Orcines vu par G. Desdevises du Dezert.

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CPA Orcines Puy-de-DĂ´me, Auvergne.
Orcines, Puy-de-DĂ´me.

Orcines, Puy-de-DĂ´me.


   Si l'on m'offrait une villĂ©giature Ă  mon choix dans le Puy-de-DĂ´me, je ne choisirais ni Royat, ni la Bourboule, ni le Mont-Dore, trop brillants, trop
bruyants, trop mondains pour mes goûts, mais j'irais chercher l'ombre, la paix, le bon air et les vastes horizons, au pied du Puy-de-Dôme, dans le joli et blanc village d'Orcines, dont le nom rappelle peut-être les ours, anciens habitants de nos bois.
   La plaine d'Orcines est un piĂ©destal grandiose sur lequel s'Ă©lève, comme une statue gigantesque, le DĂ´me puissant et vĂ©nĂ©rable qui porta jadis la statue du dieu Mercure Dumias et que couronne aujourd'hui la tour de l'observatoire fondĂ©e par Alluard en 1874. Sur cette plaine, longue de six kilomètres, entre la Font-de-l'Arbre et la fontaine du Berger, on respire un air aussi frais que celui de la Bretagne, l’Ĺ“il se repose sur des allĂ©es de frĂŞnes, sur des seigles aux reflets bleuâtres, sur de noires pinières, sur des brandes violacĂ©es. Ce serait Ă  se croire en pleine Armorique, n'Ă©tait la muraille crĂ©nelĂ©e des Puys qui se dresse Ă  l'occident et protège la plaine des grands souffles venus de l'ouest.
   Construit au bord d'une pente regardant le levant, le village mĂŞle les pavillons des citadins, aux rudes maisons paysannes. Des bosquets fleuris de lilas, des arbres fruitiers, des haies verdoyantes encadrent presque chaque maison. Une blanche Ă©glise, Ă  la petite flèche drĂ´lichonne et campagnarde, domine les demeures et ouvre ses fenĂŞtres Ă  tous les vents. Sur une place ombragĂ©e de vieux arbres, une croix de fer forgĂ© est plantĂ©e dans un chapiteau archaĂŻque provenant on ne sait d'oĂą. Sous l'araire reparaissent au jour des tuiles romaines, des poteries rouges de Lezoux, des poteries blanches plus anciennes encore. Dans la resplendissante lumière d'Ă©tĂ©, qui tombe comme une averse d'azur sur la plaine verdoyante, le passĂ© se rĂ©vèle Ă  chaque pas, l'antiquitĂ© de notre race s'affirme sous l'Ă©ternelle jeunesse de la nature.
   La vieille Gaule, notre mère, rit Ă  nos cĹ“ur dans les fleurs des prĂ©s, dans les yeux des femmes et sur le front des enfants, Ave Gallia Nutrix !


G. Desdevises du Dezert



 Sources : texte de G. Desdevises du Dezert, 1924.

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