jeudi 20 juin 2013

le Roy François 1er en la bonne ville du Puy en 1523.


François 1er au Puy, Haute-Loire.



Le Puy, l eglise st Laurent et le rocher Corneille

  Or, ladite ville qui toujours a été bonne, entière et loyale à la noble Couronne de France, sentant le vouloir du Roy et sa venue prochaine se mirent à marteler et exécuter les négoces et besognes concernant la réception dudit seigneur, tant en ornements et décorations  de cette ville qu’en histoires, échafauds, bandes, livrées tant de gens de cheval qu’à pied, festons, armoiries, dictons, peintures, harnais, artillerie et force provision de mangeaille ; chacun se mit selon sa faculté, à son devoir.

Polignac
  Le jeudi 17 juillet, le Roy coucha à Allègres et le lendemain,  vendredi 18  dudit mois, vint dîner au château de Polignac, et environ quatre heures après-midi arriva au Puy.






Une estrade à la Porte Pannessac.

   
Le Puy la porte Pannessac
  Le Roy entrant dans le dit boulevard, entre deux portes, trouva à sa main droite un échafaud bien tapissé et ordonné où il y avait douze petits garçons et douze petites filles, âgés le plus vieux de huit à neuf ans, accoutrés tous en bergers et bergères de fin taffetas de diverses couleurs, et qui dansaient joyeusement au son d’une « Chevrette » et d’orgues dont jouait une  de ces petites bergerettes, ayant houlettes, flageolets, panetières, arbres, feuillées, moutons et brebis : ce qui fut assez récréatif…
  Et le Roy voulant passer outre, lesdits bergers et bergères cessèrent de danser  et se mirent à crier bien hautement :

 Vive le Roy ! Vive le Roy ! » 

Les consuls reçoivent le Roi.

 
Le Puy la cathédrale
  Le Roy, entrant dans la ville, trouva les rues tendues par-dessus de fines toiles blanches, à festons pendants sans nombre, liés autour des couleurs du Roy, et tournoyant au vent de chaque côté, où étaient les armes dudit Seigneur et de messeigneurs ses enfants avec des FF couronnés et des salamandres ; et les portes des maisons étaient couvertes et décorées de nobles tapisseries.
  Ici fut apprêté le poêle sous lequel se tenait à cheval monseigneur le Grand Ecuyer, portant l’épée d’armes du Roy pendant à une ceinture en écharpe, le tout semé de fleurs de lis d’or, et il disait que s’était à lui qu’il appartenait de se tenir sous ledit poêle jusqu’à ce que le Roy y entrerait : ce qu’il fit.
   Et là, les seigneurs Consuls couvrirent le Roy dudit poêle qui était de fin velours cramoisi, à grandes armes de France, par dedans, au ciel dudit poêle de fine broderie d’or, avec l’Ordre, et autour des pendants, fleurs de lis de même et des FF couronnés, et les bâtons couverts et armés dudit velours jusqu’au bout.

Le cortège Royal arrive à la Cathédrale.

 
  Le Roy, après, s’en monta jusque vers la porte Saint-Jean, toujours les seigneurs Consuls portant le poêle où il trouva l’église en procession, revêtus de nobles chapes de drap d’or, tenant le circuit jusques à la maison de la Prévôté. Et là, il descendit pour entrer dans l’église. Et, à l’entrée, il trouva un long dressoir bas, à beaux carrés de drap d’or, et là se mit à genoux, et le Seigneur Doyen de céans lui donna l’eau bénite et à baiser la Sainte-Croix.
Il entra en l’église, et par le chœur vint devant l’image de Notre-Dame, et, là-dedans, il trouva un lieu moult noblement ordonné, et par-dessus un pavillon de drap d’or, et là fit son oraison. Et, cependant, fut chanté le « Te Deum ». Lequel fini, il s’en sortit par la porte prochaine du revestoir et s’en entra dans la maison de l'Évêché par la porte du Fort. Et cessèrent les cloches de sonner, qui l’avaient tenu depuis les oratoires.
  Or, après que le Roy se fut un peu rafraîchi, il fut temps de souper, et il soupa.
  Et messeigneurs le Dauphin et ses frères soupèrent au logis de Monseigneur Le Grand Maître, lequel était logé chez Monseigneur Le Bailli du Velay.


Les réjouissances populaires.


le Puy, place du Breuil
  Or, messeigneurs Consuls, pensant toujours comment ils pourraient faire quelque chose qui plût au Roy, après souper, firent dresser une verselle au Breulh, au plus haut de laquelle ils mirent les armes dudit seigneur avec le feston autour, et ils assirent autour de cette verselle un grand nombre de grosses farasses et ils y firent mettre le feu. Et encore, au milieu, ils firent dresser un bûcher de trois cents fagots de bois menu et y mirent le feu. Et là, autour vinrent hommes et femmes de la ville danser avec des trompettes. Et tantôt arrivèrent, au mandement desdits seigneurs consuls, toutes les bandes des métiers…portant chacun farasse ou torche, et là, firent le limaçon parmi le Breuil. Et grand nombre de pièces d’artillerie y furent assignées, qui moult bien se firent ouïr. Et les canonniers firent tirer garots et fusés volants par l’air de tous côtés : ce qui fut moult plaisant.
 
Le Puy l'ancien Baptistère saint Jean
  Alors le Roy descendit, après souper, vers le logis de Monseigneur le Bailli, à bien petite compagnie, où il trouva gros banquet, et de là regarda au Breulh. Il vit tout ce qui était au Breulh, et de l’autre côté, grand nombre de farasses allumées vers Vals, Abausic, et autres villages, que, par commandement de monseigneur le Bailli, à la requête des seigneurs Consuls, il leur avait été commandé de garder jusqu’à ce que le Roy serait ici : ce qu’ils firent.
   A quoi le Roy pris grand plaisir, car le bruit et triomphe y était grand, car les trompettes du Breulh répondaient à celles qui étaient chez monseigneur le Bailli, et par le contraire celles qui étaient chez Monseigneur le Bailli à celles qui étaient au Breulh ; et par tous côtés il y avait grand bruit et joyeusetés, ce qui dura plus de deux grandes heures. Et il se faisait heure tarde ; alors une partie des bandes, s’en alla donner un tour par la ville, les autres rentrèrent chez eux et les seigneurs en leurs logis.



Le Départ.


  Le Roy s’en retournant, croyait aller dîner à Sereys ; le temps était indisposé ; quand ils furent proches des moulins de Coyac, la foudre tua un gentilhomme de sa cour et son cheval, et une bonne femme du village qui se trouvait là pour voir passer ledit Seigneur et son train.


Etienne Médicis.







Sources: Le Velay et la région de Brioude,1913.
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