jeudi 28 mai 2015

Visitons l'Auvergne : Ferrières sur Sichon dans l'Allier.

Ferrières sur Sichon.


Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne,


 A 22 kilomètres au sud-est de Vichy, ce  petit village du Bourbonnais est sur la rivière appelée  le Sichon,  on compte environ 600 habitants de nos jours. Petit coin tranquille ou la vie semble facile et douce.


Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne,

Le  Sichon:

   Entre les bords de la petite rivière et les biefs des nombreux anciens moulins comme celui-ci  remis en état récemment, l'eau circule beaucoup.  Le Sichon commence son parcours dans la montagne des Bois Noirs dans ce que l'on appelle la petite Suisse,  pour aller se jeter dans l'Allier. Les amateurs de truites la connaisse bien, pour ses eaux claires parfois tumultueuses.

(Extrait:)
   " Les promenades intéressantes abondent sur le territoire même de Ferrières. c'est d'abord le cours du Sichon, nulle part plus pittoresque, plus fraîchement joli que de Ferrières, saint Vincent.
Oh ! Le charme exquis de cette petite rivière qui chante au fond du ravin, perdue sous les arbres !
Souple, translucide et frais serpent d'eau, fluant entre les pierres énormes qui lui barrent le passage à chaque pas, avec une dextérité qu'on ne se lasse pas d'admirer.
Quoi de plus pareil à un morceau de rivière qu'un autre morceau de rivière ? A Ferrières, le Sichon se transforme vingt fois en cent mètres. Rivière dolente et large, dormant sur un lit de sable fin, elle disparaît d'un seul coup, avalée par la gueule géante d'un rocher. Vous la retrouvez, furieuse d'avoir été ainsi humiliée, écumante, bousculant les pierres. Puis elle se calme, et au lieu de resserrer son cours pour balayer les pierres, elle se divise en vingt ruisselets qui babillent avec les roches, en font le tour sans se presser." (Fin d'extrait)


Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne, le Sichon

Vieilles pierres et géraniums pour un moment agréable sous les bois anciens,  avec  pour seule compagnie le murmure de l'eau calme de la rivière



Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne,

Rues tranquilles, vieilles demeures et fermes réaménagées.



  L'église saint Désir ou Désiré : 



Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne, église saint Désir.


 Elle est bâtie sur une base très ancienne peut-être vers 1152, reconstruite et modifiée au fil des siècles. Elle possède quelques particularités intéressantes, vitraux, cloches, sculptures et tympan sur la façade, elle est bien mise en valeur au centre d'un espace végétalisé.



Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne, église saint Désir

Le socle de la tour principale gothique, et la chapelle romane ronde attenante sont les parties les plus anciennes de la construction.



Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne, église saint Désir


Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne, église saint Désir


Vitrail très coloré du peintre et Maître-verrier renommé : Martial Mailhot de Clermont-Ferrand représentant une scène avec saint Fiacre patron des jardiniers qui est bien  reconnaissable avec sa pelle à gauche, Saint Désir au centre et saint Vincent Ferrier avec son livre



Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne, église saint Désir

   Autre oeuvre du même artiste.



Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne, église saint Désir

Une large et claire nef sans piliers, pour une vue dégagée totalement libre de tous cotés.



Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne
Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne

























Question :

Les habitants de Ferrières sur Sichon sont appelé les...



Ferrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne
Surprise: les gardiens de toits...


 Avez-vous trouvé ?
Et bien, on les appelle les Farrérauts et les  Farréraudes.





Ferrières-sur-Sichon, Allier, AuvergneFerrières-sur-Sichon, Allier, Auvergne

Avant d'être divisé en plusieurs communes Ferrières était peuplé de plus de 3400 habitants.


Le trésor de Glosel:

   En 1925, la commune fut mondialement  célèbre lorsqu'un agriculteur du hameau de Glozel, découvrit dans son champ en bordure d'un ruisseau, un riche gisement préhistorique . Malheureusement cette découverte fût contestée et même traitée de faux et d'amuses touristes !
   Bouleversant et divisant le monde scientifique, on accusa le découvreur d'avoir lui-même gravé des galets. Si ces trésors étaient  vrai ils chambouleraient  l'histoire de l'époque néolithique en attribuant la naissance de l'écriture non pas aux Phéniciens mais... aux Auvergnats !
Au bout de nombreuses années et de compliqués jugements, et grâce aux  avancées de la technique moderne, les plus sceptiques ont été obligé d'admettre la réalité d'au-moins une partie du trésor,  en attendant de pouvoir prouver le contraire.

