mardi 2 avril 2013

Charroux, en Bourbonnais, Allier.

Charroux en Bourbonnais.

Charroux en Bourbonnais.



Charroux au moyen-Âge :


(extrait de : Notice de la ville de Charroux, 1842)

Charroux, le Blason.
   -«La petite ville de Charroux en Bourbonnais, désignée, dans les titres latins du moyen-âge, sous la dénomination de : Carrofum, paraissant dériver de ces deux mots latins mis à l’accusatif : carum focum (cher foyer), est située sur un plateau fertile et nu, plus long que large, d’où l’œil embrasse un horizon vaste et pittoresque, et à l’extrémité duquel se hissent plus spécialement les montagnes du Puy-de-Dôme, le rocher de Saint-Vincent, point culminant de l’arrondissement de La Palisse, et la crête des montagnes du forez.
    Aucun témoignage positif de l’histoire ne vient révéler que son existence remonte au-delà du règne de  Charlemagne, fondateur du royaume d’aquitaine, dont Charroux dépendait, en faveur de Louis-le-Débonnaire, son fils.
    Il paraîtrait  seulement qu’on doit son origine aux moines de Menat, de l’ordre de Saint-Benoit, car ce furent eux qui fondèrent, à cinq cent mètres de cette ville, une abbaye que l’on appelle Le Pérou, et qui est désignée, dans la «  Gallia Christina », par le nom de « Abbatia Petrosa » (Abbaye Pierreuse ), probablement à cause de rochers épars et de pierres aigues, poreuses comme des ruches, hérissant, en grande partie, la surface du sol plat où elle a été édifiée.
 Divers fragments des murs de cette abbaye subsistant encore, on apercevait facilement, à leur structure, qu’autrefois vivaient là de pieux et savants solitaires,  bons ouvriers de civilisation. Au front de ces ruines sont actuellement les bâtiments d’un domaine appartement à Mr François Pastier, riche et honorable rentier, capitaine-commandant de la garde nationale, à Charroux.
   
Charroux, gravure.
Le plateau de Charroux ne devait pas manquer d’être utilisé au moyen âge par les sires, et plus tard par les ducs de Bourbon. En effet, ils y eurent un château dont il ne reste plus de traces, la ville eut ses murs de circonvallation, flanquées de tous côtés d’un grand nombre de tours rondes et carrées, à créneaux ou à meurtrières, fortement assises, se communiquant par des courtines, et d’une hauteur dominant tous les sommets d’alentour, ainsi que l’annoncent les débris de plusieurs d’elles. Les murs, ayant quatre portes à assommoirs(1) avec pont-levis, étaient entourés de larges et profonds fossés, n’ayant de l’eau que dans les temps pluvieux, et dont la plus grande partie est aujourd’hui en jardins potagers, les faubourgs étaient, en outre, protégés par un mur fort élevé de contrevallation, et cependant cette ville ne renfermait pas plus de douze cents âmes de population, alors qu’elle était une des places les plus fortifiées de la baronnie de Bourbon, et qu’elle faisait partie des dix-neuf châtellenies de cette baronnie, ainsi qu’il en résulte d’un dénombrement fait en 1248, sous Archambaud IX, qui avait un châtelain à Charroux pour administrer la justice en son nom.


   Charroux et les Privilèges :




    Le témoignage le plus ancien et le plus certain sur Charroux en Bourbonnais, est mentionné dans la «  Bibliothèque des coutumes ». On y voit que la plus ancienne charte des privilèges dont on ait ouï parler, est celle qui lui a été accordée par Archambaud VII, en l’an 1145, et qu’on ne sait ce qu’elle est devenue.
  Il fut passé acte en latin, par-devant notaires, à Charroux même, de la concession de la franchise et autres privilèges accordés aux bourgeois et aux habitants de cette ville, en vertu de cette charte.
   Les  Olim (2) apprennent qu’à cette époque, cette ville se nommait «  Charroz et Charros ». Cependant, une autre charte d’affranchissement de l’an 1245, donnée aux bourgeois par Archambaud IX, baron de Bourbon, qui prenait modestement le titre de  sire de Bourbon, détermine les privilèges dont ils jouiraient.

« Privilèges de la ville de Charroux ».
  "En nom du père, et du fils, et du Saint-Esperit, je Archimbaut, sire de Bourbon, fais assavoir à ceux qui sont et seront et ces lettres verront que je ay franchie ma ville de Charroux, en cette manière "...


