mercredi 28 janvier 2015

Visitons l'Auvergne : Thiers princesse ou ouvrière.

Thiers, Puy-de-Dôme.



"Elle est bien là la ville noire dont parle le poète d'Auvergne, Gabriel Marc.

Incrustée aux rochers par les ongles du temps.
Au flanc de la montagne, elle s'agrippe audacieusement, semblant défier les lois de l'équilibre pour proclamer celles de la fantaisie pittoresque, et l'absolu dédain des exigences de notre moderne progrès."



Thiers, Eglise saint-Genès.
Thiers, Eglise saint-Genès.
   Les siècles ont passé, depuis que, bourg fortifié, le "Thigernum" mérovingien commandait l'entré des gorges de la Durolle. Autour de ses églises: saint-Symphorien, Saint-Genès et un peu plus tard Saint-Jean, des maisons, peu à peu, se sont étagées sur les pentes escarpées. Plusieurs fois détruites, comme son Abbaye et ses édifices religieux, elles avaient tôt fait de renaître, de plus en plus nombreuses, transformant insensiblement la seigneurie de Thiers, devenue apanage de la maison de Forez, puis des Dauphins d'Auvergne, en l'agglomération actuelle.


Thiers, Auvergne.
Thiers, Auvergne. 
   Mais elle a conservé, au travers des âges, nombres de traits de sa physionomie ancienne.
C'est là ce qui lui donne ce charme si prenant, cet attrait tout particulier.

Entre les maisons de pans de bois de ses vieux quartiers, les ruelles étroites, monstrueuses, trop souvent malodorantes, mettent à rude épreuve les jambes et les poumons des touristes qui en gravissent les degré inégaux; mais, sous les larges auvents où la lumière d'un ciel oriental, les soirs d'été, semble filtrer comme à regret, tremble toujours un rayon du passé, et c'est la chanson d'autrefois qui vibre encore, le long de la Durolle, accompagnant dans les usines où couteaux, rasoirs et ciseaux, par milliers, viennent au monde, les gestes du labeur quotidien.

Thiers. Auvergne.La Durolle
Thiers. Auvergne.La Durolle
Avec ses sanctuaires romans, vrais poèmes de foi naïve et d'austère beauté, son château du Pirou, où rayonne encore le sourire sans apprêt de l'époque médiévale; avec ses vieilles façades, aux bois noircis, curieusement fouillés par les artisans qui les sculptèrent, avec sa couronne rocheuse, et la ceinture grondante et écumeuse que lui fait la capricieuses rivière au cours de ses visites à tout ce peuple du travail, qui vit d'elle, Thiers a des allures de princesse et d'ouvrière.
En son cadre merveilleux, avec son mépris du confort et de l'élégance, de la propreté parfois, elle rappelle ces grandes dames de la cour de Versailles, lesquelles, magnifiquement parées, grelottaient en des appartements incommodes, et souvent ne se lavaient point.

Thiers, la chaîne des Dômes et la Limagne vue du rempart.
Thiers, la chaîne des Dômes et la Limagne vue du rempart.

     Mais, pour quelques laideurs, que de beautés !
Qui dira les splendeurs du couchant Thiernois, contemplés de cet incomparable observatoire : la terrasse du Rempart ? Lentement le soleil descend. Comme lassé, il s'appuie au sommet des monts, dont la ligne bleutée ferme l'horizon. Nettement, toute la chaîne des Dores et des Dômes se profile sur le ciel sanglant, et, aux pieds de ces géants prêts à s'assoupir, la Limagne s'étale, dans l'heureuse indolence de sa luxuriante verdure, et la fécondité de sa plaine fertile.
Vision de repos et de charme, au sein de laquelle les villages groupent leurs toits comme autant de bouquets, et qui s'estompe peu à peu, au lent baiser du crépuscule.
On se retourne, on fait quelques pas, et tout a changé. Hardiment, un pic se dresse, si proche qu'l semble posé là tout exprès pour ce contraste soudain. C'est l'éperon de Margeride, dont l'imposante silhouette domine tout l'est de la ville. Cette fois le charme diffère, mais là aussi, quel prestigieux décor. Au matin surtout, par temps clair, l'impression est inoubliable. L'aube naissante adoucit l'impérieux profil, le teinte de rose, et l'on dirait alors une étrange et cyclopéenne figure de femme, qui se renverse pour mieux s'offrir, lèvres entr'ouvertes, à la vivifiante caresse du jour nouveau.