 Pour plus d'informations un musée est à visiter: Musée de Glosel.



Sources : extrait de : Le mois littéraire et pittoresque, 1908.
               Textes et Photos :© Regards et Vie d'Auvergne. Alain-Michel.
                 http://www.regardsetviedauvergne.fr/
                Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.




dimanche 24 mai 2015

La fable du Cheval et de l'Ecureuil.

écureuil

Le Cheval et l’Écureuil.


Docile au frein, un généreux coursier
Dressé par les leçons d'un habile écuyer,
Incessamment, avec une ardeur sans pareille,
Marchait au pas, puis trottait, galopait,
Chacun à l'envi l'admirait.

"Voilà vraiment une belle merveille ! "

S'écrie en ricanant un léger écureuil.
Puis il ajoute avec orgueil:

" J'en fais mille fois plus. Avec quelle prestesse,
Quelle vigueur, quelle souplesse,
Au haut d'un arbre on me voit m'élancer,
Sur ses branches me balancer,
Et puis redescendre au plus vite !
Du matin au soir je m'agite,
A cet animal si vanté
Je ne cède en rien pour la vivacité,
Cependant on l'admire, et moi l'on me méprise."

" Mon cher, dit le cheval choqué de sa sottise,
Je demeure d'accord de ton agilité:
Tu semblerais avoir des ailes,
Mais de tes courses éternelles
Dis-nous un peu quelle est l'utilité ! "





Sources: texte: Fables par Théodore Lorin.
             Photo : © Regards et Vie d'Auvergne. Alain-Michel.
             http://www.regardsetviedauvergne.fr/
              Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.

vendredi 22 mai 2015

Le Sureau, arbuste sauvage de nos jardins et campagnes.

Sambucus Nigra, Sureau noir.

Sureau en fleurs


Dans mes modestes vers, j'ai chanté la beauté,
j'ai chanté les parfums des douces fleurs que j'aime,
Couronnant les buissons ainsi qu'un diadème
Aux matins du printemps, aux beaux soirs de l'été.

On m'a dit aujourd'hui : chanterez-vous de même
Cette vilaine fleur sans arôme enchanté ?
C'est la fleur du Sureau, fleur si pâle et si blême !
Mais qui calme les mots de notre humanité.

Je la chante : Salut à cette bienfaitrice !
Je la cueille et la cache, oh ! j'ai cette avarice !
Je la retrouverai, quand vous serez souffrant.

La beauté n'a qu'un jour, mais la bonté demeure,
On peut lui faire appel en tous lieux, à toute heure,
L'utile est préférable à l'éclat le plus grand .

Gabrielle de Poligny.

Fleurs de Sureau.

   Modeste arbuste à l'écorce rugueuse de nos jardins, et de notre jeunesse, il est partout, pas difficile il se plaît dans les terres les moins riches, les haies,  les bords de chemins ou de ruisseaux. Enfants nous avons tous aimé jouer avec les morceaux de ses branches d'où on extrayait la moelle et devenait ainsi une "cigarette" très ressemblante, le tuyau creux lui, servait à confectionner toute sorte d'objet, sifflet, flûte, mirliton, pipe,  sarbacane, et tant d'autres, l'imagination de notre enfance étant sans fin ...

   En mai/juin, les branches se couvrent de grosses fleurs larges et plates d'un blanc vif à laiteux. La floraison est spectaculaire et lorsque les nombreux pétales tombent au sol on dirait de la neige d'étoiles. Elles dégagent un subtil parfum ambré, vanillé et sucré en contraste total avec celui des feuilles, très vert et amère. Elles sont parfois consommées en beignets, ou pour faire du sirop.

Fleurs de Sureau.
 
  Puis fin août des grappes de baies rouges à noire apparaissent, elles sont parfois utilisées comme colorant et teinture, les Romains les nommaient la nourriture des Dieux, mais attention ne pas les consommer crues car elles sont laxatives ! 

Purin de feuilles de Sureau:

   Les jardiniers adeptes de la culture biologique utilisent le purin de feuilles de Sureau comme insecticide contre les pucerons, chenilles etc... Il aurait même des effets sur les rongeurs : mulots, loirs, souris et campagnols.
 1 kg de feuilles et 10 litres d'eau de pluie dans un récipient non métallique, on remue tous les jours pendant 8 jours, puis on filtre, le produit est prêt pour être pulvérisé à la dose de 1 pour 10 et il se conserve assez bien. ( Attention comme tous les purins il a une odeur assez tenace !)

