mardi 30 avril 2013

La légende de la Chapelle d'Orcival. (Puy-de-Dôme)

Orcival, puy de Dôme.


Basilique Notre Dame d'Orcival.

Basilique Notre Dame d'Orcival.

Le maçon chargé des travaux de l'église d'Orcival ne savait pas trop où asseoir le plan et les fondations.
Il se demandait avec inquiétude quel était l'endroit préféré où, la Vierge manifesterait avec le plus d'éclat sa puissance et sa gloire.
Il eu enfin l'inspiration céleste:

 « Monte, lui dit une voix intérieure, monte sur la hauteur voisine et lance devant toi ton marteau, où tu le verras tomber tu édifieras le sanctuaire. »

La crypte de Notre Dame d'Orcival.
La crypte de Notre Dame d'Orcival.

Le marteau fut jeté, à l'instant, un ange l'emporta et le laissa choir au pied du val, sur l'emplacement actuel de la crypte.


 









Sources: littérature orale de l'Auvergne, Paul Sébillot
              © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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La pluie.

La pluie.



   Un marchand revenait à cheval de la foire avec une valise pleine d’argent qu’il avait gagné.
    Une pluie torrentielle le mouillait jusqu’aux os ; aussi était-il de fort mauvaise humeur, il allait jusqu’à murmurer de ce que Dieu lui donnait un si mauvais temps pour son voyage.
   Sa route l’obligeait à traverser une forêt : quelle ne fut pas sa terreur, en apercevant un brigand qui le guettait au bord du chemin !
Déjà celui-ci le couchait en joue et pressait la détente de son fusil.   Notre homme, plus mort que vif, recommandait son âme à Dieu, mais il en fut quitte pour la peur : la poudre, mouillée par la pluie, ne s’enflamma point. Pendant ce temps, donnant de l’éperon à son cheval, il le fit partir au galop et s’échappa heureusement.
   Dès qu’il se vit hors de danger, son premier mouvement fut un élan de gratitude envers la Providence :
 « Que j’étais insensé, se dit-il, de murmurer contre la pluie ! J’y vois maintenant un insigne bienfait du ciel. S’il eut fait un temps sec et beau, je serais étendu dans mon sang à l’heure qu‘il est, ma famille attendrait vainement mon retour, et serait en outre privée des ressources que je viens lui apporter. »

Moralité :

Dieu sait ce qu’il nous faut, et, malgré l’apparence,

Ce que nous nommons « Maux » sont des biens qu’il dispense.





Sources : Morale Enfantine, A. Bordot, Gallica
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lundi 29 avril 2013

Costumes, usages et parler Riomois, Puy-deDôme.


Riom, Puy-de-Dôme.

Riom, puy de Dôme, usages et parler riomois.

Riom puy de Dôme, le Marché


   Voici ce qu’en 1792 le citoyen La Vallée (le marquis de Bois-Robert) disait de Riom :
   « Riom, est la plus jolie ville de ce département, et l’on peut même dire une des plus jolies de la République.
  Bien bâtie, percée de rues larges et droites, entourée de promenades agréables, située au milieu d’une plaine aussi riante que fertile, elle réunit tous les charmes des villes modernes sans avoir rien de la monotonie qu’elles reçoivent communément de leur régularité.
   La Société est moins liante, moins hospitalière à Riom qu’à Clermont. Le ton y est plus froid, plus cérémonieux, c’est une des villes, ou l’on veut être Paris. La Révolution a cependant, un peu diminué ce faible ridicule. Elle tenait cette espèce de raideur des usages des gens de robe dont elle était pour ainsi dire peuplée sous l’ancien régime. Des juges et des plaideurs, tel fut longtemps le peuple de Riom ; et assurément un peuple de protecteurs et de protégés est

Visitons l'Auvergne de Clermont-Ferrand à Issoire.

L'Auvergne de Clermont à Issoire.


 Promenade en Auvergne, visitons les plus beaux sites de la plaine de la Limagne, de Clermont-Ferrand à Issoire.







Sources : Fr3
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dimanche 28 avril 2013

ASM-CA / MUNSTER à Montpellier.

ASM Clermont-Auvergne.

 Samedi 27 avril 2013.
La Yellow Army en déplacement à Montpellier.
La " Yellow Army "


  Le froid et la grisaille de ce samedi matin n'ont pas entamé la fidélité et la détermination de milliers de supporters Auvergnats.





 

ASM-CA
ASM-CA
    Bravant même la neige et le vent, rien ne pouvait arrêter l'armada de la "Yellow Army" envahissant le stade de la Mosson Montpellièrain d'une vague jaune et bleue, brandissant drapeaux, écharpes, perruques et déguisements de toutes sortes.
     Le ton était donné, et les vaillants joueurs n'eurent plus  qu'à suivre le mot d'ordre : "Tous en avant pour gagner" !
   Grosse entame de match des hommes de Vern Cotter, vaillants et déterminés ils sont sur tous les fronts, ils sont conquérants et vigilants, enchaînent avec succès les phases de jeu répétées mille fois à l'entraînement.
   Et ça finit par payer, après une première pénalité réussie des Irlandais, Wesley Fofana malin et rapide lob et  sert le redoutable Napolioni Nalaga qui réussit à fendre la barrière défensive rouge, et aplati fièrement le ballon derrière les poteaux, le pied sûr de Morgan Parra transformant sans problème, deux autres pénalités réussies et  la mi-temps arrive avec un score de 13 à 3.
   Après le repos des troupes, le jeu reprend de plus belle, mais les Irlandais ont sorti le grand jeu, ils reprennent du mordant et s'accrochent à leur adversaire avec leur légendaire ténacité.
   O'Gara le terrible glisse la balle entre les mains de Hurley qui vient aplatir dans le camp Auvergnat, transformation réussie, le score : 16 à 10, et il reste 18 minutes... les 18 minutes les plus longues que les supporters Auvergnats n'aient connues, mêlées, chandelles, tenaces les Irlandais du Munster sont courageux jusqu'à cette dernière mêlée qui les pousse à la faute...et c'est fini...OUF !

