dimanche 31 mars 2013

Les Rois de France de: l'an 420 à 1610.



Rois de France.


 NDLR:  L'écriture, en vieux François... est parfois un peu difficile et délicate à interpréter mais cette page permet d'avoir un regard global sur cette  vaste période
La liste ci-dessous, des rois de France, est recopiée d'un livre de 1611 intitulé:


" Antiquitez, fondations, et singularitez des plus Célèbres Villes, Châteaux, Places remarquables, Églises, forts, Forteresses du Royaume de France: avec les choses les plus mémorables advenues en iceluy."
 

"Cathalogue de tous les Rois qui ont régné en France jusqu’ à présent 1614.

Adapté aux ans de Notre Seigneur Jésus Christ."



Ans de       Numéro
  J-C          de Roi :


420              1 Héramond, fils de Marcomir a régné :11 ans.

430              2 Clodion, ou Cloyon le chevelu a régné : 25 ans.


Rois descendus de la Race des Merouées.

Oeufs de Pâques.



Oeufs de Pâques pour rire.



  Joyeuses Pâques... et Bon Appétit !





Sources: © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
                  Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.

samedi 30 mars 2013

La Foire d'Aurières, Puy-de-Dôme.



l église d Aurières

Aurières, l'église.



    Aurières, comme beaucoup de villes et de villages, doit son nom à l’or que les Romains avaient peut-être trouvé dans la Sioule qui coule non loin de là. Le fond de la rivière scintille au soleil, mais ce sont des parcelles de mica et maintenant personne ne se préoccupe d’aller chercher  fortune au fond du ruisseau.

   Les Auvergnats, gens pratiques, utilisent un grand pré bordé d’arbres pour une foire, connue de Vic-le-Comte à Bourg-Lastic, le 27 aout, la plus grande le 27 septembre : la foire du chien, ainsi nommée parce-que, raconte l’histoire, une fois y vint seul…un chien.
De loin, on voit le clocher pointu et les toits d’ardoises à mi-chemin entre les Dômes et les Monts-Dores, dans cette plaine balayée par les vents d’ouest, chaque hiver, dit-on, meurt un homme perdu dans la neige. Que l’on vienne de Clermont, où que l’on arrive par la route qui descend du lac Servière, le village affiche toujours une impression de tristesse désolée. Pays de prédilection de la foudre ; même par beau temps, le ciel resté gris fait craindre l’orage, la pluie, les trombes d’eau.

