Saint‑Rémy‑sur‑Durolle : la classe 1921 pose pour Raoul Rouire.
Les conscrits de la classe 1921 photographiés par Raoul Rouire, artisan‑photographe de Saint‑Rémy‑sur‑Durolle.
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| Les conscrits de la classe 1921 : une jeunesse au seuil d’un monde nouveau. |
1921, une génération née dans la tourmente :
Dans les campagnes d’Auvergne, la tradition des conscrits est un moment fort :
on se réunit,
on pose fièrement pour la photo officielle,
on organise une fête ou le vin coule à flots,
on affirme la cohésion d’une classe qui partira ensemble « au régiment ».
Une tenue soignée pour un jour important :
Sur la photo, les conscrits portent leurs plus beaux habits : costumes sombres, gilets ajustés, chapeaux feutrés, parfois une boutonnière. Cette élégance n’est pas anodine : elle marque l’importance du passage. Le départ au service militaire est un événement qui engage l’honneur familial et la réputation du village.
La pose est solennelle, presque cérémonielle. On y lit la fierté, mais aussi une forme de gravité : la mémoire de la guerre de 14‑18 est encore vive, les monuments aux morts viennent d’être inaugurés, et chacun sait que le service militaire n’est pas qu’une formalité.
Un village rassemblé autour de ses jeunes :
La bannière visible derrière le groupe évoque une organisation locale : un comité des conscrits du village. Dans les villages auvergnats, ces associations structuraient la vie sociale et jouaient un rôle essentiel dans l’encadrement des jeunes.
La photo témoigne d’un moment de cohésion communautaire : les conscrits représentent l’avenir du village, ceux qui partiront au régiment, mais reviendront pour devenir les futurs pères de famille, cultivateurs, artisans, élus municipaux.
1921 : une année charnière :
La classe 1921 est la première à effectuer son service militaire après la fin officielle de la Grande Guerre, dans une armée en pleine réorganisation. Les régiments sont encore marqués par les pertes, les uniformes évoluent, et la France tente de retrouver un équilibre.
Ces jeunes hommes sont les héritiers directs :
des sacrifices de leurs aînés,
de la reconstruction des campagnes,
de la modernisation agricole qui commence à s’installer.
Ils appartiennent à une génération qui vivra ensuite :
la crise des années 1930,
la mobilisation de 1939,
et parfois une seconde guerre.
Un patrimoine précieux pour la mémoire locale :
Cette photographie n’est pas seulement un portrait de groupe : c’est un document historique, un fragment de mémoire villageoise. Elle raconte la jeunesse, la solidarité, les rites de passage, et la manière dont les communautés rurales d’Auvergne se préparaient à envoyer leurs fils, leurs enfants, au service de la Nation.
Un photographe au cœur de la vie locale :
Au bas de cette photographie ancienne apparaît le nom de Raoul Rouire, photographe installé à Saint‑Rémy‑sur‑Durolle et aussi à La Monnerie dans le Puy‑de‑Dôme. Comme beaucoup d’artisans de l’époque, Rouire tenait un petit atelier où il réalisait :
des portraits de famille,
des photos de conscrits,
des clichés de cérémonies, mariages, communions.
et parfois des vues de village destinées aux cartes postales.
Son travail s’inscrit dans la grande tradition des photographes ruraux du début du XXᵉ siècle : des artisans polyvalents, proches des habitants, qui ont documenté la vie quotidienne, les rites de passage et les grands moments communautaires. Grâce à Raoul Rouire, ce moment de cohésion villageoise nous parvient intact.

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