ASM-CA Le Président René Fontès.
ASM-CA le Président René Fontès.





 "ils l'ont fait l'ASM-CA est pour la première fois de son histoire qualifiée : en Finale de la H-CUP.






 Score final : 16 à 10 bravo aux Irlandais, et merci aux Jaunes et Bleus pour ce grand moment de rugby.
   Leur adversaire en finale sera le vainqueur du match : Toulon / Saracens.

ASM-CA

Voir l 'Album : entrainement du 23 juillet 2012 annexe stade Michelin



Sources : You-Tube
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samedi 27 avril 2013

Vulcania, le VolcanBul.





Vulcania

  Vulcania, le Volcanbul.


  Les visiteurs de Vulcania peuvent embarquer à bord du VolcanBul, un véhicule intelligent doté d'un système de guidage par GPS.
 
A quelques kilomètres de là, les chercheurs du LASMEA* mettent au point des véhicules qui, eux aussi, feront l'économie d'un conducteur. 
Bref, la voiture intelligente, c'est maintenant et en Auvergne !

* LASMEA de Clermont-Ferrand, LAboratoire des Siences et Matériaux pour l'Electronique et l'Automatique, est rattaché au CNRS/ST2 et à l'Université Blaise Bascal/UBP.
 
Le Volcanbul de Vulcania






carte vulcania
Carte pour Vulcania Auvergne.

Tarifs Vulcania 2013


Sources: You-Tube, Région Auvergne.
               Photo: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.

Le Marché à Olliergues.

 
Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
   La femme qui descend la rue de la gendarmerie, face au vieux château devant le clocher élancé, pense-t-elle à ce qu’Ollièrgues devait être autrefois ? 
   Oh ! Non, sans doute. Pourtant un souci la travaille, elle hoche la tête à petits coups et compte quelque chose sur ses doigts. L’a-t-on roulé sur le poids de son beurre ou bien n’a-t-elle pas su bien vendre ses fromages ?
    En tous cas elle s’en retourne de ce pas. Le bout doré d’une miche dépasse le panier de vannerie ; le sac rouge d’un paquet de café et le carton gris d’une boite de sucre se voient à travers.
 Son marché est fait, il faut s’en aller au plus vite, la besogne l’attend à la maison.
   Le Château où, parait-il, Turenne faillit naître appartint aux Latour-d’Auvergne. Il était isolé sur son monticule ; la Dore, que l’on a détournée par la suite, l’entourait. Il reste encore des tours qui devaient faire partie de sa défense avancée ; on les a englobées dans des maisons ; une rondeur à l’angle d’un bâtiment les décèlent. Il en est une au coin du couvent, une autre rue de l’Agneau. Plus loin, d’autres bâtisses fort anciennes, en montant « le Pavé », on lit une date sur une porte en angle : 1520, en face une maison moyenâgeuse à croisillons et étage surplombant. Et la rue elle-même doit être vieille, les maisons qui grimpent de chaque côté jusqu’à la place du marché à la « pidance » sont sans régularité, noires et très peuplées malgré tout.
  
Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
Le dallage est plus récent ; il était nécessité par les torrents d’eau qui, à la saison des fortes pluies, descendaient tout droit de Chabrier-le-haut. Un étrange village abandonné aujourd’hui. Les sombres murailles des maisons sont couvertes de mousses verdâtres, les toits crèvent les ronciers, cachent les portes disloquées. On pourrait croire qu’une catastrophe ou une peste l’a vidé tout à coup de ses habitants : non, c’est plus simple, les jeunes sont partis pour gagner leur vie ailleurs et à mesure que les vieux sont morts les maisons se sont fermées.
   C’est de là que commence la « coursière » en descente rapide ; la route est longue et toute en lacets. Ce chemin est encaissé et profondément raviné par les pluies ; arrivé en haut de la ville, le torrent acquérait une force à tout entraîner. C’est pourquoi l’on pava la rue en pente. Les pierres irrégulières se sont un peu adoucies d’usure. Autrefois, de chaque côté et jusqu’au bas se tenaient les étalages du marché ; l’industrie de toute la région s’y donnait rendez-vous.

    Tout à fait en haut, une sorte de palier autour d’une croix ; les montagnards du Brugeron et de plus haut y portaient, à dos d’ânes, toutes sortes d’objets en bois : battoirs à linges, planches à laver, pelles, râteaux mortier à sel avec le pilon, « cuillères », louches, « écueilles » à soupe, plats à lards, semoirs, cartons-doubles décalitres, seilles, jarlons, etc…

   Un peu plus bas, à un tournant à pente raide, se tenait le marché aux fuseaux, des fuseaux non à faire la dentelle, mais à filer la laine et le chanvre. On les apportait  à hottées avec des manches d’outils faits au tour. La tradition voulait qu’il tombât plus de monde à Ollièrgues au marché des fuseaux pour la foire de Noël, qu’à la saint-Martin à Clermont ou à la saint-André à Ambert. C’était une facile plaisanterie, car à cette époque de l’année le gel ou la neige rendent les pierres si glissantes que les culbutes ne sont pas rares, les habitués s’en amusent, eux qui vont de pavé à autre, tels des chats.
    En face, sous une voûte de porte, se trouvaient les vendeurs de chanvre que l’on amenait de Limagne ou du Forez, même de plus près, de Tours-sur-Meymont. Les femmes en achetaient pour filer aux veillées, pour quelques sous la livre. Il était brut, grossièrement peigné et pas encore blanchi. Il était divisé en plusieurs qualités : les grands corps, le plus long, le plus beau, les petits corps et l’étoupe, l’écorce, les bourres qui tombaient sous les peignes.