Fleurs de Sureau.

Usage médicinal du Sureau: 

   Tout d'abord, il ne faut jamais consommer les plantes sans être certain qu'il n'y pas de risques, toujours prendre l'avis de personnes compétentes.

 Il y a trois grandes variétés, le Sureau noir commun, le Sureau rouge et enfin le Sureau Yéble qui lui, est toxique.
 Depuis des millénaires le Sureau noir à été utilisé, les feuilles, les fleurs, l'écorce, la moelle, les baies pour réaliser des tisanes, décoctions, sirops pour lutter contre les effets du rhume et les problèmes respiratoires.







Sources: © Regards et Vie d'Auvergne. Alain-Michel
               http://www.regardsetviedauvergne.fr/
               Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.

dimanche 17 mai 2015

Visitons l'Auvergne: Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.

Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.

   Dans le Parc Naturel  Régional du Livradois Forez, d'où que l'on arrive, il faut d'abord descendre, descendre à n'en plus finir, pour enfin trouver ce village bien sagement caché au bord de la Dore.

Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.

    Olliergues, fut une ancienne seigneurie et place forte de 1208 à 1789.  Avec son  impressionnante forteresse appelée le château  juchée sur un rocher.
 Il abrite aujourd'hui le Musée des Métiers et Traditions du pays d'Olliergues



Portes et fenêtres:

Témoins du temps qui passe, elles indiquent ici une grande variété de styles, des plus ouvragés aux plus modestes.


Portes, Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.Portes, Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.

fenêtre, Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.Porte, Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.


portes, Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.Portes et fenêtres, Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.


Porte, Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.

Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.maison du moyen-âge
porte, Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.



Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.église saint Vincent

Le clocher de l'église saint Vincent.



 Maisons à pans de bois, ruelles pavées du  moyen âge.


Maisons à pans de bois et ruelles pavées du  moyen âge.



la maison du cadeau, Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne.
Magasin d'hier : la Maison du Cadeau.



Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne

Belle devanture de magasin hélas fermé.




Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne


Olliergues était jadis un bourg très commerçant. toiles, chapelets, couteaux et rasoirs, tanneries, avec foires et marchés.




La gare et la locomotive à vapeur,Olliergues, Puy-de-Dôme, Auvergne

   La gare d'Olliergues où circule un train à vapeur pour les touristes venant du musée Agrivap  d'Ambert, avec au-dessus le château de Chantelauze,


Autres articles sur Olliergues 


  : Le Marché à Olliergues.





Sources : Photos et texte : © Regards et Vie d'Auvergne.
                http://www.regardsetviedauvergne.fr/
                Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.


jeudi 14 mai 2015

Visitons l'Auvergne : Autrac en Haute-Loire.

Autrac, Haute-Loire.

église saint Julien de Brioude à Autrac, Haute-Loire
Eglise Romane de saint Julien de Brioude et son ancien cimetière.

Située près du magnifique village de Blesle, au lieu-dit "Autraguet " aux confins des départements du Puy-de-Dôme, du Cantal et de la Haute-Loire cette belle petite église paroissiale est classée au titre des Monuments Historiques, elle daterait du 11è/12ème siècle .

église saint Julien de Brioude à Autrac, Haute-Loire

dimanche 10 mai 2015

La Révolution en Auvergne, le Tribunal Criminel Révolutionnaire de Riom.

Riom,  18 fructidor an V ( 4 septembre 1797)


Boulevard e la Poterne à Riom, Puy-de-Dôme


    -Marien Parret, fils à Robert, maçon et entrepreneur de bâtiments, habitant à Riom.
Est prévenu de propos séditieux tendant au rétablissement de la royauté.

   Dans la soirée du 16 prairial an V, vers les 10 heures, quelques volontaires, au nombre desquels se trouvait Marien Parret, étaient attablés dans l'Auberge Vacher, près la porte de la Poterne, à Riom. Ils buvaient et chantaient le "Réveil du Peuple".
Un sieur Jean Dosmas, cultivateur dans la section de l'Unité, qui buvait dans la salle haute, descendit en entendant ce chant suspect, arracha le sabre d'un des volontaires, en porta plusieurs coups à la tête de Parret et pris la fuite.
   Un moment étourdi, Parret se releva bientôt et se mit à poursuivre, sur le boulevard, son lâche assaillant en lui criant :

 " Arrête-toi donc, Jacobins, terroriste, buveur de sang ! "

Arrivé devant la maison Dosmas, il le provoqua à sortir, le traitant de:

" Lâche Jacobin " et en ajoutant dans sa fureur :

" A bas les Jacobins ! A bas la République ! Vive la Royauté ! Vive les Royalistes ! "

   Craignant des représailles à sa honteuse agression, Dosmas se rendit  dès le lendemain matin, auprès du juge de paix auquel il dénonça les propos incendiaires tenus durant la nuit par son adversaire.

