Nouvelles, Echos et faits divers de la région.

Coupures de presse régionale.

Vers 1890.

CPA Les Auvergnats à table
Les Auvergnats.


En Haute-Loire :

Lavoûte-Chilhac :

   -Dans la nuit du 28 au 29 mars M. Roueyre, débitant de tabac à Saint-Cirgues, a été victime d'un vol avec effraction.
   M. Rouyere couche dans une maison séparée de son petit magasin. Vendredi matin, il n'a pas été peu surpris en trouvant sa devanture forcée et le magasin bouleversé.
   Les voleurs ont emporté une certaine quantité de tabac et une somme de 300 à 400 francs contenue dans plusieurs porte-monnaie enfermés dans un tiroir.
   En dehors du village, au lieu-dit "Pont de Saint-Cirgues", on a retrouvé le tiroir, des factures déchirées et du tabac répandu.
   Tout porte à croire que les malfaiteurs ont fait à cet endroit le partage du produit de leur vol.
   La gendarmerie fait d'actives recherches pour découvrir les coupables. (La Dépêche du Puy-de-Dôme et des départements du Centre, avril 1889)

 Dans le département de l'Allier :

Vichy :

   -Abrogeant une décision municipale de 1871, portant qu'aucun nom d'homme politique vivant ne serait donné aux voies publiques, le conseil municipal vient de décider que le nom de la rue de :"Paris-Prolongée" sera changé en celui de rue "Félix Faure". (La Dépêche du Puy-de-Dôme et des départements du Centre, 1895)

Creuzier-le-Vieux :

   -Il y a quelques temps, un commis-voyageur des plus huppés parcourait la localité en offrant des engrais chimiques. Plusieurs cultivateurs lui firent des commandes. Ces jours-ci, ils ont reçu la marchandise. Mais la quantité était deux et trois fois supérieure à celle qu'ils avaient demandée. Ce commis-voyageur appartient à une certaine maison Ch. Dreyfus. Notons les agissements de ce commis-voyageur afin de mettre les agriculteurs en garde contre ses procédés et ceux de ses pareils. . (La Dépêche du Puy-de-Dôme et des départements du Centre, 1895)

 Dans le Cantal :

Saint-Flour :

   -Mme Raynal, demeurant rue de la Boucherie, fut assez imprudente, avant-hier soir, pour allumer sa lampe à son fourneau. Le pétrole prit feu, et, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, Mme Raynal se trouva environnée de flammes. Elle a reçu de graves blessures au visage et aux mains et aurait été brûlée vive sans la courageuse intervention de deux de ses voisins, MM. Brugerolles et Bonafoux. (La Dépêche du Puy-de-Dôme et des départements du Centre, 1895)

Dans la Puy-de-Dôme :

Moissat :

Une fête où l'on ne danse pas

   -Dimanche 2 mai, c'était la fête à Moissat, canton de Vertaizon. Il faisait beau et tous les jeunes gens des communes voisines s'y étaient rendus avec l'intention de danser force bourrées, quadrilles et polkas.
   Ils ont éprouvé une déception amère. Il y avait bien un bal à Moissat, mais les jeunes filles, graves et dignes dans leurs atours de fête refusaient systématiquement tous les danseurs. Volontaires de la tapisserie, elles formaient cercle autour d'un espace où quelques garçons, faute de mieux dansaient entre eux.
  Pourquoi cette grève ? Mon Dieu, cela se devine. M. le Curé de Moissat avait menacé de refuser l'absolution, et par conséquent de vouer aux flammes de l'enfer toute demoiselle qui, enfreignant ses ordres, se permettrait la moindre contredanse.
   De plus on savait que lorsqu'une jolie Moissatoise passe outre, il n'hésite pas à la désigner au prône le dimanche suivant.
   Voilà pourquoi, prises d'une réserve impossible à vaincre, les filles de Moissat faisaient tapisserie au bal de fête de leur paroisse.
  Plusieurs d'entre-elles avaient des amoureux. Nous ne savons si elles leur ont accordé des compensations, attendu que les compensations ne se disent pas au prône. Il se pourrait toutefois qu'à Moissat, comme dans une paroisse que nous pourrions citer, les jeunes se fussent réfugiés dans les cabarets, pour y noyer leurs regrets au fond de nombreuses bouteilles. A la fin, les filles n'avaient pas dansé, mais les garçons étaient tous pochards. Ce qui fait que le triomphe du Curé fut aussi le triomphe de Bacchus. Ô morale cléricale ! ( Le Petit Clermontois, mai 1886)

