samedi 29 juin 2013

Histoire vraie d'une vache appelée : La Mourette.

La mourette.

   
Vache

La Mourette.

  Je ne sais pas si c’est ce qu’on appelle une légende, ma dit Guiral, c’est en tout cas une tradition dans ma famille de conserver le souvenir de la Mourette.
 Ma grand-mère m’a cent fois conté son histoire.







   C’était à l’époque du grand Empereur. On se battait en ce temps là. Nous nous plaignons d’une pauvre petite guerre qui a duré quatre ans, celles de Napoléon ont duré tout le long de son règne, c’est à dire plus de douze ans. C’était un homme celui-là. A lui seul il tenait tête à l’Europe entière. Aussi lui fallait-il des soldats comme de juste. On les recrutait partout et de tout âge. Mon grand-père était parti à seize ans.
  Ses parents habitaient cette maison que vous connaissez et qui est la mienne, perdue dans la montagne, plus isolée encore qu’elle n’est aujourd’hui de tout commerce avec le reste du monde.
Mes arrières-grands-parents exploitaient eux-mêmes leur ferme, d’une dizaine de vaches. Mais le départ du fils les avait obligés à prendre un vacher. C’était un vieil homme que l’on disait un peu sorcier. Plusieurs le redoutaient. Vous souriez, vous ne croyez pas aux sorciers ?. Vous savez pourtant qu’il en existe encore, et je pourrais vous en citer plus d’un qui a fait des cures plus merveilleuses que beaucoup de vos docteurs. Celui-ci était bien tranquille, parlait peu et jamais on ne lui avait vu faire aucune chose extraordinaire.

   Il y avait plus de cinq ans que mon grand-père était parti. Les premiers temps on avait eu à peu près régulièrement de ses nouvelles. Il se battait en Allemagne, en Espagne, un peu partout. Puis un jour, ce diable d’Empereur s’était imaginé d’aller attaquer les Russes jusque dans leur pays, une trotte. Les trains n’existaient pas en ce temps là. Il fallait aller sur ses jambes, et tous ceux qui partaient ne revenaient pas. Les lettres, on n’en recevait plus, c’était trop loin.
    Aussi y avait-il des mois et des mois que mon grand-père n’avait plus donné signe de vie. Ses parents, pour sûr, se faisaient bien du chagrin, parfois ils le croyaient mort et ils pleuraient. Mais comme rien d’officiel n’était venu confirmer leur crainte et que l’espoir est tenace, surtout dans le cœur d’un père et d’une mère, ils espéraient encore son retour. Si le chien aboyait, si le vent poussait la porte, si une ombre se profilait au loin sur le chemin de la côte, c’était mon grand-père qui revenait.
    Le soir, à la veillée, on parlait de lui et de cette interminable guerre qui se passait si loin, qu’à part ceux qui en souffraient, elle n’intéressait plus personne.
   L’hiver était venu de bonne heure cette année-là, aussi les vaches ne donnaient-elles plus guère de lait. Il n’y avait que la Mourette que l’on trayait encore. La Mourette, mes enfants, c’était une vache comme on n’en voit plus : elle donnait son plein « sillou » de lait deux fois le jour. Ce soir-là, c’était en novembre, la neige n’avait pas cessé de tomber depuis la veille. 
 La Mourette avait donné son lait comme d’habitude et le vacher venait de remettre à mon arrière-grand-mère le " sillou "  plein jusqu’au bord.
   Elle le tenait encore, lorsque la porte s’ouvrit sous une poussée vigoureuse, et un homme tout couvert de flocons vint s’ébrouer au milieu de la salle. Sa mère ne mit pas longtemps à le reconnaître :

  « Pierre, cria-t-elle, et elle saisit son fils dans ses bras ».

