vendredi 31 octobre 2014

La légende de la messe des morts en Auvergne.

 Puy-de-Dôme.

église de Moissat-Bas saint Pierre aux liens (Puy-de-Dôme


    Il y avait une fois une veuve qui alla prévenir ses amis et ses voisins que, suivant l'usage, on célébrerait la messe du "bout de l'an" de son mari.
La veille, elle se coucha comme d'habitude; mais au milieu de la nuit, elle se réveilla; l'on était en hiver et la cérémonie devait avoir lieu au petit jour. Comme elle ne savait pas quelle heure il était, elle se leva et alla regarder à la fenêtre.
   L'église était tout près de la maison, et elle vit les fenêtres éclairées, comme si les cierges étaient déjà allumés pour la messe. Elle se hâta de prendre ses habits de deuil et de s'y rendre.
Elle entra dans l'église, mais elle ne reconnut aucune des personnes présentes; plusieurs, de même qu'elle, portaient, comme c'est l'usage, un voile sur la figure. Le prêtre dit la messe des morts, et quand arriva l'offrande, elle s'aperçut qu'elle n'avait aucune pièce de monnaie sur elle. Elle ôta sa bague de noce et la mit dans le plateau des offrandes, se proposant de la redemander au prêtre le lendemain et de la remplacer par une pièce d'argent.
   Lorsqu'elle s'en alla, après l'"ité Missa est, l'officiant et les deux assistants l'accompagnèrent à la porte. Elle ne reconnut pas le prêtre et, s'étant retournée, elle vit que l'église était vide et retombée dans l'obscurité.
   Le jour n'étant pas encore levé, elle se mit au lit et s'endormit.
Il était tard quand elle s'éveilla dans la matinée, et elle rencontra ses voisins qui lui demandèrent pourquoi elle n'était pas allée à la messe du "bout de l'an" de son mari.

    "Mais si, disait-elle, j'y ai assisté, et la preuve, c'est que mon anneau de noce n'est plus à mon doigt; comme je me suis aperçue, au moment de l'offrande, que je n'avais pas de monnaie, je l'ai donné à l'officiant. Il disait la messe à l'autel de la Vierge !"

   Comme ses voisins continuaient à lui affirmer que personne ne l'avait vue à l'église, elle alla trouver le curé, qui lui assura qu'il ne l'avait point vue à la messe.   On chercha la bague dans l'église et on vit qu'elle s'était incrustée dans la pierre de l'autel où le prêtre fantôme avait dit la messe.




Sources : Littérature orale d'Auvergne, Docteur Paulin.
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mercredi 29 octobre 2014

Novembre en Haute-Loire, vers 1840.


Novembre.


Calendrier de Novembre
Novembre.

   « Lorsque les pluies ou toute autre circonstance force le cultivateur à faire encore en Novembre des semailles de céréales, il doit augmenter la quantité de semence, parce que les grains lèvent plus difficilement quand la saison est avancée. 

   Ce n’est guère que dans ce mois qu’on récolte les raves et quelques fois les carottes et les betteraves. Ces racines ont végété jusqu’à ce jour, et d’ailleurs elles se conservent plus longtemps lorsqu’elles sont emmagasinées par un temps froid. Cependant on doit craindre de les laisser surprendre par de grandes pluies, qui rendraient la récolte difficile, ou par des gelées, qui pourraient les détruire, surtout les carottes et les betteraves, qui sont infiniment plus sensibles à ce dernier accident. 


   C’est le moment de faire le choix des portes-graines.
On commence à battre les grains. Les gerbes que l’on conserve, donneront de l’occupation pour les mauvais jours, mais seront grandement endommagées par les rats.

   Épierrer les trèfles, luzernes, quand le temps n’est pas humide ; on peut continuer ce travail dans les mois suivants. Le cultivateur qui néglige cet épierrement, éprouve beaucoup de perte à la coupe des fourrages, à cause des difficultés que les pierres opposent à la marche de la faulx.

