dimanche 31 mars 2013

Les Rois de France de: l'an 420 à 1610.

Rois de France.


 NDLR:  L'écriture, en vieux François... est parfois un peu difficile et délicate à interpréter mais cette page permet d'avoir un regard global sur cette  vaste période
La liste ci-dessous, des rois de France, est recopiée d'un livre de 1611 intitulé:


" Antiquitez, fondations, et singularitez des plus Célèbres Villes, Châteaux, Places remarquables, Églises, forts, Forteresses du Royaume de France: avec les choses les plus mémorables advenues en iceluy."
 

"Cathalogue de tous les Rois qui ont régné en France jusqu’ à présent 1614.

Adapté aux ans de Notre Seigneur Jésus Christ."



Ans de       Numéro
  J-C          de Roi :


420              1 Héramond, fils de Marcomir a régné :11 ans.

430              2 Clodion, ou Cloyon le chevelu a régné : 25 ans.


Rois descendus de la Race des Merouées.

450              3 Merouée, régna : 10 ans.

459              4 Chilpéric, ou Hilpéric fils de Merouee régna: 24 ans.

484              5 Clovis, ou Luduin selon les Alemans régna 30 ans.

514              6 Childebert, Roy de Paris
                        Clotaire, Roy de Soissons
                        Clodamire , Roy d’Orléans.
.                     Regnèrent ensemble 42 ans

558              7 Théodoric, Roy de Metz.

564              8 Cherebert, autrement Aribert dit Roy de Paris.
                        Chilpéric, Roy de Soissons.
                        Gontran, Roy d’Orléans
                        Sigibert, Roy de Metz.
                       Régnèrent ensemble 15 ans.

578              9 Chilperic, régna seul avec le moyen de Frédégonde sa femme : 8 ans.

586             10 Clotaire deuxième, régna : 37 ans.

632             11 Dagobert, régna : 16 ans.

647             12 Clovis, ou Louys deuxième, du nom régna : 18 ans.

666             13 Clotaire troisième, régna : 4 ans.

670             14 Childeric deuxième, du nom


                    15 Théodoric
                      régnèrent tous deux : 19 ans.

689             16 Clovis troisième, du nom régna : 4 ans.

693             17 Childebert, deuxième du nom, régna : 5 ans.

710             18 Dagobert, deuxième du nom, régna : 5 ans.

715             19 Clotaire, quatrième du nom


                    20 Daniel, dit depuis ; Childeric deuxième du nom
                      Régnèrent ensemble : 5 ans et demi.

720             21 Theodoric, ou Thierry, régna : 20 ans.

740             22 Childéric, troisième du nom, dernier de la race des Merouées,
                         régna : 10 ans.

Roys descendus de la race des Pépins, autrement
des : Carlées, à cause de Charles Martel ou :
Charlemaigne.


750              ? Charles Martel, Duc et prince des François,
                    gouverna le Royaume : 25 ans.
                       
776            23 Pépins le Bref, Fils de Charles Martel régna : 17ans

800            24 Charlemaigne, régna : 40 ans.

840            25 Louys le Débonnaire, Empereur, régna : 27 ans.

878            26 Charles deuxième, du nom , dit : le Chauve, régna :38 ans.


879            27 Louys dit le Bègue, régna : 1 an et six mois.

                   28 Louys, et Carloman, frères bâtards, régnèrent 1an et quelques mois.

881            29 Louyis, dit le Fénéant, 
                       Charles le Gros.
                     Régnèrent : 9 ans.

889             30 Eudes, ou Odon fils de Robert Duc d’ Anjou, régna de 10 à 11 ans


899             31 Charles le Simple, fils de Louys le Begue, régna : 25 ans.


923           32 Raoul de Bourgogne, fils de Richard," neveu" de Louys le Begue
                      de par sa fille,  régna : 13 ans.
             

936             33 Louys d’Outremer, fils de Charles le Simple, régna :19 ans.

954             34 Lothaire, régna : 32ans.

986             35 Louys V. dernier de la race des Carlées, régna environ 2 ans


Roy descendus de la race des Capets.


988              36 Hugues Capet, Comte de Paris, régna : 8 ans.

996              37 Robert, régna : 32 ans.

1028            38 Hanry premier du nom, régna : 33 ans.

1061            39 Philippes premier du nom, régna : 49 ans.

1109            40 Louys le Gros, régna : 29 ans.

1137            41 Louys dit le Jeune, ou le Piteux, régna : 44 ans.

1181            42 Phillipes Auguste dit « Dieu-donné », régna : 44 ans

1223           43 Louys VIII, régna : 4 ans.

1227           44 Saint Louys IX du nom , régna : 15 ans.

1271           45 Philippes III du nom, surnommé : le Hardy, régna :15 ans.

1286            46 Philippes IV du nom, dit le Bel, régna : 29 ans.

1315            47 Louys Hutin X du nom, régna : 18 mois.
                     ( ?) Posthume fils de Louys Hutin

1317            48 Philippe le Long, régna : 6 ans.

1322            49 Charles le Bel, régna : 6ans.

1328            50 Philipes de Valois, régna :23 ans.

1351            51 Jean, régna : 14 ans.

1364            52 Charle V dit le Sage, régna : 17 ans.

1381            53 Charle VI, régna :42ans.

1423            54 Charles VII, régna :39 ans.

