mardi 30 avril 2013

La légende de la Chapelle d'Orcival. (Puy-de-Dôme)

Orcival, puy de Dôme.


Basilique Notre Dame d'Orcival.

Basilique Notre Dame d'Orcival.

Le maçon chargé des travaux de l'église d'Orcival ne savait pas trop où asseoir le plan et les fondations.
Il se demandait avec inquiétude quel était l'endroit préféré où, la Vierge manifesterait avec le plus d'éclat sa puissance et sa gloire.
Il eu enfin l'inspiration céleste:

 « Monte, lui dit une voix intérieure, monte sur la hauteur voisine et lance devant toi ton marteau, où tu le verras tomber tu édifieras le sanctuaire. »

La crypte de Notre Dame d'Orcival.
La crypte de Notre Dame d'Orcival.

Le marteau fut jeté, à l'instant, un ange l'emporta et le laissa choir au pied du val, sur l'emplacement actuel de la crypte.


 









Sources: littérature orale de l'Auvergne, Paul Sébillot
              © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
             Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.

La pluie.

La pluie.



   Un marchand revenait à cheval de la foire avec une valise pleine d’argent qu’il avait gagné.
    Une pluie torrentielle le mouillait jusqu’aux os ; aussi était-il de fort mauvaise humeur, il allait jusqu’à murmurer de ce que Dieu lui donnait un si mauvais temps pour son voyage.
   Sa route l’obligeait à traverser une forêt : quelle ne fut pas sa terreur, en apercevant un brigand qui le guettait au bord du chemin !
Déjà celui-ci le couchait en joue et pressait la détente de son fusil.   Notre homme, plus mort que vif, recommandait son âme à Dieu, mais il en fut quitte pour la peur : la poudre, mouillée par la pluie, ne s’enflamma point. Pendant ce temps, donnant de l’éperon à son cheval, il le fit partir au galop et s’échappa heureusement.
   Dès qu’il se vit hors de danger, son premier mouvement fut un élan de gratitude envers la Providence :
 « Que j’étais insensé, se dit-il, de murmurer contre la pluie ! J’y vois maintenant un insigne bienfait du ciel. S’il eut fait un temps sec et beau, je serais étendu dans mon sang à l’heure qu‘il est, ma famille attendrait vainement mon retour, et serait en outre privée des ressources que je viens lui apporter. »

Moralité :

Dieu sait ce qu’il nous faut, et, malgré l’apparence,

Ce que nous nommons « Maux » sont des biens qu’il dispense.





Sources : Morale Enfantine, A. Bordot, Gallica
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lundi 29 avril 2013

Costumes, usages et parler Riomois, Puy-deDôme.



Riom, Puy-de-Dôme.

Riom, puy de Dôme, usages et parler riomois.

Riom puy de Dôme, le Marché


   Voici ce qu’en 1792 le citoyen La Vallée (le marquis de Bois-Robert) disait de Riom :
   « Riom, est la plus jolie ville de ce département, et l’on peut même dire une des plus jolies de la République.
  Bien bâtie, percée de rues larges et droites, entourée de promenades agréables, située au milieu d’une plaine aussi riante que fertile, elle réunit tous les charmes des villes modernes sans avoir rien de la monotonie qu’elles reçoivent communément de leur régularité.
   La Société est moins liante, moins hospitalière à Riom qu’à Clermont. Le ton y est plus froid, plus cérémonieux, c’est une des villes, ou l’on veut être Paris. La Révolution a cependant, un peu diminué ce faible ridicule. Elle tenait cette espèce de raideur des usages des gens de robe dont elle était pour ainsi dire peuplée sous l’ancien régime. Des juges et des plaideurs, tel fut longtemps le peuple de Riom ; et assurément un peuple de protecteurs et de protégés est un peuple plein de gravité ».
 
Riom puy de Dôme, la tour de l'horloge
   Ce qui était, peut-être, exact en 1792 ne l’est plus aujourd’hui, car la société de Riom est aussi « hospitalière et liante » que celle de Clermont, et personne dans la cité ne cherche à « être Paris ».
Il est vrai, que les moyens de communication rapide dont nous disposons aujourd’hui ont changé nos manières d’envisager les choses, et si nos aïeux revenaient parmi nous, ils ne penseraient probablement pas, à bien des points de vue, comme ils  pensaient au moment où ils étaient sur la terre. 
   Fléchier, avait remarqué que les Riomois avaient pour leur patrie une tendresse et une piété qui approchait fort de celle qui faisait partie de la religion des Anciens. 
   Cette remarque était parfaitement justifiée, mais le précepteur des enfants de Mr de Caummartin exagérait certainement un peu lorsqu’il prétendait que l’ambition des Riomois a toujours été de faire passer leur ville pour la capitale de la province et que tous savaient, en naissant, ces vers de Chapelain dans « sa pucelle » :
 
  "Riom, chef glorieux de cette terre grasse Que l’on nomme Limagne, au-lieu d’Auvergne-basse."

   Les quatre faubourgs de Riom étaient, jadis, peuplés de cultivateurs, tandis que les gens de justice, les fonctionnaires et les commerçants occupaient le centre de la cité.
Brayaude de Riom
   Les femmes de Riom, passaient pour plus intelligentes, plus vives et plus alertes que les hommes ; aussi laborieuses qu’eux, elles partageaient leurs  travaux les plus pénibles, ce qui ne les dispensaient pas d’être excellentes mères et tendres épouses.
   Le type de la femme est assez joli ; la physionomie est douce ; les yeux noirs, les cheveux bruns rappellent le Midi. Elles sont petites, robustes, bien prises dans leur taille.
Autrefois, leur costume était très pittoresque : un corset de velours noir retenu par des agrafes et lacé de rubans rouges ; les manches  plates, demi-longues, en laine de couleur ou en étoffe brochée ; le jupon court, relevé et bordé de galons de velours ; enfin, la coiffe blanche, ou le bonnet de bergère, et le fichu, complétaient la toilette d’une paysanne aisée.