 Naturellement elle lâcha le seau qui s’en alla rouler au loin en se vidant de son contenu.
  Il n’est pas besoin de vous dire quelle fête on fit à mon grand-père. On l’embrassa mille fois, on le fit asseoir près du feu, on lui posa tant de questions qu’il ne pu répondre à aucune, enfin on le mit en quelques mots au courant de ce qui était survenu durant son absence. Puis, la première émotion passée on s’aperçut qu’il fallait songer à le réconforter, car il était pâle et tremblait de froid. Voulait-il de la soupe, du vin, du lard, du fromage ? Tout l’ oustal  fut à sa disposition.

Ma foi, dit-il, une chopine de lait ne me ferait pas peur, voilà bien longtemps que je n’en ai bu ».

On se regarda consterné, tout le lait gisait à terre. Mais le vacher qui était un peu sorcier, je vous l’ai dit, ramassa le " sillou "  tombé, et dit gravement :

« Pour le retour du fils, la Mourette donnera bien un autre seau de lait.»

   Et dix minutes plus tard, il rapportait à nouveau le seau plein jusqu'au bord.

Et, ce qu’il y a de plus fort, dit Guiral,... c’est que c’est une histoire vraie.


Par Simone d’Arverne.

 

Sources: Auvergne Littéraire, 1932, BNF
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vendredi 28 juin 2013

La légende de la Cathédrale du Roi.


La cathédrale du Roi.

 
Roi

  Il y avait une fois un Roi qui voulut bâtir une magnifique église. En vertu d’une sentence formelle, pas un autre que lui ne pouvait contribuer à cette construction.

Nul de ses sujets n’avait le droit d’y employer le moindre denier. L’édifice fut achevé, large, élevé, superbe.
   Le Roi y fit graver, sur une tablette de marbre, une inscription en lettres d’or qui disait que lui seul avait accompli cette œuvre, et que nulle autre personne n’y avait coopéré. Mais, dans la nuit, le nom du roi fut remplacé sur cette tablette par celui d’une pauvre femme du peuple. Le monarque fit refaire la première inscription, et la nuit suivante elle fut de nouveau changée. Une troisième fois le nom du Roi y fut rétabli, et une troisième fois…on le vit remplacé par celui de la pauvre femme.
Alors, le Roi crut reconnaître en ce fait étrange, le doigt de Dieu, et, envoya chercher la pauvre femme. Elle s’avança devant lui, toute confuse et tremblante :

vieille femme fileuse-« Tu sais, lui dit-il, que j’avais formellement défendu à qui que ce fût de contribuer à la construction de mon église. Réponds-moi franchement, as-tu enfreint mes ordres ? »

-« Grâce ! Répondit-elle en tombant à genoux ; Grâce ! Puissant souverain, je vous confesserai la vérité. Je suis une chétive ouvrière, bien pauvre. En filant tout le jour, je gagne à peine mon pain quotidien. Cependant, je possédais un denier et j’aurais voulu l’offrir à l’église de Dieu. Mais je craignais de manquer à tes prescriptions. Alors, avec mon denier, j’ai acheté un peu de foin, je l’ai jeté devant les bœufs qui charriaient les matériaux de la cathédrale, et les bœufs l’ont mangé.
Voilà comment, j’ai cru bon pouvoir faire mon offrande, sans faillir à ta volonté. »

Le Roi, ému de ces paroles, vit combien cette humble ouvrière avait fait, dans son indigence, une plus pieuse et plus généreuse offrande que lui.
Il se repentit de son orgueil, et récompensa libéralement la vertu de la…pauvre femme.






Sources : l’Arbre de Noël, Contes et Légendes, X. Marmier, 1873.
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La légende des deux Amants de Saint Alyre


Saint  Alyre

Les deux amants de saint-Alyre.


