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  • 09 janvier 2017

    Le vieux chaudronnier.


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    Le vieux chaudronnier, de Raymond Cortat.

    CPA chaudronnier du Cantal


    "Aurillac, Reine du cuivre rouge aux chansons métalliques"
    Gandilhon-Gens-d'Armes.



    Lorsque du clocher bleu le sonneur, dans l'aurore,
    Effeuille en haut du ciel, effeuille les toits
    De la ville embrumée et sommeilleuse encore,
    Effeuille l'Angelus comme une fleur sonore
    En pétales d'argent glissant sous les cieux froids.


    Alors, quand chaque cloche en frémissant s'est tue,
    Tandis que tinte et tombe un grand coup de battant
    Dont la rumeur s'étale et longtemps s’atténue,
    Un autre bruit s'élève en la petite rue
    Tel le rythme d'un cœur dans l'ombre palpitant.

    On dirait qu'un bourdonnement mélancolique
    S'éveille et monte, et qu'un essaim d'abeilles d'or
    Soudain jaillit d'une ténébreuse boutique
    Fait ronfler sans répit sa vaillante musique
    Dans la rue assoupie où bruit son essor.

    La rue, à ce signal, de son sommeil s'exhume...
    Quelques dévotes, vers l'église à petits pas
    Se hâtent, des rougeurs illuminent la brume,
    La forge, brusquement dans la pénombre allume
    L'orgueilleuse splendeur des lums et des ferrats.

    Le rude chaudronnier semble un guerrier barbare
    Parmi des boucliers et des casques vermeils !
    La flamme, en se jouant autour de lui, s'égare
    Au plafond noir qu'une poutre géante barre
    Et les vastes chaudrons brillent tels des soleils.

    De l'aube au soir, sans se lasser, son marteau danse
    Et scande sa chanson sonore avec entrain
    Et tour à tour rapide ou lente, la cadence
    Infatigablement martelle le silence ;
    Le vieux quartier rythme sa vie à ce refrain.

    Puis l'Angelus abat au fond du crépuscule
    Ses larges coups vibrants sur les toits gris ou bruns,
    Et dans la rue où sa rumeur longtemps circule
    La petite chanson métallique recule
    Sous le ciel où la nuit a suspendu ses lums.

    Je te salue, Ô vieux chaudronnier, humble artiste
    Dont le marteau prolonge encore sa rumeur
    Comme un suprême écho du passé fier et triste ;
    Toi sous la main de qui refleurit et persiste
    Un art qui ne veut pas mourir, tandis qu'il meurt !

    Raymond Cortat.







    Sources : texte de Raymond Cortat.
                   ©regards.et.vie.dauvergne@sfr.fr

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