    Ces privilèges furent confirmés en l’an 1435, par Charles Ier, duc de Bourbon, en vertu d’une charte spéciale par laquelle il concéda aux habitants le «Max »(garenne) de Charroux, moyennant une redevance annuelle de cinquante muids de blé et autres charges personnelles, et le « droit de Bourgeoisie », moyennant une rente d’une livre six sous et six deniers, et encore à la charge par les habitants de faire justement entre-eux le partage de ce « Max », qui était d’une étendue d’environ six cents septerées de terre de bruyère.

Charroux et la peste :


    Les malheurs de cette ville commencèrent à poindre d’une manière douloureuse et épouvantable, vers l’an 1412, car alors une maladie contagieuse y causa  une grande mortalité.
 A partir de l’an 1422, la peste y exerça ses ravages avec tant de fureur, jusqu’en l’an 1435, que sa population diminua de plus des trois quarts. Les cadavres étaient jetés pêle-mêle dans de  vastes tombes près de la Commanderie de la Marche, et couverts ensuite d’une épaisse couche de chaux vive, afin de comprimer les exhalaisons des miasmes méphitiques.

Charroux et les guerres :

  
Charroux.
  A peine les habitants de cette ville étaient-ils sortis de leur morne stupeur, à peine avaient-ils eu le temps de se consoler des ravages d’un fléau exterminateur, qu’ils sont encore destinés à être en proie à de cruelles émotions, à des malheurs, et à des désolations d’une autre nature.
En 1440, le roi Charles VII ayant fait une invasion en Bourbonnais, pour y éteindre la guerre dite de la Praguerie, fomentée par le dauphin, son fils (depuis Louis XI), qui agissait de concert avec Charles Ier, duc de Bourbon, la ville de Charroux, incorporée dans ses souverainetés, obligée de lui obéir, fut livrée à toutes les horreurs d’un siège par les troupes du monarque. Malgré l’héroïque résistance de la garnison, elle fut prise d’assaut, ainsi que le dit Jean Chartier qui écrit le récit de cette guerre, en ces termes :

  « Les troupes royales se portèrent sur Charroux, qui s’était livré aux rebelles, et l’emportèrent d’assaut, ils y trouvèrent un butin considérable, et y demeurèrent pendant quinze jours, y prenant à souhait abondance et repos ».


Charroux.
   En 1471, cette ville eut un autre siège à soutenir contre une partie des troupes de Charles-le-Téméraire, duc de Bourgogne, pendant la guerre dite : du bien public, mais elle fut plus heureuse dans le résultat de ce siège que dans le précédent, puisqu’elle repoussa victorieusement les assaillants, qui après leur défaite, décampèrent.
En 1547, sur la demande des habitants, il intervint une sentence de la sénéchaussée du Bourbonnais, qui les maintint en possession des halles existantes devant l’église de Saint-Jean-Baptiste, et fit défense aux propriétaires de les boucher. (Ces halles, qui gênaient singulièrement la circulation des voitures, ont successivement disparu depuis 1789).

Charroux et la guerre des  religions :


    Après un siècle de calme qui, en ramenant dans son sein l’industrie et l’aisance, avait aidé à cicatriser les profondes plaies de ses trop longs malheurs, elle ne devait point échapper à des malheurs plus grand encore. Une catastrophe d’une physionomie  plus sombre, surgissant du milieu du fanatisme religieux, vint ensanglanter le sol français par le sang français : c’est la guerre des Protestants contre les Catholiques. La ville de Charroux, éminemment catholique, se vit dans la cruelle nécessité  de défendre et ses croyances religieuses et les droits de la couronne de Charles IX, son roi  légitime.

Après la bataille de Cognat, près de Gannat, le 6 janvier 1568, où les catholiques furent malheureusement vaincus, un corps de Huguenots, sous le commandement de Bruniquel, et de Paul Richard de Morvan, dit le brave, se dirigea vers la ville de Charroux, afin de s’en rendre maître. A son passage au Mayet-d’Ecole, il brûla les bâtiments de la commanderie de l’Ordre de Malte, et après avoir traversé la Sioule, à  Jenzat, sur le pont de bois qui avait été jeté depuis longtemps et qu’il brûla aussi, il prit le chemin de Charroux.