   Visiter dans les champs les sillons d’écoulement. Saigner les sols humides par des coulisses ou sac de pierres (choussades, razes spiriades), qu’un cultivateur soigneux placera toujours en dessous de l’action de la charrue ou de la bêche. Ces coulisses d’ailleurs, contrairement à un préjugé assez commun dans nos pays, auront un tirage d’autant plus actif, qu’elles seront placées plus profondément. 

On ne doit pas tarder à faire les labours d’hiver. »



CPA Le Puy Haute-Loire, jour de foire.
Le Puy, jour de foire.



Quelques foires en novembre :


La Toussaint, le 2 novembre : foire aux mules particulièrement, au Puy, la plus considérable.
Le 11 novembre, foire générale à Clermont-Ferrand.
Le 12 novembre, foire générale à Allègre.
Le 14 novembre, foire générale à Aurillac.
Le 16 novembre, foires aux laines et bestiaux à Le Bouchet.
Le 19 novembre, exhibition considérable de bestiaux gras au Monastier.
Le 22 novembre, foire de la saint Clément à Brioude.
Le 25 novembre foire de la sainte Catherine à Langeac.


Ça c'est passé en novembre 1848:


2 novembre, M. Lecureux est nommé Préfet de la Haute-Loire en remplacement de M. Richard.

15 novembre, le général Mauduit est nommé au commandement de la quatrième subdivision (le Puy) de la treizième division militaire en remplacement de M. Dorlodot des Essarts.

17 novembre, apparition d'une magnifique aurore boréale dans le département.

19 novembre, la constitution est lue au Puy, sur la place du Breuil, par M.Eyraud, maire de la ville.

21 novembre, seconde session du conseil général, sous la présidence de M. Louis Romeuf.

22 novembre, le conseil général admet le fractionnement des cantons en sections pour le vote de la présidence.

25 novembre, le conseil général vote une subvention de douze cents francs en faveur de M. Cubizolles, sculpteur.

26 novembre, messe de sainte-Cécile exécutée en musique à la Cathédrale, quête au profit des pauvres.

27 novembre, arrivée de M. Sérurier, nommé préfet en remplacement de M. Lecureux, non acceptant.

 -Le conseil général vote des subventions à l'église de la Chaise-Dieu, à celle de Chanteuge et à la crypte de Bauzac. Il émet pour la dix-neuvième fois le vœu de voir classer parmi les monuments historiques  la belle église de la Chaise-Dieu.

29 novembre, le conseil général supprime par dix-sept voix contre dix le service de la vicinalité. L'administration vicinale est confiée aux Ponts et Chaussées.




Autre article sur le même sujet : Jour de foire au Puy.







Sources: Almanach Historique et Agricole de la Haute-Loire, 1851.
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lundi 27 octobre 2014

Automne. (Poème)


Paysage d'automne

L'automne au pied boiteux,
 sous sa robe éclatante.
 (Paul Drout)



Automne.




 Le soleil brille encor, mais les feuilles !
Les feuilles ont laissé leur beau vert
Se rouiller, et le vent qui les cueille
Doucement, les jette au gazon clair.

On ne voit pas au ciel de nuage,
Ni dans l'espace bleu de point noir, 
Mais l’Été, plein de ride au visage,
Par dépit, a brisé son miroir !

Retentissante au bois, la saison
De la chasse joyeuse est venue,
Chaque soir une ligne menue
De vanneaux, s'inscrit à l'horizon.

Mainte cloche a sonné la rentrée
Comme un glas qui se prolonge et meurt
Et la mélancolie de mon cœur
Telle une fine brume est entrée.

En cet automne gris des amours,
Où toute feuille morte est présage,
Serez-vous, compagne de mes jours,
Le soleil qui manque au paysage ?