    Interrogé, le 29 prairial, par Jean-Joseph Boudet, directeur du jury de l'arrondissement de Riom, Marien Parret fut traduit devant le jury spécial qui, par décision du 18 fructidor, déclara :

-" Que le prévenu n'avait pas tenu les propos qu'on lui imputait dans une intention criminelle ".

Et, prononça dès lors son acquittement...


Autres articles sur le même sujet : l'instituteur de la jeunesse de Neschers.

                                                              La Révolution en Auvergne à Arlanc

                                                              Le château de ChâteauGay sous la révolution. 

                                                               La Révolution à Montferrand, Auvergne


Sources : L'Auvergne Historique, littéraire et Artistique.
                  © Regards et Vie d'Auvergne.
                  http://www.regardsetviedauvergne.fr/
                   Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.




mercredi 6 mai 2015

La Lande du pays d'Artense en Auvergne.

la Lande.

Auvergne, le pays d'Artense, la Lande.


Sœur celtique de la Bretagne, l'Auvergne possède aussi sa Lande.



   L'humble parure des granits et des schistes croît avec vigueur sur les terres primitives, elle affectionne les durs socles hercyniens que n'entamèrent pas, au cours des âges, les mers et les fleuves aux alluvions fertilisantes.
Et parmi tant de forêts, de prairies et de vignes que porte la rude Auvergne, se cache, odorante et sauvage, la lande de bruyères, de fougères et de genêts.
Elle déploie, avec des gestes d'une filiale douceur, les plis de son manteau troué sur notre rocheux pays.
Ses genêts drapent les collines et les fougères couronnent les têtes ruinées des monts.
   Charitable, elle dissimule, sous ses bruyères, l'usure des hauts plateaux, la déchéance des puys effondrés, l'horreur des cicatrices millénaires.
Soumises à de maléfiques enchantements, elle s'attarde dans des tourbières noires, aux bords des étangs rouillés de l'Artense.
Elle est envahissante comme la mer, ses flots de bruyères, de fougères et de genêts battent les villages.
   Elle dispute à l'homme des parcelles de territoire, mais, malgré sa ténacité, elle recule peu à peu devant les champs de seigle et de sarrasin.
Elle renferme, en son sein, la source des impérissables sèves: le feu réduit en cendre ses bruyères, la serpe mutile ses genêts, la faucille coupe ses fougères, l'araire extirpe ses racines...opiniâtre, elle lutte toujours et se révolte encore au moment où elle paraît domptée !
Il suffit, en en effet de laisser tomber en jachères, pendant une année, le champ péniblement conquis pour qu'aussitôt surgissent de plus belle, irrésistibles les genêts verts !
   Sauvageonne en haillons, la lande court de la forêt à la prairie, du village au désert de pierres, en secouant de fauves parfums.
Elle n'est pas faite pour être serve ! Les paysans le savent trop bien et souvent au lieu de la combattre, ils l'utilisent comme une alliée.
Les brebis et les chèvres viennent brouter, dès le printemps, l'herbe aromatisée qui pousse entre les touffes de bruyères parmi les ronces, les fougères et le thym.
Les genêts géants abritent de fraîches coulées d'herbes fleuries et maintes sonnailles s'égrènent dans la lande par les journées d'été.
Mais où sont les vaches rouges de Salers ?
   Les petits pâtres allongés sur de larges pierres plates que rongent les lichens ne s'en inquiètent guère. Ils ne peuvent compter les cornes de leurs troupeaux, mais autour d'eux la lande est vivante; les genêts frémissent, des clochettes tintent et l'odeur des bouses se mêle dans l'air à la verte odeur des fougères.
Inculte et quand même nourricière, la lande se rend encore précieuse par ses produits.