    Ce fut sous l’épiscopat de saint Népotien, 3ème évêque d’Auvergne (troisième siècle) que mourut dans la ville d’Auvergne( Clermont ), Saint Injurieux et sa chaste épouse.
   Ils étaient tous les deux enfants uniques, issus des plus nobles et plus riches familles de la province. Le premier jour de leur noce, ils s’engagèrent mutuellement à vivre, pendant tout le temps de leur mariage, dans la virginité. Cette promesse fut si agréable à Dieu, que, par une grâce spéciale qu’il leur accorda, ils ne la violèrent jamais, tout en demeurant ensemble dans la même maison, mangeant à la même table et couchant dans le même appartement.

   La femme étant morte la première, comme on la mettait en terre, le mari levant les yeux et les mains au ciel s’écria :

« Seigneur, vous me l’aviez donné vierge, je vous la remets vierge »

« Silence ! Silence ! Mon ami, répondit la défunte, pourquoi cette indiscrétion, quand personne ne vous y force ? »

   Peu de temps après le mari mourut et fut enterré dans le même cimetière, à quelque distance de l’endroit où avait été ensevelie son épouse.

   Le lendemain les deux tombeaux se trouvèrent placés l’un à côté de l’autre. Les corps de ces deux chastes époux connus sous le nom des deux Amans, reposaient dans l’église de Saint Alyre, au faubourg de la ville de Clermont.










Sources : Etat de l’Auvergne Chrétienne, (1881), Gallica
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jeudi 27 juin 2013

La Fête de la " Roti " coutume d'Auvergne.


La Roti.


   Ce matin là, Ricoud se leva tôt comme au temps des moissons. Il prit ses plus beaux habits, attela sa jument, et la tête pleine de chanson, il se rendit aux noces de sa cousine Henriette.


Mariage Auvergnat

      Il y allait comme « Contre-Noye (1) » avec l’Angèle de chez Dubourg, une cavalière très à sa convenance. Rien que dans n’évoquer sa silhouette aux hanches balancées, un flot d’émotion lui arrivait au cœur. Mai pas une émotion intimidante, un coup de fouet qui ravivait son désir de plaire, de débiter des bons mots, de multiplier les farces.
En Auvergne, quand on « mange des noces », il faut être gai de cœur et d’esprit, danser avec endurance, improviser des divertissements. Ricoud, lui s’entendait à ses choses, pas un dans Charbonnières-les-Vieilles, ni même dans les environs, n’avait ce tour plaisant dans la conversation qu’accompagnait cette aisance de gestes. D’abord, sa façon de trinquer gagnait franc les sympathies, et puis, sa belle tournure physique, la solidité de son poing et la finesse de sa cheville soulevaient l’admiration.

-« Voilà Ricoud ! Vive le Contre-Noye ! »

   Il arriva chez la mariée debout dans sa carriole au grand trot de sa bête, et trente « paires de jeunesse » réunies dans la cour, lui firent une véritable ovation !
De cet air magistral et détaché qui faisait son prestige, il rejeta les rênes, sauta, détela. On le suivit jusqu’à l’écurie, entraînant l’Angèle, sa cavalière, qu’on lui mit dans les bras, intimidée, nigaude, toute de rose et de vert habillée, comme un églantier en fleurs ! Il L’embrassa crânement ! Elle, les deux mains au visage dissimulait sa « vapeur », tandis que les rires, dans l’air clair matinal, montaient avec la rumeur des basses-cours et le claquement des sabots.
   En galant Contre-Noye, Ricoud distribua des décorations : des blanches et bleues, pailletées d’or, pour les filles ; des rouges et mauves pour les garçons. Il en sorti à profusion de ses poches et les épingla lui-même sur chaque poitrine avec force drôleries.
Ensuite, il entra à la cuisine, uniquement pour jeter la panique parmi les femmes, voisines ou parentes, vaquant à la besogne. Il pinça si bien la Mariette qu’elle laissa choir la « pompe (2)» grande comme une roue de barcelle (3) qu’elle rapportait du four en équilibre sur sa tête ; il mit des pétards dans la cheminée, assurant aux plus vieilles qu’il devait y avoir quelque diablerie au fond de leurs marmites ; le poivre et le sel disparurent comme par enchantement, et on retrouva le pilon, au repas de midi, dans le ventre d’une oie. Il en fit tant, que la Mariette, encore toute empoissée des confitures de la « pompe », le menaça d’un seau d’eau !
    Mai la tête encore en malice, il s’enfuit dans la chambre de la « Noye ». La présence d’Angèle, sans doute, dérangea ses plans. Le chapeau de travers, le foulard dénoué, pendant sous le cou comme deux oreilles de lapin gris, il l’attrapa par la taille : peut-être voulait il lui parler d’amour, car tous deux partirent derrière les hangars, vers le petit mur croulant et moussu, pareil à un balcon rustique dominant le chemin.
   Quand ils revinrent, le cortège se formait pour aller à la mairie et à l’église.
Que l’Henriette était belle avec son grand châle des Indes aux couleurs de vitraux, et son petit bonnet rond qui laissait voir deux bandeaux bruns aux tempes. Un vrai régal de teintes et de fraîcheur, que Bastien, le marié ne quittait pas des yeux !