1462            55 Louys XI, régna :22 ans.

1483            56 Charles VIII, régna : 15 ans.

1498            57 Louys XII, régna :18 ans.

1515            58 François de Valois, Duc d’Angoulème, régna :32 ans.

1547            59 Henry deuxième, du nom, régna :12 ans.

1559            60 François II, du nom, 1an, tant de mois.(?)

1560            61 Charles IX. Du nom, régna :14 ans.

1574            62 Henry III. Du nom, régna : 15ans, 2mois.

1589             63 Henry IV. Du nom, régna : : 20 ans, 10 mois, 14 jours

1610             64 Louys XIII, du nom, règne à présent heureusement…


Fin

Sources : Description des grandes villes de France, I.de Fontenay (1611), Gallica
               © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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Oeufs de Pâques.

Oeufs de Pâques pour rire.



  Joyeuses Pâques... et Bon Appétit !




Sources: © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
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samedi 30 mars 2013

La Foire d'Aurières, Puy-de-Dôme.

l église d Aurières

Aurières, l'église.



    Aurières, comme beaucoup de villes et de villages, doit son nom à l’or que les Romains avaient peut-être trouvé dans la Sioule qui coule non loin de là. Le fond de la rivière scintille au soleil, mais ce sont des parcelles de mica et maintenant personne ne se préoccupe d’aller chercher  fortune au fond du ruisseau.

   Les Auvergnats, gens pratiques, utilisent un grand pré bordé d’arbres pour une foire, connue de Vic-le-Comte à Bourg-Lastic, le 27 aout, la plus grande le 27 septembre : la foire du chien, ainsi nommée parce-que, raconte l’histoire, une fois y vint seul…un chien.
De loin, on voit le clocher pointu et les toits d’ardoises à mi-chemin entre les Dômes et les Monts-Dores, dans cette plaine balayée par les vents d’ouest, chaque hiver, dit-on, meurt un homme perdu dans la neige. Que l’on vienne de Clermont, où que l’on arrive par la route qui descend du lac Servière, le village affiche toujours une impression de tristesse désolée. Pays de prédilection de la foudre ; même par beau temps, le ciel resté gris fait craindre l’orage, la pluie, les trombes d’eau.

    Dès le lever du soleil les carrioles se pressent sur les chemins, petites voitures nommées très justement « tape-cul », où l’on tient quatre dos à dos dans une caisse posée sur deux roues. Une vieille sorcière, gros tas noir accroupi, se fait traîner par un âne minuscule. Un paysan tire par la longe un veau qui résiste en beuglant ; un autre, pousse devant lui, dix moutons marqués de croix bleues et rouges. Quelques femmes, suivant l’ancienne coutume, vont toutes droites, un panier posé sur la tête.
A l’entrée du village, des autos, des voitures, les brancards levés vers le ciel, bordent la route. Une rue boueuse, étroite, passe entre les maisons, semble sans issue, puis tout d’un coup débouche en plein champ de foire.
La foule sombre remplit les intervalles des tentes rouges. Les croupes jaunâtres arrondies des « Monts Dores » semblent proches derrière la ligne d’arbres. Chaque marchand s’installe où il veut, c’est un désordre extraordinaire.
   Au centre, un semblant de rue traverse les étalages, aboutit sur le marché aux bestiaux où les belles vaches de « Salers » se touchent en une mer de dos rouges frisés et de cornes. Bêtes nerveuses, maigres, bien cornées, moins stupides que les vaches blanches du Nivernais, moins massives que les Charolaises, et plus vives que les Bretonnes.
   Un veau ficelé au ventre de sa mère meugle sans arrêt. Deux paysans la main tendue pour toper l’accord discutent un rabais de 20 francs sur une bête de 3.000. A côté des porcs sont entassés entre des cloisons de bois. Une femme, grande de deux mètres, en tire un par les pattes de derrière, à la mode, avec la taille sous la poitrine, sa grande jupe noire qu’elle relève d’une main et son corsage de soie bleue plissée à longues manches.
    Un gros chignon brun sort sous son chapeau en paille jaune. Elle rit en montrant des dents de cheval au marchand qui la plaisante. Plus loin, un paysan, pour payer de la boucherie, pose une couronne de pain sur un veau coupé en deux. Mangera-t-il ce pain taché de sang frais ?
    Les poulets attachés par les pattes, les canards, les oies, crient dans un brouhaha général que dominent les hurlements d’un chien qui a reçu un coup de pied. Un peu à l’écart, un marchand vend un vieux lit de bois sans style, un autre des chaînes, des courroies. Un camelot, plein de verve, propose : 
« Quatre couteaux de la célèbre marque Pradel de Thiers pour six francs ».
 Les paysans font cercle, muets, tendent leur argent, empochent les couteaux et s’en vont vite avec l’idée confuse d’avoir roulé quelqu'un qui va se raviser et faire payer plus cher.
Un photographe livre dans les cinq minutes un portrait. De jeunes villageoises posent, l’air un peu niais dans leur robe à fleurs, un beau chapeau à cerises sur la tête, le sac pendant au bout de la main ; un sourire prétentieux orne leurs figures boutonneuses.
 
Aurières
La Foire d'Aurières

Attraction :
 « Mac Néro, champion du monde des buveurs d’eau. Entrée deux francs, toujours trente-cinq minutes de spectacle ».