   C'est ainsi, presque à chaque pas, qu'une nature provocante et diverse séduit et retient les regards, faisant à la petite cité Auvergnate de multiples aspects. Et, tandis que tour à tour elle étonne, effraie ou attendrit ses visiteurs, de son Moutier paisible aux gorges du Bout du Monde, et par les chemins abrupts du Pont-Bas ou de Pierre-Plate, Thiers, inconsciente du pouvoir de ses attraits, continue à vivre sa simple existence, pratique et serine. Savoureuse leçon de philosophie, qu'elle nous donne sans le savoir, et dont nous subissons l'emprise.
Le propre de la vraie beauté, comme du mérite, n'est-il pas de l'ignorer ?

Henry Franz.


A lire aussi: 

Autres articles de Visitons l'Auvergne : La Cathédrale de Clermont-Ferrand.

                                                                       Le cimetière de Sermentizon, Puy-de-Dôme.




Sources : Texte, Henry Franz, l'Auvergne Littéraire et Artistique, 1924.
                   Article et photos : © Regards et Vie d'Auvergne.
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lundi 26 janvier 2015

Festival International du Court-Métrage de Clermont-Ferrand, 2015.

Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand.

Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand 2015

  Ce  vendredi 30 janvier 2015 commence à Clermont-Ferrand le 37 ème Festival du Court comme on dit ici. Comme chaque année les amateurs de courts métrages vont pouvoir  s'en donner à cœur joie, pendant ces 9 jours. Un vaste choix de productions nouvelles et variées, des animations et concerts

samedi 24 janvier 2015

La neige de la Paix.

FloconCharlie
Blanc et pur pour Charlie.
 



  Et voilà la blanche neige qui tombe à gros flocons, par milliers et  milliers ils  virevoltent avant de recouvrir nos villes et campagnes.
  Mais un seul a attiré l’œil du poète, il y vit comme  un dernier message, des milliards de messages... tombant du ciel venant  du paradis où les anges ont maintenant des crayons.






A lire aussi :

            - Album photos de la marche pour Charlie du 11 janvier 2015.

            -Article: je suis Charlie.


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jeudi 22 janvier 2015

Les Grands Hommes d'Auvergne : Pierre Lécuellé Maire de Clermont-Ferrand.

Pierre Lécuellé.Maire de Clermont-Ferrand.

 Pierre Lécuellé : Maire de Clermont-Ferrand de 1893 à 1900.

   Professeur au lycée Blaise-Pascal, officier d’Académie, Chevalier de la Légion d’Honneur, Maire de Clermont-Ferrand .


   Pierre Lécuellé, né à Neuilly-en-Dun (Cher), le 2 avril 1849, d’une famille d’humbles travailleurs, fut admis en 1866 à l’Ecole normale d’Instituteurs de Bourges.  Entré à l’Ecole normale spéciale de Cluny (1869), création du ministre Duruy, il en est sorti trois ans plus tard. En 1870 il s’était engagé avec sept camarades dans une légion de marche du Rhône où il servit jusqu’à la fin de

dimanche 18 janvier 2015

Un sonnet d'actualité: Morale universelle,

Arc en ciel

Morale Universelle:


 Ce n'est ni la grandeur, ni la forme du Temple,
La nature du "Dieu", le rite de l'Autel,
Qui serviront jamais à rapprocher du Ciel
L'impie ou le croyant pieux qui les contemple.

