dimanche 31 août 2014

La légende des corbeaux dénonciateurs de Champétières, Puy-de-Dôme.

CPA Champétières, Puy-de-Dôme.
Champétières, Puy-de-Dôme.

 Les corbeaux dénonciateurs.



  C'était la veille de la Saint-Michel, par une de ces matinées sombres, si communes dans nos montagnes, et qui annoncent que la neige est au ciel :

  Per la Saint-Micha, l'eivar i au cha !

Deux voyageurs d'assez mauvaise mine cheminaient par la route qui conduit de Champétières à Sauxillanges. Arrivés près du carrefour d'un petit bois qui bordait le chemin, ils parurent distraits par le croassement de quelques corbeaux qui étaient perchés sur des arbres voisins :

" Tiens !" 
Dit l'un d'eux à l'autre à voix basse et regardant autour de lui avec précaution :

"C'est bien singulier, il semble que ce sont les mêmes corbeaux qui étaient là quand nous assommâmes ce coquin de marchand de fil, à pareil jour et par un temps semblable. Fort heureusement que ces vilaines bêtes crient, mais qu'elles ne parlent pas...!"

   Un berger qui s'était abrité derrière un rocher qui le cachait à tous les yeux, entendit ces paroles, et se hâta d'en donner avis aux hommes de justice. On courut après les deux étrangers qui, dans un moment de surprise et d'effroi, se coupèrent dans leurs réponses et finirent par avouer leur crime.
   il y avait près de vingt ans que ce meurtre, qui avait causé une grande sensation dans le pays, avait été commis, sans qu'on eût pu en découvrir les auteurs, qui furent enfin condamnés à mort et exécutés. 

 Abbé Grivel.



Sources: Littérature orale d'Auvergne, Paul Sébillot, 1895.
              © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
              http://www.regardsetviedauvergne.fr/
               Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.

samedi 30 août 2014

Une plante bien présente en Auvergne : la Joubarbe.

La Joubarbe.


Joubarbe.
Joubarbe.

"Jovis Barba" "Sempervivum Testorum" "Grande-Joubarbe" "Toujours-Vive" "Barbe de Jupiter"


   Cette plante "qui ne meurt jamais" est de la famille des Crassulacées, et du type des plantes grasses. Elle pousse partout, dans les sols pauvres et calcaires, sur les murs et les pierres et même sur les toits. Elle a de très fines et longues racines et ses feuilles en rosettes ressemblent à l’artichaut. En juillet et août une tige se développe sur laquelle apparaît de nombreuses fleurs aux coloris délicats: roses, blancs et verts.
  Au moyen âge sa présence sur les toits avait, pensait-on, le pouvoir de chasser la foudre. L'utilisation de cette plante en médecine est très ancienne, les feuilles renferment un suc cicatrisant qui serait efficace contre les inflammations, gerçures, brûlures, migraines, cors et piqûres d'insectes... (NDLR à toujours utiliser avec précaution)



Quand sur la "Sainte-Barbe"
Mon amoureux est partit,
Je cueillis la Joubarbe
Sur le mur décrépit.

Suivant le vieil usage,
Elle pend au plafond,
C'est l'herbe du présage
Qui chaque jour répond:

Tant que sa feuille est verte,
L'homme est heureux à bord,
Lorsqu'elle pend, inerte,
Il est malade ou mort.

Hier, l'onde en furie
Menaçait les bateaux,
Et l'âme endolorie
Je regardais les eaux,

J'ai fait un mauvais rêve,
Par le trépas blêmi,
J'ai cru voir sur la grève
Le corps de mon ami...

A la haute solive
Je lève enfin les yeux,
En priant Dieu qu'il vive
Et revienne joyeux.


En dépit de l'orage,
La Joubarbe a fleuri,
Au retour du voyage
Il sera mon mari ! 

fleurs de Joubarbe





Sources : © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
                http://www.regardsetviedauvergne.fr/
               Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.



vendredi 29 août 2014

Mardi 2 septembre, c'est la rentrée des classes.

Devant l'école.


CPA Allier école de Beaulon


Je ralentis le pas en passant sur la place
Où, quand j'étais enfant, l'école se tenait;
Quand elle fut fermée on n'a pas gardé trace
Du pauvre instituteur qui, là, nous instruisait.


CPA Puy de Dôme, école de Surat.