    Vers onze heures, la fatigue pèse aux jambes. Un peu ivres d’avoir trop crié et plaisanté les hommes se dirigent vers les auberges où se concluront encore quelques marchés le verre en main. Les repas sont longs, on se bourre de viande, dédaignant les légumes. A trois heures, on en est aux liqueurs, et le soir, près des villages, des voix avinées chantent dans la nuit : c’est le retour de foire.


Henri Ogier.

Sources: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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La légende de la Pâquerette.

La légende de la Pâquerette.



Fleurs de Pâquerettes
 
Guidés par une étoile, à Bethléem, un jour
Des mages d’Orient, inspirés par des anges,
Aux genoux d’un enfant enveloppé de langes,
Vinrent se prosterner, le cœur rempli d’Amour.

Des bergers, qui paissaient leurs troupeaux à l’entour,
Entendant, dans les airs, des murmures étranges
« Échos des chants sacrés des célestes phalanges »
Dans l’étable en ruine entrèrent à leur tour.

Les trois Mages avaient, l’Ecriture les nomme,
De l’encens pour le Dieu, de la myrrhe(1) pour l’homme,
Et, symbole divin, des trésors pour le Roi.

Les pâtres, pour présents, portaient des Pâquerettes,
Qui venaient d’entr’ouvrir leurs blanches collerettes.
Mais ils avaient au cœur l’Amour avec la foi.

Aux pieds du nouveau-né, l’un des Mages s’empresse
De brûler son encens aux suaves senteurs ;
Le Roi Gaspard répand la myrrhe avec largesse ;
Melchior fait briller l’or aux fauves lueurs.

Les bergers, à genoux, voyaient avec tristesse
Cette adoration, et l’œil mouillé de pleurs :
«  Ces Rois » se disaient-ils « vont, avec leur richesse
«  Nous faire oublier, nous, qui n’avons que des fleurs ! »

Comme s’il eût compris cette pensée amère,
L’enfant pousse du pied une superbe aiguière,(2)
Prends une fleur des champs, la baise, et puis s’endort.

C’est depuis ce jour-là, que l’humble Pâquerette,
Autrefois toute blanche, a, sur sa gorgerette,
Une Auréole rose et l’étamine d’Or.
 
 

-1) Myrrhe : Gomme de résine aromatisée, parfum aux multiples pouvoirs.
-2) Aiguière : petit récipient avec un bec et une anse pour porter de l'eau, vase, pichet.


Sources : Ce que disent les fleurs, Antonio Spinelli.
                 Photo: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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Les Fleurs du Magnolia.

  Magnolia.

Fleur de Magnolia


« Dites lui que
je pense à elle,
Dans un grand champ de Magnolias.
Et que si toutes les fleurs sont belles,
Je me brûle souvent, souvent les doigts,
Des Magnolias par centaines,
Des Magnolias comme autrefois.
Je ne sais plus comment faire,
Les Magnolias sont toujours là. »

(Etienne Roda-Gil, Claude François 1978)

  
Fleur de Magnolia




« Il en est ainsi des roses et des fleurs du Magnolia, qui n’offrent jamais d’odeur plus enivrante, de coloration plus forte qu’à l’instant ou la mort y projette ses secrètes fusées et nous propose ses vertiges. »

(Charles Cottet)


Fleur de Magnolia


 Sources: Photos: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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vendredi 29 mars 2013

Issoire, Puy-de-Dôme, panoramique de la Tour de l'horloge.

Issoire, puy de Dôme.


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jeudi 28 mars 2013

Vulcania, feu d'artifice 2012.

Vulcania 2012.


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Sources: © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.

Harlem-Shake Université d'Auvergne.


Auvergne, université.




Sources: © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
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Le Paillon, fromage de saint Nectaire, Puy-de-Dôme

Fromage d'Auvergne le Paillon de saint Nectaire.


CPA saint Nectaire, Puy de Dôme.
Saint Nectaire.
    Saint Nectaire appelé autrefois « Senneterre » ou «  Senectère » est connu pour ses sources mais également pour ses fromages.
   Dès 1666 Henry II de Senectère fit la promotion  des fromages réputés alors à la cour de Louis XIV pour leurs goûts et leurs qualités. C’est  grâce à l’acharnement de Pierre Boyer qui incita les producteurs à ne fabriquer que des fromages de hautes qualités avec le moins de défauts possibles,  qu'en 1955 l’appellation «  A-O-P : Saint-Nectaire Fermier » récompensa enfin les efforts des producteurs.
    De nos jours, la zone A-O-P est sur un vaste territoire volcanique  à une altitude minimale de 750m, et, limitée à 70 communes des Monts-Dore d’Auvergne,  sur une superficie de plus de 183.000 hectares.
   La fabrication est effectuée au sein même de cette zone, avec le lait cru ou pasteurisé  d’un même troupeau et aussitôt après les traites du matin et du soir. 
   L’affinage se fait comme par le passé, en caves traditionnelles sur bois d’épicéa et sur paille de seigle avec une durée minimale de 28 jours.

Le Paillon, fromage de saint Nectaire, Puy-de-Dôme.
 
   « Le Paillon » est un fromage à pâte pressée non cuite, au lait pasteurisé, il se distingue  par sa croûte naturellement fleurie  grise orangée recouverte de nombreuses moisissures blanches, grises ou rouges, la présence de brins de paille et les traces incrustées dans sa croûte pendant l’affinage , sont la garantie d’un travail respectueux de la tradition.

