mardi 21 octobre 2014

L'Auvergne sous la Révolution : à Neschers, Puy-de-Dôme.

CPA Neschers, puy de dôme
Neschers, la fontaines aux lions de la place de la République.

Propos inciviques par un instituteur de la jeunesse de Neschers.


22 germinal an II (11 avril 1794)

   De magnifiques discours et d’intéressants rapports sur l’instruction publique ont été prononcés et rédigés pendant la Révolution, notamment par Mirabeau, Talleyrand, Condorcet, Lanthenas, Romme, Daunou, Lakanal et Fourcroy ; mais les écoles restaient désertes et les instituteurs de la jeunesse avaient des loisirs.

  Le 27 juillet 1794, ses élèves lui ayant donné congé, le sieur Dumas, maître d’école de la commune de Neschers, en profita pour aller à Clermont, en compagnie du sieur Cureyras. La journée était chaude, et les deux compagnons n’avaient pas ménagé les libations. 
Ils s’arrêtèrent au retour, vers les 4 heures du soir, dans l’auberge du sieur Terrasse, rue de la Treille, à Plauzat, et se firent servir une chopine de vin marchand. 
L’instituteur était un demi-bourgeois et par suite un semblant d’aristocrate. Le fils de l’hôtelier crut faire une spirituelle plaisanterie, en simulant avec son couteau, sur le cou du consommateur, le trajet habituel du rasoir national. Dumas se fâcha tout rouge et se mit à crier : 

 « Au foutre la nation ! Au foutre la patrie ! Au foutre la République ! Je voudrais que tout cela fût confondu ! »  

   A ce moment passait devant la porte de l’auberge le citoyen Gissalin, serrurier et officier municipal de Plauzat. Gissalin tremblait la fièvre, mais de pareilles imprécations le firent bondir d’horreur ; il admonesta avec vigueur l’imprudent maître d’école et, sans vouloir rien entendre, se rendit au District pour déposer contre lui une dénonciation en règle.
Dumas, instituteur de la jeunesse à Neschers, est donc prévenu d’avoir tenu des propos inciviques susceptible de troubler l’ordre public.
Le prévenu s’était soustrait par la fuite à l’ordonnance de prise de corps lancée contre lui.

Sur ce, le Tribunal :

 « Attendu que ledit Dumas a tenu des propos inciviques ci-dessus énoncés ; que ce délit n’est pas prévu par le code pénal ; que son séjour sur le territoire de la République serait un sujet de trouble et d’agitation dans la société.

 « Condamne Dumas à être déporté pour le restant de sa vie ; déclare ses biens acquis et confisqués au profit de la République ; Le tout conformément aux lois des 7 juin 1793 (vieux style) et 5 frimaire dernier ;

 « Ordonne qu’à la diligence de l’accusateur public le présent jugement sera exécuté, imprimé et affiché au nombre de cent exemplaires, aux frais de la République. »

Siégèrent : Prévost, président ; Périchon, Brugier et Morin, juges.

  La convention ayant, le 4 brumaire an IV, aboli toutes procédures pour crimes ou délits révolutionnaires, le Tribunal criminel rendit, le 15 prairial an IV, un jugement par lequel devait être abandonné toute poursuite pour le délit reproché à Dumas.




Sources : Le Tribunal criminel du Puy-de-Dôme.
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