    Dès le lever du soleil les carrioles se pressent sur les chemins, petites voitures nommées très justement « tape-cul », où l’on tient quatre dos à dos dans une caisse posée sur deux roues. Une vieille sorcière, gros tas noir accroupi, se fait traîner par un âne minuscule. Un paysan tire par la longe un veau qui résiste en beuglant ; un autre, pousse devant lui, dix moutons marqués de croix bleues et rouges. Quelques femmes, suivant l’ancienne coutume, vont toutes droites, un panier posé sur la tête.
A l’entrée du village, des autos, des voitures, les brancards levés vers le ciel, bordent la route. Une rue boueuse, étroite, passe entre les maisons, semble sans issue, puis tout d’un coup débouche en plein champ de foire.
La foule sombre remplit les intervalles des tentes rouges. Les croupes jaunâtres arrondies des « Monts Dores » semblent proches derrière la ligne d’arbres. Chaque marchand s’installe où il veut, c’est un désordre extraordinaire.
   Au centre, un semblant de rue traverse les étalages, aboutit sur le marché aux bestiaux où les belles vaches de « Salers » se touchent en une mer de dos rouges frisés et de cornes. Bêtes nerveuses, maigres, bien cornées, moins stupides que les vaches blanches du Nivernais, moins massives que les Charolaises, et plus vives que les Bretonnes.
   Un veau ficelé au ventre de sa mère meugle sans arrêt. Deux paysans la main tendue pour toper l’accord discutent un rabais de 20 francs sur une bête de 3.000. A côté des porcs sont entassés entre des cloisons de bois. Une femme, grande de deux mètres, en tire un par les pattes de derrière, à la mode, avec la taille sous la poitrine, sa grande jupe noire qu’elle relève d’une main et son corsage de soie bleue plissée à longues manches.
    Un gros chignon brun sort sous son chapeau en paille jaune. Elle rit en montrant des dents de cheval au marchand qui la plaisante. Plus loin, un paysan, pour payer de la boucherie, pose une couronne de pain sur un veau coupé en deux. Mangera-t-il ce pain taché de sang frais ?
    Les poulets attachés par les pattes, les canards, les oies, crient dans un brouhaha général que dominent les hurlements d’un chien qui a reçu un coup de pied. Un peu à l’écart, un marchand vend un vieux lit de bois sans style, un autre des chaînes, des courroies. Un camelot, plein de verve, propose : 
« Quatre couteaux de la célèbre marque Pradel de Thiers pour six francs ».
 Les paysans font cercle, muets, tendent leur argent, empochent les couteaux et s’en vont vite avec l’idée confuse d’avoir roulé quelqu'un qui va se raviser et faire payer plus cher.
Un photographe livre dans les cinq minutes un portrait. De jeunes villageoises posent, l’air un peu niais dans leur robe à fleurs, un beau chapeau à cerises sur la tête, le sac pendant au bout de la main ; un sourire prétentieux orne leurs figures boutonneuses.
 
Aurières
La Foire d'Aurières

Attraction :
 « Mac Néro, champion du monde des buveurs d’eau. Entrée deux francs, toujours trente-cinq minutes de spectacle ».

    Vers onze heures, la fatigue pèse aux jambes. Un peu ivres d’avoir trop crié et plaisanté les hommes se dirigent vers les auberges où se concluront encore quelques marchés le verre en main. Les repas sont longs, on se bourre de viande, dédaignant les légumes. A trois heures, on en est aux liqueurs, et le soir, près des villages, des voix avinées chantent dans la nuit : c’est le retour de foire.


Henri Ogier.

Sources: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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La légende de la Pâquerette.



La légende de la Pâquerette.



Fleurs de Pâquerettes
 
Guidés par une étoile, à Bethléem, un jour
Des mages d’Orient, inspirés par des anges,
Aux genoux d’un enfant enveloppé de langes,
Vinrent se prosterner, le cœur rempli d’Amour.

Des bergers, qui paissaient leurs troupeaux à l’entour,
Entendant, dans les airs, des murmures étranges
« Échos des chants sacrés des célestes phalanges »
Dans l’étable en ruine entrèrent à leur tour.

Les trois Mages avaient, l’Ecriture les nomme,
De l’encens pour le Dieu, de la myrrhe(1) pour l’homme,
Et, symbole divin, des trésors pour le Roi.

Les pâtres, pour présents, portaient des Pâquerettes,
Qui venaient d’entr’ouvrir leurs blanches collerettes.
Mais ils avaient au cœur l’Amour avec la foi.

Aux pieds du nouveau-né, l’un des Mages s’empresse
De brûler son encens aux suaves senteurs ;
Le Roi Gaspard répand la myrrhe avec largesse ;
Melchior fait briller l’or aux fauves lueurs.

Les bergers, à genoux, voyaient avec tristesse
Cette adoration, et l’œil mouillé de pleurs :
«  Ces Rois » se disaient-ils « vont, avec leur richesse
«  Nous faire oublier, nous, qui n’avons que des fleurs ! »

Comme s’il eût compris cette pensée amère,
L’enfant pousse du pied une superbe aiguière,(2)
Prends une fleur des champs, la baise, et puis s’endort.

C’est depuis ce jour-là, que l’humble Pâquerette,
Autrefois toute blanche, a, sur sa gorgerette,
Une Auréole rose et l’étamine d’Or.
 