    Le marchand mêlait grands et petits corps pour tout faire partir ensemble ; seule la dernière catégorie se vendait à part. Il y avait encore les « Peillades » le bout de la toile où les fils de la chaîne sont attachés aux " garniements " du métier. On nouait ces bouts et on tissait soit une toile grossière, hérissée de noeud, ou bien des torchons.
Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
Les vendeuses de tresse se tenaient tout près, parmi leurs rouleaux blonds de différentes grosseurs, ces tresses de pailles étaient aussi de qualité diverses, la toute ordinaire à six ou dix brins de paille choisie, assouplie à l’eau ; de la plus fine, de la refendue, faite avec de la paille que l’on partageait en deux ou trois au moyen d’un petit instrument de buis muni de pointes taillées au couteau dans le bois et qui avait la grosseur et la forme d’un poinçon à faire les jours des broderies.
On la travaillait aussi en fantaisie : de la tresse à picots, de la tresse cochée-à-dents pour orner le bord des chapeaux, d’autre teinte en couleurs, noires, bleue ou rouge. Les couseuses de chapeau pour femmes et pour hommes ainsi que les faiseuses de cabas s’y approvisionnaient de marchandise, puis apportaient leur travail aux foires jusqu’en Forez et plus loin.

    Puis venaient les « bourrassières ». A même le sol, tout un tas de vêtements, de guenilles, vieilles robes, pantalons, gilets, redingotes, de la soie, du drap, de quoi se vêtir pour quelques sous, des morceaux d’étoffes, des mouchoirs de cou que l’on portait en pointe derrière, brodés ou à fleurs, tissés, de vieux châles et là-dedans de la vermine, on disait que les poux se donnaient par-dessus le marché. Malgré cela les amateurs ne manquaient point. Il s’y trouvait parfois de riches occasions. Une femme peu fortunée de La Pérouse acheta pour peu d’argent tout un paquet de vieilles épaulettes de soldat. Elle avait son idée. Il s’agissait de les défaire ; toute la maisonnée se mit au travail. Les franges étaient de belle et bonne laine ; une fois détordues et les fils noués bout à bout, on la fit teindre en bleu foncé et Rochette leur tissa une jolie serge très solide, de quoi habiller les deux gamins pour leur première communion. Ces habits faits chez eux par un tailleur à la journée étaient si avantageux qu’ils les portaient encore jeunes gens.
   Où la rue s’élargie, se tenait le marché aux sabots.
Il y en avait de toute forme, de toute dimension : couverts entièrement, les uns pattus à fortes semelles et nez larges, d’autres à bout pointu, de ceux qui font dire que l’on ne voudrait pas en recevoir un coup quelque part.

    Puis les fantaisistes, garnis de cuir, à brides et découpés sur le pied avec toutes sortes de façons où l’ingéniosité du fabricant se voyait aux motifs gravés en plein bois et souvent sans autre outil qu’une pointe de couteau. Des fleurs teintes en dedans avec du rouge et du vert pour les feuillages, des oiseaux en noir sous le verni jaune, des dessins différents ; le sabotier ne manquait pas d’en offrir une paire à sa promise, fignolés avec soin.
  
Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
    Tout près, le marché à la ferraille où se trouvait toutes sortes de choses ; des outils, des clous, des pointes, des déferres, des bouts de chaîne, un mousqueton, etc…
Au-dessous, se trouvait la vieille halle. Pour aplanir l’emplacement, on avait fait une murette en contre-bas ; cette murette l’entourait à hauteur d’appui et cessait pour permettre l’entrée à droite et à gauche. Tous les courants d’air, tous les vents y prenaient et elle regorgeait de petits marchands : bancs de mercerie, marchande de blanc, de bonnets, de dentelle, de mousseline et surtout de tous tissus. Les « Noyes » venaient y acheter de quoi faire leur habit de noce ; les bancs débordaient en dehors.

   En-dessus, autour de la fontaine, se tenaient les toiles ; les particuliers y portaient leurs pièces en un rouleau plus ou moins gros. Le revendeur qui l’emportait pour la vendre dans les pays s’y approvisionnait. Quand on s’en était défait, on pouvait se munir de chanvre, de marchandise nouvelle et bien heureux si pour le travail de la semaine il restait une pièce de cinq à huit francs. Avec cela on achetait l’indispensable, et le reste au « magot » dans un fond de biche, dans un trou de pisé, sous une tuile.
  
Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
A côté, les boulangeries avaient leurs bennes de miches, de couronnes de toutes sortes ; il en venait de Courpière, de Cunlhat. Une miche rapportée à la maison était grande friandise et si quelque mioche avait suivi, il n’était pas content avant qu’on lui ai acheté un michon d’un sou, qu’il croquait avec gourmandise.
En automne, se vendait  aussi les toisons des brebis toutes brutes. On sentait de loin l’odeur du suint.