Gustave Burnol


Paysage d'automne



Sources : Auvergne Littéraire .et Artistique 1930.
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vendredi 24 octobre 2014

Estive en Montagnes de la Haute-Auvergne

cpa estive moutons

Scène de départ des bergers.


   C’est une fête, une cérémonie, c’est quelque chose de solennel et d’attendrissant à la fois, qui parle au cœur comme aux yeux, que le départ pour la montagne des troupeaux et des pasteurs de la Haute-Auvergne.
A la fin de mai, et lorsque la neige qui recouvrait la terre a fait place à de riants tapis de verdure, on voit sortir des mille vallées, que les eaux ont creusées au pied des montagnes, tout le bétail que l’hiver avait tenu renfermé dans les étables ; et c’est à la petite ville la plus voisine que ces divers troupeaux se réunissent pour n’en former qu’un seul.

   Là, se célèbre l’office divin avec toute la pompe des grands jours. Le prêtre, après avoir béni l’assemblée des fidèles, vient en dehors du temple répandre l’eau lustrale sur les innocents animaux, et prier pour leur prospérité.
Après cela les fanfares commencent : c’est le son de la cornemuse que l’on entend de tout côté. Bientôt arrivent les bergères conduisant leurs brebis chéries, dont les plus belles sont ornées d’un ruban qu’un heureux berger saura bien leur ravir plus tard. Le fier taureau à son tour est tiré de l’étable : des banderoles de diverses couleurs pendent de ses cornes ; il porte fièrement sa tête, et fait retentir la sonnette suspendue à son cou. Ses pieds frappent la terre, et de sa queue il bat ses larges flancs, en poussant un long mugissement.
Ce bruit, ce mouvement, cette multitude d’hommes et de bétail, ces cornemuses, dont l’écho des vallées redouble les sons aigus, ces flots de la population qui ressemblent aux vagues de la mer agitée, ce passage presque subit dans ces contrées de la saison rigoureuse à une température élevée, ces chants des pasteurs, qui ébranlent l’air et vibrent comme un vent d’automne, les adieux des parents à ceux des leurs qui partent pour le temps d’exil, c’est à dire qui doivent aller vivre sur la montagne, privés de tout commerce avec ce qu’ils ont de plus cher, les larmes furtives que la jeune bergère s’efforce en vain de retenir, que lui arrache la tendresse, que la pudeur condamne ; tout concourt à faire de cette scène le tableau le plus pittoresque et le plus animé.

 Ici tout est simple comme les champs, imposant comme la nature.

 
cpa bergère
 Mais il faut partir, le signal est donné. Aussitôt femmes, enfants, vieillards, se rangent sur deux files pour laisser passer le cortège : c’est à qui serrera les mains encore une fois à ceux dont on se sépare. Chacun reconnaît son bétail, et s’empresse de le recommander au pasteur qui, seul maintenant, devra vivre avec eux, et les soigner en santé comme en maladie. C’est surtout la jeune bergère qui, levant un œil timide, où brillent à la fois l’innocence  et l’amour, semble dire au pasteur :

« Prends soin de ce que j’aime, comme j’entretiendrai dans mon cœur le feu que tu y as allumé »



   Le cortège s’est mis en marche : il arrive jusqu’au pied de la montagne. C’est là qu’il faut enfin se séparer ; c’est là aussi que les chants joyeux finissent, que les sanglots commencent, et qu’on entend plus que des demi-mots, des sons mal articulés. Vous diriez qu’il s’agit d’une séparation éternelle. Pour la jeune bergère, en effet, dont le cœur est encore fermé à l’amour, n’est-ce pas un chagrin bien cuisant d’abandonner le mouton qu’elle caressait chaque jour ? Et pour celle qui rêva tout l’hiver l’hyménée et le bonheur, qui ne le voit plus maintenant qu’à travers un voile obscur qui lui dérobe l’avenir, n’est-ce pas un juste sujet de douleur et d’effroi ?
Et les bergers, à leur tour ! Eux qui, durant quatre mois, vont se trouver privés de toute communication avec les hommes ! S’ils portent un cœur sensible, s’ils regrettent de quitter un père, une mère, l’amante pour qui leur cœur cessera de battre, qu’elle doit être vive l’émotion qu’ils éprouvent en cet instant !