Mariage Auvergnat

     En tête du cortège, les musiciens agitaient des vielles et des accordéons enrubannés. Derrière eux venaient les « Noyes (4) » et leurs parents suivis de trente paires de jeunesse. Les vieux fermaient la marche.
  Par les sentiers du « Cheix », bras dessus, bras dessous, ils gagnèrent la grand’route.
   Le vent gonflait les robes de moire et les blouses indigo ; faisait battre les rubans clairs des coiffes, comme des ailes de poules en ébats ; de bois en bois, de chemins en chemins, il colportait les accents de joie et le chevrotement des musiques !
Les deux repas de noce se succédèrent à peu d’intervalle dans la grange parée de sapins et de genévriers. Les pâtés, les volailles, les civets, les têtes de veaux défilèrent. Le soir, la Mariette annonça une daube « en pots » et on y fit grand honneur, car cette Mariette avait un tour de main particulier pour accommoder les pieds de porcs et les carottes et des assaisonnements secrets qui rendaient sa gelée dorée et limpide comme du miel clarifié.
Après les pompes et les vins blancs (datant du baptême de la « petite ») le père Gaudon ordonna des romances.


Mariage Auvergnat

  Pironnet, le fils du sacristain « tenait une belle voix de son père », une voix à renverser les pupitres à l’église ! Il se leva :

"Gentille Bergère"
"Si tu veux m’aimer"
"Viens dans la bruyère"
"Viens me le prou…"

   Un cri de la mariée interrompit le reste, et Ricoud sortait de dessous la table, ébouriffé, triomphant, brandissant une jarretière !

-« Vive la Noye ! Et vive le Contre-Noye !"

 Une jarretière de mariée c’est un talisman, et toute la jeunesse, en bousculades, voulait s’en emparer !

   Seuls, les vieux au fond de la grange, n’avaient pas bougé. Le vin, le petit vin des Côtes, qui coulait depuis le matin, leur montait à la tête et avec un souffle de politique, ils discutaient entre-eux, nez à nez, poings crispés, frappant la table !

   En haut, dans la fenière, des couples se taquinaient. On entendait le rire énervé de la Françoise ou de la Damienne. Les garçons les plus adroits redescendaient en glissant le long du foin, et recevaient leurs cavalières à pleins bras.
A dix heures, les « Noyes » ouvrirent le bal chez Baudot, l’aubergiste, mais sitôt qu’ils le purent, agiles comme des chats, ils s’enfuirent par une porte du fond.
A travers le tourbillon de blouses et de jupes, Ricoud veillait, il fit signe de ne pas interrompre les danses. A minuit seulement il rassembla la jeunesse.

-" C’est l’heure de la rôti ", dit-il.