 

-1) Myrrhe : Gomme de résine aromatisée, parfum aux multiples pouvoirs.
-2) Aiguière : petit récipient avec un bec et une anse pour porter de l'eau, vase, pichet.


Sources : Ce que disent les fleurs, Antonio Spinelli.
                 Photo: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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Les Fleurs du Magnolia.



  Magnolia.

Fleur de Magnolia


« Dites lui que
je pense à elle,
Dans un grand champ de Magnolias.
Et que si toutes les fleurs sont belles,
Je me brûle souvent, souvent les doigts,
Des Magnolias par centaines,
Des Magnolias comme autrefois.
Je ne sais plus comment faire,
Les Magnolias sont toujours là. »

(Etienne Roda-Gil, Claude François 1978)

  
Fleur de Magnolia




« Il en est ainsi des roses et des fleurs du Magnolia, qui n’offrent jamais d’odeur plus enivrante, de coloration plus forte qu’à l’instant ou la mort y projette ses secrètes fusées et nous propose ses vertiges. »

(Charles Cottet)


Fleur de Magnolia


 Sources: Photos: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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vendredi 29 mars 2013

Issoire, Puy-de-Dôme, panoramique de la Tour de l'horloge.



Issoire, puy de Dôme.





Sources: © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
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jeudi 28 mars 2013

Vulcania, feu d'artifice 2012.



Vulcania 2012.




Sources: © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
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Harlem-Shake Université d'Auvergne.




Auvergne, université.


Sources: © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
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Le Paillon, fromage de saint Nectaire, Puy-de-Dôme



Fromage d'Auvergne le Paillon de saint Nectaire.

CPA saint Nectaire, Puy de Dôme.
Saint Nectaire.
    Saint Nectaire appelé autrefois « Senneterre » ou «  Senectère » est connu pour ses sources mais également pour ses fromages.
   Dès 1666 Henry II de Senectère fit la promotion  des fromages réputés alors à la cour de Louis XIV pour leurs goûts et leurs qualités. C’est  grâce à l’acharnement de Pierre Boyer qui incita les producteurs à ne fabriquer que des fromages de hautes qualités avec le moins de défauts possibles,  qu'en 1955 l’appellation «  A-O-P : Saint-Nectaire Fermier » récompensa enfin les efforts des producteurs.
    De nos jours, la zone A-O-P est sur un vaste territoire volcanique  à une altitude minimale de 750m, et, limitée à 70 communes des Monts-Dore d’Auvergne,  sur une superficie de plus de 183.000 hectares.
   La fabrication est effectuée au sein même de cette zone, avec le lait cru ou pasteurisé  d’un même troupeau et aussitôt après les traites du matin et du soir. 
   L’affinage se fait comme par le passé, en caves traditionnelles sur bois d’épicéa et sur paille de seigle avec une durée minimale de 28 jours.

Le Paillon, fromage de saint Nectaire, Puy-de-Dôme.
 
   « Le Paillon » est un fromage à pâte pressée non cuite, au lait pasteurisé, il se distingue  par sa croûte naturellement fleurie  grise orangée recouverte de nombreuses moisissures blanches, grises ou rouges, la présence de brins de paille et les traces incrustées dans sa croûte pendant l’affinage , sont la garantie d’un travail respectueux de la tradition.

Le Paillon, fromage de saint Nectaire, Puy-de-Dôme.

  Son goût est plus savoureux et plus franc que le « fermier » malgré la couleur presque blanche de sa pâte souple et collante, mais fondante et riche en saveurs florales et campagnardes.
   Le fromage de Saint-Nectaire anciennement appelé "le Vachard" mesure 21 cm de diamètre, et 5 cm d’épaisseur pour un poids de 1,7 kg environ.



  Sources: Photos: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.

mercredi 27 mars 2013

Le serment de Pierrounet.