   Désormais leur distraction sera dans leurs travaux. Leur unique amusement sera de tirer quelques sons rauques d’une cornemuse grossière. Errants sur des steppes immenses, et moins heureux que les peuples nomades de la Haute-Tartarie, qui ont des chariots pour maisons, et voyagent en famille, n’ayant pour abri, contre l’intempérie du climat et le froid qui vient souvent les assaillir pendant les mois de la plus grande chaleur, qu’un chalet que leurs mains déplacent à mesure qu’ils montent et descendent pour procurer à leurs troupeaux la nourriture la plus savoureuse… de quelle noire mélancolie ne doivent-ils pas être atteints dans des régions où leur langage ne peut être entendu de personne qui leur répondent, où leurs voix ne vont frapper que les échos, où tout est mort autour d’eux, où leur pensée seule est active, et ne sert qu’à redoubler leurs tortures !

   Quand, par hasard, ils viennent à se rencontrer sur la limite de leurs territoires, quelle n’est pas leur joie ! On dirait des voyageurs qui se rencontrent sur les mers, et parlent ensemble de la douce patrie ; et cette patrie cependant n’est qu’un pays couvert de neiges, plus de six mois de l’année ! 

   Mais pour l’Auvergnat rien ne vaut ses sites agrestes, ses montagnes abruptes, son climat rigoureux.

   Hors ces rares et courts instants, seuls, toujours seuls, pour tout compagnon, du bétail ; pour tout ami, un chien fidèle, qui souffre et languit comme eux, mais qui se console en partageant leur frugale nourriture. Une étendue sans fin de verdure sur laquelle ils errent, n’ayant que du chaume à brûler pour faire cuire leurs aliments ou se chauffer ; pas un arbre, pas un buisson ; quelques oiseaux de passage, mais peu variés et en petit nombre, souvent perdus au milieu des brumes épaisses qui s’élèvent du creux des vallées ou se forment autour d’eux : voyant presque toujours l’orage se former sur leurs têtes, et la foudre éclater à leurs pieds ; est-il un sort plus rigoureux ?

   Si le ciel est pur, si le calme règne dans les airs, c’est encore vainement que leurs regards tenteront de distinguer le village, le hameau, la chaumière où reposent les objets de leur amour ou de leur vénération ; ils n’aperçoivent que des masses ; tout est confusion dans cet horizon sans bornes. Leur tête alors retombe tristement sur leur poitrine, leur respiration est altérée, et c’est par leurs larmes seulement qu’ils sentent qu’ils existent.

   Encore s’ils avaient appris à connaître les propriétés salutaires des plantes qu’ils foulent à leurs pieds, dont ils respirent les parfums ! Du moins s’ils savaient lire ! Bien plus si, comme les pasteurs de l’Arabie, ils avaient quelques connaissances des astres ! Mais non : l’ignorance est dans leur tête, la sensibilité dans leur cœur ; ils souffrent sans avoir aucun moyen d’alléger leurs souffrances.
Leur vie s’écoule avec une assommante monotonie entre la garde de leurs troupeaux et la fabrication de ces fromages énormes, du poids de plusieurs quintaux, qu’on exporte ensuite dans les départements du Midi. Ils sont tellement routiniers, qu’il n’a pas été possible de changer leur méthode, toute vicieuse qu’elle est ; et les tentatives, pour introduire les procédés de la Suisse, ont été vaines. Ils disent :

« Nous faisons comme ont fait nos pères, et nos enfants feront comme nous ! »

   C’est à l’instruction répandue dans la classe inférieure qu’est réservé le prodige de dessiller leurs yeux.

