mercredi 25 novembre 2015

Prairies et pâturages du Mézenc, une plante merveilleuse.

Séneçon, sénecio Leucophyllus.

          Senecio Leucophyllus "l'Herbe du Mézenc".


   Dans les endroits où la pente est faible et où l'eau est en abondance, viennent de hautes herbes aromatiques, constituant un foin excellent que l'on récolte en fin juillet pour la nourriture des troupeaux à l'étable pendant l'hiver. Sur les pentes ou dans les endroits secs poussent des herbes plus rares qui restent courtes et qu'on abandonne pendant toute la belle saison aux troupeaux de moutons, à partir du Rouergue et même de Béziers et d'Avignon, ces animaux remontent les pentes des Cévennes, à mesure que les neiges fondent et viennent "estiver" de mai à septembre, sur les flancs du Mézenc et des montagnes voisines.
   La flore des prairies est uniquement composée de plantes subalpines, auxquelles se mélangent, sur les plus hauts sommets, Mézenc, Alambre, Roche-Tourte, quelques représentants franchement alpins...



Mézenc

    Si ces prairies sont la principale ressource du montagnard, elles sont aussi la joie des yeux pour le touriste et le botaniste qui y trouvent à foison les fleurs les plus variées et les plus brillantes. La grande Gentiane, L'Arnica, les Trollius dominent la prairie de leurs corolles éclatantes, les bords des ruisselets sont marqués par des lignes d'Epilobes, de Saxifrages, de hautes Renoncules blanches, tandis que partout on retrouve la grande Violette des montagnes.
La plus part de ces plantes à propriétés médicinales sont soigneusement recueillies, les fleurs desséchées et mises en sacs pour être vendues à la Foire de la Violette, qui se tient chaque année à Sainte-Eulalie, sur les confins de la Haute-Loire et de l'Ardèche, et où viennent s'approvisionner les herboristes des bassins du Rhône et du sud des Cévennes...
Il faut donner une mention spéciale au beau Senecio Leucophyllus, (Séneçon) qui attire de loin les regards à cause de ses capitules d'un jaune d'or et surtout des couleurs de ses nombreuses feuilles. Celles-ci, très élégamment découpées, d'un blanc d'argent, éclatant, s'étalent par dessus les blocs de phonolite en tapis serrés de plus d'un mètre carré de superficie.
Cette belle plante qui, ailleurs, est localisée en quelques points isolés des Alpes et des Pyrénées, n'existe dans tout le plateau central qu'au sommet du Mézenc. Elle a vivement frappée les montagnards Cévenols à cause de sa rareté, de son mode de végétation en apparence énigmatique sur la pierre nue, et aussi du fait que, plongée dans l'eau bouillante, de blanche qu'elle était, elle devient subitement noire, quand l'eau qui remplit les poils qui la recouvrent en a chassé l'air. Toutes ces circonstances, mystérieuses pour eux, les ont amenés à considérer " l'Herbe du Mézenc " comme une panacée pour tous les maux, en particulier pour la maladie la plus fréquente de ces rudes montagnards, la pneumonie ou le "refroidissement" comme ils l'appellent.


Marcel Gallaud.




Sources: Texte : Marcel Gallaud, le Velay et la région de Brioude 1913.
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