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    02 mai 2017

    Visitons l'Auvergne en poème, de Royat à Saint-Nectaire.


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    Petite suite Auvergnate.

    Royat Puy-de-Dôme
    Royat Puy-de-Dôme


    Royat dans son nid, les fontaines,
    L'église jaune et ses créneaux,
    La chanson de la Tiretaine,
    Les pauvres femmes en futaine,
    L'élégance du parc des Eaux.

    Tic-tac des moulins des scieries,
    Route blanche, vertes prairies,
    Fontanat qui rie au soleil,
    Tandis que limpide et vermeil,
    Le flot roule des pierreries.

    Lafont, village singulier
    D'où, comme une biche au hallier,
    La Tiretaine prend sa course,
    (Fons en latin veut dire source)
    Pour aller rejoindre l'Allier.

    Des Dômes franchissons la chaîne
    Par le col de la Moreno.
    Qui va piano va sano.
    Un moment, reprenons haleine,
    Le paysage en vaut la peine.

    O toi que Bourget mit dans un roman, 
    Orcival la bénédictine
    Orcival au clocher roman,
    Tu gardes à tes murs les fers qu'en Palestine
    Au bon croisé chrétien mettait le musulman.

    Mais, sans t'encombrer d'images tragiques
    Concernant des jours révolus,
    Tu n'est plus, ô ma basilique,
    Que le jardin fermé de la Rose mystique 
    Et voici que ce soir résonne l'Angélus.

    Mon âme, viens, faisons brûler le cierge
    Qui tant de fois nous apaisa.
    Regardons cette douce vierge
    Et, tout bas, répétons "Nigra sed formosa" (1)
    Et puis, nous nous mettrons en quête d'une auberge.

    Les roches Tuilière et Sanadoire.
    Les roches Tuilière et Sanadoire.

    Creusant des caps de neige et des golfes d'azur, 
    Le vent de l'altitude emmêle les nuages.
    Voici que vont se succéder les paysages :
    Dans la plaine, déjà l'on rentre les fourrages,
    Et dans les champs, là-haut, les blés ne sont pas mûrs.

    La lave se mêle à la terre
    Voici, couvertes d'un feuillage rabougri,
    La Roche Sanadoire et la Roche Tuilière,
    Et voici le lac de Guéry
    Qui scintille au fond d'un cratère.

    Une douceur parfumait l'air,
    En descendant vers le Mont-Dore,
    Entre les grands pins que le soleil dore,
    La plaine si bleue avait l'air,
    A l'horizon d'être la mer.

    Et la cascade qui ruisselle
    En flots d'argent
    Offrait son mirage changeant
    Abreuvoir des pinsons et bain des hirondelles
    Dans la mousse et dans les airelles.

    Je ne dis rien de vous, ô villes de bon ton,
    O Le Mont-Dore, ô La Bourboule,
    car le sac à dos, le bâton,
    Les gros souliers ferrés ne vont pas dans la foule
    Par crainte du qu'en dira-t-on .

    La forêt de nouveau, le bleu des gentianes
    Et la rouge framboise au revers du talus...
    Enfin nous possédons, montant de plus en plus,
    Ressouvenir mythologique, tu me plus,
    Le soleil de midi sur le Col de Diane.

    Qu'il ferait bon planter ici sa tente, mais,
    Il ne faut pas qu'on s'éternise
    Sur les sommets.
    Que la route nous prenne encore et nous conduit
    Vers le Chambon, son lac et son église.

    Entre la berge clair et la sombre forêt,
    La lac est comme un ciel où l'azur transparaît
    Sans une ride.
    Et, dans la fin d'un jour limpide,
    Le ciel est comme un lac d'un bleu pâle et liquide.

    Le lac Chambon et le château de Murol
    Le lac Chambon et le château de Murol

    Mais l'heure passe. Adieu, beau lac !
    Des souvenirs cueillons les grappes
    Dont nous ferrons du vin plus tard. Reprends ton sac,
    Ton bâton, ta cape,
    Car longue est l'étape.

    Le soir qui tombe fait songer...
    Sonnailles sur la route blanche...
    Un troupeau qui passe avec son berger,
    Et voici qu'au fond d'un verger,
    La lune, comme un fruit d'argent, pend à la branche.

    Des ruines au flanc des monts
    Dressent leur masse solitaire,
    Le silence couvre la terre...
    Ne-crois-tu pas que nous dormons
    En arrivant à Saint-Nectaire ?

    On t'affuble de falbalas,
    O vielle cité paysanne,
    Mais, mieux qu'un casino, qu'un palace, tu as
    La plus belle église romane
    De tout le pays Auvergnat.

    Saint-Nectaire
    Saint-Nectaire
    Châsse vénérable,
    Emblèmes votifs,
    Chapiteaux naïfs...
    Exaucez, Vierge secourable,
    Les désirs de nos cœurs plaintifs.

    Matins d'argent, midis dorés, couchants de cuivre,
    Tes richesses tu nous les livres,
    Route qui jamais ne déçois
    Celui qui choisit pour te suivre,
    Le carrosse de Saint-François.


    Geneviève Duhamelet.
    1er Prix de Poésie aux Jeux Floraux 
    de l'Ecole de Limagne 1925.


    1)- "Noire et belle"





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    Sources : Les Albums de photos originales et inédites à voir dans la colonne de droite.© Regards et Vie d'Auvergne




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