   Quand leur tâche de la journée est finie, ils comptent le temps qui s’est écoulé depuis leur départ, et celui qu’ils ont encore à passer sur la montagne ; et, suivant que ce dernier est plus ou moins long, ils sont joyeux…ou tristes.

   Quelquefois cependant, de ces fleurs innombrables qui croissent à leurs pieds, et les ravissent par leurs odeurs autant que par leur éclat, ils composent des bouquets, qu’en secret ils destinent à celles dont le souvenir trouble leur sommeil. Puis, en songeant qu’elles n’iront pas orner le corset où leurs mains brûlent de les déposer, ils les effeuillent avec tristesse.

   Plus tard nous parlerons du retour de ces montagnards dans leurs foyers ; nous transcrirons, avec la traduction en regard, quelques-unes de leurs chansons. Leur poésie n’est pas sans grâce, quoique d’une extrême simplicité ; ou plutôt à cause de cela, le sentiment y domine, les images y abondent, comme chez tous les peuples peu avancés en civilisation.
Il n’y a pas « d’é » ouvert dans leur langue ; toutes les désinences de ce genre finissent en « a » ; aussi disent-ils « liberta, houmanita, bonta, » pour Liberté, Humanité, Bonté


Le baron Talairat (de Brioude)







Sources : La France Littéraire.
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mardi 21 octobre 2014

L'Auvergne sous la Révolution : à Neschers, Puy-de-Dôme.

CPA Neschers, puy de dôme
Neschers, la fontaines aux lions de la place de la République.

Propos inciviques par un instituteur de la jeunesse de Neschers.


22 germinal an II (11 avril 1794)

   De magnifiques discours et d’intéressants rapports sur l’instruction publique ont été prononcés et rédigés pendant la Révolution, notamment par Mirabeau, Talleyrand, Condorcet, Lanthenas, Romme, Daunou, Lakanal et Fourcroy ; mais les écoles restaient désertes et les instituteurs de la jeunesse avaient des loisirs.

  Le 27 juillet 1794, ses élèves lui ayant donné congé, le sieur Dumas, maître d’école de la commune de Neschers, en profita pour aller à Clermont, en compagnie du sieur Cureyras. La journée était chaude, et les deux compagnons n’avaient pas ménagé les libations. 
Ils s’arrêtèrent au retour, vers les 4 heures du soir, dans l’auberge du sieur Terrasse, rue de la Treille, à Plauzat, et se firent servir une chopine de vin marchand. 
L’instituteur était un demi-bourgeois et par suite un semblant d’aristocrate. Le fils de l’hôtelier crut faire une spirituelle plaisanterie, en simulant avec son couteau, sur le cou du consommateur, le trajet habituel du rasoir national. Dumas se fâcha tout rouge et se mit à crier : 

 « Au foutre la nation ! Au foutre la patrie ! Au foutre la République ! Je voudrais que tout cela fût confondu ! »  

   A ce moment passait devant la porte de l’auberge le citoyen Gissalin, serrurier et officier municipal de Plauzat. Gissalin tremblait la fièvre, mais de pareilles imprécations le firent bondir d’horreur ; il admonesta avec vigueur l’imprudent maître d’école et, sans vouloir rien entendre, se rendit au District pour déposer contre lui une dénonciation en règle.
Dumas, instituteur de la jeunesse à Neschers, est donc prévenu d’avoir tenu des propos inciviques susceptible de troubler l’ordre public.
Le prévenu s’était soustrait par la fuite à l’ordonnance de prise de corps lancée contre lui.

Sur ce, le Tribunal :

 « Attendu que ledit Dumas a tenu des propos inciviques ci-dessus énoncés ; que ce délit n’est pas prévu par le code pénal ; que son séjour sur le territoire de la République serait un sujet de trouble et d’agitation dans la société.