Mais moi je m'en souviens ! Quoique le temps efface
Presque tout sur le sol où le passé vivait,
Je vois devant mes yeux, comme dans une glace,
L'enceinte ou le vieux maître avec zèle enseignait.


CPA Cantal école ce Cayrols


Ainsi qu'en un foyer dont s'élève la flamme,
Là, s'ouvrit mon esprit et s'échauffa mon âme;
Mon besoin de savoir ne s'apaisa jamais.

CPA Haute-Loire, école d'Auzon


Je salue, attendri, d'une larme pieuse
La maison, aujourd'hui froide et silencieuse,
Où commença pour moi l'étude, que j'aimais !

Charles Rouvin.



Sources : La poésie des fleurs, Charles Rouvin.
               © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
                http://www.regardsetviedauvergne.fr/
Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.




jeudi 28 août 2014

Le dernier voyage de Léonie en Auvergne.

Léonie.


Léonie, locomotive à vapeur d'Agrivap


C'était samedi 23 août 2014, et c'était aussi la dernière promenade, au milieu des fougères et bois, de la locomotive à vapeur de l'Association Agrivap entre Ambert et Olliergues.

Léonie, locomotive à vapeur d'Agrivap 



   Pour cet ultime voyage, de très nombreux amateurs de la  tradition et  des paysages du Livradois étaient venus en famille pour l'accompagner une toute dernière fois. Celle qui depuis de nombreuses années parcoure la vallée longeant la Dore, en traînant son long panache de fumée noire ou grise.










 Celle là aussi toute fière d'elle, en  réveillant de son sifflet strident à chaque passage les riverains et les troupeaux endormis au soleil de l'après-midi. Deux ou trois coups brefs et elle s'engouffre dans les cinq tunnels;  plongeant dans le noir les voitures de voyageurs au grand dam des malheureux qui avaient choisi de voyager à ciel ouvert dans le wagon sans toit ni fenêtre. Les visages noircis, les yeux rougis, mais heureux tout de même.


Léonie, locomotive à vapeur d'Agrivap

  Au revoir : Léonie... et Merci pour ces bons moments passés ensemble dans le paysage Auvergnat.


Léonie, locomotive à vapeur d'Agrivap

  Dernier caprice, elle réclame une petite pause à Vertolaye pour redonner un peu de vitamines à sa vieille mécanique. Le soleil aussi veut être de la partie perçant les nuages et la fumée pour remercier la belle dame.


Lien vers le site : Agrivap.fr



Sources: Agrivap © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
             http://www.regardsetviedauvergne.fr/
             Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.

samedi 23 août 2014

Les champignons d'Auvergne : les trompettes des morts.

Craterellus cornucopioïde


Champignons, trompettes des morts
Champignons, trompettes des morts

   Normalement à la mi-août en Auvergne dans nos nombreux bois  on recherche plutôt les girolles jaunes. Cette année très pluvieuse nous apporte les champignons d'automne avant l'heure. Plus fréquemment ramassée aux alentours de novembre d'où son nom par rapport à la Toussaint, la trompette des morts est bien présente dans notre région en ce moment; de beaux spécimens et en grande quantité pour le plus grand plaisir des cueilleurs et promeneurs. Mais sa couleur noire à gris cendré ne facilite pas la récolte. En effet, sous les bois sombres, il est assez difficile de la repairer entre le bois sec et les feuilles. Heureusement, elle aime la compagnie, si vous en voyez une, ouvrez l’œil,  elle n'est pas seule !
  On l'appelle aussi par des noms plus sympathiques : Craterelles, Corne d'abondance, Trompettes des Maures ou aussi Chanterelle noire. C'est un champignon excellent pour la consommation, d'une saveur très fine poivrée qui rappelle un peu la truffe, et la mirabelle, surtout jeune.  Ce délicat champignon accompagne à merveille les viandes, poissons, gibiers et volailles, ou simplement en poêlée au beurre et fines herbes.
Ce champignon est riche en vitamines B, D, E et K, peu calorique avec 15 kcal/100 g et abondant en fibres.