 

Pierrounet le tueur de cochons d'Auvergne.


Pierrounet
   Nanetoune, je m’en vais saigner le porc de Grabier !
Et sur cette laconique déclaration, Pierrounet le tueur de porcs, laissant sa femme au coin du feu, quitta la ferme des Prats-Riches.
    Le jour commençait à poindre derrière les sapins givrés d’Algères et dans la « Charreire » grise, les plaques de glace luisaient.
Tout en s’aidant de sa canne ferrée, Pierrounet arquant les jambes, se mit à descendre dans la vallée.
De temps en temps, il interrompait sa marche prudente, sortait de

Les Gafain, de Chalinargues, Cantal.

Les Gafain.

  
    Les Gafain habitait le village de Chalinargues.
  Un toit de chaume très incliné et dont les brebis mangeaient les bords, couvrait leur maison de pierres basaltiques.
Le Gafain, paysan au visage terreux, cuit par le soleil, au corps engoncé dans des habits de velours trop larges pour lui, ne reculait pas devant le travail. Il rétrécissait le cours d’un ruisseau pour gagner quelques mètres carrés, apportait la terre d’un champ dans une côte exposée au midi, pour élever des paliers. Il représentait le type avare du paysan.
La Gafaine, elle, travaillait avec ardeur : soignant les poules, les lapins, deux cochons, un pour le saloir, un pour la foire, et cuisinait une soupe épaisse.
Un matin, la paysanne se sentit malade. On a beau être solide, le corps se détraque à porter des fardeaux. La femme se fit moins vaillante, mais travailla plus qu’elle n’aurait dû. Elle se levait à huit heures et besognait.
    L’été avançait ; la terre réclamait des bras pour faucher le regain, le retourner, l’engranger. De nouveau la Gafaine se leva au chant du coq, son mari ne voulait pas prendre d’aide.
-« Ça mange tout le bénéfice, ça vous ronge les sangs…Il faut toujours les pousser au derrière. »
Tout alla bien pendant quelques jours, mais la Gafaine prit froid en coupant les blés. Elle ressentait de violentes courbatures et se recoucha.
Les voisines venaient la voir :
-« C’est de l’usure, disait-on, la poêle se perce à force de servir. »
    L’époque du labourage arriva. Maintenant la Gafaine se reposait presque toute la journée dans un vieux fauteuil, ne le quittant que pour préparer avec des gestes lents et maladroits, les repas de midi et du soir.
Avec ses bœufs, Clermont et Tonnerre, le Gafain labourait. Un matin, après s’être habillé et avoir mangé un reste de soupe, il dit à sa femme encore couchée :
-« Tu feras un morceau de lard, je reviendrai à midi. »
Il partit, guidant ses bœufs vers les champs. Clermont et Tonnerre tiraient hardiment, ça et là les corbeaux volaient en croassant. Quand le soleil ne dessina plus que des ombres minuscules, le paysan revint à son logis.
Pour la première fois, rien n’était prêt. Le pain traînait sur la table, le lard séchait dans le tiroir, dans l’âtre pas la moindre braise. Il regarda sa femme : elle dormait la drôlesse. Alors il se fâcha.
    Quoi, il travaillait depuis six heures sans rien dans le ventre, il trimait derrière la charrue, un pied dans le sillon, l’autre sur la chaume, tandis qu’elle restait à flâner entre les draps, ! A lui seul il conduisait la maison et on ne voulait pas l’aider, pas même préparer la soupe ! On allait bientôt le laisser crever de faim. Ah ! non, ça n’irait pas plus loin…
La Gafaine dans son lit, la face vers la muraille ne répondait pas. Elle ne se plaignait point.
Après avoir grommelé, l’homme s’emporta. On le prenait pour un Jean-Foutre, on lui tournait le dos quand il parlait ! Le chien bientôt se moquerait du maître !
Brutalement, il s’adressa à sa femme :
-« Qu’as tu fais ce matin ? Rien ! …Encore moins qu’hier… tu n’as pas mis de l’eau sur le feu, avec du lard et des choux…Pas de soupe chaude en rentrant…Je m’use à ce travail, tu entends !…Est-ce que je suis malade, moi ? Je vais me coucher, la besogne avancera seule…Tous les médecins sont des diseurs de bonne aventure…Mon pied ou je pense ferait mieux l’affaire !… Réponds quand on te parle !… Tourne toi !… Montre ta tête ! …
Il l’insultait maintenant. Mais obstinément la Gafaine restée la face comme collée au mur.
-« Alors quoi ? Tu ne veux pas répondre ? Tu fais la tête ? … Eh bien à ton aise ! … ».
    Le balancier rythmait l’heure, un chat sauta sur la maie et dehors un coq chanta.
Le Gafain se mit à table, tira une assiette, se coupa du pain, une lichette de jambon, de la fourme, emplit au tonneau de piquette le pichet et mangea.
Entre deux bouchées, il se retournait vers le lit, où, sous les grands rideaux de cretonne à fleurs, sa femme reposait.
-« Tu ne veux pas manger ? … Eh bien, soit ! … ».
Quand il eut terminé, il se leva, alla jusqu’à la porte, et du seuil, cria :
-« Dort bien ».
Dehors il eut froid. Poussant les bœufs, il se hâta vers le champ et, de nouveau, le soc et le coutre fendirent la glèbe. Il travailla nerveusement, les bœufs firent de fréquents écarts et ses mains tremblaient quand il traça le dernier sillon.
-« Non, réfléchissait-il, la Gafaine doit être très malade, il faudrait aviser. Si elle allait mourir.. ? Il redescendit vers son logis la tête lourde, les jambes molles.
Devant la porte de sa maison, un ami l’attendait. Dès qu’il fut à distance de voix, il demanda :
-« Et votre femme, Gafain, comment va-t-elle ?
-« Bien mal, bien mal. »
Ils entrèrent le cœur serré.
-« Ça sent drôle » dit l’ami. Il toucha la main de la Gafaine : elle était froide. Alors il pencha sa tête vers la poitrine de la vieille, puis il se releva pâle :
-« Elle est morte, dit-il en promenant lentement sa main sur le front du cadavre. »