 « Condamne Dumas à être déporté pour le restant de sa vie ; déclare ses biens acquis et confisqués au profit de la République ; Le tout conformément aux lois des 7 juin 1793 (vieux style) et 5 frimaire dernier ;

 « Ordonne qu’à la diligence de l’accusateur public le présent jugement sera exécuté, imprimé et affiché au nombre de cent exemplaires, aux frais de la République. »

Siégèrent : Prévost, président ; Périchon, Brugier et Morin, juges.

  La convention ayant, le 4 brumaire an IV, aboli toutes procédures pour crimes ou délits révolutionnaires, le Tribunal criminel rendit, le 15 prairial an IV, un jugement par lequel devait être abandonné toute poursuite pour le délit reproché à Dumas.




Sources : Le Tribunal criminel du Puy-de-Dôme.
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jeudi 16 octobre 2014

La fable du faisan et du dindon.


faisan

 Le Faisan et le Dindon.



Près du château d'un riche partisan,
Se pavanait un superbe faisan :
Il rencontre un dindon, tout aussi vain peut-être,
Et qui pourtant n'avait pour maître
Qu'un simple et pauvre paysan.

"Mon cher, dit-il, je plains ta destinée :
Quand arrivera la journée
Des Rois, ou de la Saint-Martin,
D'un petit bourgeois de province
Tu pareras l'humble festin.
Moi, je serai servi sur la table d'un prince"

"Ma foi ! Dit le dindon, la différence est mince.
Vous avez, j'en conviens, grâces aux préjugés,
Une brillante perspective;
Mais le plus clair, c'est qu'en définitive,
Nous serons tous les deux mangés !"




Sources : Fables par Théodore Lorin, 1850.
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mardi 14 octobre 2014

La carotte surprise.

Carotte en tube.


carotte, humour


 Surprise ce matin pour le jardinier, la nature lui a joué un tour. En prélevant les légumes pour son dîner de midi, une carotte bizarre  a attiré son regard amusé.

Moralité : A force de se serrer la ceinture on se fait carotter  ou encore  elle à voulu être le tube de l'été pour faire plaisir à ces "fanes" en-tous-cas, bravo c'est réussi ! 




Sources :© Regards et Vie d'Auvergne.
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vendredi 10 octobre 2014

L'automne cette année.

Automne.



Paysage d'automne


L'automne, cette année, a des douceurs d'avril,
Le chant voluptueux d'un jeune été qui rêve,
Et ce charme attendri de déclin où s'achève
L’éphémère beauté qui pressent le péril.


Paysage d'automne


Les bouleaux ont doré leurs longues chevelures,
Et l'éclat fulgurant de leurs fauves toisons
Retient, captive et fière, aux amples frondaisons
La pourpre du soleil saignant dans les ramures.


Paysage d'automne

"Vous êtes des joyaux faits de lumière d'or
Bouleaux, frissons légers de paillettes qui tremblent
Et vous, sequins d'argent aux ramilles des trembles,
Des colliers scintillants pour un Conquistador !"


Paysage d'automne


Et les longs peupliers sur leurs quenouilles fines,
Avec un bruit léger filent un réseau clair,
Un voile délicat, pour abriter de l'air
Notre maison frileuse entre ses deux collines.


Paysage d'automne


Pourtant bientôt, demain ! Dans un souffle mortel
Les fuseaux tomberont au sable des allées,
Les joyaux rejoindront les choses envolées
Et le cœur poursuivra son mirage éternel.


Paysage d'automne


Non ce n'est pas l'avril avec ses grâces mièvres,
Ni l'été rayonnant avec son goût de fleurs,
Car dans l'air imprégné d'amertume et de pleurs,
Automne, j'ai senti ton baiser sur mes lèvres...!

M.T. Mazelreix-Tallon.


Sources: Auvergne Littéraire Artistique et Historique, 1934.
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mercredi 8 octobre 2014

Recette d'Auvergne: la brioche aux pralines roses.



brioche aux pralines roses
Brioche aux pralines roses d'Auvergne.


