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    22 juillet 2010

    Chanson: Histoire d'un cœur sensible.


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    Histoire d’un cœur sensible.


    Fanchette n’avait pas seize ans
    Lorsqu’elle quitta son village,
    Et déjà de plusieurs amants
    Elle écoutait le doux langage

    Ah ! C’est un grand malheur,
    Quand on est fille
    Un peu gentille,
    Oui, c’est un grand malheur,


    D’avoir un trop sensible cœur.

    A la ville ce fut bien pis !
    Plus libre dans ses amourettes,
    Elle faisait ce qu’à Paris
    Font toujours les tendres grisettes.

    Ah ! C’est un grand malheur,
    Quand on est fille
    Un peu gentille,
    Oui, c’est un grand malheur,
    D’avoir un trop sensible cœur.

    Éprise d’un étudiant
    Qui ne la payait qu’en caresses.
    Elle prit un négociant
    Payant en solides espèces.

    Ah ! C’est un grand malheur,
    Quand on est fille
    Un peu gentille,
    Oui, c’est un grand malheur,
    D’avoir un trop sensible cœur.

    Elle aimait tant son protégé
    Que son protecteur, en colère,
    Un beau jour lui donna son congé
    Et la laissa dans la misère.

    Ah ! C’est un grand malheur,
    Quand on est fille
    Un peu gentille,
    Oui, c’est un grand malheur,
    D’avoir un trop sensible cœur.

    Mais soudain, remise en crédit,
    Dans ses meubles on vit l’infante.
    Pour ses amoureux elle mit
    Tout son mobilier chez ma tante.

    Ah ! C’est un grand malheur,
    Quand on est fille
    Un peu gentille,
    Oui, c’est un grand malheur,
    D’avoir un trop sensible cœur.

    La revoilà sur le pavé,
    Ne faisant plus la renchérie,
    Et bientôt d’un enfant trouvé
    Fanchette, dota sa patrie.

    Ah ! C’est un grand malheur,
    Quand on est fille
    Un peu gentille,
    Oui, c’est un grand malheur,
    D’avoir un trop sensible cœur.

    Chassant des regrets superflus,
    Que fait ma Fanchette peu sage ?
    Comme un véritable omnibus.
    Elle prend les gens au passage.

    Ah ! C’est un grand malheur,
    Quand on est fille
    Un peu gentille,
    Oui, c’est un grand malheur,
    D’avoir un trop sensible cœur.

    Pour moi, je suis convaincu
    Que Fanchette, vieille et maussade,
    N’aura pas un petit écu,
    Ou deviendra : garde malade !

    Ah ! C’est un grand malheur,
    Quand on est fille
    Un peu gentille,
    Oui, c’est un grand malheur,
    D’avoir un trop sensible cœur.





    Sources: Chansons et Poèsies diverses, Jules Lagarde, 1860.
                     © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
                   Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.



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