 "Les Noyes se sont dérobés, mais je sais où ils couchent ! Ils sont Au noyer, chez la Michon Martel ; oui, oui, je le tiens du petit Claude qui est venu de Manzat pour monter un lit neuf ! "

Des regards admiratifs enveloppèrent Ricoud !
Plus fière que jamais, l’Angèle prit la Roti, un vase de nuit neuf rempli de vin, et tous ils partirent dans la direction du plateau, parlant bas et cherchant les traverses.
 
 -« Voilà la ferme ! Dit Ricoud. Marchez en douce ! »

A quelques pas, la ferme se découpait, plus sombre que la nuit.

-« Quittez vos sabots ! Ordonna-t-il ! »

Ils s’exécutèrent. On entendait à peine le bruit de leurs pieds froissant les herbes, et de temps en temps, un petit rire dissimulé.

-« Restez là ! Dit Ricoud, Je reviens ! »

Ils le virent s’éloigner du côté de l’écurie, et revenir avec une échelle qu’il plaça contre le mur, juste au-dessous d’une fenêtre du grenier, la seule ouverte.

-« Maintenant ! Puisque les portes sont fermées, allons-y par les fenêtres ! »

Ah ! Ce Ricoud, il était extraordinaire ! 

La Roti en Auvergne.   Toutes portes closes il trouvait le moyen d’entrer, alors que d’autres, à sa place auraient ordonné une sérénade bruyante devant les fenêtres. Les Noyes, de leur chambre, auraient bien pu leur faire la nique, toute la nuit !
Ricoud, prit lui-même la Roti, et, silencieux comme des ombres, ils grimpèrent le long de l’échelle et enjambèrent la fenêtre. Les planches du grenier craquaient sous leurs pas ; l’un donnait du pied dans les pommes ou les oignons ; l’autre se heurtait la tête contre les jambons et les saucissons pendus aux poutres !
Mais les mariés se doutaient-ils de cela ? Ils s’enfermaient dans leur sécurité en disant :


« Ecoute les rats là-haut, qui font leur manège ! »

Ricoud connaissait les antres de la maison : un petit escalier de bois descendait jusqu’à la chambre et on n’avait qu’à suivre la rampe.
  Ah ! Dans cette obscurité, que de baisers volés ou permis s’échangèrent, semant des bruits subtils, pareils à de petits craquements de meubles !
  Certainement, cette nuit de noce en prépare bien d’autres !
Comme ils atteignaient la chambre, Ricoud dit :

-« A un, préparez-vous ! A deux faites attention ! Et à trois… ! »

Un grand fracas ouvrit la porte ! Et malgré les cris de frayeurs des Noyes, ils se ruèrent dans la direction du lit.

-« Enlevez la mariée ! » S’écria Ricoud.

 Et le Noye et lui, d’une poigne vigoureuse, se la disputèrent.
La pauvre Henriette criait, riait, gémissait ! Sortie des draps, elle y rentrait en hâte… S’accrochait à Bastien en se blottissant dans la « rase ».

-« Au secours ! Au secours ! » Implorait-elle, se sentant entraînée.

-« Bastien, défends-moi ! » 

  Elle gesticulait, se débattait, à bout de souffle, dans les bras de Ricoud, et tous les garçons, à tâtons autour d’elle, la chatouillaient, la pinçaient, sournoisement, en riant d’un gros rire gras !

-« Assez ! C’est assez ! »

 Disait Bastien, fâché, en allumant la bougie.
Y voyant clair, il se leva. Mais il était si comique dans sa chemise trop empesée qui laissait voir ses jambes poilues et ses grands pieds aux « ortiaux (5) » retroussés, que tous éclatèrent de rire !

    Alors, rouge, ébouriffé, stupide dans sa colère, il attrapa la Roti laissée sur une table, et, sans pitié pour les vieilles traditions, il en aspergea ses convives !


    -« Tânez ! Qui lou didzo. Vous l’avez pas ruba ! »
           (Tenez, dit-il, vous ne l’avez pas volé !)