Arrivé à la commanderie de la Marche, située sur l’ancienne voie Romaine de Augustonemetum (Clermont)  ad Avaricum (Bourges), et qui était, dans l’origine, un monastère de Templiers, incorporés, après leur massacre, en 1311, sous le règne de Philippe-le-Bel, aux biens de l’ordre de Malte, il l’envahit, massacra tous ceux qui l’habitaient, la pilla et ensuite l’incendia. Ce que les flammes avaient épargné, tomba sous les coups du bélier ou du marteau. A peine resta-t-il quelques débris du fronton de son élégante chapelle, débris qui se voient encore en partie, et où l’on remarque deux écussons aux armes de l’ordre de Malte, incrustés dans le chapiteau d’une ancienne porte cintrée. Les protestants, après avoir saccagée et ruinée cette commanderie, s’avancèrent sur Charroux, pour l’investir et en faire le siège. La garnison et les habitants résistèrent à leurs attaques avec un noble courage et une héroïque résignation, mais après quelques jours d’impuissants efforts, la ville fut emportée d’assaut, livrée encore une fois au pillage, et la garnison abandonnée à la fougue féroce des vainqueurs, fut passée au fil de l’épée. 

Les Huguenots, ivres de leurs triomphes ne respectèrent ni la vertu des femmes, ni la candeur, ni l’innocence des jeunes filles, dont les gémissements et les accents de miséricorde éclataient sans qu’ils en fussent attendri, et si un mari ou un père osaient s’opposer à leurs farouches violences, ils payaient  de leur vie un si noble et si touchant dévouement !...Il faut bien encore qu’ils y aient exercé des cruautés d’un autre genre, puisqu’un quartier de la ville a  reçu et conservé jusqu’à nos jours ce nom : «  Les souffrants ».

Charroux.
   Ce n’est pas tout : ils renversèrent les deux murailles d’enceinte, démantelèrent les tours, détruisirent les assommoirs des portes, rasèrent beaucoup de maison et démolirent les clochers et les voûtes des églises, et n’épargnèrent pas même l’hôpital, placé près de l’ancien cimetière, rue de « La Croix-Caille », cet asile des douleurs et des misères, et la chapelle (3) qui en dépendait. Pendant qu’ils assiégeaient la ville, ils massacrèrent les Bénédictins de l’abbaye du Pérou, qu’ils pillèrent de fond en comble, et la brûlèrent ensuite.


     Enfin, la ruine et la désolation planèrent sur cette cité jusqu’au moment où les Calvinistes, rassasiés de leurs saturnales, l’abandonnèrent à son triste sort, pour aller dans le Berry, d’où ils se rendirent à Orléans, conformément aux ordres qu’ils reçurent en route de la part du Prince de Condé.

    En 1576, la ville de Charroux eut encore à affronter une autre attaque, mais moins douloureuse, moins désastreuse que la précédente : l’armée du Prince de Condé, composée de reitres (cavaliers) et de lansquenets (fantassins) recrutés en Allemagne, et de quelques troupes françaises, après s’être emparée de la ville de Vichy, vint assiéger Charroux, qui, n’ayant pas pu, dans l’espace de huit années, réparer ses fortifications, ne présentait que de faibles moyens de défense, et qui, se souvenant de trop funestes malheurs, se rendit et se soumit à lui payer une contribution. Selon De Thou, les bourgeois se rachetèrent du pillage, moyennant une légère somme, et l’armée se rafraîchit quelques jours dans cette place.

 Il y a environ quarante ans, le sieur Guillaume Baraton, taillandier à Charroux, trouva en cultivant sa vigne, située au Turail Baraton, plusieurs boulets de canon qui probablement étaient partis pendant le siège, du plateau de l’Arcan, commune d’Ussel, (Ussel-d’Allier) où les assiégeants avaient établi une de leurs batteries. Les boulets, en passant par-dessus une profonde vallée, n’avaient qu’un court espace à parcourir pour venir atteindre les assiégés, ou porter l’épouvante au milieu de la place qu’ils défendaient.

    Lorsque Charroux était une ville de garnison, il s’y faisait un commerce considérable de cuirs forts, manipulés dans trente-deux tanneries situées en grande partie, au bas du versant septentrional de la ville. Elles furent successivement abandonnées, à cause du droit de marque dont chaque cuir fort fut frappé.