Riomois
Les hommes portaient le dimanche, un chapeau noir dont la forme a variée avec les époques : ce fut un bicorne en bataille ou en frégate, puis un chapeau à larges bords. L’habit se composait d’une longue veste de drap blanc aux basques plissées, d’un gilet également long, de la culotte courte et des guêtres-jambières de même tissu. Mais, hélas, ce qui constituait l’originalité et la poésie de nos faubourgs s’est effacé et il n’en reste à peu près rien.
   On donnait presque exclusivement le nom de « Brayauds et de Brayaudes » aux habitants des communes  de Riom et de Combronde, Châtel-Guyon, Saint-Hippolyte, Saint-Bonnet, Davayat, etc.,qui, les derniers en Auvergne, ont conservé les costumes primitifs : pour les hommes la veste courte, les longs cheveux, le
Brayaude
chapeau à larges bords et la « Braye » ou culotte en laine blanche ; et pour les femmes : la coiffe blanche avec les deux pans descendant dans le dos qui leur donne l’aspect de religieuse.
 Mais, malheureusement pour ceux qui aiment la couleur locale, ces costumes disparaissent peu à peu. Les « brayauds » s’en vont, s’ils ne sont déjà tous partis !
« Brayaud » veut dire proprement : vêtu de « brayes » ou espèces de culottes larges qui couvrent depuis la ceinture jusqu’aux genoux.
On dit que quelqu’un qui s’est tiré sans encombre d’une mauvaise affaire : « Il en est sorti, les brayes nettes ! »


  
Brayaudes

Les Brayaudes :

Elles portent sur la poitrine, au-dessus du tablier, un morceau d’étoffe qui porte le nom de : « Pièce ». Généralement, la «  pièce » est de même étoffe que le tablier, mais les jours de fête, elle est faite d’une étoffe beaucoup plus riche et elle est rehaussée encore parfois de dentelles et de broderies d’or.
   Les vieux Riomois parlaient tous le patois :  quelques-uns le parlent encore. Ce patois et un mélange de mots de la   langue d’Oc et de la langue d’Oil. C’est un effet de la position frontière de l’Auvergne, entre les pays d’Oc et d’Oil qui a produit le patois. Et que l’on ne croit pas que cette langue bâtarde ait été l’apanage exclusif des paysans, des artisans, des basses classes de la société. Les classes supérieures, les lettrés et les familles qui avaient leurs racines et leurs habitudes dans le pays, la connaissaient, et l’employaient même très souvent.
   La plupart, en s’en servant, ne s’imaginaient nullement pêcher contre le langage académique, tant cet usage était profondément enraciné.
   Le recrutement, l’instruction obligatoire et surtout les chemins de fer, en multipliant les relations, en rapprochant des hommes de contrée et d’éducation différentes, ont rudement battu en brèche tout ce qui restait de spécial et de local dans la manière d’être et dans les mœurs de notre cité ; et on peut déjà prévoir l’époque ou malgré la résistance d’habitudes inévitables, les « provincialismes » les idiotismes du langage auront disparu comme ont déjà disparu les costumes de  nos campagnes.
   Si le patois n’est qu’exceptionnellement parlé aujourd’hui à Riom, il a laissé cependant son empreinte dans une quantité d’expressions. Beaucoup d’entre elles peuvent être qualifiées de vicieuses, mais si l’on veut se donner la peine de remonter à l’origine, si on considère l’époque de leur formation et la place qu’elles ont occupé, si, enfin l’utilité de leur existence se comprend et se fait sentir, on n’appellera plus ces mots : vicieux. Il ne s’agit que de locutions arriérées.
   A côté de ces souvenirs de l’ancien patois, on relève souvent à Riom de véritables fautes de langage, telles que l’emploi courant sous une forme active de certains verbes neutres, ainsi : « J’ai tombé mon livre… il a échappé son mouchoir ».
   Si nous ne pouvons citer ici toutes les expressions spéciales à la cité Riomoise, celles que nous rappellerons seront certainement comprises de tous les vieux « baabies ».
« Baabie(1) », tel était le sobriquet sous lequel on désignait autrefois les Riomois. Ce mot pourrait bien n’être qu’une corruption du prénom d’Amable qu’ont porté des générations d’habitants en l’honneur du patron  de la cité. Peut-être aussi, l’allongement de la première syllabe de ce sobriquet est-il un rappel narquois de l’accent traînard Riomois ?
 
Paysans Riomois

   Le « Baabie »

Il ne partait jamais pour les champs sans être muni de sa hotte qu’il appelait sa « Berte (2)». Cette « berte » grand panier d’osier de forme pyramidale, se portait sur le dos au moyen de deux bras ou leviers de bois, passant en avant des épaules et retenus par les mains.
   Dans la « Berte » on plaçait le « fessou (3) », petite houe à main dont on se servait pour fossoyer, c’est-à-dire pour retourner et ameublir la terre. Au fond de la « berte » se trouvait le « Bousset ou Barlet », dans lequel on emportait le vin.
  Le bousset est d’ordinaire moins grand que le barlet et ne contient que la ration d’un homme. Le bousset était accompagné de quelques provisions pour faire « les  quatre heures ». Dans « L'homme content », poème patois, nous lisons :
 
« Et pu quand le solei commença sa rouleta
D’ una mô son boussé, de l’autre sa fiouleta
Yo se voué eyvenlâ sous quoque granf nughey ».
 