Conservation : 

Pour les garder plus longtemps, il leur faut d'abord un nettoyage rapide sous un peu d'eau vinaigrée ou citronnée et séchage, ou encore à sec en les débarrassant des éventuels habitants et reste de végétation avec un pinceau. Plusieurs méthodes efficaces sont utilisables,  
 1) La meilleure technique pour ces fragiles trompettes, les faire sécher en les enfilant bien séparées sur un fil et les suspendre à l’horizontale dans un local sec, bien ventilé et peu lumineux.
2) On peut aussi les couper en fines lamelles et les faire sécher au four, à basse température environ 60°, porte entrouverte, en surveillant pour qu'ils deviennent craquants. Ensuite on peut les réduire en poudre pour les incorporer aux sauces.
3) Comme tous les petits champignons il est plus facile de les congeler, après un blanchiment de quelques minutes dans un bain d'eau bouillante additionné d'un peu de sel et vinaigre, séchage et mise en sacs en vrac.
4) Dans l'huile, après blanchiment, remplissez un bocal, ajoutez quelques condiments (laurier, estragon, poivre et sel,...) mais la trompette ayant une saveur délicate n'en n'abusez pas. Remplissez jusqu'à les recouvrir avec l'huile d'olive.
 5) La stérilisation, pour les plus grandes quantités, après blanchiment et séchage, remplissez des bocaux préalablement stérilisés, complétez d'eau salée et passez les au stérilisateur à environ 100° pendant 2 heures.

Consommation :


Ce délicat champignon accompagne à merveille les viandes, poissons, gibiers et volailles, ou simplement en poêlée au beurre et fines herbes.
A la crème fraîche, ail et persil.
Omelette avec ciboulette et échalotes.
Tourte avec jambon.
Gratin d'endives aux trompettes de la morts.
Gâteau de pomme de terre aux trompettes de la mort.
Crêpes farcies.
Soupe de champignons...

 (Attention ce champignon parfaitement comestible,  peut être un peu difficile à digérer, les personnes sensibles doivent le consommer avec modération et prudence.)
Champignons, trompettes des morts
Champignons, trompettes des morts
la récolte du 15 août.

Bonne promenade, bonne  cueillette et... bon appétit !



Sources : Texte et Photos  © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
            http://www.regardsetviedauvergne.fr/
Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.

lundi 18 août 2014

La mystérieuse découverte d'une Momie aux Martres d'Artière, Puy-de-Dôme.

Une Momie en Auvergne :


Momie des Martres d'Artière, Puy de Dôme   Lorsque deux paysans qui bêchaient leur lopin de terre entre Lignat et les Martres-d'Artière tombent sur une grosse pierre, ils ne pouvaient se douter qu'ils venaient de mettre à jour la plus surprenante découverte archéologique de l'époque. Plus ils creusaient pour extraire cette "pierre" plus celle-ci paraissait énorme, plus leur curiosité grandissait. Après avoir creusé un grand trou, ils découvrent une sorte de grand coffre en pierre, qu'ils cherchèrent désespérément  à ouvrir, ils finirent par en casser une partie pour apercevoir à l'intérieur une grande boite en plomb. A ce moment-là, nos deux paysans s'attendaient à trouver au mieux un trésor, ou quelques merveilles mais sûrement pas un cercueil...

jeudi 14 août 2014

La révolution en Auvergne, à Arlanc.

CPA Arlanc Puy-de-Dôme
Arlanc, Puy-de-Dôme.

L'affaire 25 brumaire an VIII (16 novembre 1799).


Jean Marmier, originaire de Condat-en-Fenier, Cantal, âgé de 68 ans, ferblantier ambulant, parcourait le 3 messidor an VII, les rues d'Arlanc (Puy-de-Dôme) en demandant la charité.
il était pris de vin, ne se rappelait pas exactement son nom et disait d'un air prophétique à ceux qui l'assistaient:

  " Que le prince Charles devait entrer à Lyon le jour de la saint Jean, que les émigrés, les seigneurs et les prêtres y rentreraient avec lui et que l'on y installerait un Roi !" 

  Un patriote chatouilleux s'empressa d'aller répéter ces déclarations sans importances à l'agent municipal : Barthélemy Vachier qui en saisit de suite Bonnet-Hector Chapsal, directeur du jury d'Ambert.

 Le verdict:


   -Le Tribunal criminel se montra moins rigoriste et, tout en reconnaissant avec le jury que les propos incendiaires avaient été tenus, il acquitta le prévenu comme ne les ayant pas proférés dans une intention criminelle.





Sources: Le Tribunal criminel du Puy-de-Dôme, Marc de Vissac.
             © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
              Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.
              http://www.regardsetviedauvergne.fr/

dimanche 10 août 2014

Album Photos des gens d'Auvergne, hier.