Marcel Régnat


1- Contre-Noye : Garçon d’honneur en dialecte Auvergnat
2- Pompe : tarte aux pommes rectangulaire, recouverte de pâte feuilletée.
3- Barcelle : char avec ou sans ridelles du Puy de Dôme.
4- Noye : Marié ou Mariée.
5- Ortiaux : doigts de pieds.





Sources : Auvergne littéraire, 1924.
                 © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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Saint Verny, en Auvergne.

Saint Verny.


Saint Verny
   Né en Alsace, d’une honnête famille de vignerons, son père et sa mère, qui étaient d’excellents chrétiens, l’élevèrent avec soin dans la pratique de la vertu et de l’amour de Dieu.


A l’age de treize ans, comme il venait de travailler la vigne, il fut accosté par un juif qui, par ses caresses, l’attira dans un lieu solitaire éloigné de toute habitation. Là, en haine de la religion du Christ, il lui donna la mort en le crucifiant comme Saint-Pierre, la tête en bas.
  Son martyre eut lieu vers la fin du XIIIème siècle.


Vers cette époque, la nouvelle du martyre de Saint Verny ayant était portée en Auvergne, les vignerons de cette province le prirent pour patron, est célèbrent sa fête le dimanche qui suit le 19 avril.








Sources :Etat de l’Auvergne Chrétienne en 1880, Par un Auvergnat, Gallica
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La légende du Saut du Diable.

Le saut du diable.

Pont sur la Dore


  On ne pouvait pas faire de pont sur la Dore, le prêtre dit au maçon:

-"Quand bien même tu devrais prendre le Diable pour t'aider, il faut que tu réussisses à bâtir le pont !".

Le maçon s'adressa au Diable et lui dit:

-Que demandes-tu pour construire le pont ?

-"L'âme de la première créature qui y passera !"

-"Marché conclu."

   La nuit suivante, le pont fut fait, à l'exception d'une pierre du parapet qui ne put être mise avant le jour.
Le matin, le prêtre vint en procession, et son sacristain portait un sac ou étaient un chat et un chien. Le diable était déjà content d'avoir l'âme d'un vivant. 
Mais le curé dit au sacristain:

-"Donne le sac".

Le chat sort, le chien le poursuit et lui fait passer le pont, le curé dit au Diable:

-"Voici l'âme de la créature que tu demandes."

Le Diable ne put finir le pont, et nul n'a pu... remettre la pierre qui manque!.



Sources:littérature orale de l'Auvergne,Paul Sébillot,Gallica
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mercredi 26 juin 2013

La fable de l'Abeille et de la Fourmi.

L'abeille et la fourmi.  

 
Près de sa ruche  une Abeille aperçut

Une Fourmi qui cherchait sa pâture.

« Que fais-tu là, chétive créature,

Des plus vils animaux la honte et le rebut ?

Va, criait-elle, fuis de cette demeure ;

C’est celle des reines de l’air ! 

C’est la mienne. Va-t’en vite, ou tout à l’heure… »

« Prenez, dit la Fourmi, prenez un ton moins fier.

La misère, il est vrai, nous menace sans cesse,

Mes sœurs et moi ; mais nos travaux, nos soins

Fournissent à tous nos besoins,

Et nous tiennent lieu de richesse.

La médiocrité sait adoucir nos mœurs,

Et le plaisir pour nous vient après les sueurs… »

-« Tais-toi ! De me parler qui t’a donné l’audace ?

A moi, qui de nos dieux éclaire les autels,

Qui, bienfaitrice des mortels,

De mon nectar les régale par grâce.

N’irrite point mes aiguillons vengeurs,

Retire-toi, va chercher ta vie ailleurs… »

La Fourmi répliqua :


« Dieux ! Faites-nous justice !

Des fleurs entr’ouvrant le calice,

Tu sais en composer et la cire et le miel,

Mais ton cœur distille le fiel ;

Il est gonflé d’orgueil et d’avarice.

