Église Saint‑Georges de Nébouzat : héritière d’un passé médiéval au cœur des Dômes.
Un charmant repère ancien sur les routes des Dômes, en Auvergne.
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| Eglise saint Georges de Nébouzat. |
Au centre du village de Nébouzat, l’église Saint‑Georges occupe une place essentielle dans le paysage et la mémoire locale. Sa silhouette actuelle, de style néogothique, date de 1876, mais son histoire plonge ses racines bien plus loin, jusqu’au XIIᵉ siècle, époque où s’élevait ici une première église dédiée à Saint‑Cirgues. Mentionnée dès 1165 dans une bulle du pape Alexandre III, cette église primitive dépendait de l’abbaye Saint‑Alyre de Clermont, l’un des grands centres monastiques de la région.
Située sur un axe de passage entre Limagne et montagnes, l’église servait autant de lieu de culte que de refuge pour les voyageurs, marchands et pèlerins se rendant vers Saint‑Jacques‑de‑Compostelle. Cette position stratégique explique en partie son évolution au fil des siècles.
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| 3 Vitraux du chevet : Saint Georges terrassant le dragon, le Christ et saint Antoine. |
🛡️ L’église médiévale : un édifice fortifié :
Entre 1420 et 1444, l’église primitive fut fortifiée par Gilbert de Lafayette, maréchal de France et seigneur influent du secteur. À cette époque troublée, les villages du plateau des Dômes renforçaient leurs lieux de culte pour en faire des points de défense. Nébouzat ne fit pas exception : l’église devint l’un des éléments de l’enceinte protectrice du bourg.
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| Nef de l'église de Nébouzat; |
L’édifice médiéval présentait alors :
un vaisseau unique à chevet plat ;
deux chapelles latérales ajoutées à la première travée ;
un clocher‑peigne à deux baies, typique des églises rurales auvergnates ;
une maçonnerie robuste, adaptée à sa fonction défensive.
À proximité se trouvait un prieuré Saint‑Georges, attesté dès 1387, également rattaché à Saint‑Alyre. C’est probablement à cette époque que le vocable de Saint‑Georges s’imposa, remplaçant celui de Saint‑Cirgues.
🕍 1876 : la naissance de l’église actuelle :
Au XIXᵉ siècle, l’ancienne église médiévale, fragilisée et devenue trop étroite, ne répondait plus aux besoins de la population. En 1876, la commune entreprit la construction d’un nouvel édifice, confié à plusieurs architectes et entrepreneurs actifs dans le renouveau religieux auvergnat : Bastide, Chauffon, Imbert, Mallay, Mourdon, Prunin et Riberolle.
Une architecture néogothique :
L’église actuelle adopte un style gothique sobre, caractéristique des reconstructions religieuses du XIXᵉ siècle :
nef unique prolongée par un chevet plat ;
chapelles latérales intégrées dans la première travée ;
clocher massif, remplaçant l’ancien clocher‑peigne ;
pierre locale, inscrivant l’édifice dans le paysage volcanique des Dômes.
Cette reconstruction témoigne de la volonté de redonner à Nébouzat un centre spirituel moderne, tout en préservant la mémoire de l’église médiévale.
Un intérieur porteur de mémoire :
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| Bannière de procession " Saint Georges priez pour nous " 1855. Derrière, la Vierge à l'enfant et le retable. |
Malgré la reconstruction, plusieurs éléments anciens furent conservés et réemployés, créant un lien direct entre l’église du XIIᵉ siècle et celle du XIXᵉ :
La porte gothique, provenant de l’édifice primitif, constitue l’un des témoins les plus visibles du passé médiéval.
Le retable‑tabernacle du XIXᵉ siècle, probablement issu du maître‑autel de l’ancienne église, rappelle la liturgie d’avant la Révolution.
La Vierge à l’Enfant du XIVᵉ siècle, sculpture en bois polychrome, est l’une des pièces majeures du patrimoine religieux local.
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| Porte gothique ogivale de Nébouzat |
Ces objets, soigneusement intégrés dans le décor intérieur, racontent la continuité spirituelle du village.
L’église dans son territoire :
L’église Saint‑Georges s’inscrit dans un environnement typique des Dômes : prairies volcaniques, vallons, chemins anciens et hameaux monastiques disparus. Elle forme un duo patrimonial avec la croix de la Croze (1729), monument sculpté remarquable dont les scènes pastorales — bergers, animaux, Adoration des Mages — intriguent encore les historiens.
Nébouzat et les guerres :
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| " A nos héros de la grande guerre 1914-1918 " |
Aujourd’hui :
L’église demeure un repère visuel et symbolique pour les habitants, rappelant la longue histoire religieuse, défensive et communautaire de Nébouzat.
L’église Saint‑Georges de Nébouzat est bien plus qu’un édifice religieux : elle est un témoin précieux de l’histoire du plateau des Dômes. De l’église médiévale fortifiée à la reconstruction néogothique du XIXᵉ siècle, elle incarne la continuité d’un village situé sur un ancien axe de passage. Ses éléments anciens — porte gothique, retable, Vierge du XIVᵉ siècle — en font un lieu de mémoire unique dans le Puy‑de‑Dôme, où se mêlent spiritualité, histoire et identité locale.
Nébouzat est donc un village de passage, installé sur une route ancienne devenue la RD 2089, au pied de la Chaîne des Puys. Sa situation explique :
la présence d’un hôpital médiéval,
l’implantation d’un prieuré,
la fortification de l’église au XVe siècle,
et son rôle actuel de carrefour entre Limagne et Dômes.
Sources : © photos véritables, originales et sans retouches des albums collections de Regards et Vie d'Auvergne. N'hésitez pas à laisser un commentaire au bas des articles ou sur les réseaux sociaux.. Merci de votre visite et à bientôt.
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