vendredi 9 juin 2017

L'Auvergne sous la Révolution : les troubles de Besse en 1795.

besse, Auvergne

Troubles de Besse.



4 nivôse an IV (25 décembre 1795)


1) Guillaume Landier, dit "Cottange", 35 ans, marchand.
2) Marie Delaigne, journalière, 37 ans.
accusés présents.
3) Claude Maisonneuve, dit "Babovieux".
4) Jacques Labary.
Accusés contumax.

   Tous domiciliés dans la commune de Besse, sont prévenus de violences et de provocations au rétablissement de la royauté.

  " Les 20, 21 et 22 fructidor an III, les citoyens de la commune de Besse étaient convoqués en assemblée primaire, dans l'église paroissiale, pour émettre leurs vœux sur l"ensemble de la Constitution présentée au peuple Français, et pour procéder au choix de leurs électeurs. Il s'agissait de se prononcer sur cette fameuse charte de l'an III et sur ces fameux décrets de fructidor, testament politique de la Convention Nationale, qui maintenait d'office dans le prochain Corps législatif les deux tiers des anciens représentants.
   Cette Constitution, dont les fantaisies devaient provoquer à Paris les fureurs du 13 vendémiaire, soulevait dans la France entière des protestations et des clameurs.
   A la séance du 20, cependant, les citoyens de Besse n'avaient pas manifesté d'hostilité et l'on avait dressé un procès-verbal d'adhésion au pacte social. Mais le
vote était né de la surprise, de l'ignorance, dès le lendemain, on résolut de détruire l'oeuvre de la veille.
   Le 21, l'assemblée fut des plus houleuses. le 22, elle prit le caractère d'une émeute.
François Cothon, président du tribunal de district, renouvelait pour la vingtième fois ses exhortations insinuantes, lorsque Claude Maisonneuve l'arrache brusquement à son fauteuil, place ce fauteuil sur une table et s'y installe en qualité de directeur des opérations. Guillaume Landier et Etienne Bohand s'élancent en chaire, et tous ensemble, au milieu de hourrahs frénétiques, ils s'écrient :

"  Nous ne voulons pas de cette Constitution, nous voulons l'ancien régime de 1788 et la religion, nous voulons un Roi et la messe ! "

   A ce moment, les femmes envahissent l'église et impriment à la sédition une allure plus nerveuse. Elles exigent du secrétaire, Charles-Joseph Godivel, procureur syndic du Directoire du district, sous peine de la vie, la remise du procès-verbal du 20 dont elles lacèrent la minute :

" On ne nous mènera pas, nous ! " 

Disent elles au président Cothon, au maire Louis Huguet et aux membres de la municipalité, en les menaçant.
   L'ex-curé constitutionnel Admirat, successeur du regretté abbé Réol, veut intervenir, il est bafoué. Labary écorne son chapeau, et le saisissant au collet, le fait pirouetter en disant :

" Voici l'ange Gabriel ! "

   On le chasse piteusement du lieu saint que souille sa présence et qu'il a trop longtemps profané.
   Enfin, puisqu'il s'agit d'établir une Constitution, on met aux voix la Royauté qui est acclamée, à chapeaux levés, par la presque unanimité de l'assistance.
Cette solution imprévue ne pouvait être du goût de la Convention et de ses vertueux fonctionnaires.
   Aussi, sur la dénonciation du citoyen Godivel, un arrêté du Département ordonna-t-il une instruction criminelle immédiate devant Joseph Morin, juge de paix du canton.
   Quatre hommes et quatre femmes furent déférés au tribunal correctionnel. Six prévenus furent renvoyés devant la juridiction criminelle.
   Le 24 vendémiaire en IV, le jury d'accusation rendit une ordonnance de non-lieu en faveur d'Etienne Bohand et de Jean Ozanat.
   Lorsque le 4 nivôse an IV, Guillaume Landrier et Marie Delaigne comparurent devant le Tribunal criminel, les circonstances politiques s'étaient modifiées à leur avantage, car la Convention venait de se séparer en publiant une loi d'amnistie.
   Les deux accusés présents, tout comme les deux accusés contumax, furent donc renvoyés de toute poursuite.
   
   " Attendu, dit le jugement, que, d'après l'article 3 de la loi du 4 brumaire dernier, la Convention nationale a aboli tous actes d'accusation, mandats d'arrêt et procédures relatifs à la Révolution. "



Sources :  Tribunal criminel du Puy-de-Dôme, Marc de Vissac.

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