(Et puis quand le soleil commença son tour,
D’une main tenant son bousset, de l’autre sa flûte,
Il va s’étendre sous quelque grand noyer)

Remarque : 
Dans le patois de Riom, le C et le G latins sont après une série de transformations, devenus TS et DZ. Ainsi, on ne dit pas : le Général, mais Lou Dzénéral. Le chien Dzape pour le chien jappe. Bonjour devient Bondzou.
La terminaison ER de l’infinitif est transformé en O : "Vegne tsanto bé me" : viens chanter avec moi. Somme toute, ainsi que l’a fait remarquer le poète Cantalien, Gandilhon Gens-d-Armes, dans une foule de mots Auvergnats tels que : Tsadeire, tsabre, Tsanto, Martsa, etc, c’est le parisien qui «  Fouchtrasise » en disant : chaise, Chèvre, Chanter, Marcher.
  
chien "garde-bousset"
En partant pour se rendre à son travail, le Baabie est toujours accompagné de son « Garde-bousset ». On nomme ainsi un roquet chargé de la  surveillance et de la garde des vêtements, des provisions…et du contenu du bousset; Depuis la  loi qui a élevé les chiens à la dignité de contribuables, le nombre des gardes-boussets a considérablement diminué.
   Le cultivateur Riomois évalue l’étendue de ses terres arables en « septerées (4)», surface qui peut être ensemencée avec un « septier » de blé, tandis que l’ « œuvre » est l’étendue qu’un homme peut travailler (opérare) en une journée. On conçoit qu’avec le temps, la surface de l’œuvre ait pu varier. Autrefois, l’œuvre était une mesure qui s’appliquait à toute espèce de terre.
   Le vigneron porte toujours en son gousset, une tasse plate, soit en bois, en fer battu, soit très souvent en argent et dont il se sert en travaillant pour boire quelques « tassées » de vin. 
   Tous les enfants, garçons et filles, portent le nom de « drolles ». on dit « ma drolle » pour ma fille. Si un garçon a grandi trop vite, et qu’il a de longues jambes, un corps efflanqué et que ses habits trop courts lui donnent un air guindé et une apparence ridicule, on dit que c’est «  un grand Gounet » 
    Un nigaud s’appelle : un «fada » ou « fadar », et un brutal et têtu, un « daru ». Dans son poème patois sur les Vendanges, Laborieux dit :
« a qué daru, qué grand jadar qué foey le méchant »
Un enfant dont la figure est sale est un « drôle mouraillé » du vieux mot « moure » qui signifie : visage, « faire le faraud » c’est poser pour l’élégance.
   Un « Bijarrou » est un homme tracassier, ergoteur, un client attitré de la justice de paix.

Les prénoms les plus usités à Riom sont :
Pour les garçons :
Amable, d’où : le Mable, Mablou.
Antoine, d’où : le Toine , le Toinou.
Jean, d’où : le dzan, Jeanot.
Et pour les filles :
Marie, Mariette,  Mion, Miette, Marion.
Antoinette, Toinon, Toinette.
Annette, Nanon, Nanette.
Jeanne, Jeannette, Jeanneton.

Voici encore quelques expressions locales :

« Triser le sel », c’est le broyer, le mettre en poudre dans un mortier où un égrugeoir.
« Détramer », (latin ; trames : chemin) c’est débarrasser, ranger des objets en désordre.
« Embarrer un lit », c’est le border étroitement, afin de concentrer d’avantage la chaleur et d’empêcher l’air d’y pénétrer.
« Un retrouble », c’est un champ récemment moissonné ou ne restent que les chaumes.
« Se faire chaner », se faire trainer par quelqu’un dans une voiture à bras  ou même à pieds, ainsi, quelqu’un qui s’appuie lourdement au bras  d’un compagnon de promenade en se laissant traîner comme à la remorque, se fait « chaner ».
« Rebourser chemin », revenir en arrière, prendre en quelque sorte son chemin à rebours. Quelques-uns disent « Rembourser chemin ».
« Le fougeassou  » est une espèce de pâtisserie ordinairement en forme d’X faite de farine, d’œufs et de laitage (Origine : « Fougas » feux de joie)
C’est un proche parent des « échaudés (6) » composés de pâte cuite d’abord à l’eau, puis passée au four.
Les «  échaudés » avec ou sans beurre, étaient une spécialité du carême  et étaient l’enjeu du jeu de « Capio » (Latin : je prends). Ce jeu n’exigeait que deux joueurs, et pouvait durer toute une journée. Se cacher, se déguiser pour surprendre son adversaire et lui dire avant qu’il ne vous ait reconnu ou devancé : « Capio ». Voilà le jeu dans toute sa simplicité. Le perdant devait offrir une ou plusieurs douzaines « d’échaudés » au vainqueur.
   « Porter la Rotie » est une expression qui se rapportait à une plaisanterie d’un goût douteux, qui dégénérait quelquefois en querelle. Les jours de noces, après les cérémonies d’usage, lorsque les nouveaux mariés étaient couchés, tous les jeunes gens invités se réunissaient pour leur porter en grande pompe, soit un poulet rôti, soit un bouillon, soit du vin chaud, parfois poivré, avec des tranches de pain grillé, soit même, un simple verre d’eau.