La vie s’était enfuie depuis l’aube…
 
Raide, le Gafain regardait la scène sans comprendre.

 


Sources : Auvergne Littéraire, Jean Bouchary, Gallica
                  © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
 

Braves noms Ambertois, Puy-de-Dôme.

Ambert.



Ambert, Puy-de-Dôme.
Ambert, Puy-de-Dôme.

Tourlonias, Quiquandon, Chanteloube, Pichoir,

BraveBraves noms Ambertois.




Tourlonias, Quiquandon, Chanteloube, Pichoir,

Braves noms Auvergnats que l’étranger dédaigne ;

Chacun d’eux, est un fruit savoureux du terroir,

Sous ses piquants, une châtaigne.


Et quand, les déchiffrant, Poutignat, Molimard.

Devant l’auberge ou bien la boutique aux fromages,

Un poète survient, l’œil quêteur, il repart

Avec une aubaine d’images.


C’est le jardin public, quoi donc ! Si près des bois ?

Où les jeux des gamins pressés autour d’un buste

Et juchés sur le mur, seuls, jaillissent parfois

Du silence glauque et vétuste.


La place du marché : des groins reniflant,

Hors des cages, fleuris en roses indiscrètes,

La plaintive douceur des veaux, flanc contre flanc

Liés aux brancards des charrettes.


En l’ultime quartier tortueux du Passé,

Les regards des logis dont la façade obèse

A l’air d’un paysan, le dimanche engoncé

Dans une blouse qu’on empèse.