Brioche aux Pralines roses d'Auvergne.


   Voici une recette simple et facile à réaliser. Elle utilise un produit assez emblématique de notre Auvergne : l'amande. On retrouve le plus souvent ce type de brioches dans le Bourbonnais.

Les amandiers étaient très communs dans notre région à l'époque où les coteaux étaient couverts de vignes. Pour réaliser ce délicieux bonbon, il faut les enrober tout entières de caramel rose avec beaucoup d'application, c'est plutôt l'affaire de spécialistes, pâtissiers et confiseurs.


fruits confits d'Auvergne
 On connaît bien ici la "Praline d'Aigueperse"  inventée par monsieur Salneuve, recette régionale et traditionnelle de la Limagne Auvergnate.
Deux brevets furent attribués à Aigueperse pour Salneuve-Matha et à Randan pour Salneuve-Bonnabaud.en 1861.


  " On nous fait "croquer le marmot", disent les forts en politique. Croquons plutôt les Pralines Salneuve d'Aigueperse (J. Cromarias, Clermont-Ferrand), qui sont du goût de tout le monde " 
Le Figaro 1877.



Assez parlé au travail !

Les ingrédients :


250 grammes de bonne farine pâtissière.
10 grammes de levure de boulangerie
Une pincée de sel.
50 grammes de sucre
3 œufs environ 150 grammes.
125 grammes de beurre.
Et surtout 200 grammes de pralines roses de préférence concassées, sinon un torchon et un rouleau à pâtisserie et...pan pan attention aux doigts !
 2,5 cl de lait dont, si vous voulez, un peu de crème fraîche liquide.


La préparation :

Mélangez la farine, le sel et le sucre, mélange lait et levure, mettez les œufs un à un et mélangez le tout.
A ce mélange, ajoutez le beurre coupé en morceaux et pétrissez au moins pendant 10 minutes jusqu'à ce que la pâte soit souple.
Couvrez de film étirable et laissez reposer au chaud pendant environ 2 heures. La pâte doit doubler de volume.
A ce moment-là, et même si vous avez affaire à une "bonne pâte" n'hésitez pas à lui mettre un bon coup de poing, de manière à "dégazer" la préparation comme on le fait pour le pain.
Maintenant retour au saladier, recouvert d'un torchon et  direction le "frigo", pour environ 10 heures.
Étalez la pâte sur le plan de travail fariné avec le rouleau en formant un rectangle, la plier en quatre, et recommencez l'opération. Puis reformez le rectangle, et enfin parsemez le des pralines.
Enroulez le rectangle de pâte comme pour une bûche, et découpez le en 6 tronçons égaux. Disposez-les à plat dans un moule à manquer que vous aurez beurré.
Laissez encore reposer de manière à ce que leur volume double.
Juste avant de mettre au four à 180° pour 30 minutes environ, n'oubliez pas d'étaler un jaune d’œuf au pinceau dessus pour faire bien dorer la pâte et... surveillez !




brioche aux pralines roses
Brioche aux pralines roses d'Auvergne.

Voilà le résultat final, la brioche bien gonflée encore tiède et le sucre des pralines qui a fondu, c'est appétissant non ?


Et...Bon appétit !

Autres recettes d'Auvergne : Le gâteau aux Poires.
                                             
                                              Le millard aux cerises.

                                              La tarte à la bouillie.

                                              la tarte d'automne ou des vendangeurs


Sources: © Regards et Vie d'Auvergne.
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jeudi 2 octobre 2014

Visitons l'Auvergne : Montgolfière et Via Ferrata près d'Issoire, Puy-de-Dôme.

Montgolfière, via ferrata et Tyrolienne en Auvergne. 



 Décollons du plancher des vaches pour admirer notre belle région du côté d'Issoire dans le val d'Allier. Vu d'en haut l'Auvergne est encore plus formidable.
Bonne promenade...










Sources : You-tube, Auvergne nouveau monde.
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