Le Paillon, fromage de saint Nectaire, Puy-de-Dôme.

  Son goût est plus savoureux et plus franc que le « fermier » malgré la couleur presque blanche de sa pâte souple et collante, mais fondante et riche en saveurs florales et campagnardes.
   Le fromage de Saint-Nectaire anciennement appelé "le Vachard" mesure 21 cm de diamètre, et 5 cm d’épaisseur pour un poids de 1,7 kg environ.



  Sources: Photos: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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mercredi 27 mars 2013

Le serment de Pierrounet.


 

Pierrounet le tueur de cochons d'Auvergne.


Pierrounet
   Nanetoune, je m’en vais saigner le porc de Grabier !
Et sur cette laconique déclaration, Pierrounet le tueur de porcs, laissant sa femme au coin du feu, quitta la ferme des Prats-Riches.
    Le jour commençait à poindre derrière les sapins givrés d’Algères et dans la « Charreire » grise, les plaques de glace luisaient.
Tout en s’aidant de sa canne ferrée, Pierrounet arquant les jambes, se mit à descendre dans la vallée.
De temps en temps, il interrompait sa marche prudente, sortait de

Les Gafain, de Chalinargues, Cantal.

Les Gafain.

  
    Les Gafain habitait le village de Chalinargues.
  Un toit de chaume très incliné et dont les brebis mangeaient les bords, couvrait leur maison de pierres basaltiques.
Le Gafain, paysan au visage terreux, cuit par le soleil, au corps engoncé dans des habits de velours trop larges pour lui, ne reculait pas devant le travail. Il rétrécissait le cours d’un ruisseau pour gagner quelques mètres carrés, apportait la terre d’un champ dans une côte exposée au midi, pour élever des paliers. Il représentait le type avare du paysan.
La Gafaine, elle, travaillait avec ardeur : soignant les poules, les lapins, deux cochons, un pour le saloir, un pour la foire, et cuisinait une soupe épaisse.
Un matin, la paysanne se sentit malade. On a beau être solide, le corps se détraque à porter des fardeaux. La femme se fit moins vaillante, mais travailla plus qu’elle n’aurait dû. Elle se levait à huit heures et besognait.
    L’été avançait ; la terre réclamait des bras pour faucher le regain, le retourner, l’engranger. De nouveau la Gafaine se leva au chant du coq, son mari ne voulait pas prendre d’aide.
-« Ça mange tout le bénéfice, ça vous ronge les sangs…Il faut toujours les pousser au derrière. »
Tout alla bien pendant quelques jours, mais la Gafaine prit froid en coupant les blés. Elle ressentait de violentes courbatures et se recoucha.
Les voisines venaient la voir :
-« C’est de l’usure, disait-on, la poêle se perce à force de servir. »
    L’époque du labourage arriva. Maintenant la Gafaine se reposait presque toute la journée dans un vieux fauteuil, ne le quittant que pour préparer avec des gestes lents et maladroits, les repas de midi et du soir.
Avec ses bœufs, Clermont et Tonnerre, le Gafain labourait. Un matin, après s’être habillé et avoir mangé un reste de soupe, il dit à sa femme encore couchée :
-« Tu feras un morceau de lard, je reviendrai à midi. »
Il partit, guidant ses bœufs vers les champs. Clermont et Tonnerre tiraient hardiment, ça et là les corbeaux volaient en croassant. Quand le soleil ne dessina plus que des ombres minuscules, le paysan revint à son logis.
Pour la première fois, rien n’était prêt. Le pain traînait sur la table, le lard séchait dans le tiroir, dans l’âtre pas la moindre braise. Il regarda sa femme : elle dormait la drôlesse. Alors il se fâcha.
    Quoi, il travaillait depuis six heures sans rien dans le ventre, il trimait derrière la charrue, un pied dans le sillon, l’autre sur la chaume, tandis qu’elle restait à flâner entre les draps, ! A lui seul il conduisait la maison et on ne voulait pas l’aider, pas même préparer la soupe ! On allait bientôt le laisser crever de faim. Ah ! non, ça n’irait pas plus loin…
La Gafaine dans son lit, la face vers la muraille ne répondait pas. Elle ne se plaignait point.
Après avoir grommelé, l’homme s’emporta. On le prenait pour un Jean-Foutre, on lui tournait le dos quand il parlait ! Le chien bientôt se moquerait du maître !
Brutalement, il s’adressa à sa femme :
-« Qu’as tu fais ce matin ? Rien ! …Encore moins qu’hier… tu n’as pas mis de l’eau sur le feu, avec du lard et des choux…Pas de soupe chaude en rentrant…Je m’use à ce travail, tu entends !…Est-ce que je suis malade, moi ? Je vais me coucher, la besogne avancera seule…Tous les médecins sont des diseurs de bonne aventure…Mon pied ou je pense ferait mieux l’affaire !… Réponds quand on te parle !… Tourne toi !… Montre ta tête ! …
Il l’insultait maintenant. Mais obstinément la Gafaine restée la face comme collée au mur.
-« Alors quoi ? Tu ne veux pas répondre ? Tu fais la tête ? … Eh bien à ton aise ! … ».
    Le balancier rythmait l’heure, un chat sauta sur la maie et dehors un coq chanta.
Le Gafain se mit à table, tira une assiette, se coupa du pain, une lichette de jambon, de la fourme, emplit au tonneau de piquette le pichet et mangea.
Entre deux bouchées, il se retournait vers le lit, où, sous les grands rideaux de cretonne à fleurs, sa femme reposait.
-« Tu ne veux pas manger ? … Eh bien, soit ! … ».
Quand il eut terminé, il se leva, alla jusqu’à la porte, et du seuil, cria :
-« Dort bien ».
Dehors il eut froid. Poussant les bœufs, il se hâta vers le champ et, de nouveau, le soc et le coutre fendirent la glèbe. Il travailla nerveusement, les bœufs firent de fréquents écarts et ses mains tremblaient quand il traça le dernier sillon.
-« Non, réfléchissait-il, la Gafaine doit être très malade, il faudrait aviser. Si elle allait mourir.. ? Il redescendit vers son logis la tête lourde, les jambes molles.
Devant la porte de sa maison, un ami l’attendait. Dès qu’il fut à distance de voix, il demanda :
-« Et votre femme, Gafain, comment va-t-elle ?
-« Bien mal, bien mal. »
Ils entrèrent le cœur serré.
-« Ça sent drôle » dit l’ami. Il toucha la main de la Gafaine : elle était froide. Alors il pencha sa tête vers la poitrine de la vieille, puis il se releva pâle :
-« Elle est morte, dit-il en promenant lentement sa main sur le front du cadavre. »