Monté vers le parvis, un grave char à bœufs

De son odeur de foin, il encense l’église

Absorbant la clarté des lointains verts et bleus

Et plus blonde encore que grise…


Chartoire, Moneyron et Tite-Matichard !

Toute la ville tient dans ces syllabes rudes

Et le profil, trop grand pour l’âme et le regard,

Des montagneuses solitudes.


De même qu’un enfant mange au creux de sa main,

Trouvaille du sentier, la fraise ou la framboise,

Le poète gourmand se délecte en chemin

De cette récolte patoise.


                                                 Marie-louise Vignon, Ambert, 1922


Sources : Auvergne Littéraire, Gallica
                 © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
               Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.
   


s noms Auvergnats que l’étranger dédaigne ;
Chacun d’eux, est un fruit savoureux du terroir,
S

Le Bougnat Charbonnier.



  Le Bougnat d'Auvergne.


le Bougnat Charbonnier.


Il vient de la Lozère, de l’Aveyron ou du Cantal.
   Il a les yeux bruns, la peau brune, les cheveux bruns.
   Les premiers brouillards froids d’octobre l’amènent à Paris. Dans un réduit sombre, sans air, où voltigent les dangereuses poussières de charbon, il trie l’anthracite, le belge, l’anglais, celui de la Ruhr le « flambant », les boulets, et prépare méticuleusement les sacs de cinquante kilos.
    Puis, le chef couvert d’une grosse toile et portant son lourd fardeau, il parcourt les rues du quartier et monte des étages et des étages. Ses fortes semelles cloutées claquent sur le bitume et dans l’escalier des maisons modestes.
Il arrive au cinquième étage, point essoufflé.
-« Bonjour, c’est le charbonnier »
Et il pose là sa charge. Délicatement.
Si vous lui offrez un verre, il s’excuse :
-« Merci, j’ai trop l’occasion… »
    Et puis, il a encore un grand nombre de fois cinq étages à monter : le temps presse et il ne veut pas avoir le souffle court, ni les jambes lourdes.
Demandez-lui d’où il est.
 D'Auvergne », vous répondra-t-il.
-« Mais de quel endroit d'Auvergne ? »
  Du Cantal ! Vous connaissez ? »
Dame, il se méfie ! Il n’est point bavard. Mais si « l’on connaît », sa figure s’éclaire :
-« Adounca, moussur, parlas patois ? »
    Et la prochaine fois, quand il vous livrera l’anthracite, il vous dira, à mi-voix, d’un air entendu :
-« Je vous ai mis "de  la bonne " ! »
Vous avez un ami de plus ; 
    Quand il s’éloigne, son pas redevient léger et, trois marches par trois, il « dégringole » l’escalier, le sac vide sous le bras. Un saut marque chaque étage : boum, boum, boum. Troisième étage, deuxième, premier…
    Lorsque vous le rencontrez dans la rue, il ne vous voit pas ; il ne voit que le trottoir, sa tête étant inclinée par le poids du fardeau qu'il porte sur sa nuque. Il a l’air, avec son capuchon de toile grossière fait d’un vieux sac, d’un pénitent noir, tout noir, de peau, de cheveux, d’habits. Seules ses dents font  une jolie tache claire dans son visage : confetti blancs dans un bol d’encre.
 
le Bougnat Charbonnier.

    Quand les beaux jours sont revenus, il retourne au pays où les travaux de la terre l’attendent.
Il a l’air heureux.
Et il l’est.
Ses vêtements sont propres, sa peau claire, ses cheveux bien peignés ; il est méconnaissable.
    Et, dans une poche de son portefeuille, dorment bien sagement des billets de banques pliés avec soin qu'il rapporte à la vieille maman ou à la jeune épouse, restées là-bas, quelque part, dans la Lozère, l'Aveyron ou le Cantal.


le Bougnat Charbonnier.


Sources: Auvergne littéraire, 1934.
                © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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mardi 26 mars 2013

Les Femmes- Fées de Montjuzet, Puy-de-Dôme.