Ce sont ses sentiments, ses actes, son exemple,
Et non sa foi, qui font la valeur d'un mortel,
Que de son oraison l'objet soit tel ou tel,
Et que son esprit soit médiocre ou plus ample.

Le Saint que vous priez ici dans une niche,
Dans un autre milieu s’appellerait "Fétiche":
Les miracles, étant fictifs, ne prouvent rien.

De la haine du Mal toute vertu résulte,
Et les religions, qui diffèrent de culte,
Par un accord forcé s’entendent sur le Bien. 





Sources: La poésie des fleurs, Charles Rouvin.
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jeudi 15 janvier 2015

La fable de la Souris prodigue.

-Chers lecteurs:

 Voici une petite fable pleine de bon sens et de vérité, bonne lecture, n'hésitez pas à laisser un commentaire en bas d'article.  

La Souris prodigue.(fable)

Souris



Près du grenier d’un riche laboureur,
Une souris avait élu son domicile.
A force de ronger, notre ouvrière habile
Sut enfin, grâce à son labeur,
Sous un gros tas de blé se faire une trouée.
Un beau matin, non moins joyeuse qu’étonnée
De voir son trou rempli de grain,
Elle remercia le généreux destin.
« Mais, se dit-elle, à quoi servirait la richesse,
Si l’on ne s’en faisait honneur ?
Je veux donc désormais vivre dans la mollesse,
Et n’écoutant que mon bon cœur,
A mes voisins faire largesse. »
Vous sentez bien que la riche souris
Eut bientôt grand nombre d’amis :
On n’en manque jamais dans la bonne fortune.
La sienne à tous était commune.
« Ma chère, lui dit un voisin,
C’est fort bien fait à vous d’être ainsi libérale,
Mais ce bonheur peut avoir une fin.
Amassez donc un peu, devant l’heure fatale
Où vous pourriez sentir encor
Les horreurs du besoin… » Notre jeune étourdie
Méprisa ces conseils, croyant que son trésor
Durerait autant que sa vie
L’évènement prouva qu’elle avait tort
De n’avoir pas prévu les coups affreux du sort.
La misère publique amena sa ruine.
Une épouvantable famine
Désola le canton : l’avide laboureur,
Spéculant froidement sur le commun malheur,
Se hâta, pour remplir sa bourse,
De vider ses greniers ; dès lors plus de ressource.
Ne voyant plus, comme autrefois, le grain
Retomber dans son trou, pour en savoir la cause,
L’animal alarmé se hisse au magasin :
Il était vide, et la porte bien close.
Jugez du désespoir de la pauvre souris.
Plus de provisions, et partant…plus d’amis.
Il faudra donc mourir seule et dans l’indigence !
« A mes yeux trop longtemps fermés par l’imprudence
Vient, dit-elle, un peu tard luire la vérité.
Oui, j’en fais aujourd’hui la triste expérience,
La fortune la plus immense
N’offre aucune sécurité :
Le travail assidu, la sage prévoyance,
Peuvent seuls assurer notre prospérité. »




Sources: Fables, par Théodore Lorin, 1850.
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lundi 12 janvier 2015

Je suis Charlie, nous sommes tous victimes, Clermont-Ferrand.

Je suis Charlie.

Charlie, Clermont-Ferrand 11 janvier 2015.
La foule immense pour la liberté.

   Chers lecteurs et lectrices abonnés ou occasionnels vous avez constaté ce grand silence depuis quelques jours et un arrêt des publications du blog.  Rassurez-vous, il n'y a pas de problème technique ni une certaine lassitude, il s'agissait seulement de respecter et marquer à ma manière ma tristesse et mon indignation lors des événements tragiques qui viennent de toucher

samedi 3 janvier 2015

Recette de cuisine La galette des Rois, coutumes et usages.

La galette des Rois.

Galette des Rois.
Galette des Rois.