   Après quoi, on était en bas. La halle au blé, de construction plus récente, présentait un aspect tout particulier : des voitures, des ânes bâtés l’entourait. C’étaient les meuniers qui venaient cher cher les moutures de leurs pratiques. A mesure que l’on avait fait vente, les hommes, dessous leurs blouses, les femmes de leur cabas, vous sortez le sac de la fournée ; on le faisait garnir de seigle par les marchands, dont les sacs s’alignaient entre les montants du pourtour et le meunier l’emmenait.
    Le marché fini, on était à l’aise pour flâner un peu, écouter une complainte que l’on chante sur la place, trouver un camarade avec qui on va boire bouteille à l’auberge. Encore fallait-il quelque occasion particulière comme un mariage à mener. Beaucoup aimaient bien s’en occuper, se mettre «  Bertrand », s’entremettre pour faire connaître garçons et filles, parler aux parents. Ensuite on les invitait à la noce et durant les «  fréquentations » on les menait aux visites.

   Et ceux qui travaillaient en journée chez le monde, maçons et charpentiers prenaient leurs entreprises ; et toutes ces choses se traitent de préférence à une table d’auberge. Une autre grande affaire, l’arrivée de la diligence. Bien avant l’heure, on se massait autour du poste de relais pour voir et interroger ceux qui en descendaient. De près ou de loin, on avait des parents, des connaissances dans d’autres départements ; si on avait la chance de rencontrer quelqu’un de connu, c’était de quoi parlait au village le reste de la semaine.
   Pendant la guerre d’Italie, en 1860, et plus tard en 1870, on venait exprès à Ollièrgues pour en savoir des nouvelles ; les lettres étaient rares, presque personne ne sachant écrire dans les campagnes.

Le marché à Olliergues, Puy-de-Dôme.
  Faire le voyage de Clermont était une grosse affaire. Si on y avait quelqu’un, les fromagers qui y allaient de temps en temps ainsi qu’à Thiers faisaient les commissions. Dans  l’après-midi, les rues, la place se vidaient, les bourricots chantaient, à leur façon, la joie du retour, quand bien même il leur fallait porter leur maîtresse, quelque grosse montagnarde, à califourchon ; et c’était des groupements de gens du même côté qui s’assemblaient pour que le trajet leur parut moins long.

   Bien plus tard, quand eut lieu l’ouverture de la ligne du chemin de fer, en 1885, la ville prit son aspect actuel, avec tout le commerce descendu dans la Grand’Rue. La route la traverse et le passage d’une auto divise les rassemblements de gens au bas du « Pavé » les jours de foire.
   La vieille halle n’existe plus, mais l’esprit, les intérêts, les soucis de ceux d’aujourd’hui sont-ils si différents de ceux d’hier… ?


R.Combe


Sources: L'Auvergne Littéraire, R.Combe, 1934.
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Saint-Roch, en Auvergne.


Saint-Roch.


Saint Roch. pélerinage à chatel guyon

   Pour la fête de Saint-Roch le 16 août : aux Martres d’Artières, on part le matin de bonne heure, à quatre heures du matin ; chacun mène son bétail, même des lapins en panier… à quatre kilomètres du village, près d’une croix en pierre, où sont pendus de nombreux morceaux de pain que le prêtre vient bénir et qu'on donne aux bêtes.
Après la bénédiction de cierges, à la messe on va en procession au lieu-dit la Planche, là on bénit le bétail.
Puis chacun porte les cierges chez soi.

À Vertolaye et Marat, bénédiction du bétail, le curé reçoit en paiement des fromages et des sous : on y va en procession dans l’année, toutes les fois qu'il y a une bête malade. On va à une croix  qui est au milieu de la place.
Pour les personnes malades ont fait la même procession à la croix  de la place, et l’enfant de chœur porte une statue de la Vierge.

Saint Roch.
A Orcet, le jour de la Saint-Roch, les habitants vont chercher le matin des petites pierres dans une carrière qu’ils appellent la carrière de Saint-Roch. Ils les font bénir par le prêtre à la messe, les écrasent, les mettent dans un sachet, qu’ils attachent à une des cornes des vaches.
Chaque vache a son sachet pour la préserver des accidents et des maladies. (En d’autres lieux se sont des petits paquets d’avoine).

A Langeac, une fontaine sainte, est appelée  « Trou de la Mère Agnès », elle se trouve sur la butte : Saint-Roch, qui domine la ville. A l’occasion de la peste de 1630, Sœur Agnès conseilla aux habitants de Langeac de construire sur ce monticule une chapelle sous le vocable de Saint-Roch.


A Boisset, dans le  canton de Maurs en Châtaigneraie Cantalienne, le village fête son saint patron : Saint-Roch le premier dimanche suivant le quinze août. 

Saint Roch.

La vie de Saint-Roch :

   Saint-Roch naquit à Montpellier, en 1280, il perdit de bonne heure ses parents, qui lui laissèrent en mourant une brillante fortune. Roch, après avoir distribué aux pauvres tous ses biens, pris la résolution de se consacrer au service des pestiférés. Il parcourut une partie de l’Italie, pour secourir courageusement les malades de la peste. Mais, de retour en France, il fut arrêté comme vagabond, et jeté en prison, cinq ans après il y mourut, alors âgé de quarante-sept ans. Alors que de nombreux miracles s’opéraient sur son tombeau, pendant le concile général de Constance, la peste désolait la ville où les Pères étaient assemblés ; la pensée leur vint de recourir à l’intercession de Saint-Roch ; on fit une procession où fut portée la statue du Saint, et la peste cessa.