Montjuzet, Clermont-ferrand.

Les fées de Montjuzet à Clermont-Ferrand


Au pied de Montjuzet, dorment les Femmes-Fées.

Je les revois le soir, de verveines coiffées
Et leurs beaux cheveux blonds flottant sur leurs épaules
Cheminant à travers les chênes et les saules.
Parmi les bouleaux blancs, pâles visions blanches,
Elles s’en vont sans bruit et glissent sous les branches,
Lorsque la nuit étend au loin ses voiles sombres.
Elles passent dans la forêt, comme des ombres.
Leur troupe vaporeuse à la brume se mêle
Et le brouillard léger les frôle de son aile.

Lentement dans la nuit, passent les Femmes-Fées.

Leurs robes aux longs plis richement agrafées
Se gonflent sous la brise ou traînent sur la mousse.
Le vent souffle et je crois entendre leur voix douce
Chantant Esus, le dieu dont la droite féconde
Brisa l’œuf de serpent et fît naître le monde,
Esus devant qui, Dis fait jaillir la lumière,
Aux pieds de qui, Tarann gronde avec le tonnerre
Et dont Teutatès, prompt à partir dès l’aurore,
Transmet à l’univers la parole sonore.
Au pied de Montjuzet, chantent les Femmes-Fées.


Les fées de Montjuzet

Escortant la prêtresse et portant des trophées,
Elles disent le nom d’Esus qui les contemple
Et gravissent le mont que domine le temple.
Autour du mont sacré défile le cortège.
Il s’enroule à son flanc, comme un ruban de neige,
S’éloigne et disparaît…Dans la nuit taciturne,
On entend que le cri de quelque oiseau nocturne
Ou du vent qui gémit les plaintes étouffées.


 
Les fées de Montjuzet




Au pied de Montjuzet, dorment les Femmes-fées.












Sources : Poèmes d’Auvergne, Gabriel Marc, Gallica
                 © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.


 

Description de la région d'Auvergne en 1611.

L'Auvergne en 1611.


carte de l'Auvergne, vers 1660

Le texte ci-dessous est tiré d'un livre de 1611 intitulé:


" Antiquitez, fondations, et singularitez des plus Célèbres Villes, Châteaux, Places remarquables, Eglises, forts, Forteresses du Royaume de France: avec les choses les plus mémorables advenues en iceluy."

L'écriture, en vieux François... et parfois un peu difficile et délicate à interpréter mais cette page permet d'avoir  une image de notre belle région d'Auvergne à l'époque. 

    " L’Auvergne, était jadis région séparée en faisant un peuple particulier à lui, depuis que les Romains « l’envahir ». Elle est mise au dénombrement de l’Aquitaine, à cause qu’elle

Les belles fontaines de Vichy.



Vichy

Carte Postale Ancienne : Vichy, Allier.
    Au milieu de vallons, de sentiers embaumés, parmi les saules, les noyers, les hauts et verts peupliers, entre Paris et Lyon, au pied des montagnes du Forez, et de l'Auvergne, s'élève Vichy, petite ville singulièrement favorisée du ciel et de la terre, car de tout temps, elle brilla d'une splendeur sans égale.
      L'Aquae Caldae* des romains abrita dans ses murs bien des généraux, des consuls des proconsuls, des matrones, etc...
Frappez du pied les quartiers de Moustiers, de Ville-juif, de Ballore, et les vieux débris de sa gloire antique vont jaillir à la surface, statues mutilées, chapiteaux, vases sacrés, haches des vieux Gaulois, épées brisées des Romains, tout dans ces tombeaux dort du sommeil de la mort.
    Pourquoi ce mélange d'armes indiquant un rapprochement de races ? C'est que la douceur du climat, la beauté du pays et les vives Gauloises, avaient bien vite fait oublier aux latins charmés, leur première patrie. Le sang Romain s'était mêlé au sang Gaulois, et, d'orgueilleux vainqueurs ils étaient devenus sujets francs.
 