   « Les Brandons (7)», étaient des feux que l’on allumait dans chaque quartier de la ville pour y brûler un mannequin de paille que l’on appelait : un « Carmentran » (Carème entrant) image du carnaval agonisant.  On ne manquait pas non plus, d’allumer un feu semblable le jour de la Saint-Jean. Et autour de ces feux, c’était les éclats de rire, des danses effrénées arrosées de nombreuses tassées de vin.
   Il y avait autrefois un très grand nombre de noyers autour de Riom. Aussi, casser les noix avant de les porter au moulin à huile, eut été chose longue et fastidieuse si l’on n’avait pas eu recours aux amis et aux voisins.
  Les hommes cassaient les coquilles, tandis que les femmes épluchaient les amandes. L’opération durait d’ordinaire plusieurs soirées consécutives, soirées toujours agrémentées de quolibets et de chants. Une fois le cassage terminé, on faisait les « Rates ». C’était un souper froid où l’on buvait ferme, où l’on ripaillait, et après lequel on se couchait de fort bonne heure…puisqu’on n’avait pas pu le faire tard ! 
   On y mangeait généralement du petit salé, du poulet, et des « gaperons ». Le « gaperon » est une sorte de fromage en forme de boule, et composé de « gape » pétrie avec du sel, du poivre, de l’ail et des épices. Quant au poulet, on le tuait en lui coupant la « courniole » (le gosier).
   Il était d’usage qu’un paysan qui tuait un porc offrit à ses amis les plus chers « la fricassée ». C’était un choix des meilleurs morceaux de la bête. Dans une « fricassée », figuraient ordinairement, partie du filet ou grillade, du boudin et un morceau de foie.
   Le « Melard » est un grand vase de terre dans lequel on conserve l’huile de noix. Habituellement le  « Melard » n’a pas de bec ou anche, et ne se vide qu’à l’aide d’une grande cuillère ou « Losse ». Avec cette « Losse » on remplissait la « Buire », vase également en terre, mais plus petit et muni d’un bec. En Français on connaît son diminutif : burette. Le « Melard », souvent fait en terre poreuse, laissait transsuder l’huile. Un homme en transpiration : « sue comme un melard ».
   « Le Peillaraud » ou chiffonnier, collecteur de « peilles » (on dit aussi de « petas » ) parcourt encore les rues de la ville, le sac sur l’épaule et la balance romaine à la main en criant : « Au Peillaraud » sous-entendu : venez ! Le « peillaraud » achète aussi les peaux de lièvres et de lapins, et toutes les gloires passées et trépassées sont confondues dans son sac.


  
Riom, l'eglise saint-Amable

La grande fête religieuse de Riom

est la procession de Saint-Amable du 9 juin. La chasse du Saint y est portée par seize «  brayauds » vêtus d’une veste de drap blanc plissée à l’ancienne mode. Leur gilet, leur culotte sont également du même drap ; un jabot de dentelle un chapeau de velours noir forme frégate et des gants blancs complètent ce costume.
    Sur le parcours de la procession, toutes les maisons sont tendues de draperies blanches rehaussées de fleurs épinglées, et les fenêtres sont garnies de tapisseries et d’oriflammes. Autrefois, les membres de la famille de « Rochebriant-Chavance » à laquelle appartenait Saint-Amable avaient la prérogative de suivre la procession avec une aumusse de chanoine sur les bras, et de tenir la main sur la chasse pendant le parcours.
    D’ailleurs, le sceau de l’Abbaye de Saint-Amable n’était autre que celui de la famille de Rochebriant, ce qui semblerait prouver, que le fondateur de cette abbaye était de cette maison.

Riom le pélerinage de Marsat
La Roue de la saint Amable
   La chasse est suivie d’une immense roue en fleurs, tournant sur un axe, et portée jadis par les personnes les plus considérables de la ville. L’origine de cette roue est assez curieuse. En 1635, la peste sévissait à Riom d’une manière terrible. Les échevins firent vœu de faire don à l’église de Notre-Dame de Marsat d’une quantité de cire suffisante pour faire un cierge aussi long que la distance (2 kilomètres) qui sépare Riom de Marsat. La peste cessa, et pour exécuter son vœu, la ville fit tremper dans de la cire fondue un fil de la longueur voulue, fil que l’on enroula sur une bobine en bois. 
  
Cette bobine fut transportée processionnellement à l’église de Marsat et suspendue à la voûte de l’église, en avant de la statue miraculeuse de la Vierge. Les années suivantes, une roue de cire de la même longueur était portée à Marsat ou le clergé paroissial venait la recevoir vers une croix située sur les limites des deux paroisses.
    La procession continuait sa route jusqu’à l’église ou était chantée une grand’messe, à la suite de laquelle la roue de cire était suspendue à la voûte, à la place de celle de l’année précédente.
    Et c’est en commémoration de ce vœu de la ville, qu’une roue de fleurs remplace de nos jours, la roue de cire d’antan
.

   Bien des légendes 

se transmettaient jadis de génération en génération, telles : la légende de la Croix de Fer, histoires de diablotins « babauds ou babo(7) » apparaissant parfois aux voyageurs allant de Riom à Châtel-Guyon, et la légende de cette poule noire qui pondait la nuit de Noël sur un énorme bloc de granit rose situé près de la Varène, sur l’ancienne voie Romaine. Ce monolithe, est sans doute, un débris de dolmen.
   Il existait autrefois, à Riom, dans la rue traversant la ville du Nord au Sud, deux fontaines. L’une s’appelait la « fontaine des Lignes », l’autre la « fontaine des Lions ». Ces deux fontaines avaient inspiré la chanson suivante fort en honneur chez les enfants :
                  «   Mon peloton dévide, dévide,
                    Mon peloton dévide toi donc,
                    Depuis la fontaine des lignes
                    Jusqu’à la fontaine des lions. »

   -Nous vous prions, amis lecteurs, de nous pardonner le décousu de ces quelques notes écrites à la hâte, après avoir glané partout où nous avons pu le faire avec fruit. Il est aujourd’hui, bien peu de vieux Riomois, auprès desquels on puisse se renseigner sur les anciens usages et sur les expressions locales. Dans bien peu d’années, la chose sera devenue impossible. Toutes ces expressions, souvent pittoresques, qui imprimaient à notre jargon populaire un réel cachet d’originalité auront bientôt disparu et seront allées rejoindre nos vieilles danses régionales, la Bourrée et la Montagnarde, qui tout d’abord détrônées par la Valse, le Quadrille et la Polka, sont aujourd’hui remplacées par le Charleston et le Tango.