Saint-Roch, saint patron:

  Saint-Roch est le saint patron protecteur et guérisseur des maladies contagieuses, des pestiférés ainsi que des pèlerins, et protecteur des animaux notamment des chiens. De nombreuses corporations en ont fait leur Saint Patron : les boulangers, laboureurs, tanneurs, médecins et guérisseurs, vignerons…
 On trouve dans de nombreuses églises sa statue ou, une chapelle lui est consacrée, sa notoriété va bien au-delà de la France, San-Roque  ou Roqué en Espagne, San Rocco en Italie, Saint-Roch de Québec, etc. etc.
 
Saint Roch.le rocher de saint Flour

Sa légende :

  On dit, qu’il apporta du sein de sa mère une croix rouge sur son corps.
En Italie, ayant  lui-même contracté la terrible peste, il prit le chemin du retour vers la France, très malade, affaibli et défiguré il se serait retirait près de Plaisance. Réfugié dans une grotte au milieu des bois, une source d’eau limpide et vivifiante aurait miraculeusement jaillie tout près de lui. Un jour, le chien d’un riche Gentilhomme nommé Gothard, lui aurait alors apporté un morceau de pain, volés à son maître. Le chien revint plusieurs fois nourrir Roch, mais à force, son maître le suivi et rencontra le Saint, il fut pris d’une grande admiration et devint bientôt son serviteur, allant même quêter en habit de pèlerin, essuyant les moqueries et huées des enfants, et les reproches de toute la noblesse. Gothard finit par abandonner son château, ses amis, et l’élégante société qu’il avait aimée jusqu’alors, dépouillé de tout, ayant donné aux pauvres de la contrée tout ce dont il pouvait disposer, il continua sa vie dans la pratique des vertus évangéliques.
 

La représentation de Saint-Roch :

 
Saint Roch.
   Il est habillé de la tenue de pèlerin de Rome, il porte le signe de la coquille de pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle, à la main le bâton de pèlerin le « Bourdon », la  besace en bandoulière, la cape et le chapeau à larges bords, le chapelet accroché à la ceinture, et signe très caractéristique : un chien portant un ou deux pains, une plaie apparaît de sa jambe qu’il présente en relevant un coin de son vêtement, parfois un ange soigne la plaie.





Statue de saint Roch, église de Chas, Puy de Dôme.
Statue de saint Roch, église de Chas, Puy de Dôme.
Saint Roch, église de saint Quintin sur Sioule.
Saint Roch, église de saint Quintin sur Sioule.


Sources : © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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vendredi 26 avril 2013

Les roches Tuilière et Sanadoire, Puy-de-Dôme.

Les roches Tuilière et Sanadoire.

Les roches Tuilière et Sanadoire, Puy-de-Dôme.
   Dans la vallée de Chaudefour, comme deux colossales gardiens protégeant l'entrée de la vallée du Chausse, les roches dites Tuilière et Sanadoire semblent monter la garde d'une invisible porte.
   Depuis environ deux millions d'années et crées par des remontées de lave sous la surface du sol, elles ne sont apparu que progressivement grâce au travail de l'érosion naturel.

Les roches Tuilière et Sanadoire, Puy-de-Dôme.

Le bloc de gauche est la roche Tuilière, à 1288 mètres de hauteur elle est formée d'une succession de divers type de  roche appelée Phonolite, parce qu'elles émettent un son clair lorsqu'on les frappe. Cette roche magmatique volcanique a aussi le grand avantage de se débiter facilement en dalles ce qui alimenta longtemps les carrières de  lauzes, tuiles plates de lave clouées sur les charpentes des maisons traditionnelles de cette région d'Auvergne.


Les roches Tuilière et Sanadoire, Puy-de-Dôme.
A l'est l'autre bloc est appelé la Roche Sanadoire, ou la Sonnante à cause des grincements et gémissements produit par le vent dans les minces couches ciselées,  d'une  hauteur de 1286 mètres, elle est constituée  aussi de Phonolite et de Trachyte.

Extrait de Voyage en Auvergne, Louis Nadeau, 1862.
Les roches Tuilière et Sanadoire, Puy-de-Dôme.
   "La roche Tuilière, que les aigles ont particulièrement adoptée pour en faire leur séjour, est un roc bizarre et pointu qui représente un grand jeu d'orgues dont les colonnes entrecoupées se succèdent par degrés, à mesure qu'elles s'élèvent vers les sommets. Les paysans viennent en extraire des tuiles naturelles de basalte lamellaire pour en couvrir les toits de leurs maisons. 
   La  roche Sanadoire, sa voisine, est un rocher pointu aussi sur lequel on observe un demi-cadran tracé par des crevasses qui partent d'un centre commun. Elle était surmontée autrefois par une forteresse que le duc de Bourbon prit aux Anglais, et que les habitants du pays s'empressèrent de démolir pour qu'elle ne devînt pas le refuge de nouveaux pillards; car il n'y a pas un lieu, quelque sauvage qu'il soit, où ces pauvres hommes n'aient porté les ravages de leurs armes...! "
"Le sentier qui conduit au sommet est rapide et dangereux, mais les flancs du roc donnent naissance à de si beaux saxifrages, à des géraniums violets si délicats: et puis il est si agréable de voir de haut les précipices qui nous appellent en bas, qu'on se laisse tenter et qu'on grimpe ...! " (fin de citation)
 
Les roches Tuilière et Sanadoire, Puy-de-Dôme.