    Je ne vous décrirai pas, combats du moyen-âge, manoirs habité par de preux chevaliers et de belles châtelaines attirant les regards sur leurs blanches haquenées*, escortées de leurs gentils pages, de leurs valets amoureux. Je ne vous évoquerai pas non plus, pieux Cénobites à l'âme bienfaisante, défrichant le sol, soulageant la misère, consolateurs de l'infortuné et dépositaires de la science. Non, vos souvenirs sont trop grands, trop rapprochés de nous pour ne pas parler à nos yeux.
 
    Châteaux forts aux vieilles tourelles, imposants et sombres monastères, basiliques à hautes colonnettes, dont les vitraux flamboyants embrasent le saint lieux des feux de leurs riches couleurs, qu'ai-je besoin de signaler vos merveilles ! Ce n'est pas vous dont je veux chanter la gloire, s'est le Vichy de nos jour qui m'inspire, et dont je veux célébrer les succès bienfaisants.
 
Carte Postale Ancienne : Vichy, Allier.


A vous qui présidez aux sources de Vichy,
Qui m'avez inspiré mes premiers vers, ici,
A vous Vierge Sainte et bénie
Ma gratitude les dédie.


Puits Chomel


Carte Postale Ancienne : Vichy, Allier.

   Voici la source Chomel, jadis adossée à la maison du Roi, et dont le nom

lundi 25 mars 2013

Sauvagnat Sainte-Marthe, Puy-de-Dôme.



 


  Sauvagnat Sainte-Marthe.(Salvaniacus)


Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.


Extrait de : Récits d’un touriste Auvergnat (1888).
     " Dans un pli de terrain, nous apercevons sous la butte de la Margeride le joli bourg de Sauvagnat dont les vins sont renommés à juste titre et qui tire sont nom du celtique: Salvagnat .
      Sa population est d’entour 600 âmes, la cure était autrefois à la nomination d'Issoire.
On voit au milieu du pays les restes importants d’un vieux château qui tombe de vétusté et dans lequel sont aujourd’hui les meilleures caves de l’endroit.

Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme. Gravure de la rue des forts
 
      Une grosse  tourmolie il y a quelques temps dominait l’ensemble des constructions
entourées de remparts et de fossés avec un pont-levis dont la porte d’entrée est en ruines.     
Deux rues appelées rues du Fort offrent de l’intérêt, elles portent le cachet du XIIIe siècle."
                                                                    


Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.

Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.

Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.Porte de cave.

Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme. portes de caves

Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme. Ruines du château
 



     Aujourd'hui, la commune compte 494 habitants.(2006)
Une grande partie des rues anciennes a été restaurée avec goût, le village vigneron garde son cachet très pittoresque.



Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.

Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.

Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.
La porte Fortifiée.
Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.

Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.

Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.

Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme. L'église
                                                                             
      L'église, du 15eme siècle reconstruite en 1836 avait pour patron: Saint-Gervais, aujourd'hui: Sainte-Marthe.
 
Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme. Le puy Neyrand
Le puy de Neyrand.
     Un parcours de randonnée de 6 kilomètres part du centre du village place du creux de la Grave  pour aller vers le Puy de Neyrand (520m),
ou s'offre aux promeneurs une magnifique vue circulaire sur les alentours, Saint-Yvoine, Coudes, Montpeyroux, Chadeleuf, Neschers, et les côteaux environnants.


Sauvagnat sainte-Marthe, Puy de Dôme.

    Une rue porte le nom de Jean Aujame, peintre qui résida à Sauvagnat Sainte Marthe de 1949 à 1965, on trouve aussi les rues: de La Conche, de la Marounne, rue du Ventadour, rue du Magot, rue du Fourchat etc...

 

Sources: Récit d'un touriste Auvergnat, Gallica
           Photos: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
            Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.



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