Jean De Lacoste de Laval


1)    Baabie : on a donné comme étymologie : Babaud, pluriel : Babis ! Je persiste à croire, jusqu’à preuve du contraire, que le mot Baabie vient d’Amable dont il est une corruption. Dans mon enfance, passée à Riom tous les Amable de ma connaissance, et à commencer par mon frère, M. le Curé du Marthuret, n’était jamais appelé que « babe », et cet E final avait presque la consonance de l’I.
2)     Berte : vient probablement du mot roman «  Bers » qui signifie : claie d’osier, même étymologie que : berceau. L’habitude du paysan de faire corps avec la berte a été définie par l’anecdote suivante : un étranger villégiaturant à Enval veut faire porter une lettre à Riom. Il en réfère à son aubergiste qui se met en quête d’un porteur complaisant. Celui-ci reçoit la lettre, l’examine et accepte en disant : «  y vo l’y mné, i téne pas ma barte, ma lo vo né quarre » (je vais la porter, mais comme je n’ai pas ma berte, je vais la prendre)…et la lettre s’en fut à Riom au fond de la berte…
3)     Fessou : vient sans doute de fossum, du supin du verbe latin : fodere, dont une des acceptations est : retirer en creusant ; peut-être aussi du verbe de la basse latinité : fossodare, qui a à peu près la même signification. Le fessou est une espèce de binette. Or la binette de binus, double, est l’outil au moyen duquel on donne une seconde façon aux terres en creusant un sillon peu profond d’avant en arrière pour aérer le sol et par conséquent le retourner superficiellement et le débarrasser des herbes qui l’on envahi.
4)    Septerées : prononcer : «  sterée », de même que cheptel se dit « ch’tel ».
5)    Fougeassous : les « Cornards » du lundi de Pâques ceux que vous trouvez en ville ou à la fête de Beaumont ne sont que de la simple brioche. Une marchande s’est indignée, quand je lui rappelais le fromage râpé qui croustillait jadis sur l’épiderme de ces pâtisseries : 
 « On ne voudrait plus manger de ces saletés-là »
 Aux environs de Riom on prépare encore le « fougeassou » avec les recettes d’autrefois, mais cela ne fait pas assez « distingué » pour les campagnards transfuges qui peuplent la grande ville.
6)    Echaudé : Les Clermontois se rappelleront les « échaudés » de Riom et leurs marchandes, authentiques Riomoise qui, le carême durant, débarquaient du train du matin pour parcourir nos rues en chantant. Tel est cet ancien « cri de Clermont », que j’ai pu transcrire fidèlement, tant il résonne encore dans mes souvenirs d’avant-guerre.
"Hirondelles Riomoises qui annonçaient Pâques prochaines et la fin de l’hiver boueux de la ville. Vous avez disparu avec vos pauvres gâteaux à 3 pour 2 sous, narguées par tant de luxueuses pâtisserie jusqu’en nos quartiers populeux où l’on oublie les anciennes traditions et le carême lui-même."
7)    Brandons : le dimanche des Brandons était celui de la Quadragésime. En certaines provinces on y brûlait les masques et oripeaux  du carnaval. La fête celtique du Renouveau qui célébrait, aux alentours du 24 juin, Teutatès, le père du feu, s’est perpétuée dans les feux de la Saint-Jean.
8)    Babaud : ou plutôt « babo », est à Riom un être ou animal imaginaire au moyen duquel on effare les enfants : «  si tu n’es pas sage, le babo t’emportera », Le babo est très laid et très noir d’où « noir comme le Babo ».





Sources: Auvergne littéraire, 1927.
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Visitons l'Auvergne de Clermont-Ferrand à Issoire.

L'Auvergne de Clermont à Issoire.


 Promenade en Auvergne, visitons les plus beaux sites de la plaine de la Limagne, de Clermont-Ferrand à Issoire.







Sources : Fr3
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dimanche 28 avril 2013

ASM-CA / MUNSTER à Montpellier.

ASM Clermont-Auvergne.

 Samedi 27 avril 2013.
La Yellow Army en déplacement à Montpellier.
La " Yellow Army "


  Le froid et la grisaille de ce samedi matin n'ont pas entamé la fidélité et la détermination de milliers de supporters Auvergnats.





 

ASM-CA
ASM-CA
    Bravant même la neige et le vent, rien ne pouvait arrêter l'armada de la "Yellow Army" envahissant le stade de la Mosson Montpellièrain d'une vague jaune et bleue, brandissant drapeaux, écharpes, perruques et déguisements de toutes sortes.
     Le ton était donné, et les vaillants joueurs n'eurent plus  qu'à suivre le mot d'ordre : "Tous en avant pour gagner" !
   Grosse entame de match des hommes de Vern Cotter, vaillants et déterminés ils sont sur tous les fronts, ils sont conquérants et vigilants, enchaînent avec succès les phases de jeu répétées mille fois à l'entraînement.
   Et ça finit par payer, après une première pénalité réussie des Irlandais, Wesley Fofana malin et rapide lob et  sert le redoutable Napolioni Nalaga qui réussit à fendre la barrière défensive rouge, et aplati fièrement le ballon derrière les poteaux, le pied sûr de Morgan Parra transformant sans problème, deux autres pénalités réussies et  la mi-temps arrive avec un score de 13 à 3.
   Après le repos des troupes, le jeu reprend de plus belle, mais les Irlandais ont sorti le grand jeu, ils reprennent du mordant et s'accrochent à leur adversaire avec leur légendaire ténacité.
   O'Gara le terrible glisse la balle entre les mains de Hurley qui vient aplatir dans le camp Auvergnat, transformation réussie, le score : 16 à 10, et il reste 18 minutes... les 18 minutes les plus longues que les supporters Auvergnats n'aient connues, mêlées, chandelles, tenaces les Irlandais du Munster sont courageux jusqu'à cette dernière mêlée qui les pousse à la faute...et c'est fini...OUF !

ASM-CA Le Président René Fontès.
ASM-CA le Président René Fontès.





 "ils l'ont fait l'ASM-CA est pour la première fois de son histoire qualifiée : en Finale de la H-CUP.






 Score final : 16 à 10 bravo aux Irlandais, et merci aux Jaunes et Bleus pour ce grand moment de rugby.
   Leur adversaire en finale sera le vainqueur du match : Toulon / Saracens.

ASM-CA

Voir l 'Album : entrainement du 23 juillet 2012 annexe stade Michelin



Sources : You-Tube
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samedi 27 avril 2013

Vulcania, le VolcanBul.

