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    31 mai 2016

    Le grillon des hauteurs, de Raymond Cortat.


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    Le grillon des hauteurs.

    Monts d'Auvergne


    "Il lui faut (à l'artiste) l'ascension légère
     vers le point élevé d'où les notes
     tomberont plus claires, porteront plus loin"
    jacques Delamain.



    L'aile du vent cinglait les vertes solitudes
    Que contient puissamment le cercle bleu des monts,
    Et des bergers, criant des ordres brefs et rudes,
    Rassemblaient dans le soir leurs troupeaux vagabonds.

    Sonnailles et rumeurs sur les pentes où fument
    Des brouillards exhalés des vagues profondeurs,
    Plaintes d'une cascade épanchant ses écumes
    Dans les gouffres blanchis par les torrents grondeurs.

    Puis le silence, ainsi qu'une fraîche rosée,
    Descendit doucement sur les plateaux brûlants,
    Et la montagne, de quiétude arrosée,
    Affinait ses contours en sublimes élans.


    Ce silence prenait comme une consistance
    Plus sensible d'instant en instant sous le ciel,
    Et sans cesse élargi, plus profond et plus dense,
    Il finissait par devenir substantiel.

    Je le sentais couler aussi puissant qu'un fleuve,
    Rouler à l'infini ses ondes à pleins bords,
    Submergeant l'âme, afin de la laisser plus neuve,
    Et poussant devant lui l'amas des rêves morts.

    Et voici que parmi la paix des hautes terres
    Où s'épanouissaient mes sens purifiés,
    Miraculeusement limpide, s'élevèrent
    Les notes d'un grillon qui chantait à mes pieds.

    O compagnon de mes solitudes sereines,
    Tu ne te mêlais pas à ces banals chanteurs
    Qui ne savent chanter qu'en groupe dans les plaines,
    Tu cherchais le silence inspiré des hauteurs !

    Et ta petite voix grelottante et perdue
    Prenait sur le silence un si puissant appui
    Que chaque note allait à travers l'étendue
    Rebondir en étoile aux parois de la nuit.

    Je l'écoutais monter, claire comme un exemple,
    Elle versait une âme aux espaces profonds,
    Et l'espace à son tour l'enivrait, et plus ample
    Elle était maintenant la voix même des monts.

    Et jaillissant des profondeurs de cette terre
    Que les morts bien aimés parfument de leurs os,
    Ce chant semblait, plus fort d'être plus solitaire,
    Avoir dans l'infini les astres pour échos.
    Raymond Cortat.







    Sources : Texte de Raymond Cortat (1901-1972) né à Aurillac.
                     © Regards et Vie d'Auvergne.
                     http://www.regardsetviedauvergne.fr/
                      Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.



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