Les deux Paroisses de Charroux :


Charroux.
   Il est à remarquer que cette ville était au moyen âge une des plus importantes du Bourbonnais, puisqu’elle était divisée en deux paroisses. Le curé de la paroisse de Saint-Sébastien, dépendant du diocèse de Bourges, était à la nomination du prieur de Saint-Germain-de-Salles.
 L’église, mise au nombre des biens nationaux, a été vendue en 1793. Le curé de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste, dépendant du diocèse de Clermont, était à la nomination du commandeur du Mayet-d ’École, qui était aussi commandeur de la Marche, et qui avait dans l’église une chapelle particulière. Indépendamment de son curé, l’église de Saint-Jean-Baptiste, conservée à sa destination primitive, avait un chapitre de Communaliste qui percevaient la dîme dans la commune de Taxat, et dont l’institution avait été autorisée le 5 mars 1439, par ordonnance de Monseigneur Martin Gouge, de Charpaigne, évêque de Clermont. Le 20 avril 1527, Messire Jacques, prêtre, fonda une maison pour être affectée à cette communauté dont il faisait partie.
    Avant que le déplorable vandalisme de 1793 eut exercé ses ravages sur tant de chefs-d’œuvre d’art, on voyait dans cette église une statue de la Vierge en pierre de liais, parfaitement sculptée, assise sur une escabelle, et ornée de couleurs très vives et très fines. Ses pieds s’appuyaient  sur un piédestal, au bas duquel se voyait une légende latine en caractères gothiques et saillants. Le marteau révolutionnaire ayant tout mutilé, Il n’a pas été possible de recueillir cette légende.
    On a déjà dit que les voûtes et les clochers de ces deux églises avaient été démolis par les Huguenots. La piété des citoyens, aidée du temps, répara ces sacrilèges, mais ne put jamais parvenir à les décorer aussi richement qu’elles l’étaient alors.

Charroux.
La tradition locale, qui ne manque pas de vraisemblance, assure que l’église de Saint-Jean-Baptiste a été restaurée par quatre tanneurs de la ville, c’est-à-dire qu’ils auraient fait reconstruire la voûte et le clocher, qui est une pyramide octogone, et dont la flèche, ayant été abattue par la foudre, il y a environ un siècle, n’a plus été relevée.
 La tradition va même jusqu’à dire que les quatre têtes grossièrement sculptées, et sur lesquelles s’appuient, aux quatre angles, les arceaux de la voûte du clocher, sont la ressemblance de ces quatre généreux restaurateurs de l’église.

Charroux.
 Quoique cet édifice n’ait rien de bien remarquable, on peut dire pourtant que sa hauteur, son étendue, sa voûte en ogive, et en un mot l’harmonie intérieure de son architecture, offrent aux regards une élégante simplicité. Les piliers séparant la nef des deux travées, représentent, à leurs corniches, quelques bas-reliefs grossiers, qui portent à dire, que cette partie de l’église date du XIe siècle. En 1789, le clocher contenait six cloches de diverses dimensions, il n’en reste plus qu’une de cette époque du poids de 1800 livres, au haut de laquelle se trouve en relief et en lettres gothiques cette légende :

-« Sancte Joannes-Baptiste apu. Xps. vincit xps. reddat xps. Ab omni malo nos defendat. MDXIX (1519). »
 
« Saint Jean-Baptiste surmonte les années,  de tous mal nous défend ... »
  
La chapelle du commandeur de l’ordre de Malte était surmontée d’un petit beffroi, où était une seule cloche.
Il existait dans cette ville, une congrégation de Dames Religieuses de l’Ordre de Saint-Benoit, et, que par cette raison, l’on appelait « Bénédictines ».
  Leur couvent, situé à l’extrémité orientale de la ville, avait une vaste chapelle où officiait l’aumônier, qui, en 1770 était M. l’abbé de Sartiges, de la famille des comtes de Brioude. Une ordonnance de Louis XIV, datée de Saint-Germain-en-Laye, du mois de novembre 1679, confirma la fondation de cette congrégation.

-Ndlr : d’après l’auteur,  le couvent de Charroux aurait été désigné par certains, comme : « maison de refuge où l’on renfermait les femmes d’une mauvaise conduite ! »  Il rectifie l’erreur outrageante qui a été commise, en disant que jamais ce couvent n’a eu une destination aussi dégradante, puisque les religieuses qui l’occupaient appartenaient aux plus honorables familles de la localité ou de son voisinage ». (Il joint une copie d’un acte authentique).
   Le couvent et sa chapelle, ayant été mis au nombre des biens nationaux, ont été aliénés en 1793, et appartiennent maintenant à divers particuliers.