Vulcania

  Vulcania, le Volcanbul.


  Les visiteurs de Vulcania peuvent embarquer à bord du VolcanBul, un véhicule intelligent doté d'un système de guidage par GPS.
 
A quelques kilomètres de là, les chercheurs du LASMEA* mettent au point des véhicules qui, eux aussi, feront l'économie d'un conducteur. 
Bref, la voiture intelligente, c'est maintenant et en Auvergne !

* LASMEA de Clermont-Ferrand, LAboratoire des Siences et Matériaux pour l'Electronique et l'Automatique, est rattaché au CNRS/ST2 et à l'Université Blaise Bascal/UBP.
 
Le Volcanbul de Vulcania






carte vulcania
Carte pour Vulcania Auvergne.

Tarifs Vulcania 2013


Sources: You-Tube, Région Auvergne.
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Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.

Le Marché à Olliergues.

 
Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
   La femme qui descend la rue de la gendarmerie, face au vieux château devant le clocher élancé, pense-t-elle à ce qu’Ollièrgues devait être autrefois ? 
   Oh ! Non, sans doute. Pourtant un souci la travaille, elle hoche la tête à petits coups et compte quelque chose sur ses doigts. L’a-t-on roulé sur le poids de son beurre ou bien n’a-t-elle pas su bien vendre ses fromages ?
    En tous cas elle s’en retourne de ce pas. Le bout doré d’une miche dépasse le panier de vannerie ; le sac rouge d’un paquet de café et le carton gris d’une boite de sucre se voient à travers.
 Son marché est fait, il faut s’en aller au plus vite, la besogne l’attend à la maison.
   Le Château où, parait-il, Turenne faillit naître appartint aux Latour-d’Auvergne. Il était isolé sur son monticule ; la Dore, que l’on a détournée par la suite, l’entourait. Il reste encore des tours qui devaient faire partie de sa défense avancée ; on les a englobées dans des maisons ; une rondeur à l’angle d’un bâtiment les décèlent. Il en est une au coin du couvent, une autre rue de l’Agneau. Plus loin, d’autres bâtisses fort anciennes, en montant « le Pavé », on lit une date sur une porte en angle : 1520, en face une maison moyenâgeuse à croisillons et étage surplombant. Et la rue elle-même doit être vieille, les maisons qui grimpent de chaque côté jusqu’à la place du marché à la « pidance » sont sans régularité, noires et très peuplées malgré tout.
  
Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
Le dallage est plus récent ; il était nécessité par les torrents d’eau qui, à la saison des fortes pluies, descendaient tout droit de Chabrier-le-haut. Un étrange village abandonné aujourd’hui. Les sombres murailles des maisons sont couvertes de mousses verdâtres, les toits crèvent les ronciers, cachent les portes disloquées. On pourrait croire qu’une catastrophe ou une peste l’a vidé tout à coup de ses habitants : non, c’est plus simple, les jeunes sont partis pour gagner leur vie ailleurs et à mesure que les vieux sont morts les maisons se sont fermées.
   C’est de là que commence la « coursière » en descente rapide ; la route est longue et toute en lacets. Ce chemin est encaissé et profondément raviné par les pluies ; arrivé en haut de la ville, le torrent acquérait une force à tout entraîner. C’est pourquoi l’on pava la rue en pente. Les pierres irrégulières se sont un peu adoucies d’usure. Autrefois, de chaque côté et jusqu’au bas se tenaient les étalages du marché ; l’industrie de toute la région s’y donnait rendez-vous.

    Tout à fait en haut, une sorte de palier autour d’une croix ; les montagnards du Brugeron et de plus haut y portaient, à dos d’ânes, toutes sortes d’objets en bois : battoirs à linges, planches à laver, pelles, râteaux mortier à sel avec le pilon, « cuillères », louches, « écueilles » à soupe, plats à lards, semoirs, cartons-doubles décalitres, seilles, jarlons, etc…

   Un peu plus bas, à un tournant à pente raide, se tenait le marché aux fuseaux, des fuseaux non à faire la dentelle, mais à filer la laine et le chanvre. On les apportait  à hottées avec des manches d’outils faits au tour. La tradition voulait qu’il tombât plus de monde à Ollièrgues au marché des fuseaux pour la foire de Noël, qu’à la saint-Martin à Clermont ou à la saint-André à Ambert. C’était une facile plaisanterie, car à cette époque de l’année le gel ou la neige rendent les pierres si glissantes que les culbutes ne sont pas rares, les habitués s’en amusent, eux qui vont de pavé à autre, tels des chats.
    En face, sous une voûte de porte, se trouvaient les vendeurs de chanvre que l’on amenait de Limagne ou du Forez, même de plus près, de Tours-sur-Meymont. Les femmes en achetaient pour filer aux veillées, pour quelques sous la livre. Il était brut, grossièrement peigné et pas encore blanchi. Il était divisé en plusieurs qualités : les grands corps, le plus long, le plus beau, les petits corps et l’étoupe, l’écorce, les bourres qui tombaient sous les peignes.

    Le marchand mêlait grands et petits corps pour tout faire partir ensemble ; seule la dernière catégorie se vendait à part. Il y avait encore les « Peillades » le bout de la toile où les fils de la chaîne sont attachés aux " garniements " du métier. On nouait ces bouts et on tissait soit une toile grossière, hérissée de noeud, ou bien des torchons.
Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
Les vendeuses de tresse se tenaient tout près, parmi leurs rouleaux blonds de différentes grosseurs, ces tresses de pailles étaient aussi de qualité diverses, la toute ordinaire à six ou dix brins de paille choisie, assouplie à l’eau ; de la plus fine, de la refendue, faite avec de la paille que l’on partageait en deux ou trois au moyen d’un petit instrument de buis muni de pointes taillées au couteau dans le bois et qui avait la grosseur et la forme d’un poinçon à faire les jours des broderies.
On la travaillait aussi en fantaisie : de la tresse à picots, de la tresse cochée-à-dents pour orner le bord des chapeaux, d’autre teinte en couleurs, noires, bleue ou rouge. Les couseuses de chapeau pour femmes et pour hommes ainsi que les faiseuses de cabas s’y approvisionnaient de marchandise, puis apportaient leur travail aux foires jusqu’en Forez et plus loin.