genêts
 Ses fougères fournissent des litières odorantes pour les étables et ses genêts servent à de multiples usages.
Ils couvrent avec le chaume les toitures des hangars et des bergeries. Ils s'amoncellent en tas broussailleux au bas des granges et une fois secs, ils deviennent indispensables à la fermière pour allumer dans la cheminée noire le feu journalier. Les vieilles bergères qui filent la laine à leurs pieds, n'oublient pas de couper quelques-unes de leurs tiges les plus souples et de confectionner ces rustiques balais qui seuls, raclent à souhait, le plancher rugueux de "l'Houstal".
Dès que les châtaignes sont tombées, c'est encore à la lande que l'on recourt, car rien ne vaut une pétillante flambée de genêts verts pour griller à point les fruits farineux.
   Misère et providence de l'Auvergne, la lande est aussi enchanteresse. Et qui a connu son sourire usé et respiré le parfum vieilli de ses bruyères ne peut s'empêcher de l'aimer pour toujours...
Pourtant, ce n'est que lentement qu'agit son sortilège.
Elle inspire, tout d'abord, une instinctive crainte, non pas qu'elle soit peuplée comme la lande Bretonne de sorcières et de Korrigans, il y a longtemps que les "Fades" Auvergnates ne la hantent plus, mais ses solitudes soupçonneuses engendrent l'ennui et vous laissent trop seuls avec vous-mêmes.
Puis, ensorceleuse, et inquiétante, la lande attire invinciblement.
Elle ne donne pas de suite et veut être conquise.
Il faut plonger ses jambes, jusqu'aux genoux, dans des fougères coupantes, recevoir les gifles des genêts, se déchirer les mains aux ronces avant de la découvrir, rose et parfumée, dans son lit de bruyères.
   Dès lors, la lande opère sa secrète magie : le soleil paraît plus vieux et la terre plus primitive que partout ailleurs.
Le sol embaume, il exalte des senteurs vierges et fortes, des arômes subtils et grisants que les bruyères distillent des granits depuis que l'Auvergne est.
Comme il sied aux berceuses de rêves, la Lande est silencieuse ou chantonne tout bas.
Les guêpes bourdonnent, les gousses de genêts éclatent avec un bruit sec en répandant leurs graines, les clochettes des bruyères s'entre-choquent avec des sonorités de cristal : une musique discrète enveloppe la lande.
Il n'en est pas toujours ainsi. Et lorsque les vents d'écir la fouettent sauvagement de leurs lanières glacées, elle pleure, geint, siffle, hurle, s'apaise soudain et se lamente de nouveau comme une damnée.
Chaque saison la montre différente.
Sous les pluies d'automne, dans les brouillards, elle élabore des songes taciturnes. Dans l'isolement des neiges elle se révèle perfide : l'hiver, ses congères sont funestes aux voyageurs égarés.
   Au printemps, elle oublie sa gravité séculaire et trouve des sourires. Coquette, elle se pare d'oripeaux dont les ors tapageurs ne sont que feux de paille et, bien vite, elle revient fidèle aux roses et violets timides de ses bruyères.
En été, sous le soleil de midi, elle flamboie. Nul arbre n'allonge le fuseau de son ombre, les bruyères rigides comme des crins de fer n'ont pas un frisson. Et sous le ciel de cuivre jusqu'aux horizons pourpres, l'éblouissement de lumières se prolonge.
La nuit est lente à venir... Le violet des bruyères se confond au violet du crépuscule, un parfum de miel flotte dans l'air et aux chants des cigales la lande s'endort.
Et, du plus loin que se souvienne notre mémoire, la lande surgit ainsi avec ses immuables aspects.
   Elle est mêlée à nos premiers pas, elle servit de stade à nos jeux d'enfants, nos jeunes corps, ivres de forces neuves, se roulèrent dans les bruyères, s'imprégnèrent des sauvages odeurs de ses fougères et de ses genêts; et nos yeux éblouis ont gardé la vision féerique de ses printemps tout en or et de ses automnes violets.

   Notre enfance, l'Auvergne !
C'est la Lande surtout, la vieille amie au visage cher et ridé qu'à chaque retour au pays l'on va revoir et dont la chanson grise ne lasse jamais.




Sources: Au Pays d'Artense, Léon Gerbe.
                 © Regards et Vie d'Auvergne.
                  http://www.regardsetviedauvergne.fr/
                    Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.





Bon à savoir :

Sur la colonne de droite découvrez les Albums, archives, le Top10 des meilleurs articles, etc etc, il y a surement encore plein de choses à découvrir. Pour être informé des derniers articles publiés inscrivez-vous au flux ou mettez un "j'aime" et abonnez-vous à la page Facebook /

Les articles et photos de ce blog sont la propriété de
© Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne. Merci de contacter l'auteur pour une copie ou réutilisation.

https://www.regardsetviedauvergne.fr/
Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.