   Une troisième proéminence appelée la roche Malviale, se trouve au sud de la roche Tuilière.
   Un parcourt de randonnée de quatre heures trente et de 8 km permet d'escalader les deux blocs par des sentiers assez difficiles puis direction le gros dénivelé du  Puy de L'Ouire à 1505 mètres et retour par le Col de Guéry.



Sources: extrait de Voyage en Auvergne, Louis Nadeau.
              Photos: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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Besse - saint Anastaise, la vierge de Vassivière, le lac Pavin.

Besse et la Vierge de Vassivière.


Besse, la Mairie.

   Besse, petite ville située à l’est  et à une lieue et demie des Monts-D’or.
BesseCette ville et la seigneurie qui en dépend, faisaient partie de l’ancien patrimoine de la Maison de la Tour d’Auvergne. Au commencement du douzième siècle, Giraud de la Tour en était Seigneur. En 1270, Bernard et Bertrand de la Tour, frères, accordèrent à cette ville des privilèges et coutumes, à l’exemple de plusieurs seigneurs de ce temps-là, qui, toujours accablés de besoins, vendaient aux bourgeois le droit de disposer de leurs biens à de certaines conditions.
Exemple de privilège :
-« E fi femna molherada cuminal venia à Bessa per putatge, e omque non auria molher, jafia am l’hois, non es tingut ves en Bernar de la Tor. Si hom s’en fuich am l’altrui molher, ni femna am l’altriu marit, non deu Tornar à Bessa, tro que  Sancta Gleisa los y Torn »
C’est-à-dire :
-« Et si une femme mariée, d’un pays de commune, vient à Besse pour se prostituer, et qu’elle couche avec un homme qui n’a point de femme, il n’est tenu de ne rien payer à Bernard de la Tour. Si un homme, s’enfuit avec la femme d’un autre, ou une femme avec le mari d’une autre, ils ne doivent point retourner à Besse, à moins que la Sainte Église les y ramène ».
 

Besse, l'église saint André.
  
Besse, église saint André
  L’église collégiale et paroissiale de Besse est sous l’invocation de Saint-André. Le clergé y est fort nombreux, on y a vu jusqu’à soixante prêtres. Ce nombre extraordinaire d’ecclésiastiques dans une aussi petite ville, vient de la grande dévotion qu’avaient autrefois les habitants des pays voisins à une image de la Vierge, qui faisait, à ce qu’on dit, beaucoup de miracles.

 Un religieux Bénédictin a composé sur cette dévotion un ouvrage fort pieux, qu’il a dédié aux communalistes de Besse. (Histoire de la Sainte-Chapelle de Vassivière, imprimé à Clermont en 1688).
 
Besse, église saint André   Cette image miraculeuse est une petite statue noire qui tient entre ses bras un enfant. (Statuette, due, assure-t-on aux ciseaux de Saint-Luc). Ce petit groupe était autrefois placé dans quelques vieilles masures sur la montagne de Vassivière ; tout à coup on reconnut qu’il opérait des miracles, et le clergé, accompagné du Corps municipal de la ville, vint en procession sur la montagne de Vassivière, qui est à une lieue de distance, porta dévotement la petite figure noire de la Madone, et la plaça à Besse dans l’église de Saint-André.
  

On reconnut bientôt que ce n’était pas sans raison que le peuple attribuait des miracles à cette image de la Vierge, malgré la joie, la dévotion, et l’accueil empressé du peuple, elle ne put s’accoutumer dans l’église de Besse ; la nuit suivante elle en partit, et sut se rendre sur la montagne de Vassivière.

 Les habitants vinrent ensuite la rechercher à  plusieurs reprises ; mais elle ne pouvait abandonner le séjour chéri des montagnes, et chaque fois, invisiblement, elle se transportait dans sa rustique demeure. On raconte plusieurs autres exemples de semblables statues qui, se déplaisant dans une église, en partaient sans façon, pour se retirer dans celles qui leur plaisaient davantage.

Cette résistance de la part de cette petite image augmenta chez les habitants de Besse le désir de la posséder. Ils se déterminèrent enfin à fonder à perpétuité une messe pour tous les mercredis de l’année. Aussitôt  que le Clergé fut assuré de la fondation de cette messe, l’image céda aux sollicitations des habitants, cependant elle leur fit connaître, par plusieurs miracles, qu’elle serait bien aise de ne pas abandonner entièrement son ancien manoir de Vassivière.
 
Vassivière
En conséquence, en 1550, on y fit bâtir une nouvelle chapelle sur les ruines de l’ancienne. Il y avait jadis, en ce lieu, une paroisse qui était ruinée en 1321 et qui, après avoir été rétablie, fut détruite de nouveau par  les Anglais, au XIVè siècle.

       
ND de Vassivière
  
    Cette chapelle rurale, a cinquante pieds de long sur vingt-six de large, en 1555 elle fut achevée, et bénite par Antoine de Senectère, Evêque de Clermont, et agrandie en 1634. 
   Construite à la suite de la guérison de Pierre Get, dit "Sipolis" de Besse, devenu aveugle après s’être moqué de la dévotion de ses compagnons ;  statue de la Vierge Noire, qui, sauvée au XIVè siècle, quitta Vassivière au XVIè siècle pour l’église de Besse, brûlée par la révolution et remplacée par une autre semblable
dans laquelle on a mis les débris de la 1ère, couronnée le 3 juillet 1881 par le Cardinal de Bonnechose, de Rouen, entouré de 5 évêques et de 30 000 personnes ; pèlerinages le 2 juillet  montée de la statue, ou le dimanche suivant (grand dimanche),  et redescente le dimanche après la Saint-Mathieu. ( La Dévalade).