    Puis venaient les « bourrassières ». A même le sol, tout un tas de vêtements, de guenilles, vieilles robes, pantalons, gilets, redingotes, de la soie, du drap, de quoi se vêtir pour quelques sous, des morceaux d’étoffes, des mouchoirs de cou que l’on portait en pointe derrière, brodés ou à fleurs, tissés, de vieux châles et là-dedans de la vermine, on disait que les poux se donnaient par-dessus le marché. Malgré cela les amateurs ne manquaient point. Il s’y trouvait parfois de riches occasions. Une femme peu fortunée de La Pérouse acheta pour peu d’argent tout un paquet de vieilles épaulettes de soldat. Elle avait son idée. Il s’agissait de les défaire ; toute la maisonnée se mit au travail. Les franges étaient de belle et bonne laine ; une fois détordues et les fils noués bout à bout, on la fit teindre en bleu foncé et Rochette leur tissa une jolie serge très solide, de quoi habiller les deux gamins pour leur première communion. Ces habits faits chez eux par un tailleur à la journée étaient si avantageux qu’ils les portaient encore jeunes gens.
   Où la rue s’élargie, se tenait le marché aux sabots.
Il y en avait de toute forme, de toute dimension : couverts entièrement, les uns pattus à fortes semelles et nez larges, d’autres à bout pointu, de ceux qui font dire que l’on ne voudrait pas en recevoir un coup quelque part.

    Puis les fantaisistes, garnis de cuir, à brides et découpés sur le pied avec toutes sortes de façons où l’ingéniosité du fabricant se voyait aux motifs gravés en plein bois et souvent sans autre outil qu’une pointe de couteau. Des fleurs teintes en dedans avec du rouge et du vert pour les feuillages, des oiseaux en noir sous le verni jaune, des dessins différents ; le sabotier ne manquait pas d’en offrir une paire à sa promise, fignolés avec soin.
  
Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
    Tout près, le marché à la ferraille où se trouvait toutes sortes de choses ; des outils, des clous, des pointes, des déferres, des bouts de chaîne, un mousqueton, etc…
Au-dessous, se trouvait la vieille halle. Pour aplanir l’emplacement, on avait fait une murette en contre-bas ; cette murette l’entourait à hauteur d’appui et cessait pour permettre l’entrée à droite et à gauche. Tous les courants d’air, tous les vents y prenaient et elle regorgeait de petits marchands : bancs de mercerie, marchande de blanc, de bonnets, de dentelle, de mousseline et surtout de tous tissus. Les « Noyes » venaient y acheter de quoi faire leur habit de noce ; les bancs débordaient en dehors.

   En-dessus, autour de la fontaine, se tenaient les toiles ; les particuliers y portaient leurs pièces en un rouleau plus ou moins gros. Le revendeur qui l’emportait pour la vendre dans les pays s’y approvisionnait. Quand on s’en était défait, on pouvait se munir de chanvre, de marchandise nouvelle et bien heureux si pour le travail de la semaine il restait une pièce de cinq à huit francs. Avec cela on achetait l’indispensable, et le reste au « magot » dans un fond de biche, dans un trou de pisé, sous une tuile.
  
Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
A côté, les boulangeries avaient leurs bennes de miches, de couronnes de toutes sortes ; il en venait de Courpière, de Cunlhat. Une miche rapportée à la maison était grande friandise et si quelque mioche avait suivi, il n’était pas content avant qu’on lui ai acheté un michon d’un sou, qu’il croquait avec gourmandise.
En automne, se vendait  aussi les toisons des brebis toutes brutes. On sentait de loin l’odeur du suint.

   Après quoi, on était en bas. La halle au blé, de construction plus récente, présentait un aspect tout particulier : des voitures, des ânes bâtés l’entourait. C’étaient les meuniers qui venaient cher cher les moutures de leurs pratiques. A mesure que l’on avait fait vente, les hommes, dessous leurs blouses, les femmes de leur cabas, vous sortez le sac de la fournée ; on le faisait garnir de seigle par les marchands, dont les sacs s’alignaient entre les montants du pourtour et le meunier l’emmenait.
    Le marché fini, on était à l’aise pour flâner un peu, écouter une complainte que l’on chante sur la place, trouver un camarade avec qui on va boire bouteille à l’auberge. Encore fallait-il quelque occasion particulière comme un mariage à mener. Beaucoup aimaient bien s’en occuper, se mettre «  Bertrand », s’entremettre pour faire connaître garçons et filles, parler aux parents. Ensuite on les invitait à la noce et durant les «  fréquentations » on les menait aux visites.

   Et ceux qui travaillaient en journée chez le monde, maçons et charpentiers prenaient leurs entreprises ; et toutes ces choses se traitent de préférence à une table d’auberge. Une autre grande affaire, l’arrivée de la diligence. Bien avant l’heure, on se massait autour du poste de relais pour voir et interroger ceux qui en descendaient. De près ou de loin, on avait des parents, des connaissances dans d’autres départements ; si on avait la chance de rencontrer quelqu’un de connu, c’était de quoi parlait au village le reste de la semaine.
   Pendant la guerre d’Italie, en 1860, et plus tard en 1870, on venait exprès à Ollièrgues pour en savoir des nouvelles ; les lettres étaient rares, presque personne ne sachant écrire dans les campagnes.

Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
  Faire le voyage de Clermont était une grosse affaire. Si on y avait quelqu’un, les fromagers qui y allaient de temps en temps ainsi qu’à Thiers faisaient les commissions. Dans  l’après-midi, les rues, la place se vidaient, les bourricots chantaient, à leur façon, la joie du retour, quand bien même il leur fallait porter leur maîtresse, quelque grosse montagnarde, à califourchon ; et c’était des groupements de gens du même côté qui s’assemblaient pour que le trajet leur parut moins long.