La vie s’était enfuie depuis l’aube…
 
Raide, le Gafain regardait la scène sans comprendre.

 


Sources : Auvergne Littéraire, Jean Bouchary, Gallica
                  © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
 

Braves noms Ambertois, Puy-de-Dôme.

Ambert.



Ambert, Puy-de-Dôme.
Ambert, Puy-de-Dôme.

Tourlonias, Quiquandon, Chanteloube, Pichoir,

BraveBraves noms Ambertois.




Tourlonias, Quiquandon, Chanteloube, Pichoir,

Braves noms Auvergnats que l’étranger dédaigne ;

Chacun d’eux, est un fruit savoureux du terroir,

Sous ses piquants, une châtaigne.


Et quand, les déchiffrant, Poutignat, Molimard.

Devant l’auberge ou bien la boutique aux fromages,

Un poète survient, l’œil quêteur, il repart

Avec une aubaine d’images.


C’est le jardin public, quoi donc ! Si près des bois ?

Où les jeux des gamins pressés autour d’un buste

Et juchés sur le mur, seuls, jaillissent parfois

Du silence glauque et vétuste.


La place du marché : des groins reniflant,

Hors des cages, fleuris en roses indiscrètes,

La plaintive douceur des veaux, flanc contre flanc

Liés aux brancards des charrettes.


En l’ultime quartier tortueux du Passé,

Les regards des logis dont la façade obèse

A l’air d’un paysan, le dimanche engoncé

Dans une blouse qu’on empèse.


Monté vers le parvis, un grave char à bœufs

De son odeur de foin, il encense l’église

Absorbant la clarté des lointains verts et bleus

Et plus blonde encore que grise…


Chartoire, Moneyron et Tite-Matichard !

Toute la ville tient dans ces syllabes rudes

Et le profil, trop grand pour l’âme et le regard,

Des montagneuses solitudes.


De même qu’un enfant mange au creux de sa main,

Trouvaille du sentier, la fraise ou la framboise,

Le poète gourmand se délecte en chemin

De cette récolte patoise.


                                                 Marie-louise Vignon, Ambert, 1922


Sources : Auvergne Littéraire, Gallica
                 © Alain Michel Regards et Vie d'Auvergne.
               Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.
   


s noms Auvergnats que l’étranger dédaigne ;
Chacun d’eux, est un fruit savoureux du terroir,
S

Le Bougnat Charbonnier.


  Le Bougnat d'Auvergne.


le Bougnat Charbonnier.


Il vient de la Lozère, de l’Aveyron ou du Cantal.
   Il a les yeux bruns, la peau brune, les cheveux bruns.
   Les premiers brouillards froids d’octobre l’amènent à Paris. Dans un réduit sombre, sans air, où voltigent les dangereuses poussières de charbon, il trie l’anthracite, le belge, l’anglais, celui de la Ruhr le « flambant », les boulets, et prépare méticuleusement les sacs de cinquante kilos.
    Puis, le chef couvert d’une grosse toile et portant son lourd fardeau, il parcourt les rues du quartier et monte des étages et des étages. Ses fortes semelles cloutées claquent sur le bitume et dans l’escalier des maisons modestes.
Il arrive au cinquième étage, point essoufflé.
-« Bonjour, c’est le charbonnier »
Et il pose là sa charge. Délicatement.
Si vous lui offrez un verre, il s’excuse :
-« Merci, j’ai trop l’occasion… »
    Et puis, il a encore un grand nombre de fois cinq étages à monter : le temps presse et il ne veut pas avoir le souffle court, ni les jambes lourdes.
Demandez-lui d’où il est.
 D'Auvergne », vous répondra-t-il.
-« Mais de quel endroit d'Auvergne ? »
  Du Cantal ! Vous connaissez ? »
Dame, il se méfie ! Il n’est point bavard. Mais si « l’on connaît », sa figure s’éclaire :
-« Adounca, moussur, parlas patois ? »
    Et la prochaine fois, quand il vous livrera l’anthracite, il vous dira, à mi-voix, d’un air entendu :
-« Je vous ai mis "de  la bonne " ! »
Vous avez un ami de plus ; 
    Quand il s’éloigne, son pas redevient léger et, trois marches par trois, il « dégringole » l’escalier, le sac vide sous le bras. Un saut marque chaque étage : boum, boum, boum. Troisième étage, deuxième, premier…
    Lorsque vous le rencontrez dans la rue, il ne vous voit pas ; il ne voit que le trottoir, sa tête étant inclinée par le poids du fardeau qu'il porte sur sa nuque. Il a l’air, avec son capuchon de toile grossière fait d’un vieux sac, d’un pénitent noir, tout noir, de peau, de cheveux, d’habits. Seules ses dents font  une jolie tache claire dans son visage : confetti blancs dans un bol d’encre.
 