Vassivière, la chapelloune

C’est à Vassivière que la révérende Mére Thomas fut guérie d’une longue paralysie.
 A côté de la chapelle, il y a une fontaine miraculeuse dite : la « Chapelloune ».

Vassivière intérieur chapelle

   Notre-Dame de Vassivière ou Vaussivière, est un hameau de Besse-en-Chandesse, et tire son nom de ces paroles aux incroyants :

-« Per y creire, vas y veire ! »
-« Pour y croire, vas y voir ! »

   Depuis ce temps,  cette image reste l’hiver dans la ville de Besse, et l’été dans sa chapelle de Vassivière. On assure que : "si on ne la transportait pas sur cette montagne, à l’époque fixée, elle s’y rendrait elle-même".
Piganiol, nous affirme :
 «  Qu’il s’est fait à Besse et à Vassivière un grand nombre de miracles si éclatants et si avérés, que le Pyrrhonien(1)  le plus outré serait forcé d’y ajouter foi ».
La dévotion à cette image est pourtant aujourd’hui beaucoup refroidie.

La chapelle de Vassivière, située sur la montagne de ce nom,  est  à peu près à l’ ouest, et à une lieue de Besse, et au bas du groupe des Monts-d’Or, on y trouve quelques auberges.

La montagne  est fameuse pour la bonté de ses pâturages ; les moutons qu’on y nourrit sont excellents.
  
Vassivière, le pélerinage


Besse


Besse


Besse  

 Besse est curieux, parce que les maisons sont entièrement bâties de laves basaltiques. La couleur sombre de cette pierre rend un peu triste l’aspect de cette ville, qui est elle-même fondée sur une masse énorme de lave.


Le lac Pavin

  
Le lac Pavin
    A quelque distance de la montagne de Vassivière, en allant du coté de Besse, on trouve le lac Pavin.
   Ce lac, fameux par les prodiges qu’on lui attribue, se trouve à droite du chemin, et à environ quatre-vingts pieds au-dessus, cette élévation au-dessus de la plaine n’est pas son unique singularité ; sa forme est à peu près ronde sa circonférence est d’environ une demi lieue ses bords élevés forment une enceinte dont l’extérieur, fort escarpé, a depuis soixante jusqu’à cent vingt pieds de hauteur ; la face intérieure de cette espèce d’enceinte, également escarpée, est couverte de verdure ; les bords de ce lac s’abaissent, et laissent une ouverture pour l’issue des eaux qui vont couler dans la vallée de Besse près de cette ville, et se jeter dans l’Allier au-dessous d’Issoire.
   Les eaux de ce lac sont claires, et à travers on voit fort bien le fond qui va toujours baissant vers son milieu, et qui a la forme d’un entonnoir. On ne doute point que l’emplacement occupé par ces eaux ne soit la bouche d’un des plus terribles volcans de l’Auvergne ; ces bords élevés et formés de scories rangées à peu près comme elles ont été lancées par les explosions, prouvent que dans cette vaste excavation les eaux ont été précédées par des torrents de feux.
On ne voit point entrer d’eau dans ce lac ; elle s’y introduit sans doute par des canaux souterrains ; c’est ainsi que sont nourris continuellement plusieurs autres amas d’eau plus ou moins étendus qui se trouvent au sud du lac Pavin.
Selon l’ancienne tradition ; lorsqu’on jetait une pierre dans ce lac, aussitôt il s’élevait un nuage épais qui produisait le tonnerre et l’orage. Sans doute le souvenir de quelques explosions volcaniques a donné lieu à cette croyance. L’étymologie assez naturelle qu’on pourrait donner au nom de ce lac, servirait à appuyer cette conjecture : Pavin peut dériver de Pavens : qui cause de l’effroi !
Ces eaux ne nourrissent aucun poisson, et c’est à leur grande froideur qu’on en attribue la cause.
   On a cru longtemps que ce lac était sans fond, comme on le croyait de plusieurs autres qui sont en France ; on disait même qu’avec cent brasses de corde on n’avait jamais pu l’atteindre : mais ces erreurs viennent toujours du défaut des expériences. En 1770, M. Chevalier, Ingénieur des Ponts et Chaussées, avec une espèce de radeau, s’est transporté au milieu, et après avoir sondé le lac en divers endroits, il a trouvé que la plus grande profondeur était de : deux cent quatre-vingt-huit pieds.
Abel Jouan, dans la relation du voyage que Charles IX fit en Auvergne après l’assemblée de Moulins, parle :
D’un grand gouffre duquel sort ordinairement une grande foudre de grêle et tonnerre qui gâte les blés des vallées ».
Le Père Foderé, dans la Narration de l’ordre de Saint-François, dit en parlant du lac :
-« Ce lac est admirable et épouvantable ; admirable, dit-il, parce qu’il est sans fond, au moins il n’y a personne qui l’ait encore trouver, et d’ailleurs on ne sait d’où l’eau peut venir d’un lieu si haut ; car on n’y en voit point tomber d’aucune part, épouvantable, d’autant que si vous y jetez une pierre, vous êtes assuré d’avoir bientôt du tonnerre, des éclairs, de la pluie et de la grêle ».
Au-dessus du lac Pavin, du côté sud, et à environ un quart de lieue de distance, est une profonde  excavation appelée : Le Creux de Souci.
  Ce creux a neuf toises de profondeur dont il n’y a guère qu’une toise d’eau. Le niveau de cette eau est élevé de cent quatre-vingt-six toises au-dessus de la surface du lac Pavin, on croit même qu’elle y communique, et l’on dit dans le pays, que si l’on jette quelque chose dans le Creux-Souci, on le voit reparaître au bout de quelque temps sur le lac de Pavin.

