Regards et Vie d'Auvergne, le blog.: Des féministes à Saint-Priest-en-Murat, dans l'Allier.
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lundi 18 décembre 2017

Des féministes à Saint-Priest-en-Murat, dans l'Allier.

Saint Priest-en-Murat,

 Berceau du féminisme français.

Saint Priest en Murat, les féministes
"Saint Priest en Murat 10 août 1941"
   En découvrant par hasard, cette belle photo ancienne nous sommes surpris de trouver au milieu d'une rue de Saint-Priest-en-Murat, une telle concentration de jolies femmes dans une rue totalement déserte. Difficile d'imaginer ce qui a motivé ces élégantes à arpenter cette petite rue, élégantes et souriantes tout en s'affichant avec une visible détermination 
   Mais, après quelques recherches, voilà encore plus extraordinaire. Ce petit village perdu dans la campagne Bourbonnaise où défilent ces drôles de dames, n'est pas totalement inconnu. Il a eu la chance de voir naître une célèbre journaliste, conférencière et pionnière de la lutte pour les droits des femmes : Mademoiselle Hubertine Auclert, née en 1848 et disparue en 1914 à Paris. Il se pourrait donc bien que nos belles promeneuses soient, en fait, venues ici, lui rendre hommage, peut-être à l'occasion d'une cérémonie en son honneur, le mystère reste entier.  

Les batailles de Hubertine Auclert :

1879 : 
Extraits de son discours au congrès ouvrier socialiste de Marseille :

   " Proclamez l'égalité entre les êtres que le hasard de la naissance fait homme ou femme "

  " La femme est comme l'homme, un être libre et autonome. A elle, comme à lui, la liberté de choisir la voie qui lui convient " 

  " Femmes de France, je vous le dit du haut de cette tribune, ceux qui nient notre égalité dans le présent, la nieront dans l'avenir "

  Courageuse et acharnée elle fut à l'origine de nombreuses pétitions des plus variées comme : sur le manque d'eau des fontaines du cimetière du Père-Lachaise, ou encore l'inscription des femmes sur les listes électorales, la séparation de biens légales, elle a fait obtenir aux caissières de magasins et employées d'ateliers le droit de s’asseoir, elle a aussi fait évoluer les conditions de vie et l'instruction des femmes arabes en Algérie, et bien d'autres revendications. 
  En 1880, autonome et vivant seule, elle refuse de payer des impôts au motif que : " les femmes n'ayant pas de droits, elles ne peuvent avoir de charges. "
En mai 1908 pour dénoncer l'exclusif droit des hommes au suffrage, elle se rend, avec quelques "suffragettes" dans un bureau de vote Parisien, pour y faire du scandale, renversant les urnes et piétinant les bulletins sous les yeux scandalisés de ces messieurs. Il faudra attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour qu'enfin soit institué le Droit de vote des femmes, le 21 avril 1944. 

En 1881 elle fonde le journal : La Citoyenne.

 1900 : Elle revendique pour les femmes le droit de porter ou non le nom de son époux.

   " Il est inadmissible qu'une femme se fasse estampiller comme une brebis du nom de l'homme qu'elle épouse "

   Quel personnage notre Auvergnate, "Femen" avant l'heure, elle batailla aussi pour faire évoluer le vocabulaire français, en féminisant les mots exclusivement masculins, et ce n'est que  tout récemment  que l'Académie Française a promis de se pencher sur le sujet, par la féminisation de certains noms de métiers, titres, fonctions et grades : auteure, colonelle, écrivaine, substitute... Le chemin est long, mais les choses bougent  petit à petit.

Une rue de saint-Priest-en-Murat.

 La rue  de saint-Priest-en-Murat aujourd’hui, 76 ans après. (Google Map)




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Sources : Textes et photos © regardsetviedauvergne.fr
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