Issoire : 

Singulière façon de tenir les registres de l'état-civil :

   -La petite commune de V.... arrondissement d'Issoire est, si nous en croyons le "Petit Clermontois", administrée d'une si singulière façon que le juge de paix du canton, accompagné de son greffier, vient d'être obligé d'aller faire un tour à la mairie, pour voir si, par hasard, il existait des registres de l'état-civil.
   Voici comment, d'après la rumeur publique, les choses se passaient à V.....
Un enfant naissait. Le père se hâtait d'aller faire la déclaration légale. Le Maire félicitait l'heureux époux, recevait la déclaration, et l'inscrivait...dans un coin de sa mémoire.
   Même façon de procéder pour les mariages.
-Mademoiselle Françoise-Angélique-Célestine O....Voulez-vous prendre pour époux M. Jean-Marie-Joseph Z....? Oui ? ...Vous êtes unis !
M. le Maire embrassait la mariée et il rédigeait l'acte... dans sa cervelle.
   Quant aux décès, la formule était différente. Le bon magistrat s'essuyait les yeux du revers de sa main et serrait avec émotion celle du déclarant :
-Vous avez perdu votre beau-père, mon pauvre Chose ? Ah ! c'était un bien brave homme. Bonsoir Chose, bonsoir.
   Et M. le Maire prenait note du décès... dans ses souvenirs.
   Au bout de l'année cependant, il faisait confectionner en bloc, par une personne sachant écrire, une collection d'actes de naissances, de mariages et de décès.
   Dans nos communes rurales, le Maire connait presque tous ses administrés et il ne se trompait pas beaucoup. Ainsi, en voyant passer l'enfant de Jean-Claude, sur les bras de Mme Jean-Claude, il se disait tout de suite :
- Tiens ! ça doit être le fils à Jean-Claude. quel âge ça peut-il avoir ? Dans les huit à neuf mois... oui, je crois qu'il est venu faire sa déclaration au moment des foins.
   Et si il rencontrait la personne qui lui servait de secrétaire, il lui disait :
- A propos, écrivez ceci " le fils de Jean-Claude, petit garçon du sexe masculin... né le 3 juin 1887... ou le 4, nous n'en sommes pas à un jour près. N'oubliez pas de mettre que le père s'appelle Jean-Claude, et que la mère...  Ah, diable, comment s'appelle-t-elle, la mère ? Elle n'est pas de la commune... Bah ! Vous mettrez né de mère inconnue, arrangez-moi ça pour le mieux.
   On conçoit que M. le Maire se trompait quelques fois, bien qu'il est eût une mémoire assez fidèle. Aussi l'état-civil de V.... présente-t-il des bizarreries qui pourraient occasionner des imbroglios les plus burlesques.
Certains héritiers en voulant prendre livraison d'une succession, se sont aperçus que, de par les registres, la personne dont ils croyaient hériter était encore en vie. Par contre, ils étaient indiqués comme décédés, de sorte qu'ils n'avaient plus qu'à chanter leur propre "De Profundis" et à léguer leurs biens...au mort.
Une jeune fille, qui avait cru épouser un homme un peu mûr, se trouvait légitimement mariée à un nouveau-né.
Plusieurs enfants avaient changé de sexe et l'on du être forcé d'organiser un bataillon militaire à l'école des filles, pour préparer au service militaire celles qui sont exposées à tirer un mauvais numéro !
Le juge de paix aura beaucoup à faire pour remettre les choses dans leur état normal. Personne n'est parfaitement sûr d'être marié légitimement, ni d'être garçon ou fille, ou de n'être...pas mort.
   Les habitants de V.... trouvent cette situation intolérable. Ceux dont le cas est douteux sont littéralement ahuris.
Il faut avouer qu'il y a de quoi.(Journal républicain quotidien : L'Impartial de Rethel, 1888)

Sources :Textes de la presse régionale © Regards et Vie d'Auvergne. N'hésitez pas à laisser un commentaire ou à vous abonner au bas des articles.  merci de votre visite et à bientôt. 


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