Personnages illustres d'Auvergne : Georges Couthon.

 Biographies des enfants de l'Auvergne 


 1er février 1892 " L'Auvergnat de Lyon fera paraître dans chacun de ses numéros, la biographie d'un des enfants de l'Auvergne. 
Sénateurs députés, généraux, médecins, poètes, savants et patriotes, en un mot, tous les personnages de la vieille et jeune Arverne défileront tour à tour sous les yeux de nos lecteurs.
Et cela, sans distinction de parti ni de culte. Ces biographies réunies formeront plus tard un joli petit volume, qui servira puissamment à vulgariser l'histoire de l'Auvergne, cette terre si féconde en grands hommes.
Nous donnons aujourd'hui la biographie de Georges Couthon."
Couthon Georges
Couthon Georges

   Couthon Georges :

   Conventionnel, membre du Comité du Salut Public, né en 1756 à Orcet, près de Clermont-Ferrand, décapité le 10 thermidor an II (28 juillet 1794).
   Avant la Révolution, il était avocat à Clermont, où ses talents, sa probité et l'aménité de son caractère lui avaient acquis une juste considération. Il donnait des consultations gratuites aux pauvres, et s'occupait avec dévouement d'œuvres charitables. Jeune encore, sa santé avait été gravement altérée à la suite d'une nuit passée dans un endroit glacial et humide. Pour ne point compromettre, dit-on, une femme qu'il aimait, les douleurs qu'il conserva ne firent que s'accroitre, et il perdit presque entièrement l'usage de ses jambes.
   Dès le début de la Révolution, il fut élu officier municipal à Clermont, puis Président du Tribunal de cette ville, enfin, député à L'Assemblée Législative (1791). 
   Ce fut lui qui proposa, dès les premières séances, d'abolir comme humiliant l'ancien cérémonial pour les réceptions du Roi dans l'Assemblée. Sa motion fut décrétée, mais le décret fut révoqué le lendemain par les efforts du Parti Constitutionnel.
   Le 7 octobre, il s'éleva contre les prêtres réfractaires, qui troublaient le pays, proposa ensuite de déclarer : "Monsieur", qui était émigré, déchu de ses droits à la régence, signala le rassemblement royaliste du Camp de Jalès, parla avec force contre le Véto et, le 29 mai 1792, proposa avec Basire la suppression de la garde constitutionnelle du Roi.
   Réélu à la Convention Nationale, il fut un des premier à provoquer la mise en jugement de Louix XVI, dont il vota la mort sans appel ni sursis. Montagnard, et spécialement de la fraction Jacobine, il s'attacha irrévocablement à Robespierre et forma avec lui et Saint-Just ce Triumvirat d'amitié qu'on accusa plus tard de tendre à la dictature.
   Sa gravité, sa physionomie pleine de douceur, qui contrastait avec ses principes énergiques, parfois même implacables, ses talents incontestables, ses infirmités mêmes, lui donnaient une grande autorité dans la Convention. 
   Il contribua à la chute des Girondins, fit partie de la Commission qui dirigea la Constitution de 1793, et entra au comité de Salut Public en même temps que Saint-Just, le 10 juillet de cette même année. Quand Robespierre fut entré lui-même dans le grand Comité, le fameux Triumvirat fut au complet et eut dès lors une influence marquée sur la marche des affaires. On les nommait tous trois "les gens de la haute main"
   En septembre, Couthon fut envoyé avec Maignet pour presser le siège de Lyon qui durait depuis le 8 aout. Il avait dit au départ :

    -"Qu'il allait prendre les rochers de l'Auvergne pour aller les précipiter dans le faubourg de Vaise. "

   Couthon et son collègue soulevèrent en effet le Puy-de-Dôme et amenèrent trente mille paysans devant Lyon. Le 9 octobre, les troupes de la Convention entrèrent dans la ville. On connait le décret terrible qui fut rendu par l'Assemblée :
 
   "Lyon devait être détruit, à l'exception des maisons des patriotes et de celles des pauvres et des édifices consacrés à l'humanité, à l'industrie et à l'instruction publique."

   Ce fut le 26 octobre seulement que Couthon se décida à faire le simulacre d'appliquer la "grande mesure". Porté dans un fauteuil, il frappa d'un petit marteau un des édifices de la Place Bellecour, en prononçant ces paroles :

-"La loi te frappe !"

    Peu de jours après d'ailleurs, habile à éviter une responsabilité terrible, Couthon se fit rappeler et fut remplacé à Lyon par deux hommes implacable, Collet-D'Herbois et Fouché.         Rentré au sein du Salut Public, il  seconda activement Robespierre dans tous ses actes et ses projets.
Décrété d'accusation dans la séance tragique du 9 thermidor, en même temps que Robespierre, Saint-Just etc. il reçut avec un sourire de dédain la ridicule apostrophe de Fréron, qui lui reprochait d'avoir voulu monter au trône sur les cadavres des représentants :

-"Moi ! Monter au trône !"

    Dit-il en montrant ses jambes paralysées. Il fut conduit à la prison de Port-Libre (la Bourbe), pendant que Robespierre était mené au Luxembourg. On sait que les prisonniers furent délivrés et entraînés à la Commune, se jugeant sans doute, vu ses infirmités, peu utile en un tel moment, s'était retiré chez lui.
   Dans la nuit, Robespierre et Saint-Just le mandèrent par un billet à l'Hôtel-de-ville, fidèle à l'amitié jusqu'à la dernière heure, il s'arracha des bras de sa femme et de son enfant et se fit porter à la Commune, c'était aller au-devant de la mort, puisqu'en effet la Commune et les accusés avaient été, par un décret, mis hors la loi, à cause de leur révolte contre la Convention, et que l'Hôtel-de-ville fut enlevé sans résistance à deux heures du matin.
   Couthon avait été dans le tumulte, emporté par un ami, on le retrouva blessé et gisant sur le quai Le Pelletier. Quelques furieux voulaient le jeter à la Seine, l'infortuné leur dit :

-"Citoyens, je ne suis pas encore mort "

   Son exécution offrit cette particularité horrible et peu connue, que le bourreau ne put parvenir, à causes de ses infirmités, à l'entendre sur la planche à la manière ordinaire, après lui avoir fait subir inutilement les plus douloureuses contractions, il fut obligé de l'attacher tourné sur le côté pour lui donner le coup fatal.

Danus Voilereaux

Sources :Texte extrait de  :"L'Auvergnat de Lyon, organe des enfants de l'Auvergne, 1er février 1892 écrit par Danus Voilereaux. © documentation de Regards et Vie d'Auvergne, le blog. N'hésitez pas à partager ou à laisser un commentaire au bas de l'article, merci de votre visite et à bientôt. 


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