le Bougnat Charbonnier.

    Quand les beaux jours sont revenus, il retourne au pays où les travaux de la terre l’attendent.
Il a l’air heureux.
Et il l’est.
Ses vêtements sont propres, sa peau claire, ses cheveux bien peignés ; il est méconnaissable.
    Et, dans une poche de son portefeuille, dorment bien sagement des billets de banques pliés avec soin qu'il rapporte à la vieille maman ou à la jeune épouse, restées là-bas, quelque part, dans la Lozère, l'Aveyron ou le Cantal.


le Bougnat Charbonnier.


Sources: Auvergne littéraire, 1934.
                © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
          Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.
 

mardi 26 mars 2013

Les Femmes- Fées de Montjuzet, Puy-de-Dôme.

Montjuzet, Clermont-ferrand.

Les fées de Montjuzet à Clermont-Ferrand


Au pied de Montjuzet, dorment les Femmes-Fées.

Je les revois le soir, de verveines coiffées
Et leurs beaux cheveux blonds flottant sur leurs épaules
Cheminant à travers les chênes et les saules.
Parmi les bouleaux blancs, pâles visions blanches,
Elles s’en vont sans bruit et glissent sous les branches,
Lorsque la nuit étend au loin ses voiles sombres.
Elles passent dans la forêt, comme des ombres.
Leur troupe vaporeuse à la brume se mêle
Et le brouillard léger les frôle de son aile.

Lentement dans la nuit, passent les Femmes-Fées.

Leurs robes aux longs plis richement agrafées
Se gonflent sous la brise ou traînent sur la mousse.
Le vent souffle et je crois entendre leur voix douce
Chantant Esus, le dieu dont la droite féconde
Brisa l’œuf de serpent et fît naître le monde,
Esus devant qui, Dis fait jaillir la lumière,
Aux pieds de qui, Tarann gronde avec le tonnerre
Et dont Teutatès, prompt à partir dès l’aurore,
Transmet à l’univers la parole sonore.
Au pied de Montjuzet, chantent les Femmes-Fées.


Les fées de Montjuzet

Escortant la prêtresse et portant des trophées,
Elles disent le nom d’Esus qui les contemple
Et gravissent le mont que domine le temple.
Autour du mont sacré défile le cortège.
Il s’enroule à son flanc, comme un ruban de neige,
S’éloigne et disparaît…Dans la nuit taciturne,
On entend que le cri de quelque oiseau nocturne
Ou du vent qui gémit les plaintes étouffées.


 
Les fées de Montjuzet




Au pied de Montjuzet, dorment les Femmes-fées.












Sources : Poèmes d’Auvergne, Gabriel Marc, Gallica
                 © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
Le blog de ceux qui aiment l'Auvergne, et de ceux qui ne la connaissent pas.


 

Description de la région d'Auvergne en 1611.

L'Auvergne en 1611.


carte de l'Auvergne, vers 1660

Le texte ci-dessous est tiré d'un livre de 1611 intitulé:


" Antiquitez, fondations, et singularitez des plus Célèbres Villes, Châteaux, Places remarquables, Eglises, forts, Forteresses du Royaume de France: avec les choses les plus mémorables advenues en iceluy."

L'écriture, en vieux François... et parfois un peu difficile et délicate à interpréter mais cette page permet d'avoir  une image de notre belle région d'Auvergne à l'époque. 

    " L’Auvergne, était jadis région séparée en faisant un peuple particulier à lui, depuis que les Romains « l’envahir ». Elle est mise au dénombrement de l’Aquitaine, à cause qu’elle est entre Loire et la Garonne.
Ce pays est divisé en haut et bas. Celui qui est en la campagne s’appelle Limaigne, et l’autre le haute Auvergne.
Le pays d’Auvergne est limité au levant du pays de Forez et Lyonnais, et est posé vers le Midi entre Velay et Gévaudan, au septentrion il est enclavé entre le Bourbonnais et la Marche Limousine : comme encore le haut Limousin sert de limite à l’occident.

    Les Auvergnats sont vrais Gaulois d’origine, sans rien dissimuler, et à présent composés du sang, Goth et Romain.


