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    09 juin 2013

    Fanaisons de juin.


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    Les fanaisons de juin en Auvergne.

    vaches attelées pour les fanaisons

    Les foins sont prêts. Sous le chaud soleil estival
    Chaque bouvier en hâte attèle à sa voiture
    Quelque char ancien de rustique structure
    Ses vaches, son mulet, ses bœufs ou son cheval
    Et s'en va tout là-bas par la plaine ou le val
    A travers champs, parmi les riantes cultures
    Quérir trèfle, sainfoin, odorantes pâtures
    De ses bestiaux, cahin-caha, tant bien que mal.
    Par des chemins étroits dans la ronce et l’ornière
    L’attelage va vers les prés, parfois fort loin,
    Chercher son chargement de luzerne ou de foin
    Car c’est temps de remplir à nouveau la fenière
    Vide, des provisions de la saison dernière,
    Et chacun s’y emploie avec zèle et grand soin. 

    fanaisons
    On gourmande la vache allant à pas trop lents,
    D’un agile aiguillon activant son allure
    On lui pique le flanc, la fesse ou l’encolure,
    On l’invective en des vocables truculents.
    Durant le chargement très instable et branlant
    Si, quelque taon, la harcelant, la vache rouge,
    Ou la blonde, parfois s’impatiente et bouge
    On la rappelle à l’ordre, en la gratifiant
    D’un grand coup d’aiguillon appliqué sur le râble.
    C’est un ancien usage, peut être déplorable,
    Mais ici comme ailleurs les usages font la loi.
    Et le bouvier qui jure après sa bête et fâche
    Se rappelant les mots entendus autrefois, lui dit :
     
    fanaisons
     « Tchati v’oura, garce, pute de vache… ! »(1).


    Ainsi disaient les vieux en leur patois agreste
    On se rappelle encore les mots et leurs façons
    Et ceux-ci d’aujourd’hui, joyeux et bon garçons,
    Ont comme ceux d’alors, un langage un peu leste
    Ayant posé là-bas leur blouse ou bien leur veste
    Sur le bousset de vin à l’ombre d’un buisson
    Les chargeurs se sont mis à l’œuvre à l’unisson :
    L’un sur le char reçoit le foin d’une main preste,
    Le brasse au bon endroit, l’autre sans embarras
    Le lui approche à pleine  fourche à bout de bras,
    Enfin celui d’en haut, en son fruste vocable crie : 

    « Gna prou ! » (2).
     
    Il ne faut charger qu'avec raison,
    Le chemin est pierreux, penchant, peu praticable :
     
    fanaisons
    «  Bele i co de rasteix et djete mi le cable » (3).
     
    Puis le char cahotant roule vers la maison.

     C. Courmier



     

    1) : "Reste tranquille ou tu l’auras, la correction."
    2) : "Il en a assez."
    3) :" Donne un coup de râteau et jette moi le câble."



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