La légende de Noël du petit Jean-Pierre.

 Légende de Noël, pour les petits.

Joyeux Noël
Joyeux Noël


   Jean-Pierre, le premier de sa classe et le plus obéissant petit garçon du village s' apprêtait à partir pour la belle fête enfantine que donnait à l'occasion de Noël une grande dame charitable.
   Déjà il était tout emmitouflé de lainage et sa grand-mère, qui l'avait recueilli quand il fut devenu prématurément orphelin, lui répétait encore :
   -"Prends bien garde mon mignonnet ! Ne te trompe pas ! La villa de la dame est la dernière maison à droite du moulin... Ah ! Comment la remercieras-tu la dame qui te donnera de beaux jouets et de chauds habits ?
Jean-Pierre, doux et respectueux, répondait à grand-mère, de tout son petit cœur de huit ans...
Et puis, grave et allègre s'en alla vers la féerique aventure.
Il ne put expliquer comment il se trompa de route, lui qui connaissait son village !
   Tout à coup, il eut l'impression qu'il marchait depuis longtemps...longtemps. Il regarda autour de lui...Où était le moulin ? Le drapeau de l'école ? Où était la ferme de grand-mère ? Il ne voyait que la campagne dénudée...
Il tenta de revenir en arrière !
Ce fut une autre énigme. Il ne lui semblait pas avoir jamais passé par là.
 Jean-Pierre se sentit saisi  d'une angoisse indicible.
   Il allait toujours, néanmoins, poussé par la peur et la nuit... O miracle ! Il se trouva brusquement devant une magnifique demeure, brillante de givre au dehors, de lumière à l'intérieur ! Et des airs de musique s'en évaporaient. Il reconnu même un vieux Noël que lui chantait Mémé...
Plus de doute ! Il se trouvait devant la villa de la dame.
Quel bonheur ! Quel soulagement ! Quelle détente !
   Riant de tout son visage mauve de froid, il gravit le perron... La porte s'ouvrit... un laquais chamarré vint à lui...puis une jeune femme que Jean-Pierre apparenta immédiatement aux plus belles fées de son livre de contes...
-" Tu t'es fait attendre, mon ami Jean-Pierre ! Lui dit elle d'un ton si tendre, qu'il en ferma les yeux, sans s'étonner qu'elle connut son nom.
Il ne s'étonna pas d'avantage de l'arbre de Noël dressé au milieu d'une pièce voisine... ni des murs tout en or avec des corniches de diamants...
   Mais, ce qui le surprit ce fut que, parmi les garçonnets et les fillettes qui s'y trouvaient réunis, il n'y en avait pas un seul qui fût du village...
   Quand il retourna, les bras chargés de somptueux présents, à la ferme de grand-mère, la vieille femme, qui le croyait perdu, tomba à genoux pour remercier le ciel. 
-"Mon mignonnet, c'est toi ? Mais qu'est-il arrivé ? Pourquoi n'as-tu pas été chez la dame ? On n'est venu m'avertir que tu n'avais pas paru...Et ses cadeaux d'où les tiens-tu ?
-"Oh ! Grand-mère ! J'ai été chez la dame ! Protesta-t-il. C'est elle qui m'a donné tout cela et elle m'a accompagné jusqu'ici...
J'ai même cru qu'elle allait entrer et puis tout à coup, je ne l'ai plus vue !
Et il se mit à décrire la généreuse donatrice, la villa de lumière et de givre...
   Grand-mère hochait la tête avec une sorte d'épouvante, car la femme de bien chez qui devait aller Jean-Pierre n'était pas grande et blonde et elle ne ressemblait pas à une fée. Ses salons, pour confortables qu'ils fussent n'étaient pas tapissés d'or...
Le petit aurait-il la fièvre ?
   Mais les jouets qu'il rapportait, des jouets si beaux, que Mémé trembla d'en évaluer le prix.
Ni Mémé, ni Jean-Pierre n'éclaircirent jamais le mystère. En vain chercha-t-on, aux alentours, une demeure comparable à celle qui avait accueilli le garçonnet, en ce jour de Noël.
   Vous, petits lecteurs, vous avez peut-être entendu parler de la maison miraculeuse qui, le 25 décembre de chaque année surgit tantôt ici...tantôt là...sur un coin de terre privilégiée, pour fondre, après quelques heures, comme un palais de neige ?
Fut-ce elle qui se dressa sur le chemin de Jean-Pierre ? 

Jean Portail.
 Joyeux Noël à toutes et tous.


Source : Texte de Jean Portail, Le Petit Journal, décembre1938. 
N'hésitez pas à laisser un commentaire, merci de votre visite et à bientôt. 

   

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