  Retrouvez maintenant toutes les photos anciennes, souvenirs d'un instant unique, véritables témoignages du passé, de la vie des gens de notre région. Ces photos sont toutes issues de vides greniers de particuliers, souvent abandonnées et de plus en plus rares elles retrouvent ici un peu de vie. Les personnages ne sont plus que des souvenirs, souvenirs d'un temps lointain, souvenirs de moments heureux, parfois, on reconnaît une rue, un village, des visages que l'on croit connaître.



Photos hier chez nous, en Auvergne.

Photo ancienne d'Auvergne
Le premier vélo-moteur, une révolution au village...


Photo ancienne d'Auvergne
Tendresse et bonheur d'une jeune maman.

Photo ancienne d'Auvergne
Fier et robuste  grand-père à moustaches.


Photo ancienne d'Auvergne
Toute la famille devant la maison en pierre de Volvic.

Photo ancienne d'Auvergne
Des "Poilus" de la classe 1917, à Lachaux ( Puy-de-Dôme)


Photo ancienne d'Auvergne
La grande lessive de grand-mère.


Photo ancienne d'Auvergne
Pique-nique à la campagne, soleil et bonne humeur.

Photo ancienne d'Auvergne
Grand jour ou grand moment ? En tout cas tenue chic et élégante.


Photo ancienne d'Auvergne
Gens heureux, tout simplement...



L'Album complet  ici

 
Sources: © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.



              http://www.regardsetviedauvergne.frLe blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.

mardi 5 août 2014

Clermont-Ferrand, bombardements de l'usine Michelin de Cataroux en 1944.

Clermont-Ferrand, Mars 1944.


Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944.
Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944.

 Les jours étaient encore froids et courts, le printemps n'était pas encore là. Les habitants de Clermont-Ferrand comme tous les Français de cette époque, vivaient durement cette cinquième année de guerre. Principale industrie, les usines Michelin avaient dû elles aussi se plier aux ordres de l'occupant et consacrer l'essentiel de leurs activités à la fabrication de pneumatique pour équiper le matériel allemand. Des bruits circulaient depuis déjà pas mal de temps que les alliés voulaient absolument détruire ces installations pour affaiblir la logistique de l’ennemi lors d'un débarquement. Aussi un soir, quand la population entendit vrombir  les moteurs d'avions ils s'attendaient au pire, puisque la totalité des usines Michelin : les Carmes, Estaing et Cataroux sont en zones urbaines. Mais les premiers vols n'étaient que l'annonciation d'un déluge de bombes imminent. Dans la soirée du 16 mars 1944 la capitale auvergnate et son agglomération ont été la cible de largages bien pacifistes. Du ciel tombaient des milliers de tracts, que les gamins amusés de cette pluie s'empressaient de ramasser, avertissant les habitants du danger et les invitant à évacuer les zones sensibles au plus vite. Les maisons et immeubles près des usines devenaient des cibles faciles, la défense passive organisa donc rapidement l'évacuation et la mise en sécurité des habitants contraints de partir avec le minimum de bagages. La ville de Clermont-Ferrand étant construite sur d'anciens vestiges moyenâgeux transformés en caves sur plusieurs niveaux,  ils servirent souvent et très efficacement d'abris pour de nombreuses familles.

Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944.Dans la nuit après 22 h, commencèrent comme prévu les opérations tant redoutées par les uns, attendues par d'autres. Premier signe que le fameux jour J et l'heure H étaient arrivés, les sirènes hurlèrent dans toute la ville et une activité anormale était visible dans toutes les rues.  Second épisode,  l'aviation anglo-américaine dans un ballet incessant commença par inonder le ciel noir de centaines de fusées éclairantes, donnant au site un ton blafard et fantastique. Le bruit grandissant  des avions qui grondaient comme le tonnerre, les fusées tombaient du ciel comme des éclairs de feu. L'atmosphère soudain était devenue étrange, irréelle, les derniers habitants incrédules d'abord, puis affolés, se précipitèrent pour  se mettre aux abris. L'armée allemande en alerte envoya aussitôt ses "Messerschmitt" venant d'Aulnat pour contre-attaquer. Les bases de défenses avec leurs "Flak" batteries antiaériennes sur les hauteurs de Clermont furent elles aussi mises en oeuvre et arrosèrent le ciel en tous sens par des tirs de barrage d'obus de 88 mm. 

Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944. Cette fois, c'était du sérieux, qu'allait-il rester de Clermont après ce déluge de mitraille, la bataille ne faisait que commencer. Soudain,  un grondement assourdissant fît tout vibrer, sortant des nuages, une escadrille de bombardiers britanniques de la Royale Air Force, RAF,  les Avro-Lancaster énormes forteresses volantes pilonnèrent la cible de Cataroux. Avec leurs 4 moteurs Rolls-Royce Merlin de 1280 chs, équipés de 8 à 10 mitrailleuses, ils pouvaient emporter des bombes de 500 kgs à 1 tonne.  Ces 21 avions appartenaient en partie à l'"escadron 106" et au fameux   "617 Squadron"  les célèbres "Dam-Busters" "briseurs de barrages". Ils étaient les seuls capables de tirs de grande précision, pouvant détruire l'usine au milieu des bâtiments civils. Les passages à basse altitude pour larguer leurs bombes incendiaires ou explosives n'étaient pas faciles car la ville est adossée aux pieds des monts de la chaîne des Dômes, et du plateau de Gergovie. Encore une fois,  les aviateurs Anglais ont montré tout leur talent dans cet exercice pour lequel ils étaient spécialement formés.

Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944.

   Au petit matin, les premiers badauds découvraient avec stupeur l'étendue des dégâts. De folles rumeurs couraient, "les Allemands ont rasé Michelin", "les Allemands ont rasé la moitié de la ville..." Sous leurs yeux incrédules, l'usine de Cataroux construite en 1907 sur 50 hectares est pratiquement rasée.Tout n'est que ruines, fumée, ferrailles tordues, murs renversés, eau et vapeur qui giclent de conduites béantes. Tous les stocks, matières premières, machines et outils  sont détruits, des milliers de pneus sont partis en fumée.  Les ouvriers qui ont travaillé durement toute leur vie dans ces ateliers parfois noirs et insalubres ont des larmes dans les yeux, "leurs" ateliers : Z ou OPK ...ne sont plus que ruines et poussière.


Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944.


   Malheureusement pour les civils aussi les pertes sont importantes,  certains vont  découvrir avec stupeur au milieu des routes et rues défoncées, les dégâts sur  leur maison, immeuble,  environ  300 seront touchés voire détruits complètement.
Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944.  Les quartiers populaires voisins pour la plupart des "cités Michelin" aux si jolis noms : Chanteranne, Chanturges, Champfleuri et le vieux Montferrand tout proche ont été touchés par quelques bombes "perdues". A plusieurs kilomètres de là, on retrouvera même une poutrelle métallique dans le clocher de l'église  sainte Anne de Montjuzet.

  On devait déplorer hélas,  aussi des victimes, officiellement 19 morts, 30 blessés, plusieurs centaines de sans domicile. Le Maréchal Pétain se rendra lui-même sur les lieux pour soutenir les victimes et rendre visite aux blessés à l'Hotel-Dieu de Clermont-Ferrand, ainsi que se recueillir à la chapelle ardente dressée pour les victimes. 



Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944.

Les immeubles voisins de l'usine sont eux aussi touchés, éventrés, des toits soufflés et des pans de murs restent à peine debout.


Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944.

Les murs sont tombés, le spectacle est partout bien visible.

Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944.

Tas de ferrailles et de bois, il ne reste plus grand-chose de ce géant de la technique industrielle, seuls au loin les fantômes des ateliers.



Usine Michelin de Cataroux le 17 mars 1944.

Charpentes tordues, murs effondrés au loin les fameux toboggans "va-et-vient". où les pneus montés sur des chariots sont testés en faisant des allers et retours incessants jour et nuit.



Sources: Photos exclusives et textes : © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
http://www.regardsetviedauvergne.fr/
Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.


Bonjour, merci de votre visite, sur la colonne de droite découvrez les Albums, articles, archives, Top10 etc etc, il y a surement encore des choses à découvrir. Pour être informé des derniers articles publiés inscrivez-vous au flux ou mettre un "j'aime" sur la page Facebook /


Vous pouvez aussi laisser un commentaire ou partager via les réseaux sociaux. A bientôt,

Les articles et photos de ce blog sont la propriété de
© Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne. merci de contacter l'auteur pour une copie ou réutilisation.

http://www.regardsetviedauvergne.fr/
Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne et de ceux qui ne la connaissent pas.