de Fée.
2) Saladou enfant salé, enfant baptisé.




Autres articles sur le même sujet :

 Les Bacchanales de Montjuzet.

Sorcier ou Guérisseur le simple d'Algères.

La légende du Gui de l'an nouveau.



Sources : Histoire et traité des sciences occultes.
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