L'orage du 6 juin 1889 dans le Puy-de-Dôme.

 Dans le département. Détails complémentaires.

   Le terrible orage du 6 juin ne s'est pas seulement fait sentir dans la banlieue de Clermont, il a causé, sur bien d'autres points du département, des dommages très sérieux.
  A Montferrand, l'eau avait envahi non seulement les caves, mais encore les rez-de-chaussée. Les jardins et les champs qui environnent les cours d'eau sont inondés et de nombreuses récoltes fortement compromises.
   A Orcines, l'orage a été épouvantable, et les habitants ne se rappellent pas avoir vu semblables dégâts ni pareille tempête. Les terrains étaient entrainés par la pluie qui tombait mêlée de gros grêlons. Les vignes et les arbres fruitiers ont beaucoup soufferts, les terrains ensemencés sont encore sous l'eau, les chemins sont ravagés.
   A Volvic, l'eau qui descendait en torrent du mont de la Banière, inondait les caves, les maisons, les cuvages. La pluie, et principalement la grêle, ont fait un mal énorme aux récoltes.
   Dans le Marais, tous les ruisseaux ont débordé, mais les dégâts sont eu importants.
   A Ménétrol, il était impossible de circuler dans les rues, l'eau était montée à une hauteur telle qu'il y avait danger à se risquer dehors, même avec une voiture.
   A Montaigut-en-Combrailles, la foudre est tombée sur une tonnelle appartenant à M. Gaby, horloger, au moment même où ce dernier s'apprêtait à y entrer, il n'y a pas eu d'accident.
   Un orage épouvantable s'est abattu jeudi sur le canton de Jumeaux, la grêle est tombé en abondance dans les communes de Peslières et de Saint-Martin-d'Ollières, les récoltes ont été très endommagées.
   Les communes de Meillaud, Pardines et une partie  de celle de Perrier ont été sérieusement éprouvées. La grêle sèche, c'est-à-dire non accompagnée de pluie, y est tombée avec beaucoup de force, brisant et couchant les récoltes, hachant les jeunes pousses de la vigne. La pluie n'a cessé qu'à 7 heures.
Condat


   On nous écrit de Condat, à la date du 6 juin : 
   Aujourd'hui le ciel a été serein toute la matinée et subitement, à midi, il s'est couvert de gros nuages, les éclairs se succédaient, le tonnerre grondait et au bout de quelques minutes l'orage était sur le bourg de Condat
   Un épouvantable coup de tonnerre a retenti, faisant trembler les vitres, et la foudre a éclaté sur la maison de M. Coudert, adjoint, en ce moment absent de chez lui. Il n'y avait que Mme Coudert dans la maison, assise près du potager, et le domestique assis sur un banc au coin de la table. Tout-à-coup la maison a été, pour ainsi dire, garnie de flammes, à la suite d'un éclair et le domestique renversé sur le banc, tout à côté de Mme Coudert, étourdie aussi, soit par le coup de tonnerre, soit par l'odeur du souffre qui garnissait la maison. Revenus tous deux de leur étourdissement, le domestique a ouvert la porte de la maison, ne sachant pas ce qu'il faisait et est allé frapper chez un voisin, pendant ce temps Mme Coudert s'empressait de monter dans les chambres de la maison et au grenier, pour voir si le feu n'avait pas pris à quelque endroit. Justement, elle s'est aperçue qu'un chevron brulait sur une étendue de 5 à 6 centimètres carrés, mais le feu s'est éteint de lui même  immédiatement.
   Les premiers voisins accourus aux cris du domestique ont été saisis d'épouvante, voyant que Mme Coudert ne répondait pas à leur appel, et ils l'ont crue un instant foudroyée.
   Heureusement, elle n'avait aucun mal, pas plus que le domestique. Les personnes accourues ont pu suivre avec elle les traces de la foudre dans toutes les pièces de la maison.
   Entrée par le faîte du toit, elle a fendu complétement un chevron dans toute sa longueur, à labouré le plancher du grenier, est descendue à l'angle sud-est du grenier dans une première chambre où elle a brisé un pied d'armoire, une partie de la corniche, labouré aussi le plancher dans différents sens, pénétré dans une deuxième chambre, brisé un pied de lit, déchiré les rideaux en partie, labouré également le plancher pour aller dans une troisième chambre, de là dans le salon, après avoir percé deux galandages en pierre et en briques, labouré une cloison en bois à côté de l'escalier, visité une quatrième chambre et la cuisine, où elle a brisé une dalle près des pieds du domestique pour enfin sortir au-dessous d'un appuie de fenêtre dans un corridor allant à la cave.
   Notre correspondant d'Ambert nous adresse quelques nouveaux détails sur les dégâts causés par l'orage du 6 juin à La Forie :
   La région tout entière a été atteinte par l'orage d'hier. Tous les ruisseaux avaient démesurément grossi, et la Dore coulait aujourd'hui une eau jaunâtre et fangeuse. Quelques dégâts sont signalés dans la gorge de Valeyre, mais le spectacle le plus lamentable est celui que représente la gorge de La Forie. Là, pas une maison, pas une usine qui n'ait un dommage a réparer.
   Les maisons qui bordent le ruisseau de La Forie ont été un moment envahies par les eaux, et il a fallu opérer de véritables sauvetages pour en faire sortir les femmes et les enfants. Les eaux atteignaient à certains endroits 4 mètres de hauteur. Dans le passage le plus étroit de la vallée, le chemin a été complètement détruit, et l'emplacement du chemin sert aujourd'hui de lit au ruisseau.
   Un séchoir, des hangars, des écuries ont été emportés. Aussi voit on de tous les côtés des planches, des madriers, des poutres, des arbres entiers sur les bords du torrent.
   Les arbres déracinés qui bordaient le ruisseau sont innombrables. Ceux qui on ou résister à la violence du courant sont tous plus ou moins endommagés et pour la plupart dépouillés de leur écorce.
   Toutes les pièces d'eau ont été détruites, c'est un chômage forcé pour les quelques usines qui travaillent encore à La Forie.
   Rien ne pouvait résister à cette force inconsciente qui brisait tout sur son passage, le spectacle devait en être grandiose et effrayant. On voit, en travers du ruisseau, un rocher énorme arraché au flanc de la montagne et roulé par les eaux, on estime le poids de ce rochers à 10.000 kilos environ.
   C'est une perte considérable qu'éprouvent là les habitants de cette commune, mais il faut espérer que les pourvois publics sauront soulager les misères et indemniser les riverains. ( extrait de : " La Dépêche du Puy-de-Dôme " lundi 10 juin 1889)

Sources :Texte :  La Dépêche du Puy-de-Dôme   © Regards et Vie d'Auvergne. N'hésitez pas à laisser un commentaire ou à vous abonner au bas des articles.  Merci de votre visite et à bientôt. 

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