   Bien plus tard, quand eut lieu l’ouverture de la ligne du chemin de fer, en 1885, la ville prit son aspect actuel, avec tout le commerce descendu dans la Grand’Rue. La route la traverse et le passage d’une auto divise les rassemblements de gens au bas du « Pavé » les jours de foire.
   La vieille halle n’existe plus, mais l’esprit, les intérêts, les soucis de ceux d’aujourd’hui sont-ils si différents de ceux d’hier… ?


R.Combe


Sources: L'Auvergne Littéraire, R.Combe, 1934.
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Saint-Roch, en Auvergne.


Saint-Roch.


Saint Roch. pélerinage à chatel guyon

   Pour la fête de Saint-Roch le 16 août : aux Martres d’Artières, on part le matin de bonne heure, à quatre heures du matin ; chacun mène son bétail, même des lapins en panier… à quatre kilomètres du village, près d’une croix en pierre, où sont pendus de nombreux morceaux de pain que le prêtre vient bénir et qu'on donne aux bêtes.
Après la bénédiction de cierges, à la messe on va en procession au lieu-dit la Planche, là on bénit le bétail.
Puis chacun porte les cierges chez soi.

À Vertolaye et Marat, bénédiction du bétail, le curé reçoit en paiement des fromages et des sous : on y va en procession dans l’année, toutes les fois qu'il y a une bête malade. On va à une croix  qui est au milieu de la place.
Pour les personnes malades ont fait la même procession à la croix  de la place, et l’enfant de chœur porte une statue de la Vierge.

Saint Roch.
A Orcet, le jour de la Saint-Roch, les habitants vont chercher le matin des petites pierres dans une carrière qu’ils appellent la carrière de Saint-Roch. Ils les font bénir par le prêtre à la messe, les écrasent, les mettent dans un sachet, qu’ils attachent à une des cornes des vaches.
Chaque vache a son sachet pour la préserver des accidents et des maladies. (En d’autres lieux se sont des petits paquets d’avoine).

A Langeac, une fontaine sainte, est appelée  « Trou de la Mère Agnès », elle se trouve sur la butte : Saint-Roch, qui domine la ville. A l’occasion de la peste de 1630, Sœur Agnès conseilla aux habitants de Langeac de construire sur ce monticule une chapelle sous le vocable de Saint-Roch.


A Boisset, dans le  canton de Maurs en Châtaigneraie Cantalienne, le village fête son saint patron : Saint-Roch le premier dimanche suivant le quinze août. 

Saint Roch.

La vie de Saint-Roch :

   Saint-Roch naquit à Montpellier, en 1280, il perdit de bonne heure ses parents, qui lui laissèrent en mourant une brillante fortune. Roch, après avoir distribué aux pauvres tous ses biens, pris la résolution de se consacrer au service des pestiférés. Il parcourut une partie de l’Italie, pour secourir courageusement les malades de la peste. Mais, de retour en France, il fut arrêté comme vagabond, et jeté en prison, cinq ans après il y mourut, alors âgé de quarante-sept ans. Alors que de nombreux miracles s’opéraient sur son tombeau, pendant le concile général de Constance, la peste désolait la ville où les Pères étaient assemblés ; la pensée leur vint de recourir à l’intercession de Saint-Roch ; on fit une procession où fut portée la statue du Saint, et la peste cessa.

Saint-Roch, saint patron:

  Saint-Roch est le saint patron protecteur et guérisseur des maladies contagieuses, des pestiférés ainsi que des pèlerins, et protecteur des animaux notamment des chiens. De nombreuses corporations en ont fait leur Saint Patron : les boulangers, laboureurs, tanneurs, médecins et guérisseurs, vignerons…
 On trouve dans de nombreuses églises sa statue ou, une chapelle lui est consacrée, sa notoriété va bien au-delà de la France, San-Roque  ou Roqué en Espagne, San Rocco en Italie, Saint-Roch de Québec, etc. etc.
 
Saint Roch.le rocher de saint Flour

Sa légende :

  On dit, qu’il apporta du sein de sa mère une croix rouge sur son corps.
En Italie, ayant  lui-même contracté la terrible peste, il prit le chemin du retour vers la France, très malade, affaibli et défiguré il se serait retirait près de Plaisance. Réfugié dans une grotte au milieu des bois, une source d’eau limpide et vivifiante aurait miraculeusement jaillie tout près de lui. Un jour, le chien d’un riche Gentilhomme nommé Gothard, lui aurait alors apporté un morceau de pain, volés à son maître. Le chien revint plusieurs fois nourrir Roch, mais à force, son maître le suivi et rencontra le Saint, il fut pris d’une grande admiration et devint bientôt son serviteur, allant même quêter en habit de pèlerin, essuyant les moqueries et huées des enfants, et les reproches de toute la noblesse. Gothard finit par abandonner son château, ses amis, et l’élégante société qu’il avait aimée jusqu’alors, dépouillé de tout, ayant donné aux pauvres de la contrée tout ce dont il pouvait disposer, il continua sa vie dans la pratique des vertus évangéliques.
 

La représentation de Saint-Roch :

 
Saint Roch.
   Il est habillé de la tenue de pèlerin de Rome, il porte le signe de la coquille de pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle, à la main le bâton de pèlerin le « Bourdon », la  besace en bandoulière, la cape et le chapeau à larges bords, le chapelet accroché à la ceinture, et signe très caractéristique : un chien portant un ou deux pains, une plaie apparaît de sa jambe qu’il présente en relevant un coin de son vêtement, parfois un ange soigne la plaie.





Statue de saint Roch, église de Chas, Puy de Dôme.
Statue de saint Roch, église de Chas, Puy de Dôme.
Saint Roch, église de saint Quintin sur Sioule.
Saint Roch, église de saint Quintin sur Sioule.


Sources : © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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