Le grenier du Roi, de Charroux :


Charroux.
   Dès que le roi fut en possession du duché de Bourbonnais, il fit construire, à Charroux, un bâtiment dont les murs sont forts épais, et qui était appelé le « Grenier du Roi », pour y déposer les cens et dîmes (4) qui lui étaient payés en denrées. Ce bâtiment, qui d’ailleurs ne présente rien de remarquable, se compose simplement d’une vaste pièce au rez-de-chaussée et d’un grenier au-dessus. Le duché de Bourbonnais, après avoir été démembré de la couronne pour être donné successivement en apanage, à divers princes ou princesses, et, y être ensuite rentré, Louis XIV l’engagea, en 1662, à Louis II, Prince de Condé (le grand Condé), en échange du duché d’Albret. La ville de Charroux n’eut plus d’autres seigneurs, depuis cette époque jusqu’en 1789, que les descendances de ce prince illustre et célèbre par sa naissance et par sa gloire : c’est dire que le grenier du Roi fut celui du prince de Condé, qui avait un fermier spécial pour recevoir les redevances qui lui étaient dues.
Depuis 1789, cet édifice est l’hôtel de ville.

L’horloge de Charroux :


Charroux.
  L’horloge de la ville a été élevée, dans le cours du XVIIIe siècle, sur une tour carrée située au sud-ouest, elle était autrefois percée de meurtrières et couronnée de créneaux, et était aussi une des portes à assommoirs avec pont-levis.
   On voit, dans la rue de la poulaillerie, le portique de la cour d’une maison, orné de figures en bas-reliefs grossièrement sculptées sur une pierre très poreuse. Au-dessus de ce portique est un écusson au milieu duquel on distingue encore, en caractères saillants, ce millésime : 1634. Cette maison a dû être, pendant plusieurs siècles avant cette époque, l’habitacle des seigneurs de Charroux. Elle appartient, depuis de longues années, à la famille Poisle des Granges.

Les Marchés et foires de Charroux :


   Depuis six siècles, il se tenait à Charroux des marchés le lundi de chaque semaine, et quatre foires par an, mais, comme ils n’étaient plus fréquentés probablement depuis que les guerres de religions l’avait ruiné et plongé dans la misère, Louis XV, sur l’exposé de ses « chers et bien-aimés » les syndic et habitants de cette ville, par ordonnance datée de Versailles, du mois de mai 1771, a recréé et rétabli les marchés et les foires qui, se sont maintenus d’une manière satisfaisante pour le commerce de la localité.
Voici la copie littérale de cette ordonnance :

« Établissement de quatre foires en la ville de Charroux. »
   -« Louis, par la grâce de Dieu, Roy de France et de Navarre, à tous présent et à venir, salut. Nos chers et bien aimés les sindic et habitants de la ville de Charroux en Bourbonnais, nous ont fait exposer qu’il a été étably très-anciennement des foires et marchés dans ladite ville de Charroux, mais ayant été négligés pendant long-temps, ils sont tombés en désuétude. Comme il est très-intéressant aujourd’hui de rétablir quatre foires par chacun an, açavoir : la première au sept janvier, la deuxième le lundy d’après la my-carème, la troisième le vingt-huit may, et la quatrième le onze septembre, les exposants nous ont très-humblement fait suplier de leur accorder les lettres sur ce nécessaires.
A ces causes, voulant favorablement traiter les exposants de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, nous avons créé et établi, créons et établissons par les présentes, signées de notre main, en la ville de Charroux : quatre foires par an açavoir : la première le sept janvier, la deuxième le lundy d’après la my-carême, la troisième le vingt-huit may et la quatrième le onze septembre, auxquelles foires nous voulons que tous les marchands et autres y puissent aller et venir, séjourner, vendre et débiter, troquer et échanger toutes sortes de marchandises licites et non prohibées, sous les privilèges, franchises et libertés des autres foires et marchés de ladite province ; permettrons en outre aux dits exposants de faire bâtir halles, bancs, étaux nécessaire pour le couvert des marchands et leurs marchandises, et de percevoir les droits qui seront pour ce dus, suivant la coutume des lieux, pourvu toutesfois qu’à quatre lieues à la ronde il n’y ait pas esdits jours autres foires auxquelles ces présentes puissent préjudicier, et qu’elles n’eschoient aux jours de dimanche et fêtes solennelles, auquel cas, elles seront remise au lendemain, et sans que l’on puisse prétendre aucunes franchises et exemption de nos droits. Si donnons en mandement à nos âmes et féaux conseillers les gens tenans notre conseil supérieur de Clermont-Ferrand, et à tous autres nos officiers qu’il appartiendra, que les présentes ils aient à faire régistrer et de leur contenu faire jouir et user les exposants pleinement, paisiblement et perpétuellement, cessant et faisant cesser tous troubles et empêchements contraires, car tel est notre plaisir ; et afin que ce soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre notre scel aux dites présentes.
Donné à Versailles, au mois de may, l’an de grâce mil sept cent soixante-onze, et de notre règne le cinquante-sixième.
Louis, Par le Roy
Phelipeoux.
Visa Demaupeau
 