    L’an cinquième du règne de Childebert, la région des Auvergnats fut affligée, et tourmentée de grands et étranges déluges : de sorte que par l’espace de douze jours, il ne cessa de pleuvoir abondamment : et le fleuve de Lyman déborda tellement qu’il empêcha plusieurs d’ensemencer leur terre.
Ce pays est ainsi appelé, selon l’avis de quelques-uns uns, du limon et terre grasse, ou comme soutiennent les autres, du mot : Alimonia, qui signifie nourriture, à cause de sa fertilité, ou finalement est dit : Limagne, à cause du fleuve:Liman qui se rend dans celui d’Allier.


De la ville de Clermont.


    Clermont est la capitale d’Auvergne fort renommée, belle et de grande antiquité, et s’appelait anciennement : Gergovie, et était de beaucoup plus grande étendue qu’elle n’est à présent : comme l’on voit par les ruines et vestiges des antiques bâtiments, qui encore apparaissent demie-lieue à l’entour, comme : médailles de toutes espèces de métaux, colonnes, chapiteaux, corniches, et bases de colonnes anciennes.

    Or cette ville est située au bout du plat pays sur le haut d’un coteau, d’où sortent plusieurs ruisseaux. Non loin de celle-ci, à savoir auprès de la citée, qui est séparée de la ville, on a trouvé plusieurs antiques tombeaux entre lesquels il y en avait un, sur lequel étaient ces mots : 
« IVLIA  PAVLINA  TITILA-BIENI  VXOR ».

    Au lieu où sont ces vieilles ruines, où était proprement la citée de Gergovie, l’on voit encore des voûtes souterraines, par lesquelles on pouvait aller plus d’une lieue sous terre, mais avec clarté. On n’y peut aller à présent à cause que l’eau y dégoûte du haut du roc. En ce lieu on tient qu’était campé : César, mais quelques-uns uns font d’opinion qu’il était fait auparavant.

    L’église Cathédrale de Clermont est dédiée à l’honneur de la Vierge Marie, et fut premièrement bâtie par S.Martial.
    Le premier évêque de Clermont fut S.Austremoine, qui fut disciple de notre Seigneur. Le quatorzième évêque de ce lieu fut Sidonie Apolinaire, très docte personnage, du temps des Goths. Au devant de la maison Episcopale de Clermont, on voit une des plus belles fontaines de Gaule, laquelle est conduite d’un lieu nommé Royat, qui est comme une source, des ruisseaux et fontaines arrosant la ville, et le pays voisin.

    Il y a des Couvents de Jacobins, Cordeliers et Carmes. Il y a en outre une église nommée Notre Dame du Port, premièrement fondée par S. Avit, détruite par les Normands et rebâtie par : Sigon Evêque d’Auvergne.
Au-dessous de cette église il y en a une souterraine, aussi grande et spacieuse que celle d’en haut. Il y a plusieurs autres belles églises, et un somptueux Hospital fondé par Guillaume du Prat Evêque de Clermont. En outre est une belle Abbaye de S. Allire qui était cinquième évêque d’Auvergne. Ces monastères, jadis, étaient enclos dans la ville, mais les guerres ayant tout ruiné de temps en temps, la ville a été et réduite en plus petit circuit ; et sont à présent ces églises et Monastères hors de l’enclos.


    En l’Abbaye de Saint-Allire est le tombeau de deux amants, dont Grégoire de Tours fait mention au livre de la gloire des confesseurs. Au-dedans de cette Abbaye passe un fleuve jadis nommé : Scatéon, maintenant : Tiretaine, sur lequel est un merveilleux pont de pierre naturelle, fait de l’eau d’une fontaine, qui s’endurcie en pierre, non sans étonnement des grands et admirables effets de nature, laquelle fontaine est loin de la susdite rivière de 300 pas. Le susdit pont a trente brasses de longueur et six d’épaisseur, et huit de large. Cette fontaine est dite : salée, et est alumineuse, et dépend de l’Abbaye, qui est fort magnifique, ayant de belles tours et défenses, comme un château, et y sont plusieurs colonnes, sépultures, et autels de marbre et de « iaspe » de diverses couleurs à la mosaïque. En celle-ci est la chapelle de S. Venerand, où les corps de plusieurs martyrs et Saints personnages.


    Aux faubourgs de Clermont sont encore le Prieuré de St. Bonnet, et hors la porte : St. Pierre, un monastère de religieuses, et un vieil édifice, nommé la tour des Sarrasins.
En un autre bourg est l’Abbaye de St. André jadis Prieuré, où est un tombeau clos et couvert de cuir rouge, qui est plein d’os d’une démesurée grandeur, et tient-on que ce sont les os des premiers fondateurs de ce Prieuré.


    Non loin de cette place est le village de Chamaillères (Chamalières), jadis faux-bourg de l’ancienne cité d’Auvergne, où il y a une église fort ancienne dédiée à Notre-dame et fondée par S.Tècle. En outre est le Prieuré S.Marc, en un vallon, où il y a deux bains, l’un d’eau calcineuse , l’autre de sulfurée, et au-dessous une fontaine, ayant goût de vin, mais fort mauvaise à boire. A chamaillères est encore un vieux château, que l’on dit avoir été à Gannelon.


  A Clermont se fait du meilleur papier de France tant à écrire qu’à imprimer.


    Deux conciles ont été tenus à Clermont, l’un provincial en l’an de notre Seigneur 540, où assistèrent quinze Evêques de Gaule, l’autre général, l’an de grâce : mil nonante cinq, par autorité du pape Urbain 5, natif du Limousin. Les états furent tenus en cette ville sous Charles Cinquième l’an trois cent septante quatre.