La recette:

    Battre en mélange homogène 50 grammes de beurre mou 150 gr, de sucre glace, 150 gr de poudre d'amande et 2 œufs, une demi cuillère d'extrait d'amandes amères et un peu de fleur d'oranger.
Sur une pâte feuilletée,  étaler le mélange, ne pas oublier l'indispensable Fève et recouvrir d'une deuxième pâte. Badigeonner avec du jaune d’œuf battu et saupoudrer d'un peu de sucre glace
Mettre au four thermostat 210° pendant 30 minutes.

Et voilà... bon appétit !


La fête des Rois et l'histoire:


   La fête des Rois se célébrait jadis avec infiniment plus d’appareil et de cérémonies joyeuse qu'aujourd’hui Hugues Capet avait une prédilection particulière pour la solennité des Rois, qu’il portait ce jour-là une étoile d’or à son chapeau, et en donnait de pareilles à ceux qui l’avaient le plus favorisé dans son élévation au trône.

   Le continuateur de Guillaume de Nangis nous apprend que les Rois de France offraient à l’autel, le jour de l’Epiphanie, de l’or, de l’encens et de la myrrhe, et il décrit l’une de ces cérémonies sous Charles V, en 1378.
Un ancien ordinaire de l’église de sainte-Madeleine de Besançon, décrit ainsi la manière dont on célébrait l’Epiphanie :

   « Quelques jours avant la fête, les chanoines élisaient un d’entre-eux auquel on donnait le nom de Roi, parce qu’il devait tenir la place du Roi des Rois. On lui dressait dans le chœur une espèce de trône, une palme était son spectre, et il officiait le jour de Epiphanie dès les premières vêpres…/ Les séculiers ne voulurent pas sur ce point céder en dévotion aux ecclésiastiques ; ils résolurent de faire un Roi dans chaque famille et choisir le moment du repas, avec le sort pour arbitre. Un gâteau, partagé entre tous les convives, contenait une fève, afin que celui dans la part duquel elle se trouvait fût reconnu Roi. Toute la famille se soumettait à ses ordres. Afin de lui marquer quelque distinction pendant le temps du repas, on criait :

« Le Roi boit, vive le Roi ! »

 Chaque fois qu’il buvait, et pour punir ceux qui manquaient à un devoir si important, on convint de la barbouiller de noir. Souvenir de l’opinion répandue parmi le peuple que l’un des trois Rois mages était noir !
  
   C’est aussi la veille de épiphanie que les corporations tiraient au sort de la fève un Roi qui conservait son pouvoir toute l’année. Les clercs de la chambre des comptes organisaient un cortège à travers les rues, et allaient donner des aubades et distribuer des gâteaux à tous les membres de la chambre. Ce jour-là, le voyer prélevait une redevance d’un fromage sur les fromagers du marché aux Poirées, d’un gâteau à la fève sur chacun des pâtissiers des halles et une foule d’autres impôts en nature sur les petits artisans des rues et des places publiques.

   L’année 1741 fut une époque néfaste dans les annales du gâteau des Rois. Une des disettes que ramenait si fréquemment, au dix-huitième siècle, l’organisation mal entendue de l’administration publique, avait régné toute l’année précédente, si bien que le parlement n’imagina rien de mieux pour y remédier que de prendre, dans le courant du mois de décembre, un arrêt qui interdisait le fabrication de la galette des Rois.

   En 1792, dans la séance de la Convention du 30 décembre, Manuel monta à la tribune, et proposa un décret et très court qui ne peut pas souffrir de difficulté.

« Je demande que la Convention décrète qu’aucun ministre, de culte que ce soit, ne pourra célébrer des fêtes sous le nom de Fête des Rois. Ces fêtes sont anticiviques et contre-révolutionnaires »…/

    Un arrêté de la commune change le jour des Rois en fête des "sans-culottes". Ainsi s’exprime le philosophe Prud’homme.





Sources: Les rues de Paris, Victor Fournel, 1879.
              Photo © Regards et Vie d'Auvergne.
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