Chanson des soupirs d'un Auvergnat.
Ah ! Louije, ma payge,
Pour toi ch'est trop chouffrir.
Ah ! Louije, ma payge,
Tu me feras mourir.
Depuis qu’au bal de la mujette,
Nous j’avons danchĂ© tous les deux,
J’sens que j’ai tes deux pieds dans la tĂŞte,
J’ai ton embonpoint dans les j’yeux,
Je te préfère à ma ferraille,
A tout ch’qui chent le chaudron,
Je te vois blanche comme la paille,
Quoique tu chois dans le charbon…
-(parlĂ©) Mais ch’est Ă dire que je te vois comme un gros petit ange joufflu bougrrr…
-Car tu l’es joufluge, comme une vraie mujette d’Auvargne ?
-Oh ! tu es bien la plus belle femme de ….Chaint-Flour.
Auchis, parle, que veux-tu que je fâche ?
-Veux-tu que j’aille battre Madame la lune, la mordre j’avec les dents, lui prendre chĂ©s j’Ă©toiles, que j’aille dancher une bourrĂ©e avec la grande ourche, je suis capable de le faire, car vois-tu…
Pour toi ch'est trop chouffrir.
Ah ! Louije, ma payge,
Tu me feras mourir.
Que te faut-il, des pièces jaunettes,
Du cuivre, des chous et des j’Ă©cus,
Du fer battu et des toilettes,
Un luschtre, comme on n’en voit plus ?
Je veux te voir : perle d’Auvergne,
Eclipcher, les femmes de Paris,
Et chi ton chabot noir, est terne,
T’en auras qui cheront vernis.
-(parlé) Veux-tu des chapeaux de toile, des robes de paille, des chauchons de choie ?
-Non, ch’est des chauchons de paille, non ch’est… Ah ! je perds la tĂŞte, bougrrr…Veux-tu une choupe trempĂ©e de lard, trempĂ©e de graiche, j’avec de l’ail, je te la donnerais, car voit-tu…
Pour toi ch'est trop chouffrir.
Ah ! Louije, ma payge,
Tu me feras mourir.
Quand je te vois parmi les bûches,
Je ne peux faire que d’t’admirer.
Bon Dieu ! Que l’Amour nous rend cruche,
t’es chell’ que je veux dĂ©jirer.
Auchi, je te jure chur mon âme,
Qu’chi tu dis non, ch’est fait de moi.
Ă” ma Louije ! Deviens ma femme,
Des j’Auvergnats, je ch’rai le roi.
-(parlĂ©) Je te ferai voir chi nous chommes des hommes, d’abord je te promets une doujaine d’enfants, nos moyens nous permettront bien cha, et chi, comme le dis la mère Catherine, la femme la plus j’heureuse est ch’elle qui porte la culotte, je t’en donnerai une en velours !
-Tiens, veux-tu chelle qui me vient de mon père ? Qui la tenait de chon grand-père, qui la tenait de chon oncle, qui l’avait rechu d’un de mes chers coujins, qui l’avait en hĂ©ritage de chon bijaieul et, que je mets tous les dimanches … ?
Tope lĂ … ou chinon, tu compteras j’un Auvergnat de moins chur terre.
Ah ! Louije, ma payge,
Pour toi ch'est trop chouffrir.
Ah ! Louije, ma payge,
Tu me feras mourir.
Liens vers les autres Poèmes de ce blog :
Sources : Album Chantant, 1864.
© Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.
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