    Près Clermont, est une petite montagne (Crouel) où le bitume coule comme d’une fontaine, noir au possible et gluant.


De la ville de Riom et Autres.


    Riom deuxième ville de Limagne, est riche et opulente, dite en latin : Reoticum, située en la fertilité du pays, en laquelle il y a Cour de Présidiaux établie par Henry 2 du nom, et est la sénéchaussée du bas Auvergne. Du Présidial de Riom dépendent les sièges de Montferrand, une des belles villes d’Auvergne :où il y a : Cour des généraux pour les finances, après sont encore:Combraille Montaigu, Aigue-Perse et Mompensier appartenant a la maison de Bourbon.


    Les autres villes de Limaigne sont : Bilhon, et Issoire, Brioude, Anzeon, Langheac, S.Germain, S.Lambron, Aigue-perse, Eubreusle, S.Poursain et Cusset, qui sont avec les susnommées treize villes en nombre, sans d’autres villes et gros bourg, villages ; et châteaux, appartenants à plusieurs grands Seigneurs, comme : Montaigu, Mommorin, Monguacon, Entraigues, Chazeron, Randan, Ravel, Fontauilles, et autres.


    La source du fleuve Allier est quatre lieues au-dessous de Brioude, et passe près d’Uson où l’on trouve une belle mine d’or et d’azur.

    La haute Auvergne a pour ville capitale S.Flour, qui est un Bailliage et siège présidial, située sur un haut lieu élevé, est entaillé tout à plomb. C’était jadis un Prieuré fondé par les Sieurs de Bréfons l’an mille trois cent deux S.Flour fut érigé évêché par le pape Boniface 8. L’autre ville principale de la haute Auvergne est : Orilhac, qui est un siège ancien du bailliage, y a Cour de Présidiaux, d’ou dépendent les sièges d’Orilhac, S.Flour, Carlat et Murat, avec les villages de Salers, Mauriac, S.Martin de Marmarons, et autres qui n’ont autre trafic que du bétail qu’ils nourrissent. Les montagnes de Cantal, en Auvergne, sont perpétuellement chargées de neiges à cause de leur hauteur.

    Pont-Gibaut, est une petite ville à quatre lieues de Clermont, ayant près d’elle un village nommé : Rore, là est une mine d’argent abondante.


    Dôme, est une montagne fort plaisante, à une lieue de Clermont et des plus hautes de la France, fertile en pâturage, et simples, autant exquis que médecin pourrait souhaiter, au sommet de laquelle on voit encore plusieurs ruines et fondements, qui font paraître qu’il y eut jadis quelques somptueux bâtiments, il y a aussi les montagnes de Frumental, la Védrine et le Girene.

    Près du mont Cosme, lequel est aussi fort estimé, est un lieu nommé : la Cherre, où est une fontaine, qui est glacée durant les grandes chaleurs de l’été, et lorsque l’hiver est plus violent, elle dégèle, et est chaude, sortant de celle-ci des fumées et exhalations, comme une fournaise.


    Le Mont d’or, abonde en fontaines, de l’eau desquelles sort la rivière de :Dordonne. Il y a des bains fort salutaires en cette montagne.
Près ce mont, est la ville de : Besse, à demie lieu de laquelle on voit un lac de grande étendue, et presque au sommet d’une montagne, duquel on a peu trouver le fonds, et est fort admirable à voir, et encore plus effroyable, car si l’on n’y jette quelque pierre dedans, on se peut tenir bien-tôt assuré, d’avoir du tonnerre, des éclairs, pluies et grêles.


    Non loin de là est un creux ou abîme nommé : Soucis, rond à son ouverture, sans fonds qu’on ait peu trouver, presque pareil au précédent.


    En ce pays est la Chapelle de Voisinères, ou se font de grands miracles.


    Il y a aussi en ce pays une fontaine dite:Vichy, l’eau de laquelle est naturellement chaude ayant sans cesse de gros et assidus bouillons d’où vient qu’auprès y a des bains souverains en Avril, May et en Septembre.


    A Chaudes Aigues qui est à dix lieues de S.Flour, il y a de pareils bains et fontaines.


    A Roche-Dagou, qui est aussi à dix lieues de Clermont en un village ainsi appelé, se trouve des pierres pareilles aux diamants et forts admirables.


    Au bas des montagnes qui tirent vers la Limaigne, est un étang nommé: Montoeil Degelat, du nom d’un village ou il est, ayant des sablons, et arenes luisant comme or limé, duquel les financiers se servent sur leur écriture, l’eau duquel étang est très claire.

    Le Pays d’Auvergne illustré des Abbayes qui suivent : La Chaize Dieu, Saint Allire, Saint André, Mont-Peiroux, le Boucher, Mauriac, Champoing, Saint Gilbert, Ebruelle, Tiers, Yssoire, Menat, Maulieu, Feniers, et Bellaigne.


    Les religions des Dames sont : Cusset, Beaumont, Lavoine, Mégemont, Lésclache, Corpiére.
    Les Prieurez plus fameux sont : Saucillanges, Saint Poursain, les Célestins, Augeroles, Montferrand, Sauvigni, de Ris, Cullat, la Chartrouse, et Morissac."


  Sources: Description des villes de France, 1611, Gallica
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