1)  Pyrrhonien : école de philosophes sceptiques qui doutaient des choses les plus certaines, du grec  Pyrrhon d’Elis.
 




Sources : Description des principaux lieux de France, 
                    Auvergne  Littéraire, 
               Photos: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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jeudi 25 avril 2013

Organisation économique de l'habitat rural Auvergnat.

 l'habitat Auvergnat.


La maison Auvergnate
   Après l’homme, la maison ; après la maison, le village. Commençons  donc par la maison. S’il te venait jamais fantaisie de venir visiter l’intérieur, le « home » de mon paysan, tu vérifierais l’exactitude de l’inventaire suivant :
La maison Auvergnate   A gauche, en rentrant, le dressoir où s’étale une bonne douzaine d’assiettes en grosse faïence, à fleurs rouges ou bleues, et à peu près autant de couverts en fer ou en plomb ; au-dessous sur un banc de pierre, une cruche de grès se versant dans un seau destiné à recevoir les eaux ménagères ; toujours  à gauche, au milieu de la pièce, un large foyer garni d’une lourde crémaillère, et de deux grosses pierres servant de chenets ; autour de l’âtre, trois escabeaux en bois et deux petits bancs adossés au mur dans la largeur de la cheminée ; au fond, le lit à baldaquin, à colonnes torses pour les riches et garni de serge verte ; sur le mur, près du chevet, le crucifix, le bénitier et la branche de buis bénit ; en face, l’armoire en bois de frêne ou de noyer, très-convenablement garnie, l’abondance du linge étant, en Auvergne, le signe le plus certain de l’aisance ; après l’armoire, et à droite, une longue table garnie d’un tiroir profond où se dépose le pain de la semaine ; sur des rayons disposés au-dessus de la cheminée, des « paillasses »(vastes corbeilles en osier), du lard, du salé, du jambon pour l’approvisionnement de l’année ; plus loin, des pains énormes du poids de vingt-cinq livres environ, destinés à défrayer le mois courant ; enfin, au-dessus de la table, et contre le mur, des estampes coloriées représentant le bienheureux Saint Benoit avec sa légende, les quatre fils Aymon et un Napoléon équestre.

La maison Auvergnate
  La maison est ordinairement entourée d’une enceinte en pierre, à hauteur d’homme, ou d’une haie vive.
   Le jardin, qui fait suite à l’habitation, s’étend sur la droite. Les bâtiments se composent : 1) d’une chambre à feu où se tient la famille ; 2) d’une grange, 3) d’une étable qui, en hiver, sert de dortoir ; 4) d’un grenier. La grange est éclairée par des trous pratiqués dans la toiture ; les autres pièces ne reçoivent de jour que par la porte, notre paysan, qui est son propre architecte et assez souvent, son propre maçon, ignorant encore le « luxe » des fenêtres. Les toits sont d’ailleurs invariablement en chaume.
    En face du jardin, à côté du fumier et de la mare fétide que le paysan entretient sous le nom d’abreuvoir, est une petite maisonnette percée d’un jour au levant, et d’où sort un douloureux et continuel grognement ; c’est là que s’engraisse une des spéculations du paysan, qui, deux fois l’an, conduit au marché un porc vigoureux, à la hure puissante, à la membrure énorme.
   Au premier étage de la maisonnette habite, la nuit, sous la protection d’une porte à coulisse, le harem du roi de la basse-cour.

  Dans nos montagnes, l’existence de la maison se rattache intimement à celle du village, par l’application à certaines dépenses du principe de l’association. Ainsi, chaque ménage cuit son pain à un four commun, moyennant une redevance en blé au propriétaire qui se charge des réparations, du chauffage, et de la surveillance qu'exige la cuisson. Les lessives se font également dans une cuve commune, et chacune contribue, dans une proportion fixée d’avance, à la fourniture des cendres.
  
La maison Auvergnate
Enfin la conduite du bétail aux pâturages du Puy de Dôme, où il doit séjourner plusieurs jours, est organisée d’après le même système. Chaque maison doit, à tour de rôle, se charger, sous sa responsabilité, de cette conduite, qui exige, de la part du berger, une attention continuelle, des jambes de fer et une connaissance parfaite des localités sur lesquelles le troupeau devra être dirigé. Le matin du jour fixé pour le départ, le berger, son havre-sac blanc sur l’épaule, le manteau de laine sur le bras, un long bâton à la main, se place au milieu du « Coup-d’Air », et pendant dix minutes environ, crie de sa plus  forte voix :
-«  Mèna lu biu, mena lu biu, lascia la vacha ! »(Menez les bœufs, lâchez les vaches !)
  
La maison Auvergnate
Dans cet intervalle, on voit sortir de chaque maison, pour venir se rallier autour de leur guide et entreprendre avec lui un voyage de plusieurs lieues, tout le bétail que ne réclame pas le travail des champs et que le laboureur veut laisser reposer. Arrivé, à la chute du jour, au pied du Puy de Dôme, le berger choisit les pâturages où il pourra parquer le plus sûrement son troupeau pour la nuit, puis il va chercher un gîte dans une de ces cabanes de paille et de branches d’arbre qu'entretiennent à frais communs, sur le versant de la montagne, les villages qui envoient aux mêmes pacages.



 Sources: Les Français peints par eux-mêmes, 1841.
                  © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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