  Pour établissement de foires en la ville de Charroux. Enregistré au greffe du conseil supérieur de Clermont-Ferrand, suivant l’arrêt de ce jour, seize juillet mil sept cent soixante-onze.
Marion. »

Promenade du Cours Boirot-Lacombe, de Charroux :


   La jolie promenade que l’on voit, depuis 1827, sur la chaume de Saint-Antoine, devant l’enclos de l’ancien couvent des religieuses Bénédictines, est un des nombreux bienfaits de l’administration généreuse et réparatrice de feu M. Jean-Charles Boirot de Lacombe, maire, qui fit paver la rue de l’horloge et la Grande-Rue. Il n’a épargné ni soins ni sacrifices personnels pour parvenir à doter ses concitoyens d’une promenade agréable sur un sol qui était auparavant nu et anfractueux. Le conseil municipal, mu par un noble souvenir du cœur, a voulu que cette promenade reçût la dénomination de : Cours Boirot-Lacombe. Tous les habitants ont applaudi à cet hommage de reconnaissance.

1-  Assommoir : ouverture défendant généralement une porte pour y jeter des projectiles.
2-  Olim : registres des arrêts rendus par la Cour du Roi.
3-  Chapelle de l’hôpital : on voit dans la cour d’un bâtiment appelé le Bontemps, où était autrefois l’hôpital, un bas-relief en lave de Volvic, datant de la Renaissance et formant la corniche de la porte d’entrée d’une modeste maison d’habitation. Il représente Cérès à demi-couchée sur une gerbe, tenant trois épis de la main gauche, Bacchus à cheval sur un tonneau, tenant de la main droite une bouteille, et Vénus à demi-couchée sur un lit de fleurs, tenant de la main droite un miroir. Sur le piédestal supportant le groupe, on lit :  
 
« Sine Cerere et Baccho friget Vénus. »
"Sans Cérès et Bacchus, Vénus se refroidie !"
 
4-  Cens et dîmes : redevances sur les terres et les produits agricoles destinées à l’église

(Fin de l'extrait.)
  

Charroux. plus beau village de France

   Aujourd'hui, 


Charroux en Bourbonnais, est  classé parmi " les Plus Beaux Villages de France" le seul du département de l'Allier. Ses habitants, les "Charlois "et les "Charloises" qui  sont à peine plus de 380, ont la chance de vivre dans un très joli bourg, aux ruelles médiévales bien conservées et mises en valeur, ainsi  que de très nombreuses maisons restaurées avec goût.

Charroux.
Le passé de Charroux a laissé de nombreuses preuves de sa richesse et de sa prospérité au fil des siècles, important centre de commerce, lieux de culte, remparts et fortifications, chaque rue, chaque place conserve le souvenir de la vie d'autrefois. Lors de la visite du vieux bourg, on découvre les nombreux commerces artisanaux, échoppes de produits locaux, artisans d'art ainsi que des restaurants.


Charroux.
  Le "Musée de Charroux et de son  Canton" Rue de la Poulaillerie, où grâce à un audioguide on retrouve les richesses archéologiques, les outils d'anciens métiers et ateliers d'artisans.


   L'Huilerie, Moutarderie de Charroux. Moutarde réputée de longue date, les graines sont écrasées sous une grosse meule en pierre puis on ajoute les ingrédients et le vin blanc de Saint-Pourçain.


 " La Maison des Horloges " rue de...l'horloge. une collection de mouvements, du Moyen-âge à nos jours.

   Un parcourt de randonnée de 6 kilomètres, qui a son point de départ au centre ville, chemine aux alentours et permet de bien visiter le bourg.

Charroux.

 











  Sources  : Textes :Tablettes Historiques de l'Auvergne, Notice de la ville de Charroux par :J-B Peigue, 1842.
                   Photos : © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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