Ah ! Quelle horreur d’être riche et puissant !...


La pauvreté n’est pas un vice,

Mais l’insolence en est un grand.


 Halbert




Sources: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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Visitons l'Auvergne : Montpeyroux. (Puy-de-Dôme)

Montpeyroux, Puy de Dôme.

Montpeyroux, Puy-de-Dôme.


 
Montpeyroux

 De villages en villages dans le département du Puy de Dôme, arrêtons nous  d'abord du côté de Montpeyroux, un des plus jolis villages de France. La rivière Allier à ses pieds, l'ancien village vigneron  est perché sur une colline de rocs et de pierres, d'ou son nom : mont-pierreux, dominant les vignes et les champs. 




  Très bien restauré et entretenu, ce village abrite de nombreux artisans et artistes, parmi les charmantes ruelles  de pierre, près de sa forteresse médiévale et de ses donjons.



Montpeyroux, Puy-de-Dôme.


Montpeyroux, Puy-de-Dôme.



Montpeyroux, Puy-de-Dôme.


Montpeyroux, Puy-de-Dôme.



Montpeyroux, Puy-de-Dôme.





 
Sources:
               Photos: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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mardi 25 juin 2013

Le sac de terre. (Morale)


Le sac de terre.

    Un homme riche voulant agrandir sa propriété et convoitant le champ d’une pauvre veuve, lui intenta un procès injuste qu’il réussit néanmoins à gagner en faisant valoir ses droits prétendus.
Dépouillée de l’héritage de ses pères et réduite à la mendicité, la pauvre femme revint le lendemain trouver le spoliateur et le conjura de lui accorder au moins une grâce, celle de lui laisser emporter un sac plein de terre provenant de ce champ qui avait été le sien.

« Faites, lui dit-il, je ne puis vous refuser une demande aussi peu onéreuse. »

La veuve remplit le sac de terre et dit :

« J’ai encore une demande à vous faire, aidez-moi, je vous prie, à charger ce sac sur mes épaules. »

   Il s’y prêta de mauvaise grâce, mais sans le moyen de refuser à sa victime une prière faite si poliment, et qui ne lui coûtait pas un sou !
Étant peu habitué à soulever des fardeaux, il ne put venir à bout de placer le sac sur l’épaule de cette femme :

" Vous le voyez, lui dit-il, ce que vous me demandez est tout à fait impossible, ce sac de terre est trop lourd pour moi. "

« Puisque ce sac vous paraît déjà trop pesant, lui dit énergiquement la veuve, que sera-ce donc, quand il vous faudra supporter pour l’éternité le poids de ce champ tout entier, que mille sacs comme celui-ci ne sauraient contenir ! »

L’injuste détenteur fut frappé de ces paroles et, la grâce aidant, il reconnut tous ses torts, et restitua le champ à la pauvre veuve.

Moralité :

Garder le bien d’autrui, c’est ce fermer le ciel

Et porter dans l’enfer un remord éternel.





Sources : Morale Enfantine, A. Bordot, Gallica 
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Visitons l'Auvergne : en parapente au dessus de la chaîne des Puys.

La chaîne des Puys en parapente.

    Un agréable et reposant voyage au dessus de la chaîne des Puys Auvergnats, comme un oiseau porté par le vent.








Sources: You-Tube, Innovativepictures.fr.
                 © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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Visitons l'Auvergne, les ruines du temple de Mercure au sommet du Puy-de-Dôme.


Le temple de Mercure du sommet du Puy de Dôme.






Autre article sur le même thème :  le temple de Vasso.



Sources: Youtube, Rando.Auvergne.free.fr.
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lundi 24 juin 2013

Les digitales fleurs communes d'Auvergne


La digitale.

Fleurs : Digitales

   Dès les premiers beaux jours elles envahissent les talus, lisières de bois  et tous les espaces libres et ensoleillés de nos campagnes.
 Appelée aussi :  "Queues de loup", "Gants de Marie", "Gants de bergère",  "Dé de bergères" de nombreuses variétés sont répertoriées : Digitale pourpre, blanche, laineuse, et même jaune.
   Mais... attention ne "succombez" pas trop vite à ses charmes, car cette jolie et attirante plante est dangereuse,  ses feuilles et même ses fleurs sont très toxiques, elle a de redoutables effets sur le cœur. Au temps du Roi Soleil, la   marquise de Brinvilliers en aurait, entre-autres, utilisé pour supprimer ses ennemis, dans "l'affaire des poisons".
    Elle a heureusement quand même des qualités médicamenteuses, grâce à la Digitaline utilisée en bonne connaissance de cause et sous contrôles stricts.

Fleurs : DigitalesFleurs : Digitales
Fleurs : Digitales
Fleurs : Digitales



Fleurs : Digitales




Sources: Photos : © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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Visitons l'Auvergne : Le lac d'Aubusson, Puy-de-Dôme.

Le lac d'Aubusson, puy de dôme.
Lac d'Aubusson, Puy de Dôme

   Dans le parc du Livradois, le Lac d'Aubusson d'Auvergne, près de Courpière, est un lieu privilégié de nombreux Auvergnats et touristes.
Pour la richesse de ses forêts aux couleurs changeantes au rythme des saisons, son calme reposant.
Plus de 28 ha de nature, le bonheur des pêcheurs et de la famille toute entière, parcours de randonnée,  camping, accro-branche, baignade surveillée, animations d'été, le lac et son environnement mérite bien le nom de Base Nautique et de Loisirs.

Lac d'Aubusson, Puy de Dôme



Lac d'Aubusson, Puy de Dôme



Lac d'Aubusson, Puy de Dôme


Lac d'Aubusson, Puy de Dôme







Sources:  Photos: © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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dimanche 23 juin 2013

Le Cantal, du Monde la Capitale. (vidéo)

Le Cantal capitale du monde.


  Du jamais vu ! En effet, belle réalisation vidéo, pleine d'humour et de talent, sur ce département d'Auvergne : le Cantal qui mérite tant d'être plus connu.










Sources : You-Tube, Chantal from Cantal.
                 © Alain-Michel, Regards et Vie d'Auvergne.
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samedi 22 juin 2013

Le Coquelicot. (Poème)


Le coquelicot.

Coquelicot

Je ne t’ai pas chanté dans tes jours de jeunesse,

Lorsqu’avec tes pareils tu couvrais les sillons,

Qu'on eût cru voir en vous une armée  en liesse

S’ébattant dans les blés sous d’éclatants pompons.

Coquelicot


Ah ! Que de vermillon sous le soleil splendide

Qui faisait à la brise onduler vos couleurs !

Le malade affaibli, de la chaleur avide,

Sentait à leur reflet s’engourdir ses douleurs…

Coquelicot


Et que vous étiez beaux, fiers soldats sans armure !

On eût dit que c’était plutôt vous les moissons !

De vos hardis propos, de votre enluminure,

Les bleuets rougissaient, ces humbles compagnons !

Coquelicot et blé


L’astre s’est éloigné ; la récolte est passée :

Avec les foins coupés tombent vos bataillons.

La campagne est remise à la prochaine année :

Seuls, quelques-uns de vous restent, derniers plantons.

Coquelicot


T’apercevant, penché sur ta tige, vieux  brave,

Vétéran mutilé, moi, je t’ai fait cueillir,

Tout reluisant encor de l’ardeur de la lave ;

Les enfants, sans souci, t’eussent laissé périr.

Coquelicot et blé


Ce feu qui t’animait, qui deviendra poussière,

Fané, se serai vite évanoui dans l’air ;

Je te serre avec soin, et, dans mon reliquaire

Tu garderas au moins ton aspect vif et clair.


Coquelicot




 Sources: texte: La Poésie des Fleurs.
                Photo: Alain Michel ©
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